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Écologie

Non aux voitures électriques !

Le Parlement européen a voté mercredi 8 juin 2022 la fin de la vente de voitures thermiques neuves en 2035 et va négocier avec les États pour valider la mesure. Il est parlé de « révolution » dans le cadre des objectif de neutralité carbone d’ici à 2050. Hors de question pourtant de toucher au modèle turbo-capitaliste du tout voiture, qui pourrit littéralement les villes et les campagnes.

Modernisation et innovation contre l’écologie

Aucune révolution donc, mais un accompagnement dans le pire, pour prétendre changer les choses sans les changer en vérité. La voiture électrique est une catastrophe. Allons-nous construire partout en Europe des dizaines de réacteurs nucléaires et accentuer le pillage de l’Afrique pour construire les batteries ?

Et lorsque ces batteries ne seront plus utilisables, qu’en fera-t-on ? Ces mêmes libéraux s’imaginent-ils que le recyclage va résoudre tous les problèmes ? Croient-ils réellement aux promesses des industriels comme Veolia ?

C’est une fuite en avant, voilà tout. On modernise et on soutient les secteurs les plus libéraux afin de relancer un mode de production en bout de course.

L’écologie est de nouveau vidée de tout sens et ne sert qu’à masquer le cœur de la démarche : le soutien à la modernisation et à l’innovation capitalistes. Cette « révolution » ne vise qu’à soutenir les pans les plus libéraux des bourgeoisies de chaque pays. C’est l’écologie-Tesla, tout le contraire de ce dont la planète et l’ensemble de ses habitants ont besoin.

Un plan inapplicable

Si tout le parc automobile (40 millions en France actuellement) passait à l’électrique, on aurait également un sacré problème de pollution aux particules fines : les voitures électriques, très lourdes, sont une catastrophe en la matière.

Et vient nécessairement la question des voitures existantes et fonctionnelles : qu’en fera-t-on ? Pour que les voitures polluent moins, produisons-en des dizaines de millions neuves ? Mais peut-être que là aussi, ces champions du libéralisme s’imaginent que l’industrie trouvera une solution ?

La révolution, ce sera de chasser les voitures, pas de les transformer en de soit-disant véhicules verts.

L’écologie, c’est un plan massif de construction de tramway urbains et ruraux, de développement du fret ferroviaire et fluvial, l’accélération de la recherche pour des voiles nouvelles génération pour le fret maritime. C’est la limitation drastique des vitesses de circulation des automobiles ainsi que de la circulation dans les centres urbains. C’est le vélo. C’est l’endiguement de l’étalement urbain combiné à une politique publique de soutien logistique au commerce de proximité, accessible sans voiture partout ou presque sur le territoire.

Et puis, tant qu’à parler des voitures, la moindre des choses serait l’interdiction immédiate et sans contrepartie des SUV et des grosses cylindrées dite sportives, électriques ou thermiques, ces monstres énergivores qui sont une insulte tant à la Raison qu’à la Nature.

A la Gauche historique de remettre la Nature au coeur du débat : pour la Terre et tous ses habitants !

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Déchets nucléaires militaires : ICAN France et l’Observatoire des armements publient une étude

La bombe nucléaire produit des déchets nucléaires en permanence.

C’est un aspect très peu connu, voir pas connu du tout, de l’arme atomique. Même si elle n’est pas utilisée directement, elle est active. Les missiles sont là concrètement et produisent des tonnes de déchets nucléaires.

L’ICAN France et l’Observatoire des armements ont publié une étude très fournie à ce sujet, appelant à un indispensable débat démocratique sur cette question opaque.

Il est expliqué que, « officiellement », « déjà 150 000 m3 déchets radioactifs ont été produits lors du développement, de la fabrication, des essais, du déploiement, du démantèlement d’armes nucléaires, comme des bâtiments à propulsion nucléaire et des installations afférentes à la construction de cet arsenal atomique. »

Cette étude est une contribution très importante, tant écologiquement que démocratiquement. De plus, elle souligne très bien le fait que la France n’est absolument pas engagée dans un quelconque processus de recul quant à cette arme inhumaine et barbare qu’est la bombe atomique.

Voici ce rapport :

Déchets nucléaires militaires : la face cachée de la bombe atomique française

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Le problème du VTT dans les Vosges

La tendance est partout et tout le temps à l’écocide.

Le VTT est une pratique particulièrement impactante pour les espaces naturels et les sentiers de randonnée. De grosses roues cramponnées, à vive allure, par centaines, cela forcément creuse la terre, déchire les racines, dérange les animaux. C’est quelque-chose de connu de longue date par les randonneurs et les gens véritablement tournés vers la nature.

Dans la plupart des cas, le VTT n’a rien d’un loisir écologique mais relève de la consommation tout ce qu’il y a de plus libérale et individualiste, voire beauf. Surtout depuis la généralisation des « vélos » à assistance électrique. Et comme nous vivons une époque où c’est la fuite en avant dans la consommation, avec le capitalisme se généralisant 24 heure 24 et jusque dans les moindres interstices de la vie quotidienne, alors forcément tout cela prend de l’ampleur. C’est ce qui se passe actuellement dans les Vosges, où les tensions sont de plus en plus vives à ce sujet.

Un fait récent a attisé le feu : un jeune homme a été gravement blessé à VTT en raison d’un piège. Il s’agissait d’une planche cloutée cachée sous des feuilles. Ce sont les écologistes locaux qui sont directement accusés, car ils mènent actuellement une campagne contre les pratiques invasives des VTTistes et une pétition est en cours. Le peloton de gendarmerie de montagne du Haut-Rhin se scandalise et considère qu’une « ligne rouge a été franchie », car il est déjà constaté depuis quelques temps aussi la pose de barbelés anti-VTT.

L’association SOS Massif des Vosges, directement mise en cause, se défend bien sûr de tout acte criminel, et elle condamne fermement la mise en danger de la vie d’autrui. Pour autant, elle a beaucoup de choses à dire à ce sujet, car la colère est grande. Voici un extrait récent, où ce qui est dit est très pertinent :

« Que recherche le pratiquant de VTT enduro, tout terrain ?

La vitesse, l’adrénaline, la prise de risque, toutes choses, n’est-ce-pas, qui caractérisent l’amoureux de la nature, du silence et de la quiétude !

Le développement de ces sports en pleine nature sur les pentes escarpées du massif vosgien est la garantie de profits immenses des marchands, et fabricants de vélos. C’est la garantie de voir se développer ce marché, bien au delà des VTT enduro et tout terrain vers des VTT électriques, qui permettront à un public peu ou pas sportif de grimper ces mêmes sentiers sans efforts et de les descendre la main sur le frein en se prenant pour des aventuriers.

C’est demain l’ouverture déjà programmée à toutes sortes de nouveaux « produits » motorisés ou non qui envahiront les pentes forestières et les chaumes.

C’est l’envahissement de la nature par des machines et objets inutiles, consommateurs d’énergie et de ressources rares.

C’est l’industrialisation des sites dorénavant consacrés aux loisirs fabriqués artificiellement par les marchands en tous genres, avec la complicité active des offices de tourismes, des collectivités dont l’horizon se limite aux statistiques de fréquentation et au chiffre d’affaire, soutenus en cela par quelques Présidents d’associations de marcheurs en recherche de notoriété, et pour couronner le tout, avec le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges comme caution.

Parc qui semble trahir bien souvent la charte qui devrait encadrer son action.

C’est également la garantie d’une dégradation accélérée des sols forestiers, les pratiquants de VTT enduro s’écartant systématiquement des pistes même lorsque celles-ci sont spécialement aménagées à leur intention.

C’est plus drôle et plus « fun » de couper les virages et de s’élancer en hors pistes. Nous tenons à disposition des vidéos tournées par les pratiquants eux-mêmes. »

Voilà la réalité de ce genre de loisir pseudo-sportif, et en fait surtout ultra-consommateur de la « nature ». Les régions montagneuses paient déjà depuis des dizaines d’années le prix de ce genre de pratiques poussées à fond par le capitalisme consommateur d’espaces, de « paysages », et de « sensations ». Mais à notre époque, cela prend une ampleur fulgurante.

Comme le dit très bien Stéphane Giraud, le directeur d’Alsace Nature (membre du réseau France nature environnement) :

« Le modèle économique actuel, qui privilégie le développement d’un tourisme de masse, risque de transformer le massif en un immense parc d’attraction. »

On ne peut rester indifférent face à un tel phénomène qui relève de la tendance à l’écocide. C’est un enjeu majeur de notre époque, et la Gauche doit s’en saisir à bras le corps. Et l’un des aspects essentiels, c’est la situation des animaux sauvages. Il est absolument flagrant que l’humanité vivant dans le capitalisme mène une agression généralisée de tout ce qui est naturel.

En ce sens, le développement des VTT est une sorte de conquête de l’Ouest convergeant à la bétonnisation du monde. Et le pire c’est que pour fuir le béton que la pratique du VTT se développe, alors que c’est une réponse qui est totalement intégrée à la philosophie du béton elle-même.

Cela indique bien que sans reconnaissance de la question animale, on est forcément pris au piège. La reconnaissance des animaux sauvages, de leur existence naturelle, de la Nature elle-même d’ailleurs, est un préalable à toute considération qui ne soit pas aliénée par le capitalisme conquérant et destructeur.

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Pétition contre les pollutions sonores et atmosphériques des scooters et motos

Une pétition initiée par le collectif « Ras le scoot« .

Le lien pour signer : mesopinions.com

Voici le texte de la pétition :

« M. Macron, Stop au vacarme des motos

Le 11 août 2021, nous fûmes nombreux à nous réjouir d’apprendre la mise en place du contrôle technique pour les scooters et motos. Et tous très déçus d’apprendre le lendemain que vous, Président de la République, annuliez cette décision, sous prétexte de ne pas embêter les français. 

En ville ou à la campagne, chacun constate que les deux roues motorisés font beaucoup plus de bruit que les voitures. Les motos et scooters sont la deuxième cause de nuisance sonore citée par les Franciliens. Selon BruitParif, une moto débridée peut réveiller à elle seule dix mille riverains en traversant Paris. En vallée de Chevreuse, dans les Vosges, en Provence, les élus et les habitants se mobilisent contre le vacarme des motards qui prennent les petites routes pour un circuit, dégradant la qualité de vie des habitants. Une récente étude[1] chiffre à 156 milliards d’euros par an le coût social du bruit. Car la lutte contre le bruit est un enjeu de santé publique.

D’autre part, plusieurs études[2] ont démontré que les véhicules deux roues motorisés polluent beaucoup plus que les voitures à essence : 2 à 15 fois plus d’oxydes d’azote (NOX), 3 à 20 fois plus de monoxyde de carbone (CO) et 15 à 1 000 fois plus d’hydro­carbures (HC). Des émissions de polluants qui ont de sérieux impacts sanitaires.

Il existe des normes de bruit et de pollution atmosphérique. Constatant les pollutions sonores et atmosphériques excessives et sachant que de nombreux motards modifient leur échappement pour faire encore plus de bruit, il est incompréhensible que vous exemptiez ces véhicules du contrôle de conformité que constitue le contrôle technique. De plus, ce contrôle est prévu par une directive européenne de 2014, comment comprendre que la France – qui assurera la présidence du Conseil européen au premier semestre 2022 – décide de ne pas appliquer la législation européenne ?

Ainsi, Monsieur le Président de la République, nous demandons d’agir pour réduire les pollutions sonores et atmosphériques occasionnées par les scooters et motos :

1 En instaurant le contrôle technique pour tous les deux-roues motorisés thermiques (y compris cyclomoteurs) au 1er janvier 2023

2 En révisant les normes et modalités d’homologation des deux-roues motorisés pour limiter l’émission sonore réelle à 68 dB (comme les voitures – cible 2024)

3 En accélérant le déploiement de radars anti-bruit fixes pour contrôler et verbaliser les nuisances sonores des véhicules

4 En augmentant les moyens permettant aux forces de l’ordre de procéder à des contrôles aléatoires portant sur la conformité des véhicules deux roues motorisés ; mener des campagnes de contrôle régulières

5 En créant un observatoire des nuisances sonores pour surveiller ces nuisances et proposer des solutions adaptées à chaque environnement pour les réduire.

Après la signature, n’hésitez pas à compléter votre profil avec vos noms et prénoms afin de donner plus de poids à la pétition!

Vous pouvez adhérer à l’association RasLeScoot en suivant ce lien : https://www.helloasso.com/associations/raslescoot/adhesions/adhesion-individuelle

[1] Source : Le coût social du bruit, étude Ademe/Conseil national du bruit, 2021

[2] Source : D Pillot, Analyse des émissions de 2 roues et quadricycles motorisés, Ifsttar-Ademe, 2017 et ICCT, Emissions polluantes provenant de cyclomoteurs, motocycles et autres véhicules de catégorie L à Paris, fiche d’information du TRUE (the real urban emissions initiative), 2019, 2 p »

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Les ZFE, une mesure anti-populaire, anti-démocratique

La ZFE, pour zone à faible émission, est une mesure libérale, par nature anti-populaire et anti-démocratique.

La pollution aux oxydes d’azote est un fléau des villes, comme de certain territoires encaissés dans des vallées alpines. Les oxydes d’azote ou gaz Nox, sont issues de la combustion partielle du carburant des véhicules, et plus le véhicule est ancien, plus il en émet, et cela d’autant plus s’il fonctionne encore au diesel.

Il faut donc bien trouver une solution à ce problème écologique. Mais voilà : dans un monde libéral qui vomie le collectivisme, les dirigeants agissent surtout en accompagnant les individus à se conformer aux exigences du marché.

C’est dans cet esprit qu’est née en 1998 la pastille verte pour reconnaitre les véhicules les moins polluants. Finalement, l’obligation des catalyseurs sur les échappements de voiture a rendu caduc la pastille, la majorité des véhicules des années 2000 pouvant avoir la pastille verte. En juillet 2016 ont donc été lancées les vignettes Crit’air, allant de la pastille verte « véhicule zéro émission » à la pastille noire niveau 5, pour les véhicules diesel datant d’entre 1997 et 2000.

Évidemment, ces normes Crit’air sont ridicules car elles ne tiennent compte que de l’émission immédiate. Une véhicule électrique est donc un véhicule dit « zéro émission » alors que tout le monde sait bien maintenant que la fabrication des batteries, et notamment de ces composants, est très polluants et émetteur de gaz à effet de serre. Sans même parler du fait que, plus lourdes, les véhicules électriques risquent d’émettre plus de particules fines liées à l’usure des pneus et des disques de freins que des véhicules à moteur à combustion.

Soumission de la société à l’économie de marché oblige, c’est pourtant sur la base de ces normes que les « zones à faible émission » ont vu le jour dans plusieurs villes. Ces « ZFE » visent à interdire les véhicules les plus polluants à circuler dans les villes.

On retrouve ces zones dans le centre-ville de Grenoble depuis 2017, à Paris depuis 2019… Actuellement en cours de discussion parlementaire, la loi « Climat et résilience » souhaite étendre ces zones à toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants d’ici 2025. Une ZFE est même envisagée dans la vallée de l’Arve, une vallée alpine particulièrement sujette à la pollution.

Récemment, le Sénat, cette assemblée qui relève du pouvoir des notables de l' »arrière-pays », a repoussé l’interdiction des véhicules Crit’air 3, 4, et 5 aux ZFE de 2025 à 2030. Des amendements ont également été adoptés sur des dérogations possibles, et la nécessité d’étude préalable pour mesurer l’impact « économique » d’une ZFE. Les notables se font la courroie de transmission des beaufs des campagnes, de ces « motards » et ces « automobilistes en colère ».

En fait, la mesure ZFE et ses critiques montre combien il est difficile de ne pas se faire piéger entre Charybde et Scylla, entre les libéraux progressistes et les conservateurs populistes. Et combien on a besoin d’un retour de la Gauche ancrée dans les luttes des classes.

Quand on voit comment une ex-militante de Gauche qui a basculé dans le nationalisme, s’oppose à la ZFE, on a tout compris. Voici ce que cette personne dit dans une vidéo d’une émission destinée au grand public :

« Aujourd’hui ce sont les métropoles qui concentrent les emplois, et notamment les plus valorisés. Ce sont les métropoles qui concentrent les musées ou les théâtres, ce sont les métropoles où l’on trouve les services les plus performants. Interdire l’accès à ces métropoles à ceux qui n’ont que leur voiture comme moyen de déplacement, c’est décider littéralement, sous couvert de bon sentiment, que ces métropoles sont désormais des citadelles réservées à une minorité d’urbains et d’individus favorisés pouvant se payer le luxe d’une voiture électrique ou un loft dans les beaux quartiers de la capitale et par là même d’un air qui ne serait être pollué par ces sales pauvres qui ne sont rien, ces beaufs qui fument des roulés et qui roulent au diesel »

On nage dans le populisme le plus caricatural. C’est tout à fait logique car ce discours relève complètement du style gilet jaune, et n’est là que pour servir les intérêts de la petite-bourgeoisie, principalement les artisans et les auto-entrepreneurs. Une couche sociale qui veut sa place au soleil et donc le statu quo.

C’est bien là qu’on voit la nature réactionnaire du nationalisme à prétention « populaire », sa vocation à neutraliser la lutte des classes, à écarter l’objectif d’une société démocratique et populaire dirigée par la classe ouvrière.

Car si l’on pense aux prolétaires qui font 15 à 20 minutes de trajet pour se rendre dans une zone industrielle, ou commerciale, ou un chantier, on voit bien que l’attachement à la voiture n’est finalement qu’une contrainte. Le monde est ainsi fait que les gens font comme ils peuvent, avec ce qu’on leur propose…

Mais de là à vanter ce modèle de transport, pur produit de l’individualisme et de l’écocide si tant est qu’on attache une importance sensible aux animaux morts sur les bords des routes, il y a un sacré pas.

Plus qu’un « droit à la ville », les prolétaires ont surtout droit à une vie riche et collective, à des emplois moins aliénants à proximité de leur lieu de résidence, à des lieux de culture épanouissants, à des transports confortables, moins aliénants, moins individualisants. Il faut d’ailleurs être bien éloigné de la classe ouvrière pour penser que c’est dans cette classe sociale qu’il y a les véhicules les plus polluants.

Au contraire, n’importe quel ouvrier de plus de 30 ans attache une grande importance à son véhicule, qu’il veut forcément confortable, moderne, familial, et donc relevant des normes soit-disant moins polluantes. Le problème n’est en fait pas là.

La ZFE pose surtout la question de l’étape populaire et démocratique dans la construction d’une société écologique. Il est faux de dire que la ZFE pose le dilemme entre pro et anti-voitures, de même qu’il est absurde de soutenir les groupes d’ « automobilistes » et de « motards » mobilisés contre cette restriction. Ces mêmes groupes qui étaient remontés il y a un peu contre le « 80 km/h », oui ces beaufs qui forment la base du populisme gilet jaune.

L’enjeu se situe au niveau de la contradiction entre les villes et les campagnes. Les campagnes ont droit à leurs lignes de tramways, tout comme les grandes métropoles ont droit à des transports accessibles à tous, et surtout elles doivent être brisées, démantelées.

Le pays a droit un développement homogène, avec des territoires reliés les uns aux autres par des transports collectifs efficaces, des territoires à la fois autonomes et dépendants entre eux. Il faut le meilleur des villes et le meilleur des campagnes dans une nouvelle unité de vie, voilà l’enjeu profond du débat des ZFE.

La mise en application des ZFE devrait ainsi être l’étincelle qui met le feu à la plaine mais non pas sur une base d’un retour aux années 1970, mais en revendication de transports en commun pour tous et partout, avec donc en filigrane la planification démocratique du développement social. Des années 1970, seul le slogan des autonomes doit être retenu : « que voulons nous ? Tout ! ».

Tout ! C’est-à-dire toute la richesse collective pour avoir un pays qui se développe de manière homogène, pour en finir avec les déséquilibres injustes entre grandes métropoles et campagnes, et pour avoir des transports collectifs respectueux de la personnalité humaine et de la Biosphère.

Pour cela, il faut une Gauche qui assume la lutte des classes pour vraiment régler l’opposition entre la ville et la campagne, et non pas pour opposer l’une à l’autre de manière unilatérale et bornée comme les font les bobos libéraux et les beaufs populistes.

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Les agriculteurs de la vallée du Rhône provoquent un pic de pollution

Au-delà des impressionnantes images d’exploitations agricoles « en feu », comment se fait-il qu’en 2021 de telles pratiques perdurent pour faire face à des aléas météorologiques, que l’on sait exacerbés par le dérèglement climatique ?

Ces dernières années, la transition des hivers aux printemps prend de plus en plus un tournant bizarre. Le mois de février connaît régulièrement des pics intenses de chaleur, laissant à croire que l’hiver est terminé. Evidemment cela n’est pas le cas, avec souvent une brutale rechute hivernale au mois de mars-avril. Si le dicton populaire « en avril ne te découvre pas d’un fil » a de ce point de vue sa part de vérité, il est évident que le changement climatique accentue de manière terrible ces oscillations de températures.

Et cette année cela a viré au drame pour les exploitants de vergers et de vignes. Car la vague de regel de ce début avril a été précédé par une période de chaleur printanière.

Selon Météo France, le bilan du mois de février 2021 fait état d’une température moyenne de 8,3 °c, soit en hausse de 2,5 °c par rapport aux relevés 1981-2010. Puis, à la fin mars, de nouveaux records de chaleur ont été battus un peu partout en France. Le 31 mars, il a par exemple fait 21°c à Valence.

Avant, donc, cette vague de gel allant jusqu’à -5°c, voir – 7°c dans la Drôme. Pour ne pas être détruits, les arbres en début de floraison ont été protégés par les agriculteurs avec des systèmes de chauffage qui vise à allumer des blocs de paraffines pendant plusieurs nuits.

Mais voilà, des blocs de paraffine, ce sont des composés à base d’hydrocarbure. Et de tels composés qui flambent par milliers dans de très nombreuses exploitations engendrent mécaniquement de la pollution… Car on oublie souvent que le brûlage incomplet de combustibles, mais aussi de déchets organiques, est une source très importante de particules fines. C’est d’ailleurs une pratique qui est le plus souvent interdite pour cette raison là.

De telles pratiques, dans une zone comme la vallée du Rhône qui connaît une sur-concentration d’exploitations arboricoles, ne pouvaient qu’aboutir à une dégradation délétère de la qualité de l’air. Les habitants de ces villages, mais aussi du bassin lyonnais, se sont même plaints d’une odeur de brûlée, ainsi que d’un voile opaque.

Les émissions en particules fines, conjugués aux rejets en dioxydes d’azote de la circulation routière, ont atteint un tel niveau que, le 8 avril, l’organisme chargé de la surveillance de la qualité de l’air, ATMO Auvergne Rhône-Alpes, a activé le niveau de vigilance renforcée pour la vallée du Rhône et le bassin lyonnais. C’est dire à quel point cette pratique est nocive pour l’atmosphère…

Le 7 avril, à Valence Sud, le taux de concentration de particules fines de 2,5 microns était de 60 microg/m3 d’air (le double logiquement pour les PM10), lorsqu’à Pékin, il était de 65 microg/m3 d’air. Rappelons que la norme limite établie en France pour les PM 2,5 est de 20 microg/m3, et de 10 microgr/m3 pour l’OMS.

Comment se faut-il qu’il n’y ait pas d’autres moyens de contrer le gel alors même que l’on sait que le dérèglement climatique exacerbe l’effet de ces phénomènes? Doit-on vraiment choisir entre la sauvegarde de cultures et la qualité de l’air ?

Car ces pratiques ne sont pas nouvelles, elles sont utilisées depuis des décennies et des décennies pour contrer les périodes de gel : les vieilles traditions ont ici raison sur tout, sans aucune débat démocratique pour régler cette problématique. Il y a bien d’autres manières de faire, comme des éoliennes, la pulvérisation d’eau sur les bourgeons, mais la mentalité est toujours d’aller au plus vite, au plus simple, au plus habituel…

Et l’on sait combien certains agriculteurs du secteur ne sont pas prompt à se poser les questions d’une telle manière, et encore moins dans une optique populaire. Le recrutement généralisée de main d’oeuvre immigrée, travaillant et vivant dans des conditions parfois odieuses, en est le témoin.

C’est bien là que l’on voit qu’il y a un problème profond. On a là l’expression d’une incapacité à impliquer la collectivité face à une problématique liée au dérèglement climatique, et dont la réponse prise de manière unilatérale aboutit finalement à engendrer plus de pollution… Là aussi, ce fait rappelle à quel point il y a un besoin d’une nouvelle orientation démocratique, populaire pour la société.

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Strasbourg: violent séisme causé par un projet industriel géothermique

Jeudi 3 décembre 2020, un séisme non-naturel de magnitude 3,5, suivi d’une secousse dépassant les 2 sur l’échelle de Richter, a été ressenti dans tout le Nord de Strasbourg. Des habitations ont été endommagées, des portes se sont effondrées, et nombre de familles ont été réveillées et terrifiées par la violence du choc. Toute la population n’a parlé que de cela dans les heures et les jours suivants. Heureusement, les dégâts sont restés mineurs et il n’y a pas eu de victimes, mais cela a posé ouvertement la question de la géothermie et à travers elle, de la gestion politique des projets industriels et de notre capacité collective à changer la vie.

La géothermie est une technologie qui consiste à forer le sol à une grande profondeur, de plusieurs kilomètres, pour atteindre des nappes d’eaux chauffés par l’activité magmatique de la Terre. Il s’agit de relier en pratique deux puits de forage, l’un pour injecter de l’eau pour générer une pression et un puissant courant, et de capter à un autre puits l’eau ainsi chauffée. Le circuit ainsi formé permet de disposer d’une énergie théoriquement renouvelable et « propre ». Cette énergie permet de disposer de quoi assurer le chauffage du réseau urbain notamment.

À vrai dire, c’est donc déjà une énergie dont les usages sont finalement relativement réduits, puisque se pose la question de l’usage de cette eau chaude en dehors des cinq mois d’hiver. La majorité de l’année, l’installation produit un surplus d’eau chaude qui ne correspond donc pas aux besoins, et ce surplus devra donc être rejeté dans les eaux ou l’atmosphère sous forme de vapeur d’eau. L’impact écologique de ce rejet a beau être faible sans doute, et encore cela n’est pas aussi simple, on peut de toute façon relever l’absurdité de produire pendant sept mois de l’année une grande masse de chaleur pour la rejeter en pure perte.

Le déploiement de cette énergie a en réalité toute une histoire en Alsace. Le sous-sol alsacien est sur le plan géologique un fossé d’effondrement, avec des remontées magmatiques qui permettent de recueillir de l’eau chaude de manière naturelle. C’est la raison pour laquelle depuis l’Antiquité il existe le long du Rhin des villes thermales comme Baden-Baden par exemple.

L’idée d’industrialiser l’utilisation de cette ressource a en soi une certaine logique. Depuis les années 1990, de nombreux projets ont donc vu le jour dans la région, en Allemagne ou en Suisse. Dans la pratique, le dispositif génère forcément un certain niveau de secousse et le risque de déstabiliser les couches du sous-sol est réel.

Le problème est que l’on ne connaît pas avec une grande précision l’organisation de ces couches et que l’on ne peut pas mesurer les effets des pompes nécessaires à l’instauration du circuit et les éventuels risques autrement que de manière empirique, par des tests et quelques modélisations dont la fiabilité repose justement sur une connaissance fine de la géologie locale, qui ne peut s’acquérir que par l’expérience.

Dans la région, beaucoup de projets ont donc dû être redimensionné ou même purement et simplement arrêté, comme à Saint-Gall en Suisse, suite à un séisme déclenché, moins important que celui ressenti jeudi 3 décembre dans le Nord de Strasbourg.

Sur la rive gauche le projet emblématique est celui de Soultz-sous-Forêts, dans le Nord de l’Alsace. Le premier forage y date de 1987. De nombreux errements ont conduit à réduire le plan à 2 forages sur les 4 réalisés. Le site présentait pourtant l’avantage d’un sous-sol étudié suite à l’exploitation pétrolière de la région au début du XXe siècle et un fluide naturel abondant : une eau saumâtre (salinité trois fois supérieure à l’eau de mer) présente en quantité importante dans les fractures naturelles du granit et qui circule naturellement sur de grandes distances. Les stimulations hydrauliques ont cependant provoqué de très nombreux séismes dont 4 d’une magnitude dépassant les 2 sur l’échelle de Richter, avec 2,9 de maximale. À pleine puissance la centrale produit 1,5 MWe, soit environ 10 GW/h par an.

Or, le schéma directeur des énergies adopté par les élus de l’Eurométropole de Strasbourg prévoit d’aller beaucoup plus loin encore, jusqu’à 620 GW/h produits par la géothermie, ce qui laisse forcément craindre que pour atteindre un tel niveau, la pression exercée sur le sous-sol pourrait être dangereuse. D’autant qu’un autre site de forage au Sud de Strasbourg, à Illkirch-Graffenstaden, a été abandonné en 2019 suite aux trop nombreux séismes.

Le site du Nord de Strasbourg, à Vendenheim, est en réalité encore plus problématique. Toute la structure du sous-sol y semble instable, et de toute façon inconnue, et l’entreprise qui exploite le site, Geoven, une filiale de Fonroche, procède littéralement au doigt mouillé, opérant des tests au coup par coup, y compris par des tirs d’explosifs.

La population se dresse donc de plus en plus contre ces projets. L’Alsace étant une région fortement industrialisée, les associations d’habitants, animées par des ingénieurs et des ouvriers qualifiées et par des personnes éduquées d’une manière générale y sont nombreuses et organisées. Le niveau de connaissance et la capacité à saisir les problèmes de cette nature sur le plan technique et d’en poser les enjeux est donc forte.

Cela se heurte directement aux prétentions gestionnaires de l’État et des équipes municipales de l’Eurométropole de Strasbourg, dominée par la petite-bourgeoisie éduquée de sensibilité centriste, de type démocrate-chrétien ou EELV. Ces derniers partagent la volonté de faire de Strasbourg une vitrine de la « transition énergétique », sur la base d’un « capitalisme rhénan » humaniste et responsable. L’idée est de proposer le développement d’un capitalisme appuyé par des « experts » conseillant les élus avec la coopération d’entreprises engagés dans une démarche responsable, dans la logique de la « transition ».

Sur cette ligne technocratique et gestionnaire, toute une série de projets ont ainsi été lancés au début des années 2000. Aujourd’hui, tous ces projets se heurtent à des contradictions de plus en plus nettes : le soutien aux chaufferies au bois par exemple génèrent une terrible pollution aux particules fines sans même résoudre la question de la réduction des gaz à effet de serre, contribuant au sinistre résultat qu’aujourd’hui la ville de Strasbourg est une des villes les plus polluées de France, avec un triste record des AVC des moins de 30 ans.

La géothermie entre aussi dans ce cadre. Vantée comme permettant de réduire les pollutions atmosphériques et le rejet de gaz à effets de serre, cette technologie devait être emblème écologique du « mix énergétique » développé à Strasbourg. L’entreprise Fonroche en elle-même répondait parfaitement à ce cadre, étant une sorte de start-up de l’énergie, saluée par Emmanuel Macron lui-même.

Seulement, on se rend compte aujourd’hui que cette entreprise agit de manière opaque, qu’elle a généré pour l’exploitation du site une filiale, Geoven, au capital social ridicule de 1000 euros, pour un projet de plusieurs centaines de millions d’euros. Le fond d’assurance couvrant les risques potentiels ne dépasse pas lui quelques dizaines de millions d’euros, et sous-estime donc gravement l’ampleur d’une catastrophe majeure, la zone étant presque totalement urbanisée. Enfin, le contrat signé avec Fonroche ne prévoit pas directement l’alimentation du chauffage urbain, mais l’achat des KW/h produits, y compris si ceux-ci n’auraient aucune destination, comme cela sera probablement le cas une grande partie de l’année donc.

La Gauche au pouvoir dans l’Eurométropole de Strasbourg, aujourd’hui dirigé par EELV, mais qui suit l’ancienne majorité emmenée autour du PS, avec les mêmes personnes de toute façon, reste donc bien silencieuse sur ce projet. C’est tout son projet de vitrine de la « transition » dans le cadre du capitalisme local qui est ébranlé en réalité. Il y a une nécessité bien entendu à penser une modernisation des utilisations et de la production énergétique, avec des moyens et des technologies qui ne manquent pas.

Mais toute la démarche technocratique et entrepreneuriale présentée comme allant de soi par les élus de cette majorité se trouve aujourd’hui mise en défaut à la base même. Face aux vertiges des contradictions complexes qui s’accumulent, le masque apparaît bien trop grand pour la petite-bourgeoisie entrepreneuriale et gestionnaire, qui n’arrive pas à dépasser ses propres préjugés, malgré toutes les capacités disponibles et qui se fait dépasser par une population organisée, très bien informée et qui se sent de plus en plus légitime à se faire entendre sur ces projets qui concernent directement la vie quotidienne.

Or les élus ne savent plus comment faire face à cette impasse. Ils sont piégés par leur propre routine : les dossiers avaient été bien montés, les entreprises bien choisies, l’argent bien géré. Comment en est-on arrivé là ? Jusque-là, le seul espace laissé à la population et à son avant-garde éclairée, était le cadre borné de la « gouvernance » qui consistait à faire s’asseoir les associations locales avec des experts, les élus et les entreprises concernées, en vue de négocier le consentement de la population, dans une logique libérale du lobbying participatif.

Mais le ton monte au sein des associations et dans les commentaires que l’on peut lire sur les réseaux sociaux, ou sur les médias locaux. Les élus de la petite-bourgeoisie éduquée sentent bien qu’il leur faudrait se mettre davantage au niveau de la population, et même disons le, à la remorque de ses éléments les plus avancés, puisque rien ne peut se décider sans le peuple et que le peuple peut tout. Celui-ci mesure toujours plus ses capacités et exige une place plus grande dans les débats. Mais malheureusement, il ne sait pas qu’il lui faut aussi pousser plus loin, prendre plus de pouvoir, décider réellement.

Les élus de la Gauche gouvernementale locale sentent que le masque du changement est trop grand pour eux, malgré leur engagement et leurs capacités. Les habitants, et les secteurs conscients du peuple, sentent qu’ils ont la capacité d’organiser, de penser, de mener le changement. Mais les uns et les autres ne voient pas encore le chemin vers la rupture qui ouvrira la voie à une réelle démocratie portée par le peuple et appuyée par les capacités de notre époque. Plutôt, ils ne le voient pas jusque-là. Pas encore.

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Écologie

La pollution de l’air, les élevages de vision et le SARS-CoV-2

Alors que des études italiennes et françaises ont montré que le virus SARS-CoV-2 était en circulation en Europe depuis l’automne 2019, il semblerait que des éléments écologiques aient fourni un terreau favorable à l’expansion du virus, tout autant qu’à sa mutation et au développement de facteurs de co-morbidité.

Au moment où l’Italie était le pays d’Europe le plus touché par la maladie, la Société italienne de médecine environnementale alertait sur le lien entre diffusion du virus et mauvaise qualité de l’air. En fait, les scientifiques savaient déjà que les particules fines étaient des vecteurs-transporteurs de contaminants chimiques et biologiques, mais aussi de virus.

Dans son propos introductif, l’étude rappelait ainsi que différentes recherches avaient prouvé que le nombre de cas de grippe, du virus respiratoire syncytial humain (RSV) et de la rougeole variaient par rapport au niveau de particules fines en suspension dans l’air (PM 2,5, PM 10) selon les endroits.

L’étude montre ainsi que la soudaine flambée de cas à la fin février en Lombardie est liée à un épisode de pollution aux particules au début du même mois – le temps d’incubation étant d’environ 10 à 14 jours. Au même moment, l’évolution du virus à Rome qui n’était pas emprise à un pic de pollution, fut moins rapide.

Dépassements des seuils limites de concentration aux PM10 en Italie entre le 10 et le 29 février 2020

D’autres études ailleurs dans le monde ont également montré le rôle de la pollution. Elle provoque une fragilisation du tissu cellulaire de l’appareil respiratoire, rendant plus aisée la contamination par le virus SARS-CoV-2, ainsi que le risque de développer une forme grave de la maladie. Enfin, une recherche liée à l’Université de Cambridge soulignait quant à elle le fait que les oxydes d’azote – un gaz et non pas des particules fines – émis par les gaz d’échappements favorisaient les récepteurs organique du virus.

Alors que l’on sait maintenant que le virus vecteur du covid-19 a vu sa circulation boostée par la pollution de l’air, tout autant que celle-ci a très certainement participé à la formation de cas graves, voire mortels, le suivi de l’évolution du virus montre que les horribles élevages de vison pourrait avoir un rôle dans la mutation d’une forme plus infectieuse.

Dans un article de la revue Nature en date du 26 octobre 2020, une vaste équipe de chercheurs analyse la mutation d’une protéine de la pointe du virus (on appelle un coronavirus du fait de la couronne de protéines qui entoure le virus, et lui permet de se fixer aux récepteurs de l’organisme cible). L’équipe note :

Pour le SARS-CoV-2, les analyses de plus de 28 000 séquences de gènes de pointe en mai 2020 ont révélé une substitution D614G rare avant mars 2020, mais devenue plus courante à mesure que la pandémie se propageait, survenant dans plus de 74% de toutes les séquences publiées d’ici juin 2020.

Malheureusement en continuant à utiliser partiellement l’expérimentation sur de pauvres hamsters, les scientifiques ont montré que la mutation G614 impliquait une meilleur réplication du SARS-CoV-2 dans les voies respiratoires supérieures grâce à une infectivité accrue du virion. Il semblerait que l’Europe a surtout été confronté à une mutation spécifique du SARS-CoV-2.

Il semblerait que les élevages de vison aient pu joué un rôle très tôt dans la mutation du SARS-CoV-2. Comme le rappelle One Voice, on comptabilise 250 exploitations de visons en Europe touchées entre avril et octobre, près de 6 millions d’animaux abattus, à quoi s’ajoutent les 15 millions de visons exterminés récemment au Danemark.

On sait que les visons ont contracté le covid-19 au contact du personnel des élevages eux-mêmes positifs… En Italie, des visons ont été contaminés officiellement dès le mois d’août en Lombardie et Emilie-Romagne…favorisant la mutation du virus ? Quand on voit cette vidéo d’un élevage de visons publiée au mois de novembre par la Ligue anti-vivisection italienne, on se dit que les conditions objectives étaient réunies pour une telle transformation, et cela d’autant plus du fait que le travailleur n’a aucune protection.

En Europe, l’épidémie a commencé son envolée meurtrière avec la flambée des cas avérés de covid-19 en Italie, avec une forte mortalité dans une zone rurale de Lombardie à l’Est de Milan à la fin février. Mais dès l’automne 2019, des personnes porteuses d’anticorps contre le coronavirus en Italie ont été recensées alors que le virus ne semblait pas aussi virulent. Alors que s’est-il passé entre temps ?

On peut émettre l’hypothèse d’un effet synergique entre la pollution de l’air et les élevages de visons, alors que la zone italienne touchée par le covid-19 comporte cinq élevages de visons, et qu’elle a connu au début de ce mois un important pic de pollutions aux particules fines. Par exemple, à Capralba, village lombard de 2 500 habitants, existe une ferme de 60 000 visons…

Si tel est le cas, on a là l’illustration d’un monde en déperdition complète avec un virus pur produit de la destruction des écosystèmes et de la vie sauvage, s’étant développé et renforcé justement à travers cette destruction anti-naturelle.

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Écologie

Rallumons les étoiles (l’infâme pollution lumineuse)

On connaissait les conséquences de la pollution lumineuse pour les êtres humains, avec un ciel sans étoiles, sans âme… Lundi 4 novembre 2020, une équipe de chercheurs a publié une étude visant à mieux comprendre l’impact de la pollution lumineuse sur les animaux et les végétaux.

« La zone qui subit des émissions directes de sources de lumière artificielle s’étend actuellement à environ 2 % par an, les localités qui étaient auparavant éclairées s’éclaircissant davantage à un rythme similaire ».

En général, un quart de la surface de la Planète est éclairée par une lumière artificielle. Tels sont les propos introductifs d’un article de cinq chercheurs publié dans la revue « Nature ecology & evolution ».

Basée sur 126 études ciblées sur des cas précis d’espèces, une des choses sûre est la diminution de la quantité de mélatonine chez l’ensemble des espèces analysées. Hormone du sommeil, cette diminution physiologique aboutit à une baisse de la vigilance, avec un déséquilibre dans le rapport au cycle du jour et de la nuit.

Au-delà, les connaissances restent maigres car finalement la pollution lumineuse n’est un sujet tant d’étude que de préoccupation générale que depuis les années 1980.

On sait que les rats, soumis par ailleurs à des bien inutiles et horribles expérimentations, voient leur capacité cognitive baisser lorsqu’ils sont exposés à une lumière artificielle, et que les tortues de mer sont désorientées pour retrouver la mer. Quant à la flore, elle se voit perturbée par l’altération des cycles jour-nuit liée à la lumière artificielle :

« Des impacts plus évidents, tels que la rétention retardée des feuilles sur les arbres à proximité des lampadaires et l’attraction des insectes et des oiseaux par les lumières extérieures, ont été documentés depuis longtemps »

Depuis 2019, on savait que le cycle de germination et de floraison des arbres étaient impactés négativement par la lumière artificielle. Les biologistes en charge de l’enquête avaient ainsi découvert que le bourgeonnement des certains arbres avait presque une semaine d’avance.

Comment pourrait-il en être autrement pour des végétaux qui justement se développent grâce à la photosynthèse ? Mais ensuite bien évidemment, il y a une réaction en chaîne, écosystémique, perturbant les chenilles se nourrissant des feuilles, les oiseaux mangeant les chenilles…

La pollution lumineuse, c’est un énième aspect de la déstabilisation de l’environnement naturel par une humanité rivée de manière égo-centré vers son propre développement…. son propre développement pétris dans le capitalisme.

L’éclairage public a été une véritable révolution, un progrès de grande ampleur. Mais lorsque l’on regarde aujourd’hui ce qu’il en est, on est forcé de constater que là aussi il y a fuite en avant humaine, anti-naturelle, par et dans le capitalisme. Et si l’on pense aux projets de grandes entreprises comme Amazon et SpaceX de développer un réseau satellite dans l’espace, on aura finit de détruire la nuit, le ciel, la lumière naturelle.

Finalement, la lumière artificielle est là surtout pour accompagner une civilisation de la voiture et de l’étalement urbain avec ses kilomètres de routes bitumées, sa mise en avant du capital accumulé, sa valorisation d’une société de consommation en déperdition.

En plus de ne plus voir le ciel étoilé, cette première porte ouverte vers la connaissance de l’univers, voilà que le capitalisme n’éclaire plus rien mais tout, au contraire. La tâche du futur n’est plus d’éclairer, mais d’éteindre tous ces artifices inutiles : il nous faut rallumer les étoiles !

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Écologie

Deux associations demandent l’interdiction des cheminées à foyer ouvert

Alors que la connaissance de la pollution de l’air ne fait que progresser en France, l’État n’opère pas de véritables changements en rapport avec ces nouvelles analyses, notamment en ce qui concerne le chauffage au bois.

En décembre 2014, Ségolène Royal, alors ministre de l’environnement, déclarait très fièrement :

« J’ai rétabli la liberté (…) J’ai ici la lettre d’instruction qui est partie hier au préfet de région qui lui demande de modifier son arrêté sur ce point là, en disant que cela n’a aucun sens d’une part. Deuxièmement, au moment où je développe les énergies renouvelable, et donc l’énergie bois, ce qu’on appelle la biomasse, c’était quand même un contre-indicateur »

Ces propos faisaient suite à l’obtention par l’association de mesure de la qualité de l’air Airparif d’un arrêté d’interdiction au 1er janvier 2015 des feux de cheminée à foyer ouvert à Paris ainsi que dans 435 communes d’Île-de-France. Malgré les tentatives de l’ex-ministre de l’environnement, l’arrêté d’interdiction des foyers ouverts a bien été adopté, après annulation de l’arrêté de Ségolène Royal à l’été 2015.

Ségolène Royal choisissait ici la voix du populisme au service de l’industrie du bois, plutôt qu’une approche démocratique, rationnelle, populaire. Car il est avéré depuis plusieurs années que la combustion de biomasse d’origine naturelle, telle que le bois, est émettrice de particules fines très nocives pour la santé. En Île-de-France, on estime qu’environ un tiers des particules fines sont issues du chauffage au bois.

Pendant le confinement, alors que l’industrie était en sommeil et la circulation routière au ralenti, le bassin d’Île-de-France a connu des pics de pollution en partie causés par les feux de cheminée.

Notons que si la combustion de bois dans un foyer ouvert est grande génératrice de particules fines, on ne sait pas vraiment ce qu’il en est des « foyers fermés » ou des poêles à granulés, qui seraient potentiellement émetteurs de particules ultra-fines (PUF).

C’est en ce sens que l’Association pour le respect du site du Mont-Blanc ainsi que Strasbourg Respire ont co-signé une tribune le 15 octobre 2020 pour souligner la nécessité d’en finir avec les cheminées à foyers ouverts.

Voici cette tribune :

« Après avoir connu un déclin jusque dans les années 80 le chauffage au bois bénéficie aujourd’hui d’une image extrêmement positive en France car considéré comme « traditionnel, millénaire, naturel, sain et renouvelable, donc écologique » et « bon pour la planète ». De telle sorte que le nombre d’appareils individuels de chauffage au bois a doublé en 20 ans pour atteindre 8 millions d’unités sur le territoire métropolitain, et que les chaufferies collectives au bois se multiplient en France.

Le chauffage au bois bénéficie de l’ignorance des élus quant à sa part dans la pollution atmosphérique. Or elle est écrasante, le chauffage au bois représente en France 14% des chauffages et 60% des particules PM2.5 – particules fines de moins de 2,5µm – qui causent 48000 décès prématurés par an dans notre pays !

Si ce mode de chauffage a le vent en poupe, il le doit aussi aux multiples aides et incitations financières. Par exemple dans la vallée la plus polluée de France, la Vallée de l’Arve, et plus récemment à Strasbourg, des aides financières – appelées fonds « Air-Bois » – ont été mises en place pour changer son poêle à bois contre…un autre poêle à bois!

Ce fonds Air-Bois est financé par l’ADEME (Agence de la Transition Ecologique) qui s’est fixé un agenda de développement de la part de la biomasse dans le mix énergétique de la France. La raison de ce plan est que la combustion de la biomasse est – à tort – considérée comme « neutre en carbone » dans les bilans Climat des Etats.

Nous affirmons qu’il s’agit d’une grave erreur. Pourquoi ?

1. Faire le choix du bois-énergie est mauvais pour le Climat :

La combustion de bois que ce soit dans une cheminée, un poêle à granulés ou une centrale électrique à biomasse (plaquettes ou granules de bois ) libère plus de CO2 dans l’atmosphère que la combustion de gaz, fuel ou charbon. De plus, il faudra plusieurs dizaines d’années à un arbre pour séquestrer autant de CO2 que celui émis en quelques heures par la combustion du bois.

La combustion du bois est donc bien loin d’être neutre en carbone sur le court et moyen terme et elle accroitra les émissions de gaz à effet de serre de 10% au niveau européen dans les prochaines décennies, comme l’ont récemment soulevé plusieurs chercheurs dans la revue Nature . « Désastreux pour les forêts et contre-productif pour le climat » tel est le constat sans appel de 800 chercheurs qui ont a récemment alerté l’Union Européenne.

2. Cause majeure de pollution :

Comme toute combustion, le bois rejette quantités de polluants, c’est de loin le mode de chauffage le plus polluant, malgré les filtres « performants ».

Il est une source majoritaire en France de particules fines. Rappelons que s’il existe de nombreuses sortes de particules (particules de frein, agriculture..), les particules de combustion issues de la combustion du bois, charbon, diesel sont de loin les plus toxiques car recouvertes d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ,causes de cancers, maladies cardiovasculaires, pathologies de la grossesse..Le bois émet 10 fois plus de HAP que le fioul, 114 fois plus que le gaz et 179 fois plus que le charbon.

Malgré le remplacement de plus de 4000 appareils sur 15000 chauffages au bois par des appareils à bois homologués les plus récents, le chauffage au bois cause des pics de pollution aux particules fines tous les hivers partout en France et en particulier dans la Vallée de l’Arve, où les taux de pollution restent au-dessus des recommandations de l’OMS.

Nous demandons l’arrêt de toutes les subventions ou incitations pour ce mode de chauffage individuel, qui seront orientées vers des modes de chauffage non polluants et renouvelables comme le solaire thermique ou les pompes à chaleur dans un cadre d’assainissement des émissions du secteur résidentiel.

Nous demandons également de stopper l’implantation et le développement de centrales collectives au bois, centrales qui ont malheureusement été récemment implantées à Strasbourg et déjà présentes dans de grandes agglomérations souvent polluées.

Nous demandons une gestion de la filière bois vers une exploitation du bois en puits de carbone (menuiserie, construction), plus respectueuse de la biodiversité, et non plus orientée vers le bois énergie. Nous souhaitons (comme l’ont fait Québec et Montréal):

  • L’interdiction des foyers ouverts dans les zones d’habitation dense ou sous plan de protection de l’atmosphère.
  • L’interdiction de l’utilisation de tous les chauffages au bois d’appoint durant les pics de pollution.
  • L’interdiction de la vente d’appareils à bois non homologués.
  • L’interdiction de construction de cheminées à foyer ouvert dans les zones d’habitation dense ou sous plan de protection de l’atmosphère. »
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Écologie

Des forages pétroliers menacent une partie de la région parisienne

L’association Environnement Bocage Gâtinais (EBG) mobilise sur une enquête publique à propos du projet de la société Bridgeoil de faire passer leur exploitation pétrolière de deux à dix forages, sur la commune de Nonville en Seine-et-Marne.

L’association EBG alerte sur les conséquences néfastes de ce projet sur un site dédié : « Non aux forages pétroliers à 4km de la forêt de Fontainebleau ».

Ils y alertent sur les risques de pollution de l’eau potable, la régie « Eau de Paris » qui gère les sources à proximité ayant déjà rendu un avis fermement négatif. On apprend également qu’une telle activité nécessite de détourner près de 1000m3 d’eau par jour en injection souterraine pour stimuler la production de pétrole.

Les sites de forages se trouvent à proximité de plusieurs écosystèmes précieux : La ZNIEFF de la Plaine de Sorques, la zone natura 2000 de Rivières du Loing et du Lunain, l’espace naturel sensible du Marais d’Episy et la forêt de Fontainebleau qui est classée réserve de Biosphère par l’UNESCO depuis 1998. Les puits, le va-et-vient de poids-lourds impacterons certaines de ces zones en permanence, tandis que de potentiels accidents pourraient être catastrophiques sur d’autres.

L’association EBG lance donc une campagne d’opposition à ce projet qui comporte une pétition, une incitation à participer à l’enquête publique jusqu’au 17 octobre et met a disposition des visuels pour donner de la visibilité à la lutte sur les réseaux sociaux.

Pour visiter le site de mobilisation, cliquez sur l’image :
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Écologie

Tribune: «Pour protéger l’Amazonie française et ses gardiens, reconnaissons leurs droits»

L’orpaillage illégal est un véritable catastrophe en Amazonie, qui s’est transformé ces dernières années en une agression de la nature à très grande échelle. Les peuples autochtones constituant les premières nations de Guyane, qui subissent de plein fouet la pollution au mercure consécutive à l’extraction de l’or, affirment leurs droits légitimes, directement liés à l’affirmation de la protection de la nature.

C’est l’objet d’une tribune signée dimanche 13 septembre 2020 par plusieurs associations qui se placent sur le plan du Droit pour contraindre l’État français à mettre en place un cadre démocratique nouveau en ce qui concerne la Guyane.

Aucune quête identitaire ici, ni quelconque démarche « inclusive ». Au contraire, la démarche est fondée sur une réalité matérielle tout à fait concrète, consistant en le rapport historique à la nature des peuples autochtones constituant les premières nations de Guyane. L’État français n’est pas rejeté en tant que tel, de manière abstraite, mais il est fait appel à la substance de sa réalité légale, c’est-à-dire le droit, pour établir un cadre démocratique nouveau et conforme à la réalité naturelle amazonienne.

Voici la tribune :

« Pour protéger l’Amazonie française et ses gardiens, reconnaissons leurs droits

Donner une personnalité juridique aux écosystèmes amazoniens de Guyane et enfin reconnaître le statut des premières nations permettrait une meilleure protection de leurs droits face au scandale écologique et sanitaire de l’orpaillage illégal qui frappe la France sur son territoire d’Outre mer. En ce 13eme anniversaire de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, les associations Wild Legal, Organisation des Nations autochtones de Guyane, Maiouri Nature Guyane, collectif Or de question ainsi tous les signataires de cette tribune souhaitent rappeler à l’Etat ses obligations pour la sauvegarde des droits de la nature et des amérindiens wayana.

Samedi 12 septembre, l’Ecosystème Darwin (Bordeaux) a été la scène de la première conférence-procès pour les droits de la nature et des peuples autochtones, un procès-simulé né de la collaboration entre étudiants en droit, associations guyanaises et métropolitaines et experts, au sein du programme Wild Legal.

Sur le banc des accusés : l’Etat français, attaqué en justice pour carence fautive dans la lutte contre l’orpaillage illégal. Face à lui : les organisations de défense du peuple autochtone wayana et des écosystèmes amazoniens de Guyane.

À la barre, les experts Alexis Tiouka, juriste en droit des peuples autochtones, Valérie Cabanes, juriste internationaliste, experte du crime d’écocide et Jean-Pierre Havard, humanitaire engagé pour la santé du peuple wayana ont éclairé les débats.

Rappel des faits

Au nord ouest de la Guyane, le fleuve Maroni sépare le Suriname et la France et se jette dans l’Océan Atlantique. Sur ses rives immensément riches en biodiversité, habitent les amérindiens wayana. Depuis plus de 30 ans, cette région de Guyane française souffre des impacts de l’orpaillage illégal responsable de la destruction de près de 12.000 ha de forêt et de 1.800 km de cours d’eau. Alors qu’il devrait s’agir d’un sanctuaire pour les espèces animales et végétales, 143 sites illégaux ont été recensés en janvier 2020 au sein du parc Amazonien de Guyane et on estime que 10.000 orpailleurs clandestins seraient présents sur le territoire.

La protection des droits humains à un environnement sain et à la santé

L’utilisation du mercure pour extraire l’or entraîne une contamination importante des écosystèmes terrestres et aquatiques. Des centaines de tonnes de ce produit chimique ont été déversées dans la nature, et remontent ainsi la chaîne alimentaire jusqu’à l’homme. Les dépistages réalisés chez les amérindiens wayana montrent des taux de contamination mercurielle bien supérieurs à la limite sanitaire de 10 μg/g de cheveu recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les enfants sont particulièrement exposés in utero et les habitants souffrent des effets de cette imprégnation excessive qui provoque des troubles cognitifs, l’altération du système nerveux et particulièrement des fonctions de la vue et de la coordination motrice.

Depuis 1994, les études se succèdent, mais l’Etat s’est contenté de mettre en place des mesures d’information pour conseiller aux Wayana de changer leurs habitudes alimentaires en renonçant à la consommation de poisson, fortement contaminé. Il semble échapper aux pouvoir publics qu’étant donné l’absence d’alternative pour ce peuple qui tire sa subsistance du fleuve, cette injonction ne peut que rester lettre morte sans la mise en place d’un programme alimentaire étatique de substitution.

Nous appelons l’Etat français à respecter ses engagement découlant de la ratification de la Convention de Minamata sur le mercure et à prendre au sérieux son obligation de garantir le droit à la santé des Wayana en mettant en place une veille sanitaire et une aide alimentaire, mais aussi et surtout, à leur assurer un environnement sain en renforçant massivement les moyens de la lutte contre l’orpaillage illégal.

La reconnaissance des droits des peuples autochtones

Treize ans aujourd’hui que la France a voté la Déclaration des Nations Unies pour les droits des peuples autochtones et pourtant, elle refuse toujours de reconnaître un statut particulier aux amérindiens de Guyane. Se cachant derrière une lecture restrictive et passéiste de l’article 1er de la Constitution posant le principe d’indivisibilité de la Nation, elle prive ces peuples de droits légitimes propres à leur histoire, leur lien à la terre et leurs cultures.

Sur le Maroni, les activités sociales, économiques, alimentaires et culturelles des peuples autochtones dépendent du lien étroit avec leur environnement, aujourd’hui menacé et en partie détruit par l’orpaillage illégal. Il est nécessaire d’affirmer que la conservation de la biodiversité amazonienne implique la protection des modes de vie et des cultures amérindiennes.

Nous demandons à l’Etat de reconnaître les droits fondamentaux et bio-culturels de ce peuple, son rôle déterminant dans la protection de la nature et par conséquent l’importance de mettre en place une gouvernance partagée ainsi qu’une coopération renforcée dans la lutte contre l’orpaillage illégal.

La défense des droits de la nature

Du fleuve Atrato en Colombie au mont Taranaki en Nouvelle-Zélande, de nombreux écosystèmes de par le monde se voient aujourd’hui reconnaître des droits propres ainsi qu’une personnalité juridique afin de mettre en place un nouveau régime de protection de la Nature. Il s’agit de garantir dans notre droit une nouvelle relation à la Nature, à la fois respectueuse du fonctionnement des écosystèmes et des besoins humains.

Afin de faire face aux ravages de l’orpaillage illégal en Guyane, nous demandons à l’Etat de reconnaître le Haut Maroni en tant qu’entité vivante bénéficiant du droit à la protection et à la conservation de son intégrité, du droit à la pleine santé et à être exempt de contamination, de pollution et de déchets toxiques, le droit à la régénération et à la continuité de ses cycles et processus vitaux, le droit à la restauration de ses écosystèmes. Nous soutenons également la création d’une commission des gardiens du fleuve composée des représentants amérindiens, exerçant une tutelle légale en collaboration avec les services de l’Etat afin de mettre en place un plan d’action visant à éliminer définitivement les activités minières illégales, un programme de soutien aux projets d’alternatives économiques locales pour garantir la sécurité alimentaire de ce peuple et l’organisation d’une campagne régionale de dépistage du mercure.

Le procès simulé pour l’Amazonie française et de ses gardiens est une première étape, par laquelle nous tenons à alerter l’opinion publique et l’Etat en donnant à voir de nouvelles solutions pour la protection des droits de la nature et des peuples autochtones. Nous attendons de la part du gouvernement une réponse quant aux engagements qui seront pris en ce sens pour mettre fin au scandale humain et écologique de l’orpaillage illégal, défendre l’intégrité du fleuve Maroni et enfin reconnaître les droits des premières nations de Guyane.

Signataires de cette tribune, nous réclamons une mutation profonde de notre modèle juridique afin de défendre les droits de la Nature et des peuples autochtones. Pour faire face aux enjeux écologiques majeurs de notre siècle, il est nécessaire de nous affranchir des jurisprudences obsolètes et de nous engager dans une évolution restructurante de notre gouvernance, reposant sur le respect des droits fondamentaux de tous les êtres vivants, humains et non-humains.

Signataires :

Wild Legal, Organisation des Nations autochtones de Guyane, Maiouri Nature Guyane, Or de question, Alexis Tiouka, juriste en droit des peuples autochtones, Valérie Cabanes, juriste experte du crime d’écocide, Marie Fleury, ethnobotaniste, présidente du Conseil scientifique du Parc amazonien de Guyane, Jean Pierre Havard, association Solidarité Guyane, William Bourdon, avocat, défenseur des droits humains, Eleonore Johannes, collectif des Premières nations, Michel Dubouillé, secrétaire général de Guyane Ecologie, Darwin Climax Coalitions »

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Écologie

Néonicotinoïdes: Génération Écologie lance une campagne pour le maintien de l’interdiction

Le parti politique Génération Écologie lance une campagne pour dénoncer le grand recul gouvernemental quant à l’interdiction des néonicotinoïdes. Voici le communiqué du 2 septembre 2020 présentant cette campagne, incluant un lien vers une brochure d’information.

L’interdiction des néonicotinoïdes est un enjeu écologique majeur, que Génération Écologie présente de manière très précise dans une brochure de 20 pages. On regrettera cependant l’accent qui est mis sur les abeilles d’élevage, alors que l’apiculture ne relève aucunement de l’écologie et que la question des insectes pollinisateurs ne se résume aucunement à celles des abeilles d’élevage. Il y a là probablement un choix qui est fait en termes de communication, qui n’enlève toutefois rien au sérieux du propos sur le pesticide tueur d’insectes.

Voici le communiqué de Génération Écologie :

« Néonicotinoïdes : quand c’est non, c’est… NON !

Génération Ecologie lance une campagne contre le projet de loi remettant en cause l’interdiction des néonicotinoïdes.

L’enjeu est absolument vital : la toxicité des néonicotinoïdes a des conséquences monstrueuses qui entraînent l’effondrement accéléré des pollinisateurs, des insectes, des oiseaux, impactent l’ensemble du vivant, y compris la santé humaine.

L’objectif de notre campagne est de démontrer que la réhabilitation des néonicotinoïdes par le gouvernement est basée sur un mensonge.
Les propos des ministres témoignent d’un incroyable obscurantisme niant les conclusions de plus de 1 221 études scientifiques. Leur décision s’effectue sous la pression des lobbys de l’industrie du sucre, dont nous prouvons qu’ils n’ont jamais cessé d’agir dans les coulisses du pouvoir pour obtenir la remise en cause de la loi de 2016.

Génération Ecologie appelle à une mobilisation citoyenne indispensable et urgente

– par la diffusion de la brochure d’information « NÉONICOTINOÏDES : quand c’est non, c’est… NON ! »

Cliquez sur l’image pour télécharger la brochure :

 

– la création de collectifs citoyens avec des réunions publiques dans les territoires :

NANTES (44) le 10/09/20
PONT L’ABBE (29) le 11/09/2020
CABRIES-CALAS (13) le 13/09/20
AZAY-LE-BRÛLÉ (79) le 17/09/20
BORDEAUX (33) le 18/09/20
LE VIGAN (30) le 18/09/20
ITTEVILLE (91) le 19/09/20
GUINGAMP (22) le 20/09/20
ROUEN (76) le 24/09/20
PARIS & ILE-DE-FRANCE Facebook live le 24/09/20
PAU (64) le 25/09/20
MONT-DE-MARSAN (40) le 26/09/20
LYON (69) le 26/09/20
TOURS (37) le 26/09/20
BOURGES (18) le 26/09/20
BRESSUIRE (79) le 29/09/20
et aussi STRASBOURG, MONTPELLIER, LILLE, METZ, SAINT-JUNIEN, SAINT-DENIS DE LA REUNION, SAINT-ETIENNE… dates à venir !

Pour organiser une réunion dans votre commune : contact@generationecologie.fr

– une adresse à l’ensemble des partis démocratiques et syndicats afin d’envisager des initiatives communes pour cet enjeu vital qui n’est pas celui d’un camp politique mais concerne notre survie. »

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Néonicotinoïdes : la lettre d’organisations écologistes au ministre de l’agriculture

Voici la lettre d’organisations écologiste au ministre de l’agriculture à propos des dérogations à l’interdiction des néonicotinoïdes…

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Écologie

Communiqué d’Eau & Rivières de Bretagne contre un «observatoire de l’agribashing», véritable antenne «Demeter» en Bretagne

L’association écologiste Eau & Rivières de Bretagne, qui fait depuis de nombreuses années un travail de terrain remarquable avec une connaissance très pointue de ses sujets, a publié un texte important, ainsi qu’une pétition à signer. En cause, la préfecture d’Ille-et-Vilaine et de Bretagne qui lance un « observatoire départemental de l’agribashing ». Rien que le nom en dit long, puisqu’il s’agit en arrière-plan d’une opération visant à empêcher toute critique de l’agro-industrie en Bretagne. La mise en place de cet « observatoire » est particulièrement anti-démocratique et le lien est évidemment fait avec la cellule Demeter de gendarmerie, véritable organe de répression anti-écologie et contre l’activisme vegan (voir à ce sujet l’analyse détaillée par La Terre ‘abord!).

Voici donc le communiqué d’E&R de Bretagne, qui prend le contre-pied de la répression en appelant à s’auto-dénoncer, en assumant haut et fort « les critiques sur le système agro-industriel » :

 

« Agribashing | Non à une antenne Demeter en Bretagne

Un observatoire de l’agribashing en Ille-et-Vilaine est lancé par la préfète de Bretagne. Nous dénonçons cette mascarade et appelons tous nos adhérents à s’auto-dénoncer à la cellule Demeter.

Ce jeudi 2 juillet, la préfète d’Ille-et-Vilaine et de Bretagne annonce la mise en place d’un « observatoire départemental de l’agribashing ». La Fédération Bretagne Nature Environnement, dont faire partie Eau et Rivières de Bretagne, dénonce la collusion et le manque d’objectivité à l’origine d’un tel projet. Il s’inscrit dans la droite ligne de la cellule Demeter, dont la dissolution a été demandée par 27 associations en février dernier.

Le monde associatif exclu de l’Observatoire

Cet « observatoire de l’agribashing » doit réunir la chambre départementale d’agriculture, les syndicats agricoles représentatifs (FDSEA, Jeunes agriculteurs, Confédération paysanne, Coordination rurale), les représentants du secteur agroalimentaire (ABEA, UGPVB) ainsi que les services de l’État (DDTM, DDCSPP, police et gendarmerie).

Le monde associatif est, bien malgré lui, prié de ne pas rejoindre la table des discussions et que l’expertise de nos associations sur la question agricole ne pourra certainement pas y être entendue.

Nous remettons donc en cause l’impartialité et l’objectivité des débats et des solutions pouvant être discutées et apportées par cet « observatoire ».

Collusion à grande échelle

L’annonce de la mise en place de cet « observatoire » a lieu au sein même de l’exploitation agricole du président de la chambre départementale d’agriculture d’Ille-et-Vilaine. Cela illustre parfaitement les liens douteux entre les représentants politiques départementaux et ces instances de promotion et diffusion d’un modèle agricole intensif et dévastateur.

Cette annonce fait suite à la nomination de Thierry Merret en tant que personnalité qualifiée au Conseil économique, social et environnemental (Ceser) par la préfète elle-même. Un autre geste éloquent en faveur du système agricole conventionnel et de ses fervents défenseurs.

Nous dénonçons fermement le manque de transparence et la complicité coupable de la préfecture d’Ille-et-Vilaine qui appuie avec force la mise en place d’un tel projet, lequel ne peut objectivement être considéré comme une priorité départementale.

« Agribashing » : la menace fantôme

La mise en place de ce projet est en lien direct avec son expression nationale, la cellule Demeter, projet gouvernemental déjà dénoncé par nos associations. Un objectif concret de cet « observatoire » est la constitution d’une base de données permettant une remontée d’informations vers la cellule.

Les actions portées par nos associations s’inscrivent dans le respect du droit pour la défense de l’intérêt général. La criminalisation d’actions associatives, assimilées à un agribashing, est en contradiction formelle avec le principe de liberté d’opinion.

Que dire des intimidations faites auprès de nos militants associatifs ? Des dégradations faites au niveau des locaux de nos associations ? Du droit environnemental bafoué d’un revers de la main, sous prétexte que nous ne sommes « que » des lanceurs d’alertes, parfois traités d’écolo-terroristes… Madame la Préfète pourrait créer un « observatoire de l’écolo-bashing » ?

Coupons l’herbe sous le pied de cet observatoire !

Pour couper l’herbe sous le pied de cette cellule et de l’observatoire, Eau et Rivières de Bretagne appelle tous ses adhérents et sympatisants à s’auto-dénoncer.

Comment ? En signant la pétition en ligne et en approuvant ce texte : « J’exprime, jusqu’ici en toute liberté, des critiques vis à vis du système agro-industriel breton, en raison d’impacts que je juge négatifs sur l’environnement et la santé. L’opacité sur les cibles et les fonctions de l’observatoire me laissent penser que je pourrais être visé, à mon insu, et donc surveillé par des organisations corporatistes ou à but lucratif. Soucieux de la bonne utilisation des deniers publics, particulièrement mobilisés en ces temps de crise, je tiens à alléger la charge des opérateurs de l’observatoire en m’auto-dénonçant comme porteur résolu de critiques sur le système agro-industriel et ceux qui le font perdurer. »

Signez ici la pétition. »

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Nos amies les abeilles sauvages

Multiplier les ruches pour agir contre la disparition des abeilles est une erreur car cela pénalise les précieuses abeilles sauvages comme nous l’avons vu récemment. Il se trouve qu’on ne connaît pas assez les abeilles sauvages alors qu’elles sont des pollinisatrices essentielles.

Il existe autour de 900 sortes d’abeilles sauvages en France contre une espèce d’élevage pour le miel, l’Apis Mellifera.

Une bonne partie des sauvages sont solitaires, c’est-à-dire qu’elles ne créent pas de colonie, elles nichent dans des plantes ou le sol, butinent, nourrissent leurs larves et n’ont pas de rapport avec leur descendance. Les autres sont sociales et font des colonies, des nids plus élaborés, avec des systèmes de galeries. Certaines survivent à l’hiver, d’autres ne vivent qu’un mois pendant l’été.

Les abeilles sauvages sont aussi multiples que diverses et il est difficile de les caractériser d’un bloc. Il est plus facile de les identifier en connaissant l’Apis Mellifera. Si ce qu’on observe n’est pas une « abeille à miel » alors c’est une abeille sauvage.

Aussi, si l’on voit une abeille couverte de pollen, c’est une sauvage car l’Apis Mellifera ramasse le pollen sur ses pattes et reste très propre.

Nous connaissons très bien une abeille sauvage, le bourdon ! Les bourdons s’installent au printemps dans des cavités dans les arbres, dans des nids d’oiseaux abandonnés, ou encore des fissures. Les bourdons pollinisent un grand nombre de plantes, contrairement à beaucoup d’autres abeilles sauvages qui sont spécialisées.

L’abeille charpentière (Xylocope) fait partie de ces spécialistes, elle se confond d’ailleurs avec le bourdon car elle est trapue, assez sombre et très velue. Elles tient son appellation de sa manière de creuser le bois pour y faire son nid.

Les charpentières ne se comportent pas pareil d’une fleur à l’autre, certaines étant visitées de manière « brutale », en creusant par la tige, d’autres de manière classique et permettant la pollinisation. Elle pollinise notamment les légumineuses dont certaines sont principales source de protéines végétales dans l’alimentation humaine.

Le bourdon et la charpentière sont des abeilles sauvages sociales, l’Andrena Vaga, par contre, est une solitaire. Elle fait partie de la famille des abeilles des sables vivant dans les milieux humides, qui creusent dans le sable pour y pondre. Elle est aussi une spécialiste, préférant butiner les saules.

Les solitaires sont ainsi souvent des spécialistes, il est impossible de les détailler toutes mais chaque grand type de plante ou de milieu a son, ou ses abeilles spécialisées.

La destruction des abeilles sauvages est donc strictement lié à la destruction des écosystèmes, avec le développement anarchique urbain et l’aspersion de pesticides pour l’agriculture intensive. La monoculture est également un problème puisqu’elle supprime la diversité de la nourriture des abeilles. Enfin, la pollution joue aussi un rôle néfaste, puisqu’elle cache le parfum des fleurs et les phéromones nécessaires à la reproduction. Pour se donner une idée, en l’an 1800, les odeurs portaient en générale à 800m, aujourd’hui c’est 200m…

La première et la plus grande des choses à faire pour elles serait donc de contrôler strictement l’étalement urbain et d’opter pour une planification agraire scientifique, permettant d’alterner culture et plantes sauvages ainsi que d’arrêter l’utilisation de pesticides.

Mais il est possible dès aujourd’hui d’agir en conscience pour aider les abeilles.

Il est possible de préserver leur habitat en conservant les haies et bosquets, également en ne les taillant qu’en hiver. Il est possible d’en planter aussi, en variant les essences en respectant les essences endémiques. Certaines plantes à moelle comme le sureau, les ronces, rosiers, églantiers (…) sont des abris naturels dans lesquels certaines abeilles creusent à l’arrivée de l’hiver pour y pondre.

Installer des hôtels à insectes est aussi une chose à faire, notamment en milieu urbain, à condition que cela soit fait en connaissance des besoins (diamètre des cavités type de bois etc.) et sur des emplacements pertinents. Attention aux hôtels à insectes vendus en jardinerie ou n’importe où sur internet !

20 % des abeilles sauvages nichent dans des petites cavités. Elles peuvent creuser dans des tiges à moelle ou élire résidence dans des tiges creuses, dans du bois mort ou dans des galeries laissées par d’autres insectes dans des branches. Elles font donc partie des insectes qui viendront occuper ce type de structure.

Mais 80 % des abeilles restant nichent dans des galeries sous le sol, dans le sable, l’argile ou le limon, il est donc difficile de reproduire leur habitat de toute pièce, seuls des écosystèmes protégés, des sanctuaires peuvent être complètement bénéfiques.

Pour préserver leur nourriture, il faut remettre en question le désherbage systématique des jardins, « espaces verts », bords de route, notamment à travers la tonte qui élimine une grande quantité de fleurs comme celles des trèfles dont beaucoup sont gourmandes.

La plantation de certaines plantes à nectar peut se faire en connaissance de cause, certains mélanges ne sont pas idéal et certaines toxiques ! C’est peut-être le cas des certains massifs fleuris d’apparat qui sont utilisé dans les villes.

Pour finir, il est possible de soutenir des associations ou organisations qui œuvrent pour les pollinisateurs sauvages par des dons ou en participants à leurs programmes. Il est conseillé de passer par leurs conseils pour toute élaboration d’hôtel à abeille afin de ne pas faire n’importe quoi.

Voici une liste :

Des fleurs et des abeilles sauvages

http://apicool.org/ (Grand-Est/France)

Des interventions, de la pédagogie et tutos pour hôtels à abeilles

https://www.arthropologia.org/ (Lyon)

https://urbanwildbees.wordpress.com/ (Suisse/Rhone-Alpes)

Des programmes clef en main pour accueillir des abeilles solitaires indigènes et augmenter leur population

https://www.lesdorloteurs.fr/ (France entière)

https://www.abeillessauvages.com/ (Europe)

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Écologie

L’illusion écologique du véhicule électrique

Emmanuel Macron a annoncé vouloir développer la production de véhicules électriques pour relancer le secteur automobile, en parlant de véhicules « propres ». La voiture électrique est en réalité une fausse modernisation écologique.

La voiture a tellement façonné la société que l’on peut affirmer qu’est pratiquement devenu un rouage essentiel de la « civilisation » capitaliste. S’en émanciper signifierait un nouvel élan de civilisation. D’ailleurs, la crise du Covid-19 a émergé à Wuhan qui est devenu depuis quelques années le « centre automobile mondial ».

Mais la voiture est aussi responsable de la mort de milliers d’animaux sur les routes, avec même les hérissons qui sont considérés en voie de disparition, en partie, à cause des voitures. Réduire la voiture à ses émissions polluantes est donc déjà limité tant elle fait partie du problème et non pas de la solution écologique à bien des égards (étalement urbains, lourdes infrastructures, etc.)

Même en regardant du côté des émissions polluantes, cela ne semble pas si simple que cela. En soi, si l’on tient compte que des émissions de CO2 liées au déplacement d’une voiture, une électrique n’en émet pas comparé à une thermique.

Il faut toutefois prendre en compte l’ensemble de la chaîne de production d’un véhicule électrique. À ce niveau, il faut extraire le lithium dans les profondeurs des sols. Il entre pour 2% de la construction d’une batterie électrique.

Les forages pour extraire le lithium sont extrêmement gourmands en eau douce et produits chimiques générant des pollutions massives des eaux et des sols. À cela s’ajoute le cobalt et le nickel qui sont également utilisés pour la batterie et très peu écologiques.

Quant à l’électricité, la Chine, principal marché mondial du véhicule électrique, est dépendant du charbon pour l’électricité, tout comme l’Allemagne et l’Europe de l’est. Et l’on sait que le nucléaire, non émetteur de gaz à effet de serre, reste une gabegie écologique, avec notamment le traitement des déchets radioactifs. C’est le même problème pour le recyclage des batteries lithium-ion qui n’est pas du tout développé car le lithium n’est pas rentable après recyclage.

Enfin, il y a le problème des émissions de particules fines. Si la disparition du moteur à combustion va réduire les dioxydes d’azote, l’émission de particules fines risquent de rester importante pour le véhicule électrique, notamment à cause de son plus gros poids.

Il y a eu une augmentation générale du poids des véhicules. La Fiat 500 est par exemple passé de 490 kilos dans les années 1970 à 960 kilos en 2018. Mais la voiture thermique reste plus légère que celle électrique. Or, l’Agence fédérale de l’environnement en Allemagne estiment qu’une importante quantité de particules fines d’une voiture thermique aux normes avancées est émise par l’usure des freins et des pneumatiques. Elle a dévoilé que les gaz à échappement sont responsables de 7 740 tonnes de PM 10 par an, contre 7 340 tonnes pour les freins et surtout 13 980 tonnes issues de l’usure des pneumatiques et de la route.

Finalement, ce serait pratiquement la moitié des particules fines qui seraient issus de ses sources, en se fondant donc surtout sur des véhicules thermiques nouveaux. Qu’en sera t-il pour des véhicules électriques qui sont plus lourds ?

Tout cela montre à quel point le véhicule électrique est une impasse car il relève d’un mode de déplacement qui n’est plus en phase avec l’époque. C’est un changement complet du mode de vie qui s’impose, tourné vers des déplacements entièrement collectifs, planifiés et fondés sur l’énergie renouvelable.

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Le projet antidémocratique Internet Starlink par l’entreprise SpaceX

L’entreprise Space X présidée par Elon Musk vient de lancer de nouveaux satellites dans l’orbite terrestre afin de bâtir un nouveau réseau internet. Également connu comme président de l’entreprise d’automobiles électriques Tesla, Elon Musk est le représentant de cette bourgeoisie totalement décadente perdant pied avec le réel mais s’imaginant à l’avant-poste de la modernité.

Le milliardaire Elon Musk, ancien conseiller de Donald Trump, a lancé ces derniers jours 60 nouveaux satellites de son projet « internet Starlink », autorisé par Commission fédérale des communications des États-Unis en 2018. Ils font dorénavant partie des 420 satellites d’internet Starlink, avec à terme la mise en orbite d’un peu plus de 12 000 satellites pour un lancement officiel en 2025.

Placés dans la basse orbite (200 – 500 km d’altitude), ces satellites veulent offrir un réseau qui sera donc indépendant de l’actuelle infrastructure terrestre et marine, avec comme objectif principal d’augmenter le débit d’internet. Les satellites de Starlink pourraient offrir un temps de communication extrêmement court, de l’ordre de 25 millisecondes de latence (pour 30 à 60 millisecondes actuellement pour un très bon accès internet).

Le lancement des derniers satellites n’a pas manqué d’alerter bon nombre de gens, pensant y voir des ovnis ou des étoiles filantes. Et c’est bien là que réside le problème : le projet est inconnu des larges masses avec une grande entreprise qui impose son projet par « en haut ». Il a fallu qu’en plein confinement les gens s’aperçoivent des traînées de lumières diffusés par les satellites dans la nuit pour que le projet soit mieux connu.

Car la question de l’utilisation (ou non) de l’espace planétaire est une question éminemment démocratique, tant la connaissances des étoiles et du système solaire en général fait partie d’une connaissance populaire répandue. La passion pour les éclipses en est une bonne illustration et plus que jamais la nuit étoilée fait partie d’un rapport universel à la nature, et à la science.

Alors que la pollution lumineuse terrestre causée par les spots publicitaires et l’éclairage inutile défigure cette contemplation populaire, voilà que le projet Starlink va encore assombrir la nuit étoilée.

Pour le capitalisme, la nature est surtout un obstacle à faire sauter pour les besoins d’accumulation du capital. À cela s’ajoute l’anarchie complète de ce mode de production qui se développe dans le mépris total des conséquences à moyen-long terme sur l’environnement.

Le projet Space X va ainsi multiplier de plusieurs fois le nombre de satellites dans l’espace terrestre. À titre de comparaison, en 2018 la mission d’exploration spatiale Kepler a déployé 140 satellites. Or, les satellites à basse altitude ont une durée de vie très courte, ce qui la pose la question du traitement des satellites déchus à l’heure où les débris spatiaux est un grand problème. Il y a actuellement des milliers de débris, dont 8 000 de plus de 10 cm, qui circulant à plus de 8km/sec dans l’espace, menaçant toute la sécurité spatiale, que le film Gravity l’illustre bien.

> Lire également : Débris spatiaux, une poubelle autour de la Terre

Le projet Starlink correspond à une tentative d’élargissement des capacités d’accumulation du capital au moment même où la machine se grippe de manière irréversible. Cela pourrait bien ouvrir la boite de Pandore pour des grandes entreprises en quête d’un nouveau terrain vierge. C’est déjà par exemple le cas de cette start-up russe Startrocket qui souhaiterait commercialiser des espaces publicitaires dans l’espace ou encore Amazon avec un projet similaire d’internet nommé « Kuiper ».

Développé dans un cadre démocratique et fondé sur la dignité populaire, un tel niveau technologique devrait pourtant être utilisé à des fins universelles. Cet objectif universel, populaire, c’est la recherche scientifique, ou plutôt la quête scientifique de nouvelles formes de vie dans l’univers comme le font déjà de nombreuses explorations sur les exoplanètes.

L’espace doit rester tel qu’il est et ne pas être pollué par des infrastructures visant simplement l’élargissement du capital. La reconnaissance de la nuit étoilée comme porte d’entrée vers la vie et l’Univers doit être une bataille démocratique contre le projet mortifère de SpaceX.

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Communiqué d’Eau et rivière de Bretagne sur les pulvérisations de pesticides

Voici le communiqué d’Eau et rivière de Bretagne s’insurgeant contre le coup de force anti-démocratique des préfectures bretonnes, en pleine crise sanitaire. Il a en effet été balayé d’un revers de main toute concertation sur les distances minimales par rapport aux habitations pour la pulvérisations de pesticides.

« Distance de pulvérisation des pesticides réduites sans concertation, la double-peine pour les riverains

L’arrêté pesticides paru le 27 décembre 2019, prévoit des distances de sécurité minimales pour la pulvérisation des pesticides à proximité des lieux habités, des Zones de Non-Traitements (ZNT) de 5 m en culture basse et de 10 m en culture haute. Le premier avril, 25 départements, dont tous les département bretons, ont accepté les chartes élaborés par la FNSEA qui réduisent ces distances à 5 m pour les cultures hautes et 3 m pour les cultures basses.

Eau et Rivières de Bretagne a déposé un recours devant le conseil d’État avec 8 autres associations contre l’arrêté du 27 décembre, le jugeant très insuffisant pour assurer la protection des riverains des expositions aux pulvérisations de pesticides.

En pleine crise sanitaire, sans aucune concertation, au moment même où Air Breizh, l’agence de contrôle de la qualité de l’air, alerte sur les émissions d’ammoniac « qui proviennent des élevages de porcs, bovins et volailles », les préfets de tous les départements bretons valident une charte qui divise par deux les distances de précaution pour pulvériser des pesticides. Si nous nous inquiétions de l’inéquité de ces chartes au niveau des territoires selon les rapports de force existant, nous ne nous attendions tout de même pas à ce que cette concertation soit balayée d’un revers de main !

Pour Eau & Rivières, il s’agit purement et simplement d’un déni de démocratie. Comment peut-on parler d’une concertation alors même que, seuls, les utilisateurs de pesticides sont à la manœuvre ? Comment les représentants de l’État dans les régions et les départements peuvent cautionner ces passe-droits ? Le contexte sanitaire actuel ne doit pas être une parenthèse déconnectée de toute réalité. Les riverains sont exceptionnellement obligés de rester chez eux et ne peuvent se soustraire au éventuelles pulvérisation à leurs fenêtres.

Eau et Rivières de Bretagne demande qu’en cette période d’épidémie grave, soit suspendue la décision scandaleuse de valider ainsi des chartes qui auront des conséquences négatives sur la santé. Il sera temps, après la grave crise sanitaire actuelle, de savoir s’il faut diviser par 2 les distances de sécurité pour épandage de pesticides ou les augmenter sensiblement comme le souhaitent toutes les associations. Ces dernières jugent déjà bien insuffisantes les distances de 5 m et 10 m prévues par la loi.

Pour Eau & Rivières de Bretagne, l’objectif reste la sortie complète des pesticides dans les plus brefs délais en accompagnant les agriculteurs dans cette démarche. »

 

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Connaître la pollution de l’air: une tâche nécessaire pour la Gauche

Selon l’OMS, la pollution de l’air a engendré en 2016, 4,2 millions de décès du fait de maladies cardiovasculaires et respiratoires et de cancers. En France, on estime à 48 000 le nombre de personnes qui meurent prématurément à cause de la pollution. C’est autant que de l’alcool. Le problème est de taille, si bien qu’en mai 2019, la Cours de Justice de l’Union européenne condamnait la France pour « manquement aux obligations issues de la directive qualité de l’air ».

Ce manquement de la France à la directive de 2008 de l’Union européenne concernait des dépassements persistant des valeurs limites de dioxyde d’azote (NO2) dans plusieurs parties du territoires. Ce gaz, très toxique, est surtout le résultat de la combustion des véhicules diesels.

Le problème, c’est que les critères de compréhension de la qualité de l’air sont complexes. On peut la connaître en allant sur un des treize sites régionaux, ou un des six pour « l’outre-mer », de l’ATMO qui est une fédération d’association et a sa propre unité de mesure.

Par exemple, dans le Rhône, ATMO se base sur le relevé de 21 stations de mesures et d’une observation spécifique effectuée en 2015, pour ensuite effectuer une modélisation via satellite pour l’ensemble du département. L’application « airtogo » est également relié à l’ATMO.

L’indice ATMO se base sur des relevés journaliers des stations de mesure dites de fonds (c’est-à-dire non exposés à des sources de pollution directes) en prenant en compte trois polluants que sont l’ozone (O3), les dioxydes d’azote (NO2) et les particules fines PM10.

Remarquons que la pollution à l’ozone concerne surtout la période estivale, accentuée par les épisodes de canicule.

L’indice (et la modélisation cartographique) tient compte des conditions de dispersion météorologiques, de la topographie, de l’état des sources de pollution sur le territoire, et de résultats d’études ponctuelles. Obligatoire dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants, ATMO se base sur le sous-indice maximum de concentration des trois polluants de la vielle pour le lendemain. Pour les agglomérations moins peuplées, il est fait référence à l’IQA, indice plus synthétique.

Basée sur une échelle de 0 à 10, la qualité de l’air est considérée comme dégradée lorsqu’un le seuil réglementaire d’un des trois polluants mesuré est dépassé. Cette échelle correspond à des valeurs des seuils de pollution à respecter (de 0 à supérieur à 100). Lorsqu’un polluant dépasse la valeur de 90, le seuil d’infirmation et déclenché, puis au-delà de 100, c’est le seuil d’alerte.

Mais comment sont mesurés les polluants ? Chaque polluant a une norme réglementaire qui varie selon l’OMS, l’Union européenne ou le code de l’environnement français. Prenons par exemple les PM 10, pour « matière particulaire » (ou Particulate Matter en anglais) d’une taille égale ou inférieure à 10 micromètres.

Selon le code de l’environnement, sur lequel se base l’indice ATMO, la concentration de PM 10 ne doit pas dépasser 50 microgrammes par mètres cubes d’air (50ʮg/m3) plus de 24 heures, au-delà de quoi le seuil d’information est activé (valeur supérieur à 90 de l’indice). À plus de 80ʮg/m3, c’est le seuil d’alerte qui est activé, soit un indice ATMO d’une valeur supérieure à 100.

Ces particules fines sont très dangereuses car elles restent en suspension dans l’air et s’agrègent à d’autres polluants (comme le dioxyde d’azote, le terrible benzène, les métaux lourds tels que le plomb, l’arsenic… etc.) et pénètrent dans l’organisme.

Plus la particule est fine, plus elle pénètre profondément l’organisme. On comprend que certains parlent de « scandale » de la pollution de l’air, puisque les PM 2,5 ne sont pas prises en compte dans le calcul de l’indice, alors que du fait de leur très petite taille, elles s’infiltrent dans le système pulmonaire et sanguin lorsque les PM 10 restent au niveau des narines et de la gorge.

C’est pourquoi on peut aussi se référer à d’autres sites d’information comme airvisual.com ou aqicn.org. Ces sites se basent sur l’Indice de Qualité de l’Air (IQA ou AQI en anglais), indice qui se base sur 6 polluants (contre 3 pour l’indice ATMO) et prend en compte les PM 2,5.

Ces deux sites très fonctionnels permettent des comparaisons explicites. Par exemple, dans la vallée de l’Arve, au pied du Mont-Blanc, les villes de Passy et Sallanches ont régulièrement des niveaux de PM 2,5 qui les classent dans le « top 20 » des villes les plus polluées. Elles se trouvent à côté des certaines mégalopoles de Chine et d’Inde, bien que dans ces endroits les niveaux de pollution atteignent des records ahurissants.

Bien qu’à l’aspect technique rebutant, ces sites sont des outils que toute personne à Gauche doit se saisir pour approfondir sa connaissance d’une pollution de l’air qui exprime un des aspects anti-écologiques engendré par le chaos du capitalisme.