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Culture & esthétique

Les origines guerrières du sport

Le sport est une forme développée des jeux populaires traditionnels et des affrontements aristocratiques codifiés à l’époque féodale. Il existe de nombreuses continuités entre les sports d’aujourd’hui et ces activités, rien n’étant jamais créé ex nihilo

Une grande partie des sports actuels étaient d’abord des arts martiaux. Ils étaient liés à l’activité militaire, mais ont développé petit-à-petit une existence autonome avec une finalité propre, devenant des activités de délassement physique et morale raffinées, strictement codifiées et censées ne plus être dangereuses. 

L’escrime, sport français par excellence, a d’abord été enseigné pour la guerre. Il est devenu ensuite un art martial à mesure que son utilité militaire disparaissait avec le développement de la poudre pour les armes. Il était alors enseigné par des maîtres d’arme et pratiqué en duels.

À la fin du 16e siècle, le Roi Charles IX autorisa les « Maistres Joueurs et Escrimeurs d’Épée de Paris » à former l’Académie des Maistres en faits d’armes de l’Académie du Roy, ce qui va permettre à l’escrime de se structurer en France. Il deviendra un sport au 19e siècle avec la fin des duels et l’utilisation de protections dont le masque à grille ou encore l’utilisation du fleuret en combat (alors qu’il était réservé à l’entraînement). 

Les duels étaient des affrontements à l’épée devant témoin, convoqués par une personne s’estimant offensée. Les motifs pouvaient-être parfois futiles, parfois plus importants, mais les combats étaient normalement très codifiés. Ils pouvaient avoir lieu jusqu’au « premier sang » (le premier qui saigne perd) ou même jusqu’à la mort. Cette pratique était très courante au 16e siècle et a perduré en France jusqu’au 19e siècle, avec encore des centaines de morts par an en duel à cette époque. 

La pratique des duels était déjà une forme plus moderne et plus raffinés des joutes ou pas d’armes de la fin du Moyen-Âge. Ces derniers étaient eux-mêmes des combats issus des tournois de chevaliers.

Les tournois de chevaliers au Moyen-Âge donnaient lieu à de véritables épreuves physiques, se déroulant parfois sur plusieurs jours devant de nombreux spectateurs et avec des acteurs appréciés et ovationnés de manière assez proche des sportifs d’aujourd’hui.  

La savate, ou boxe française, se développe au 19e siècle également sur la base des duels, mais dans une forme plus raffinée et plus codifiée. C’est en quelque sorte l’escrime des pieds et des poings et cela permet des duels sans armes (donc plus discrets et moins risqués). L’intérêt est aussi de se défendre à tout moment, alors que l’usage du port de l’épée a disparu.

La boxe française est également devenue au fur et à mesure un sport, tout en continuant d’être un moyen de défense utile. Elle s’est cependant beaucoup effacée en France du fait de l’arrivée massive d’arts martiaux en provenance d’autres pays, notamment asiatiques. 

La savate, ou boxe française, développe pourtant un caractère national dans sa forme et ses usages. Elle se distingue par exemple fortement de la boxe anglaise, plus rude, moins fine. 

En France, l’armée a joué un rôle important pour le développement et la diffusion des techniques de combat et de la gymnastique, ce qui servira ensuite le développement et la diffusion du sport. 

L’intérêt des techniques de combat et de la gymnastique pour la préparation physique des soldats était évident pour le régime de Louis-Napoléon Bonaparte qui en 1852 ouvra l’École Normale Militaire de Gymnastique de Joinville, dans le bois de Vincennes à Paris.

Y furent mises au point des techniques d’assaut particulières, notamment de canne ou de bâton dont certaines sont toujours enseignées aujourd’hui dans les clubs de savate, ou boxe française, ainsi que dans les écoles de police. 

Après la défaite de 1870 face à l’armée prussienne, l’école se restructura et devint l’École Normale de Gymnastique et d’Escrime. En 1925 elle devint École Supérieure d’Éducation Physique puis s’émancipa des autorités militaires à partir des années 1930.

Elle changea plusieurs fois de nom avant devenir en 1975 l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance), toujours en activité, mais coupée de ses origines militaires. 

Parallèlement, pour garder une affiliation militaire au sport, fût formé dès 1956 le Bataillon de Joinville, célèbre pour avoir accueilli jusqu’à la fin du 20e siècle des milliers de sportifs de haut niveau pendant leur service militaire. Y sont passé des figures du sport français telles que Michel Platini, Alain Prost, Laurent Fignon, Henri Leconte, etc. 

Le bataillon de Joinville a été dissous avec la suspension du service militaire en 2003. L’armée française continue néanmoins d’accueillir des sportifs de haut niveau sous le statut de Sportifs de Haut Niveau de la Défense (SHND) sous l’égide du Centre national des sports de la Défense (CNSD) (qui est maintenant appelé « bataillon de Joinville » en référence à l’ancien bataillon, bien qu’il n’en soit plus un au sens strict). 

Il est parlé de « l’armée des champions ». Ces engagés doivent participer à quelques stages militaires mais disposent de l’essentiel de leur temps pour leur sport et sont rémunérés pour cela.

Ces sportifs ont surtout un rôle de représentation pour l’Armée, ils n’ont plus vocation à être des militaires au sens strict. Ils sont environs 200 sous contrat chaque année.

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Vie quotidienne

Le jeu de paume, « sport » avant les sports

Le jeu de paume est l’ancêtre direct du tennis, ce mot étant à l’époque la traduction anglaise pour jeu de paume. « Tennis » est une déformation du mot français « tenez » (« tenetz » en vieux français) prononcé avant un service au jeu de paume. 

De par sa forme, sa nature, son rôle social et culturel, le jeu de paume peut clairement être considéré comme une forme de sport, avant l’apparition des autres sports et du sport en général en Angleterre

Les humanistes ont largement contribué à le valoriser, notamment contre les jeux de hasard. Il fût mis en avant comme un amusement constructif, non décadent, partie intégrante d’une vie équilibrée et raffinée.  

En 1592, les Ordonnances du royal et honorable jeu de la paume édictaient des règles morales :

« Messieurs qui désirez vous ébattre et jouer à la paume, faut jouer, afin de récréer le corps et délecter les esprits, sans jurer ni blasphémer le nom de Dieu ». 

Comme dans le sport moderne, il existait des concours donnant droit à des prix, et même des championnats établissant un champion. Ceux-ci pouvaient être conditionnés au respect de la bonne conduite :

« Toutes personnes qui désirent jouer audit prix y seront honnêtement reçues, à la charge de ne jurer ni blasphémer le nom de Dieu, sous peine, pour chacune fois, de cinq sols d’amende. »

L’historien Jean-Jules Jusserand (que l’on retrouvera aux côtés de Pierre de Coubertin en 1892, et qui fut plus tard ambassadeur de France à Whashington de 1902 à 1925) cite un document de 1668 allant dans ce sens moral et hygiéniste, reflétant une approche très moderne, très avancée culturellement, annonçant l’émergence du sport au 19e siècle :

« L’exercice du jeu, dûment fait, échauffe le corps et les membres, purge les humeurs superflues et étrangères en les faisant évaporer, fortifie les facultés naturelles, éclaircit et réjouit l’esprit; en telle manière que l’homme qui sait choisir certain jeu d’exercice honnête et en user sagement, en vaut beaucoup mieux tant pour sa santé corporelle que pour la vivacité de son esprit. »

Le jeu de paume a largement décliné au 18e siècle sans que les historiens ne soient encore capables d’en comprendre les raisons. L’Académie royale tentait pourtant encore d’en valoriser la pratique, expliquant que le jeu de paume permet à la jeunesse « d’acquérir une santé robuste et une agilité si nécessaire dans le cours de la vie ». 

La célèbre salle ayant donné lieu au Serment du jeu de paume par les révolutionnaires en 1789 était une des très rares salles encore existante en France.

Le tennis aujourd’hui est une forme remaniée et surtout simplifiée du jeu de paume. Ce dernier était très complexe, notamment par le principe des chasses, c’est-à-dire la possibilité avec un second rebond de balle de passer ou non une des lignes (nombreuses) tracées au sol. Les personnes désireuses de connaître ces règles pourront consulter ce document de la Fédération Française de Tennis :

http://www.fft.fr/sites/default/files/pdf/regles_jeu_courte_paume_2014.pdf

Le tennis d’aujourd’hui a d’abord été appelé lawn-tennis, qui signifie tout simplement « paume sur gazon », bien que très vite le jeu ne s’est plus joué systématiquement sur du gazon. Il fut mis au point et diffusé à partir de 1874, le Major Walter Clopton Wingfield ayant tout simplement commercialisé un « kit » avec raquettes, balles et filets, qui connu un immense succès. 

Ce jeu s’appelait Sphairistike (inventé depuis le grec ancien) et était sous-titré Lawn-tennis. Son inventeur l’a défini comme :

« Cour transportable, nouvelle et perfectionnée, pour jouer l’ancien jeu de paume. « 

Les règles du tennis ont été unifiées en Angleterre en 1877,  notamment en ce qui concerne la taille des terrains, l’organisation des parties, etc.

Le comptage des points au tennis par 15, 30, 40 puis « avantage » provient directement du jeu de paume. Il s’agissait, après avoir remporté l’échange en fonction du système de chasse, d’avancer de 15 pieds, puis encore de 15 pieds soit 30 pieds, et ensuite seulement de 10 pieds, donc 40 pieds, pour ne pas s’approcher trop du filet.

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Culture & esthétique

Le jeu de paume, « roi des jeux et jeu des rois » 

Le jeu de paume était extrêmement populaire dans la France des 15e et 16e siècles. Il s’agit d’un jeu de balle autour d’un filet. On l’appelle le jeu de paume car la balle était à l’origine frappée avec la paume de la main. Les raquettes avec un cordage en chanvre ou en boyau se sont développées dans les années 1510. 

Le jeu existait bien avant cette époque. On recensait à Paris en 1292 treize artisans paumiers, c’est-à-dire des personnes vivant de la fabrication des balles. 

Une ordonnance du Prévôt de Paris du 22 janvier 1397 constate que « plusieurs gens de métier et autres du petit peuple quittent leur ouvrage et leurs familles pendant les jours ouvrables pour aller jouer à la paume », à tel point qu’il est prévu d’en interdire la pratique sauf le dimanche, sous peine d’amende, voir de prison.

« Le Jeu Royal de la Paulme », Paris, 1632.

Dans The view of Fraunce : Un aperçu de la France telle qu’elle était vers l’an 1598, l’écrivain anglais Robert Dallington décrit l’importance de ce phénomène au 16e siècle. Ce passage est très intéressant :

« Quant à l’exercice du jeu de paume dont j’ai déjà parlé, il est plus en usage ici [en France] que dans toute la chrétienté réunie ; ce dont peut témoigner le nombre de places de paume dans tout le pays, en si grande quantité que vous ne pouvez trouver la plus petite bourgade ou ville en France, qui n’en ait une ou plusieurs. 

Il y en a, comme vous voyez, soixante dans Orléans, et je ne sais combien de centaines dans Paris ; mais ce dont je suis sûr, c’est que s’il y en avait la même proportion dans les autres villes, nous aurions deux places de paume pour une église en toute la France. 

Il me semble étrange qu’ils [les Français] soient tellement aptes à bien jouer que vous pourriez penser qu’ils sont nés avec une raquette à la main ; les enfants eux-mêmes et quelques-unes de leurs femmes jouent très bien, ainsi que vous l’avez observé à Blois. 

[…]

Et chez cette sorte de pauvre peuple [chez les pauvres], je puis vous assurer qu’il y a plus de joueurs de paume en France, que de buveurs d’ale ou d’ivrognes (comme on les appelle) chez nous [en Angleterre]. » 

Nombreux sont les rois de France à avoir tant joué que légiféré sur le jeu de paume, d’où le surnom « roi des jeux et jeu des rois ».

Louis X est connu pour être mort après une partie de paume au bois de Vincennes en 1316. Louis XI a édicté des règles de sécurité précises quant à la fabrication des balles (esteufs). François Ier, lui-même joueur régulier, a en quelque sorte instauré le professionnalisme autorisant à ce que « tout ce qui se jouera au jeu de paume sera payé à celui qui gagnera, comme une dette raisonnable et acquise par son travail. »

Henri II a fait construire au Louvre une salle pour le jeu de paume et était aussi connu comme un joueur régulier, tout comme Charles IX ou Henri IV.

Dans un long article historique consacré à ce jeu, l’historien Jean-Jules Jusserand (que l’on retrouvera aux côtés de Pierre de Coubertin en 1892, et qui fut plus tard ambassadeur de France à Whashington de 1902 à 1925) raconte à propos d’Henri IV :

« Dès le lendemain de son entrée dans Paris, on le trouve au jeu de la Sphère. L’entrée eut lieu, rapporte Lestoile, le 15 septembre 1594 ; le roi, fort riant… avait presque toujours son chapeau au poing, principalement pour saluer les dames et demoiselles qui étaient aux fenêtres.

Le vendredi 16, le roi joua à la paume tout du long de l’après-dînée, dans le jeu de paume de la Sphère.

Le samedi 24, le roi joua à la paume dans le jeu de la Sphère. Il était tout en chemise, encore était-elle déchirée sur le dos, et avait des chausses grises, à jambes de chien, qu’on appelle.

Le 27 octobre, le roi ayant gagné, ce jour, quatre cents écus à la paume, qui étaient sous la corde, les fit ramasser par des naquets et mettre dans un chapeau, puis dit tout haut: — Je tiens bien ceux-ci; on ne me les dérobera pas, car ils ne passeront point par les mains de mes trésoriers.

En 1597, au milieu des affaires les plus graves, il passait son temps à jouer à la paume et c’était d’ordinaire à la Sphère, où les dames venaient le voir et en particulier madame de Monsseaux, autrement dit Gabrielle d’Estrées. Et ne laissait pour cela Sa Majesté de veiller et donner ordre à tout ce qui était nécessaire au siège d’Amiens pour le mois suivant; lequel étant venu, il donna congé au jeu et à l’amour, et y marcha en personne, faisant office de roi, de capitaine et de soldat, tout ensemble, et reprit la ville aux Espagnols. »

Louis XIV était également un joueur. Il avait un paumier-raquetier en titre et les princes, un maître de paume qui leur donnait des leçons ; il était « porte-raquette du roi ».

Joueurs de paume parisiens au 16e siècle.

Le jeu de paume se pratiquait soit dehors, la longue paume, plus populaire, soit en salles couvertes (les tripots), la courte paume.

Dans son article, Jean-Jules Jusserand explique l’immense influence que ce jeu a pu avoir sur la vie culturelle française de par ses salles couvertes. Molière n’aurait pas été Molière sans les salles de jeu de paume partout en France !

« L’existence de ces salles quadrangulaires, offrant un espace libre et couvert, eut, dans notre pays, une influence considérable, non pas seulement au point de vue du développement physique de la nation, mais, ce qui était imprévu, au point de vue littéraire.

Par toute la France, en province comme dans la capitale, elles servirent de théâtre. Les troupes errantes, que ce fussent celle du Roman comique ou celle de Molière, sûres de savoir où jouer, pouvaient multiplier leurs tournées.

Le nombre de ces édifices contribua à répandre chez nous le goût de l’art dramatique, si bien que, par là, le jeu rendit avec usure aux belles-lettres ce que les battoirs de parchemin lui avaient fait perdre.

Le seul inconvénient fut qu’on s’habitua tellement à voir théâtres et jeux de paume se confondre, que très tard, par habitude, on conserva aux premiers la forme des seconds, et Mercier, au dix-huitième siècle, poussait des cris d’indignation en voyant encore telle scène, bâtie de son temps, conserver la «précieuse» forme d’un jeu de paume.

Il est certain que, partout ailleurs, dès le seizième siècle, en Italie avec les théâtres de Vicence et de Sabbioneta, en Angleterre avec la série des théâtres de Southwark, la forme semi-circulaire avait prévalu. Nous fîmes exception: effet inattendu de l’extraordinaire popularité d’un jeu d’exercice en France. »

Plusieurs expressions imagées du langage courant français sont issues du jeu de paume.

  • « Jeu de main, jeu de vilain » : à l’origine, seules les personnes les plus aisées possédaient une raquette, les personnes les plus pauvres, les vilains, jouaient encore à main-nue. 
  • « Qui va à la chasse perd sa place » : le système des chasses définissait le changement de côté, donc le changement de place.
  • « Tomber à pic » : cela désignait une sorte de chasse, lorsque la balle tombait au pied du mur du fond. Elle n’était valable qu’à certain moment du jeu, d’où le sens de l’expression aujourd’hui qui désigne quelque chose intervenant au bon moment. 
  • « Prendre la balle au bond » : frapper la balle à la volée, avant le rebond.
  • « Rester sur le carreau » : désignant le fait de perdre, le carreau étant le sol du jeu. 
  • « Épater la galerie » : Les spectateurs assistaient au jeu depuis la galerie, un couloir fermé situé le long d’un terrain.
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Culture & esthétique

Les origines humanistes du sport

« S’exerçant élégamment le corps comme ils s’étaient auparavant exercé l’esprit. »

L’histoire de France est riche de centaines de jeux et d’activités d’adresse, de boules, de quilles, de crosse, de mail, de billard, de sarbacane, etc. Mais de manière générale, ces jeux et activités ne sont pas « physiques » en ce sens où ils n’induisent pas une grande dépense énergétique, contrairement au sport. 

Le terme sport est diffusé depuis l’Angleterre au 19e siècle et est d’origine française : c’est le desport ou déport, qui est communément traduit par « divertissement ». Issu du latin deporto, qui signifie emporter, rapporter, transporter, ce terme induit la notion de mouvement.

Il y a là forcément un rapport au corps en tant que matière vivante en mouvement et il est tout à fait logique de retrouver ce mot dans la littérature humaniste française. Celle ci s’est intéressé à l’activité physique, en opposition à la religion qui focalisait sur l’esprit. 

Plus précisément, les humanistes voulaient allier le corps et l’esprit. Ils ont développé une combinaison des deux avec le sport, comme cela est présenté dans l’article « Le matérialisme dialectique et le sport » par le site Matérialisme dialectique.

« Les aristocrates représentent le corps développé, le peuple le jeu ; les humanistes, qui veulent allier le corps et l’esprit, les épanouir, cherchent ici une combinaison. »

On peut ainsi lire dans la version originale de Gargantua de François Rabelais :

« Ce faict, yssoient hors, tousjours conferens des propoz de la lecture, et se desportoient en Bracque ou es prez, et jouoient à la balle, à la paulme, à la pile trigone, galentement se exercens les corps comme ilz avoient les ames auparavant exercé. »

Le Grand Braque était une salle parisienne de jeu de paume. Ce passage est traduit en français moderne de la façon suivante :

« Cela fait, ils sortaient, toujours en discutant du sujet de la lecture, et allaient se divertir au Grand Braque ou dans les prés, et jouaient à la balle, à la paume, à la pile en triangle, s’exerçant élégamment le corps comme ils s’étaient auparavant exercé l’esprit. »

Dans le chapitre 23 intitulé « Comment Gargantua fut éduqué par Ponocrates de telle façon qu’il ne perdait pas une heure de la journée », François Rabelais insiste longuement sur l’importance de l’activité physique en plus du travail intellectuel :

« Tous leurs jeux se faisaient librement, car ils abandonnaient la partie quand cela leur plaisait, et ils cessaient d’ordinaire lorsque la sueur leur coulait par le corps ou qu’ils étaient las. Ils étaient alors très bien essuyés et frottés. Ils changeaient de chemise et, en se promenant doucement, allaient voir si le dîner était prêt. »

L’activité physique par le jeu est considérée de grande valeur et tout à fait bénéfique pour l’humanité. Sont listées dans cette œuvre de 1534 un certain nombre d’activités ressemblant à des sports actuels (sans qu’il n’y ait forcément de filiation historique par ailleurs). Ce passage, relativement long, est passionnant à lire.

« Il courait le cerf, le chevreuil, l’ours, le daim, le sanglier, le lièvre, la perdrix, le faisan, l’outarde. Il jouait au ballon et le faisait rebondir en l’air, autant du pied que du poing. Il luttait, courait, sautait non avec trois pas d’élan, non à cloche-pied, non à l’Allemande car, disait Gymnaste, de tels sauts sont inutiles et ne servent à rien à la guerre, mais d’un saut, il franchissait un fossé, volait par-dessus d’une haie, montait six pas contre une muraille et parvenait de cette façon à une fenêtre de la hauteur d’une lance.

Il nageait en eau profonde, à l’endroit, à l’envers, sur le côté, de tout le corps, des seuls pieds, une main en l’air, laquelle tenant un livre, traversait toute la Seine sans le mouiller, et tirant son manteau par les dents, comme faisait Jules César. Puis, à la seule force du poignet, il montait dans un bateau. 

De celui-ci, il se jetait derechef à l’eau, la tête la première, sondait le fond, creusait les rochers, plongeait dans les abîmes et les gouffres. Puis il manœuvrait le bateau, le dirigeait, le menait rapidement, lentement, au fil de l’eau, à contre-courant, le retenait en pleine écluse, le guidait d’une main, de l’autre s’escrimant avec un grand aviron, hissait la voile, montait au mât par les cordages, courait sur les vergues, ajustait la boussole, tendait l’écoute, tenait ferme le gouvernail.

Sortant de l’eau, il gravissait la montagne et la dévalait aussitôt. Il grimpait aux arbres comme un chat, sautait de l’un à l’autre comme un écureuil, abattait les grosses branches comme un autre Milon. Avec deux poignards acérés et deux poinçons à toute épreuve, il montait en haut d’une maison comme un rat, puis en descendait de telle façon que ses membres ne souffraient aucunement de la chute.

Il lançait le dard, la barre, la pierre, la javeline, l’épieu, la hallebarde, bandait l’arc, tendait à coups de reins les fortes arbalètes de siège, visait de l’arquebuse à l’œil, affûtait le canon, tirait à la butte, au perroquet, de bas en haut, de haut en bas, devant, de côté, en arrière comme les Parthes. On lui attachait à quelque haute tour un câble pendant à terre. Il y montait avec deux mains, puis dévalait si rapidement et avec tant d’assurance que vous ne feriez pas mieux dans un pré bien plat.

On lui mettait une grosse perche soutenue par deux arbres ; il s’y pendait par les mains, allait et venait sans rien toucher des pieds, si bien qu’à grande vitesse, on n’eût pu l’attraper.

Et, pour s’exercer le thorax et les poumons, il criait comme tous les diables. Une fois, je l’ai entendu appelant Eudémon, depuis la porte Saint-Victor jusqu’à Montmartre. Stentor n’eut jamais une telle voix à la bataille de Troie.

Et, pour fortifier ses nerfs, on lui avait fait deux gros saumons de plomb, pesant chacun huit mille sept cents quintaux, lesquels il appelait haltères. Il les soulevait de chaque main, les élevait en l’air au-dessus de la tête, et les tenait ainsi, sans bouger trois quarts d’heure et davantage, ce qui révélait une force sans pareille.

Il jouait aux barres avec les plus forts, et, quand le point arrivait, il se tenait sur les pieds si solidement qu’il s’abandonnait aux plus aventureux parvenant à le faire bouger de sa place, comme faisait jadis Milon, à l’imitation duquel il tenait aussi une pomme de grenade dans sa main et la donnait à qui pourrait la lui ôter. »

Dans le même état d’esprit, il y a Montaigne, cette immense figure du 16e siècle, qui explique dans ses Essais : 

« Je veux que la bienséance extérieure, et l’entre-gent et la disposition de la personne se façonne quant et quant [en même temps que] l’âme ».

Ou plus précisément :

« Les jeux mesmes [même] et les exercices seront une bonne partie de l’estude : la course, la luicte [lutte], la musique, la danse, la chasse, le maniement des chevaux et des armes. » 

Essais, Livre 1 Chapitre 25

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Vie quotidienne

S’engager sur des courses de vélo

Le titre de l’article est au pluriel car en effet, on ne s’engage pas sur « une » course de vélo, mais sur toute une série de courses. Une course de vélo n’a de sens que si elle s’inscrit dans une saison, en général de février/mars à septembre/octobre.

C’est comme au football, ou bien dans la plupart des sports en fait. Il y a un travail de longue haleine avec une vision à long terme, pour une série d’événements. La différence, c’est qu’au football, il y a une accumulation quantitative de résultats, des défaites, des victoires et des matchs nuls, qui donnent un certain nombre de points et déterminent un classement final.

Au vélo par contre, il s’agit d’accumuler qualitativement la participation à de nombreuses courses pour parfaire sa forme et décrocher à un moment une victoire.

Si une course de vélo est très exigeante en elle-même, ce qui compte et qui demande beaucoup d’effort est surtout l’arrière-plan qu’elle sous-tend. Il faut beaucoup de préparation pour se présenter sérieusement sur la ligne de départ, en ayant la capacité au moins de peser sur la course, si ce n’est de la gagner.

Cela commence à la fin de l’automne avec des petites sorties, qui se transforment ensuite en hiver en de longues sorties collectives d’endurance. A cela s’ajoutent, au fur et à mesure de la préparation hivernale, des entraînements spécifiques, souvent travaillés individuellement.

Il s’agit de développer sa vélocité (tourner vite les jambes), sa force (appuyer fort sur les pédales), son explosivité (pour les sprints), sa capacité à résister à l’acide lactique (pour les efforts soutenus de plusieurs minutes). Il faut surveiller attentivement son alimentation et son hydratation, pendant, avant et après le vélo.

Il y a également le travail en bosse, les relais en groupe à vive allure, l’accumulation de travail à haute intensité sur de très courtes périodes, l’exercice individuel prolongé (type « contre la montre »), le gainage, etc. Tout ce travail doit être relativement maintenu durant la saison, en semaine, ou parfois le week-end lorsqu’on ne fait pas de course.

Il existe différents schémas, voire des stratégies très différentes, pour arriver en forme sur les courses au printemps. Ce qui est incontournable toutefois est la nécessité d’un travail qui est à la fois prolongé et structuré, donc réfléchi.

Il ne s’agit pas simplement de faire des efforts, mais plutôt d’un véritable engagement. C’est d’ailleurs le nom que portent les inscriptions sur les courses amateurs de la Fédération française de cyclisme, quelque-soit le niveau. On dit qu’on s’engage sur telle ou telle course et on paie son droit d’engagement (à moins que ce soit le club qui paie, pour les coureurs ayant un bon niveau et faisant partie d’une équipe structurée avec un peu de moyen).

Cela n’a rien à voir avec le fait de « s’inscrire » sur un événement, de manière consommatrice (par exemple un événement « gravel », une « cyclo-sportive », etc.) La grande différence tient en le rapport à la victoire.

Quand on s’inscrit à un événement, il n’y a rien à gagner, si ce n’est une petite satisfaction personnelle, qui est en réalité très consommatrice (on a acheté un dossard et on est content d’avoir terminé l’événement).

Une course, une véritable course, c’est autre chose. On ne gagnera pas forcément, mais ce qui compte est d’envisager concrètement et pratiquement la victoire. On se prépare longtemps pour gagner et on se donne les moyens sur le moment pour gagner.

Il faut ainsi prendre en compte le règlement, avec des arbitres qui surveillent la course et sanctionnent, comme dans n’importe quel autre sport. Et puis il y a la tactique, car on doit courir autant avec sa tête qu’avec ses jambes, comme le dit l’expression.

Pour gagner une course de vélo, il faut être attentif aux moindre mouvement du peloton, repérer ses adversaires les plus en forme, « sentir les coups », c’est-à-dire observer avec ses yeux, mais surtout avec son corps, les moments où il faut vraiment produire un effort, et ceux où il faut au contraire « laisser filer » pour ne pas perdre inutilement de l’énergie.

Ainsi, il y a une autre dimension à l’effort lors d’une course. C’est un effort qui devient productif, autant qu’il est collectif. Car on ne gagne pas tout seul, mais grâce à ses adversaires que l’on a battu (et parfois grâce à ses équipiers avec qui on a produit un travail d’équipe).

Cela est d’autant plus intéressant qu’une course de vélo s’inscrit forcément dans un arrière-plan culturel et produit elle-même une culture. Il y aura des anecdotes chaque année sur telle course, des habitudes se forment au fur et à mesure des années, avec un palmarès, des records, des façons de gagner ou perde telle course, un public qui supporte et commente, etc.

Les courses cyclistes en elles-mêmes sont et produisent une culture, avec une mentalité propre, avec des figures locales, avec des habitudes qui évoluent (en 2023, pratiquement tous les coureurs ont des chaussures blanches, alors qu’elles étaient systématiquement noires il y a quelques années), avec d’autres habitudes qui sont extrêmement bien ancrées (on ne se présente pas sur une course avec des jambes qui ne sont pas rasées ou épilées ! )

Voilà pour quoi il faut s’engager sur des courses de vélo quand on aime le vélo ! Comme pour n’importe quel autre sport d’ailleurs, il faut s’engager et faire des compétitions, de manière sérieuse ! Au moins quand on est jeune. Et puis devenir arbitre, entraineur, encadrant, dirigeant, bénévole d’un jour, etc.

Il ne faut pas être de simples consommateurs de la vie, mais de véritables acteurs de la société, ayant une vie culturelle riche, productive et concrète ! Les courses de vélo sont une excellente école pour cela !

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Société

Le vélo devant son ordinateur, solution pour éviter la violence routière?

Le réalisme virtuel de Zwift est une respiration.

Le cyclisme est un sport et un loisir formidable. Être performant sur des petites courses de village au printemps après s’être entraîné méticuleusement l’hiver durant procure une joie indescriptible. Parcourir des kilomètres et des kilomètres l’été, tout simplement parce qu’on adore rouler et qu’on est très en forme à force de rouler, est une des plus douces passions du monde.

Mais il y a un grand « mais », c’est qu’il faut subir les automobilistes sur la route. De nos jours, cela devient insupportable, et surtout dangereux. La société française se décompose de l’intérieur et les comportements anti-sociaux sont légion sur la route. À la ville, à la campagne, c’est pareil, de pire en pire.

La violence routière n’est pas nouvelle, certes. D’ailleurs, les automobiles, les motos et les scooters, sont en soi dangereux, même avec des conducteurs vigilants et bien formés. Cependant, la situation s’est largement dégradée dans les années 2010, puis encore plus avec la crise sanitaire.

N’importe quel cycliste régulier est formel là-dessus : de plus en plus d’automobilistes impatients, agressifs, doublant dangereusement, insultants même les plus jeunes. L’actualité des accidents mortels est terrifiante. Saluons ici le combat de l’association « Mon vélo est une vie » qui s’est donné pour mission de changer les choses… et qui relaie régulièrement des accidents, encore des accidents, toujours des accidents.

Voici ce que dit son président, avec beaucoup de réalisme :

« Pendant toutes ces années, lorsque je montais sur mon vélo, je redevenais le petit garçon que j’étais. Le vélo a pendant très longtemps été une échappatoire de la vie de tous les jours. Désormais, quand je monte sur mon vélo, mes rêves ont laissé place à la peur et à la tragique réalité des accidents de la route. La démarche initiée vise à faire comprendre à tout le monde que la route se partage. »

La presse quotidienne régionale se fait presque tous les jours l’écho de ces drames. Et les chiffres sont formels : l’année 2021 a été une année noire pour les cyclistes avec une augmentation de 21% des morts par rapport à 2019 (avant la pandémie).

Sans compter que tout cela ne dit rien des accidents n’entraînant que des traumatismes considérés comme bénins et des blessures a priori superficielles. Tout cela ne dit rien non-plus de la violence que subissent les cyclistes lorsqu’ils ne sont pas percutés. Car se faire doubler de près à toute vitesse est quoi qu’il arrive une violence. Cela traumatise, cela plombe.

Il y a à ce sujet un immense manquement de la part des autorités qui se focalisent sur l’accidentalité grave pour communiquer, mais négligent totalement l’insécurité routière la plus banale, pourtant la plus courante. A propos, on peut lire une réflexion très intelligente faite par le rédacteur en chef de la revue de la Ligue contre la violence routière dans un édito de juin 2022, publié en ligne en août 2022 :

« Le paradoxe est saisissant. Grâce au développement du numérique, nous n’avons jamais disposé d’autant de données sur le sujet de la sécurité routière. Cette masse d’information, aussi dénommée data, devrait théoriquement améliorer la connaissance, la compréhension et la capacité à évaluer les mesures prises.

Pourtant, la désinformation n’a jamais été aussi massive.

Pourtant, l’État semble désormais prendre ses décisions au seul regard du baromètre de l’acceptabilité. »

En effet, c’est typique de l’époque. Il y a de grands moyens matériels et sociaux, on pourrait faire des choses formidables, mais pourtant tout se casse la figure et le monde devient de plus en plus insupportable.

Cette question des données permises par le numérique est essentielle. Ce devrait en effet être le support à une prise de conscience générale de la situation, entraînant forcément les moyens de changer les choses. Parce que le réel ne ment pas, parce que quand on regarde en face les problèmes, on trouve forcément des solutions. Mais c’est l’inverse qui se produit et notre époque est celle du triomphe des apparences, de la superficialité, des raccourcis, du grotesque, de la mise en scène. Le numérique en général et internet en particulier, à notre époque, est surtout un véritable gâchis.

Il y a toutefois de rares espaces qui échappent à cette règle. C’est le cas avec la musique, si l’on creuse bien, avec quelques artistes authentiques ayant une démarche profondément populaire, qui profitent justement des immenses possibilités techniques offertes par le numérique et la facilité de diffusion d’internet.

C’est aussi le cas pour le vélo avec la généralisation des applications de cyclisme en ligne. Cela date déjà d’il y a quelques années, puis avec le confinement de 2020 il y a eu un véritable décollage. La plus intéressante et utilisée d’entre-elles est Zwift.

Il faut un home-trainer à entraînement direct qui puisse être connecté à un ordinateur en Bluetooth. On enlève sa roue arrière et l’on vient poser directement la chaine à une sorte de « roue » fixe, intégrant directement différents niveaux de résistance au niveau du moyeu. La révolution numérique vient du fait que le logiciel choisisse les différents niveaux de résistances auxquels le cycliste doit s’adapter.

On le comprend tout de suite, cela permet de simuler des pentes, des descentes et des parties plates. Ensuite, il suffit de relier tous les home-trainers entre-eux sur internet, de proposer un décors virtuel, et voilà la possibilité de sortir à vélo depuis son salon !

C’est très efficace, et vraiment réaliste en termes de sensations. On trouve ainsi des sorties en groupe (le phénomène d’aspiration en se mettant à l’abri derrière d’autres cyclistes est très bien reproduit) qui sont très agréables. D’autant plus qu’on peut rouler avec des gens du monde entier (on voit le drapeau du pays des cyclistes que l’on croise). Il y a bien sûr la possibilité d’interagir, de discuter, de garder le contact.

Il existe de nombreux groupes avec des sorties à heures fixes, ainsi qu’un leader donnant des instructions pour l’allure. Les plus costauds sur une sortie étant invités, comme en vrai, à venir chercher ceux en difficulté à l’arrière du groupe pour les faire remonter grâce à l’aspiration.

Logiquement, on peut également suivre des séances d’entraînement très précises, seul ou en groupe. Un des grands intérêts est de pouvoir s’entraîner avec des niveau de puissance à respecter (en watt), alors que c’était auparavant réservé aux professionnels et aux élites amateurs (le dispositif de mesure sur un vélo en extérieur coûte extrêmement cher). Là, sur ce type de home-trainer et avec le logiciel, c’est directement intégré.

Cela reste une dépense importante, mais largement accessible vu l’utilisation qui peut en être faite. Il faut compter 400 euros pour ce type d’home-trainer, puis un abonnement de 15 euros en ce qui concerne Zwift.

Cela permet par exemple de gravir régulièrement des cols, reproduits de manière très intéressante et praticable. C’est une véritable révolution quand on sait à quel point ces ascensions sont adorées par les cyclistes, sportifs ou de loisir, alors qu’elles sont par définition difficiles d’accès, à moins d’habiter au pieds des montagnes, et encore que l’hiver ce n’est pas possible.

Enfin, il est évidemment possible de participer à des petites courses, très amusantes et réalistes, avec différentes catégories pour trouver un niveau équitable. Il y a là un côté « jeu vidéo », mais dans une version « simulation » très réaliste plutôt qu’un simple amusement type « arcade ».

Le cyclisme en ligne n’en est de surcroit qu’à ses débuts et il y a d’immenses possibilités d’évolution. La prochaine sera probablement le fait de pouvoir être mobile sur la route en choisissant sa direction de manière réaliste. Pour l’instant, il n’est possible que de suivre mécaniquement une route, comme sur un rail, avec aux intersections soit une touche du clavier, soit un pression sur le téléphone portable relié à l’application, pour choisir basiquement de tourner ici plutôt que là. Cela peut être frustrant, et c’est probablement ce qui entache le plus le réalisme d’une telle application.

De toute manière, cela est très loin de remplacer le cyclisme en extérieur. Il manquera toujours beaucoup de sensations. Mais en attendant, le plaisir des kilomètres avalés est bel et bien là. Et surtout, il y a la sécurité. Au moins, on ne risque pas dans son salon d’être percuté ou agressé par un salopard à la mentalité exterminatrice envers les cyclistes se trouvant sur son chemin. C’est là le grand intérêt de ce cyclisme virtuel, mais bien réel.

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Société

L’Ultra-Trail du Mont-Blanc, cette folie anti-naturelle

Le graal du trail européen, une grande messe commerciale et existentielle de la course à pied en montagne, dans les Alpes, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, touche à sa fin, après s’être déroulé du 22 au 28 août. Cela consiste en neuf courses entre les vallées de Chamonix et d’Aoste en Italie et également en Suisse.

On parle donc de 10 000 personnes qui vont courir dans les montagnes, encadrées par plus de 2 000 bénévoles, avec des stands de ravitaillement, des balises, des points avec des spectateurs disséminés un peu partout dans la montagne. Une course qui a été bien analysée et critiquée sur un média local, alors qualifiée à juste titre de « course des excès« .

C’est un énorme pied de nez écologique, quand on sait les stress multiples déjà engendrés par la sécheresse sur les écosystèmes, de surcroît des pics d’altitude où le réchauffement climatique est plus rapide qu’ailleurs sur le globe.

Une course qui ne devrait même pas exister et qui se veut tellement extrême, qu’elle ne se retrouverait stoppée pour rien au monde… Même pas un mort. Comme celle d’un coureur brésilien la nuit de lundi à mardi, sur une portion du parcours de la « Petite Trotte à Léon » (PTC), la course la plus difficile et volontairement dangereuse de l’événement. On parle là de 300 km et 25 000 m de dénivelé positif à effectuer en 152 heures maximum, soit 7 jours de course où les coureurs ne dorment que par tranches de vingt minutes et mangent le minimum vital.

La chute du coureur a eu lieu dans une moraine entre le Col du Tricot et le refuge du plan glacier à plus de 2000 mètres d’altitude. Une moraine, c’est à la fois le lit d’un glacier et son vestige, un amas de roches charriés dans le mouvement des glaces. On peut avoir des moraines dont le glacier à complètement disparu mais cela reste un endroit particulièrement dangereux, sujet aux chutes de pierres, où l’on glisser sur les éboulis, s’y coincer la cheville, etc.

Bref, ce n’est généralement pas un lieu habituel pour se balader, en somme. Cela encore moins à l’heure du réchauffement climatique où s’effondrent les glaciers et quelques semaines après que les refuges du Mont-Blanc aient été fermés par le maire de Saint-Gervais à cause des risques d’éboulements amplifiés par les récentes canicules.

Mais l’humanité n’a décidément rien envie d’entendre et il faut toujours pouvoir satisfaire son égo dans un écosystème vu comme une surface de projection de soi, au mépris de la nature et de toutes considérations précisément sportives.

Car quand il y a un mort sur une course, la moindre des choses serait de mettre le holà, de se poser et de porter une réflexion sur le pourquoi du comment d’un accident mortel. Déjà en 2021, la mort d’un coureur tchèque avait au moins fait s’arrêter la course, les coureurs ayant eu l’obligation de redescendre accompagnés dans la vallée. Mais là, rien, l’ultratrail c’est marche…et crève !

Il faut toujours aller plus loin dans les extrêmes, pour le prestige des marques reposant sur le « Sommet Mondial du Trail » ainsi que pour celui des coureurs, des esprits individualistes et, disons-le, dépendants.

Il faut n’avoir aucune conception collective de la vie pour aller se mettre en danger inutilement comme cela et aucune compréhension de la nature pour oser aller en faire le théâtre d’un tel déchaînement contre soi-même, contre elle. D’ailleurs, les deux choses sont liées car on ne peut pas reconnaître la nature dans sa plénitude tout en malmenant son propre corps, ce fragment de la nature.

La nature est dans la tourmente, elle souffre déjà suffisamment, il est temps de prendre acte du principe de biosphère et d’accorder les pratiques du sport sur le mouvement des choses naturelles et cela commencera par interdire ce genre d’événement déconnecté et grossier.

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Société

Les enseignements capitalistes majeurs de Roland Garros 2022

Le capitalisme a encore étendu son rayon d’action.

Les Français aiment le tennis, un sport à la fois physique et ingénieux, où l’action doit être évaluée et bien placée, comme au rugby. Cela correspond beaucoup à la psychologie nationale. A ce titre, la bourgeoisie a fait de Roland Garros, tournoi se déroulant dans l’Ouest parisien, un véritable bastion idéologique. Le style des spectateurs est le style bourgeois classique.

Or, il y a un événement majeur sur ce plan, avec l’introduction de matchs de nuit, une dizaine, se déroulant après 20 heures. Sur le plan capitaliste il y a deux aspects. Le premier, c’est que ces sessions sont diffusées sur des plate-formes payantes. Le match entre Rafael Nadal et Novak Djokovic a été diffusé gratuitement par Amazon Prime (en échange des coordonnées personnelles), afin d’éviter un trop grand scandale, mais c’est là un élargissement majeur du capitalisme, qui ouvre un nouveau marché.

Le second aspect, c’est que les bourgeois parisiens allant voir ces matchs qui se terminent très tard – sans qu’il y ait de moyens de rentrer car on est en France donc c’est le chaos et des Uber à 60 euros pour faire deux kilomètres, concurrence oblige – lâchent prise, parce que c’est la soirée, avec une dimension festive et consommatrice. Le subjectivisme se répand ainsi sans bornes, avec les cris à outrance, les attitudes véhémentes ou faussement émotionnelles.

Jamais les bourgeois parisiens de Roland Garros des 1982, guindés et éduqués, n’auraient toléré le style de leurs équivalents de 2022. C’est l’autre aspect : la décadence.

Un autre enseignement majeur de Roland Garros 2022 a été l’esprit de compétition artificiel exigé. Cela s’est révélé avec la polémique sur le tennis féminin. Les sessions de soirée n’ont concerné que des matchs masculins, à un exception près. La responsable du tournoi, Amélie Mauresmo, l’a justifié en disant dans Le Parisien que le tennis féminin n’était pas intéressant en ce moment :

« Sur les dix affiches nocturnes, une seule a concerné un match féminin…

Ce n’est pas un regret au vu des confrontations que l’on avait et de ce que l’on voulait présenter à des spectateurs qui viennent pour un match unique. Dans l’ère dans laquelle nous sommes, et en tant que femme et ancienne joueuse, je ne trouve pas ça injuste de dire qu’il y a plus d’attrait pour les matchs masculins.

Mon objectif, lorsque j’ai commencé la programmation au jour le jour, c’était d’essayer de voir quels seraient les matchs du tableau féminin qui pourraient être présentés en session de nuit. Sincèrement, j’ai essayé de me pencher dessus presque tous les jours. »

Ce qui est reproché au tennis féminin, c’est qu’il n’y a pas 2, 3, 4 figures majeures dominant tout le reste, et proposant ainsi une concurrence fascinant un public biberonné à suivre ces feuilletons consommateurs. La victoire de la joueuse Iga Świątek pour la seconde fois à Roland Garros a été à ce titre saluée : enfin l’arrivée d’une « patronne ».

On voit ici comment le capitalisme se fait agressif sans commune mesure. Il ne veut pas seulement de la concurrence, il assume l’hégémonie de monopoles s’affrontant pour la domination totale. On a ici un reflet d’une logique impérialiste.

Cela en dit long sur la société française et l’évolution en cours. Et il n’est pas étonnant que cela se lise aussi facilement dans le tennis, un sport revendiqué idéologiquement par la bourgeoisie parisienne d’un côté, un sport où le dopage joue un rôle majeur de l’autre, avec un individualisme forcené à l’arrière-plan.

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Culture

Le magnifique vélodrome urbain de Kiev

Un monument d’architecture urbaine et de culture populaire.

Le vélodrome de Kiev a été construit en 1913, au cœur de la ville. Il se situe ainsi à quelques centaines de mètres de la Cathédrale Sainte-Sophie de Kiev, l’un des monuments les plus connus d’Ukraine, juste derrière la rue Bogdan Khmelnitski, du nom d’une figure nationale ukrainienne.

Le cyclisme, venu de France, était alors extrêmement tendance dans l’empire russe. On trouvait à l’époque sur le site un service de location et de réparation de bicyclettes, ainsi qu’au centre de la piste un théâtre d’été nommé Polar Star, avec un orchestre et une cabine de cinéma quelques années plus tard.

Après la Révolution de 1917 et l’avènement de la nation ukrainienne, l’installation sportive a bien entendu été maintenue et utilisée. Juste avant le déclenchement de la Seconde guerre mondiale, un grand projet de rénovation était en cours avec l’idée d’un rattachement du bâtiment de la Maison de la Culture Physique à la piste.

La ville de Kiev fut très touchée par la guerre et la piste sérieusement endommagée. Mais les autorités soviétiques de la ville décidèrent rapidement de la restauration de l’installation, avec notamment un revêtement en béton moderne dès 1949. Différents bâtiments et installations furent construits dans les années suivantes, contribuant à moderniser au fur et à mesure l’édifice qui était très populaire.

Une nouvelle grande étape de rénovation-amélioration eu lieu plus tard en vue des Jeux olympiques de 1980 à Moscou. Le vélodrome avait alors le statut de piste de réserve pour les Jeux olympiques et son revêtement a été entièrement démantelé pour être remplacé par du bois, du mélèze de Sibérie, permettant une vitesse maximale autorisée de 85 km/h. La capacité de l’enceinte fut portée à 5000 places.

À partir des années 1990, le vélodrome de Kiev est progressivement tombé en décrépitude, à l’image de l’Ukraine elle-même, gangrenée par la pauvreté et la corruption. Le revêtement en bois laissé à l’air libre fût sérieusement endommagé, puis remplacé en 1996 par du béton. Le classement du vélodrome comme monument d’histoire et d’architecture en 1998 ne changea rien à la décadence du site et les dernières compétitions se tinrent en 2004.

Le 27 août 2007, par le décret 983/0/16, le ministère de la Culture de l’Ukraine se couvrit d’une honte immense en privant le vélodrome de son statut de monument historique, pour le soumettre à l’appétit féroce des promoteurs immobiliers. Ce qui devait arriver arriva et le 20 mars 2009, une partie de la piste fut démolie dans le cadre de la construction d’un immeuble de luxe.

Cela ne se fit toutefois pas sans heurt et une formidable mobilisation démocratique et populaire s’est mise en place dans la ville pour défendre l’édifice, et surtout le réhabiliter. Portée à la base par une communauté de cycliste liée à des architectes, la mobilisation a été victorieuse.

La rénovation a commencé en 2016, avec au cœur du projet une piste extérieure en béton de qualité conforme à des compétitions de niveau professionnel. Le Vélodrome fut à nouveau inauguré le 20 mai 2017, en présence du maire de Kiev  lui-même.

En juin 2015, un « velokino » (cinéma-vélo) par des cyclistes activistes : l’alimentation électrique était généré en direct en pédalant !

Aujourd’hui, la piste accueille des cyclistes de niveau mondial, régional ou local pour des compétitions, mais est également ouverte à tous, en accès libre. De nombreux événements culturels y ont lieu, comme par exemple des projections de films gratuits en plein air ou des apprentissages au cyclisme pour les enfants.

C’est devenu, en plein cœurs de la ville de Kiev, un bastion populaire, fruit d’un combat démocratique pour la culture, le sport, l’architecture, l’histoire. C’est évidement un modèle à suivre.

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Société

Le trail, running du futur ?

Courir dans la nature pour se rapprocher du futur

> Scott Jurek et Arnulfo Quimare

Dans les années 1980, la course à pied a cessé d’être uniquement un sport lié aux fédérations d’athlétisme et pratiqué par des compétiteurs aguerris. C’est devenu un véritable phénomène de société avec tout un état d’esprit “californien” (ou même new yorkais) faisant l’éloge d’une vie saine et équilibrée, marquée par les loisirs. La figure du jogger (on parle maintenant plutôt de runner) est devenue très populaire, au cinéma, dans la littérature ou encore les publicités. La corollaire a été bien sûr la massification des chaussures running et de marques comme Nike, avec le phénomène des sneakers qui sont portées dans la vie de tous les jours.

Cela fait qu’en 2019 en France, il était estimé que près de 14 millions de personnes pratiquent régulièrement la course à pied, dont 5 millions de manière sportive (c’est-à-dire en compétition, ou du moins en participant à des événements avec un dossard et un classement !). 

On notera qu’il est difficile de savoir si la période du confinement a eu un effet (positif ou négatif) sur ce nombre. D’aucun ont constaté la présence de nombreux coureurs lors des confinements ou couvre-feu, mais ce n’était peut être qu’un effet de loupe dû au fait qu’il n’y avait pas grand monde dans les rues. Aussi, beaucoup de coureurs réguliers ont expliqué perdre de la motivation en raison de l’absence d’épreuves organisées, qui servent d’objectif pour les entraînements. 

Toujours est-il que la course à pied reste un phénomène de société en 2021, et qu’il connaît bien évidemment des évolutions. Son évolution la plus marquante depuis les années 2010 est la généralisation des courses dites trail, et des entraînements allant avec. Il s’agit tout simplement de courir dans des environnements considérés comme naturels, c’est-à-dire des chemins escarpés, boueux, avec beaucoup de dénivelé, etc. 

> McFarland, USA, un film passionnant sur le running dans les années 1980

Cela n’a en soi rien de nouveau et d’une certaine manière, le trail est un retour aux sources, à la course à pied des origines. C’est une opposition aux années 1980, où le jogging s’est développé avec un style urbain qui faisait qu’on courrait essentiellement sur route, ou alors sur des chemins très pratiqués et donc lissés. Cela a correspondu à une période particulière du capitalisme où la modernité signifiait quasi automatiquement la ville, donc le bitume, les grands remblais, les parcs urbains, les pistes d’athlétisme “pour tous”, etc. Tout cela tranchait de manière nette avec ce qu’a pu être la course à pied avant, qui se pratiquait sur des chemins isolés de campagne, voire carrément dans des prairies ou sous-bois pour ce qui est du cross-country. 

Le trail, c’est donc un peu la course à pied “d’avant”, d’avant les routes bitumées et la ville généralisée. Il y a systématiquement chez les pratiquants du trail une mise en avant de la nature, avec l’idée qu’il est plus agréable et intéressant de courir sur des chemins naturels ou semi-naturels, tant pour l’attrait de l’environnement que d’un point de vue technique et sportif.

Un autre aspect inhérent au trail est celui de la longueur, tant pour les compétitions que les entraînements. Si le jogging habituel se court sur une distance allant de 5 km à 10 km, le trail c’est 15 km grand minimum. En fait, la mode du trail est essentiellement issue du développement des courses d’ultra-endurance, qui ont façonné la figure du trailer, sorte d’aventuriers des temps modernes. 

On recommandera à ce sujet la passionnante autobiographie de Scott Jurek, Eat & Run (disponible en français aux éditions Guerin). Vegan depuis 1999, cet américain issu d’une famille populaire est un grand champion de la discipline, ayant gagné les courses les plus difficiles telles la Spartathlon (245 km entre Athènes et Sparte) ou encore le Badwater Ultramarathon ( la « course à pied la plus dure au monde », avec 217 km dans le désert de la Vallée de la mort). 

Dans une interview, Scott Jurek expliquait la chose suivante :

« La victoire n’est pas mon objectif principal. La découverte, l’accès à mon âme et à mon esprit sont mes buts principaux ». 

C’est là tout à fait typique et conforme à la mentalité du trail et des trailers. Il y a ainsi, pour l’aspect positif, une mentalité néo-hippie à la recherche de profondeur d’esprit face à la superficialité des rapports dans le capitalisme. Le problème cependant, c’est que tout cela conduit facilement à un repli sur soi individualiste, qui est finalement très consommateur (consommateurs de sensations, de paysages, d’exploits personnel, et bien sûr de matériel).

Là où la compétition classique de course à pied, liée à l’athlétisme, a une approche collective de la pratique sportive (une seule personne gagne, mais sa victoire est permise par ses concurrents et est vécue par tous les spectateurs de la discipline), la mentalité trail rejette largement la collectivité au profit de l’aventure individuelle de chaque participant.

L’athlète française Annette Sergent, championne du monde de cross-country en 1987 et 1989, résume très bien cela :

 « Quand je faisais de la compétition, le monde du running était peu développé et on ne pensait qu’à la performance. Aujourd’hui, on court sans avoir les yeux rivés sur le chronomètre, en privilégiant son accomplissement personnel. Le champ des possibilités s’est considérablement élargi. On pratique seul, à deux ou à 40 000 ; on choisit la distance, l’allure, les paysages. C’est au gré de ses envies. »

C’est là un phénomène très complexe, car il est à la fois positif et négatif, et il est difficile de cerner quel aspect est le principal. Si la massification est une bonne chose, il est évident par contre que l’absence de réelle compétition (hormis les quelques dizaines de prétendants aux podiums des épreuves de masse) est aussi un recul, tant culturel que social. La compétition, en effet, est forcément une aventure collective, avec un haut niveau de raffinement social, contrairement à l’aventure individuelle qui est un repli sur soi.

Bien sûr, c’est une bonne chose de voir les gens courir simplement par plaisir, ne serait-ce que pour la santé. Mais force est de constater que le trail et la mentalité allant avec ne consistent pas en une simple activité de détente, mais en un véritable mode de vie, avec une mentalité “totale” promouvant le “dépassement” perpétuel.

Il est flagrant que ce mode de vie et cette mentalité sont façonnés par un style bourgeois. C’est la figure du chef d’entreprise ou du cadre dirigeant s’imaginant “réaliser” quelque chose avec de pseudo performances individuelles, lors d’épreuves de masse ou bien en partageant ses sorties sur les réseaux sociaux.

Cela participe forcément de tout un business, avec une course à l’équipement et au gigantisme des épreuves. Là où le footing ne nécessite qu’une bonne paire de chaussure à moins de 100 euros, avec un simple short et éventuellement un maillot technique pour réguler la transpiration, le trailer lui transporte toute une panoplie. Depuis la chaussure ultra technique jusqu’au sac pour boire, en passant par la montre GPS et les bas de contention, etc. 

C’est la même chose pour les épreuves, avec par exemple, et là encore de manière tout à fait typique, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, qui est une véritable catastrophe tant écologique que sociale-culturelle. Il faut lire à ce sujet l’excellent article critique produit par les locaux d’Arves à Gauche, qui montrent toute la démesure et l’absurdité de ce genre d’épreuves commerciales. 

L’esprit aiguisé et critique des gens à Gauche leur fera également remarquer facilement que les trailers sont souvent ridicules, par exemple en bousculant à toute vitesse les randonneurs et en s’imaginant que ceux-ci admirent leur petite aventure individuelle !

Néanmoins, il y a avec le trail une modernisation de la pratique sportive dont le trait marquant est qu’elle est tournée vers la nature et la recherche de naturalité. C’est la même chose avec le phénomène du gravel pour le vélo, ou bien le ski de randonné plutôt que le ski sur piste. 

C’est là quelque chose qui est forcément positif et conforme aux exigence du 21e siècle. En ce sens, la longue « enquête sur l’ultra-trail » publié sur le média d’ultra-gauche lundi matin est unilatéral et passe complètement à côté de la question de la Nature (ce qui est normal puisque pour eux elle n’existe pas).

Il faut toujours cerner les deux aspects et souligner la future transformation, lorsque les masses populaires s’empareront elle-même du phénomène, qu’il pourra se réaliser véritablement, brisant la corruption par le mercantilisme capitaliste et l’individualisme bourgeois. Alors vivement que le peuple s’approprie le trail !

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Société

Le skateboard aux Jeux Olympiques, autre escroquerie de l’époque

Lancés ce 23 juillet 2021 à Tokyo au Japon, les Jeux Olympiques voient pour la première fois le skateboard comme discipline olympique. Un véritable tour de force qui transforme l’âme du skateboard.

Les 25-26 juillet ont eu les premières épreuves de skateboard, celle de « street », avec un skate park construit à l’image du mobilier urbain normalement utilisé par les skateurs pour réaliser leurs figures, leurs « tricks ».

Suivront début août celles de « park », ou plutôt de « bowl » qui signifie une sorte de piscine en béton.

Parmi les 8 skateurs « olympiques », deux français ont été sélectionnés pour représenter la France, Aurélien Giraud et Vincent Milou. Coachés, suivis par des médecins attitrés, habillés par la grande marque française Lacoste, le skateboard voit là une bien triste page de son histoire s’écrire. Sans lui ou malgré lui, cela l’histoire le dira.

Combien d’autres cultures ou éthiques dites « alternatives » se sont-elles fait prendre au jeu de l’intégration facile au système dominant ? Car les esprits les plus constructifs tentent bien de trouver un aspect positif à la présence du skateboard aux JO, celles-ci aidant à une certaine forme de reconnaissance officielle. Une reconnaissance qui aiderait les projets en tout genre…

Certes, mais c’est là se leurrer quant à la finalité d’une reconnaissance de la société capitaliste. Qui ne voit pas d’ailleurs fleurir des skate parks partout en France ? Voilà maintenant que s’ajoutent à la Fédération française de roller et de skateboard des tas de « clubs » pilotés par des « professeurs ».

Les municipalités qui financent ces organisations et ces lieux de pratique ont en tête l’idée de faire rayonner, de peser et pourquoi pas de « créer des champions ». Aurélien Giraud, qui a terminé sixième le premier jour, est l’incarnation même de ce type de figure-athlète.

Et cette tendance va en s’accentuant avec l’hyper-médiatisation liés aux réseaux sociaux, où certains parlent de « carrière » ou de « mercato », quand d’autres obtiennent des sponsors de Louis Vuitton, avec même des skateuses hyper-sexualisées qui acceptent des publicités…pour des préservatifs.

Rien n’est bon dans une telle direction. Car le skateboard ce n’est pas le football. Non pas que le football soit quelque chose à fustiger, tout au contraire : c’est un sport qui s’assume comme tel et c’est là faire preuve d’une démarche sincère. A l’inverse, le skateboard n’est pas un sport et tenter de l’intégrer dans ce sens, c’est le vider de sa substance historique.

Et le grand critère pour juger qu’une chose va dans le bon sens, c’est la sincérité et l’authenticité. Un sport est un sport, et un état d’esprit alternatif est un état d’esprit alternatif.

Il est vrai qu’il existe des compétitions de skateboard depuis toujours. Mais entre participer à des compétitions mondiales, organisées sur le mode du show à l’américaine telle que la « Street League » ou les « X Games », ce qui est déjà en soi critiquable, et intégrer les Jeux Olympiques, il y a un gouffre.

Car il y a une différence de fond entre participer à un circuit qui vise une reconnaissance à l’intérieur d’une scène aux codes bien déterminés, et une reconnaissance grand public, ou du moins de type médiatique. On peut dire que c’est là être mauvais esprit, mais si l’on est authentique et vrai, on sait bien que le skateboard n’est pas un sport, et encore moins une discipline olympique.

Preuve en est la déclaration de Vincent Milou, un « sélectionné » de l’équipe de France de skateboard, à propos des contrôles anti-dopages qui nécessitent aux « athlètes » de voir leur planning être régulièrement contrôlé pendant trois mois avant la compétition. Voici ce qu’il dit dans un reportage de Canal + sur le « dilemme olympique » du skateboard :

« C’est un planning sur trois mois. Tu dis trois mois à l’avance ce que tu fais, je sais pas quelqu’un qui fait de l’athlé [athéltisme] c’est facile pour lui : de 8h à 10h il va au stade à l’entrainement. Enfin, nous on a pas ça, c’est impossible, on va skater à la dernière minute, tu vas à droite, à gauche, tu vas à un spot c’est mouillé, tu vas à un autre spot »

Et Vincent Milou a raison : il est impossible de codifier le skateboard, car ce n’est pas là son essence. A moins de vendre son âme au diable, il est impossible de dire oui à l’origine, et oui à l’intégration-codification. Le skateboard c’est un style de vie qui prend tout entier une personnalité, à telle point qu’elle est entièrement façonnée par l’état d’esprit « skate ».

Il suffit de voir comment un skater analyse une ville pour se rendre compte que c’est une démarche totale, qui porte en elle une sorte de critique d’un monde urbain aseptisé et formalisé par des tas de règlements qui cloisonnent et enferment. Le mot d’ordre du skate, c’est justement de dire : libère toi des codes urbains qui enferment, dessines-toi ta subjectivité urbaine.

Le skateboard c’est une réaction à l’urbanisation, une tentative de se libérer du carcan de monde bétonisé en se l’appropriant pour mieux le détourner. Ce n’est pas mesurable par une note, pas plus que l’on s’entraine pour se réaliser. Il y a bien un effort physique, une dépense d’énergie, mais c’est là secondaire car ce qui compte ce n’est pas tant la performance physique que la réalisation subjective.

Quelle hypocrisie de voir que ce soit Yuto Horigome qui termine médaillé d’or pour les hommes et Momiji Nishiya pour les femmes alors même que le centre-ville de Tokyo est interdit au skateboard, les skateurs nippons étant obligés de skater la nuit pour éviter les restrictions et les mentalités hostiles…

Le skateboard deviendrait-il un loisir comme les autres ? Tout cela est à l’image d’un Geoff Rowley, figure historique du skateboard des origines et qui, végétalien pendant plus de 10 ans, a décidé de tout arrêter…pour devenir chasseur ! Mais l’on pourrait citer l’arrivée si facile de Nike dans le milieu cette dernière décennie, ou plus récemment de New Balance, ou encore l’inflation de la posture d’égo-trip sur Instagram.

Il n’y a qu’à voir comment la personnalité de Rayssa Leal, une jeune skateuse brésilienne (née en 2008 !), est utilisée par la compétition de type capitaliste.

Rayssa Leal

De deux choses l’une : ou bien le skateboard est à tournant de son histoire, avec la tendance à s’intégrer dans le « game », ou bien l’arrivée du skateboard aux Jeux Olympiques de 2021 n’aura été qu’une parenthèse d’une anomalie historique de la décennie 2010.

Car heureusement, l’identité historique de l’esprit skate est toujours là, belle et bien vivante, formant toujours le coeur même de la démarche… mais quel sera à terme l’impact de cette tendance qui n’en finit pas d’enfler et que l’on peut qualifier, malencontreusement, de « skate business » ?

Le souffle des années 1990, celui qui a forgé cet état d’esprit particulier doit-il s’évaporer dans le business ? Peut-être, et les plus avisés remarqueront que la vague vegan et straight edge, si connectée dans ces années-là au skateboard, ne s’est d’ailleurs finalement pas vraiment cristallisé dans ce même milieu.

Car les skateurs sont au fond des personnalités à l’esprit alternatif et décontracté pour sûr, mais avant tout individuel voire individualiste : tolérons les choses et vivons notre « truc » à la marge… sauf que la marge reste justement peu de temps une marge, car la pression sociale et sociétale est toujours intense.

Et à un moment il faut dessiner des lignes rouges à ne pas franchir. Peut être est-ce là le drame actuel du skateboard confronté à son « tournant olympique » ?

Décidément, les années 2020 vont être la décennie du tri sélectif entre ce qui est authentique et ce qui s’est fait corrompre par la facilité capitaliste.

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Beach handball: amendes pour des Norvégiennes en short et non en bikini

La Fédération européenne de handball exige le spectacle hypersexualisé.

L’Euro du Beach Handball vient de se terminer, avec le succès des Danois chez les Hommes et des Allemandes chez les femmes. Ce sport consiste en du handball sur sable, avec deux équipes de quatre personnes jouant deux petits matchs, avec des penaltys en cas d’une victoire de part et d’autre. Le sport est très physique et assez spectaculaire, car un point marqué de manière spectaculaire compte double justement (en happant la balle et en tirant directement, sans toucher le sol en mode « kung fu » – en Suisse et en France cela compte même pour trois points).

Il exige naturellement un temps clément et idéalement des plages, aussi ce sport a-t-il comme nations marquantes le Brésil, la Croatie, l’Espagne, la Grèce, mais également les pays nordiques où on sait que la condition féminine est bien plus avancée qu’ailleurs, au sens où les femmes s’engagent davantage dans des activités physiques plus marquées.

Les Norvégiennes justement, qui ont terminé quatrième, ont été la cause d’un « scandale » lors du tournoi. En effet, la Fédération européenne de handball (EHF) entend faire de ce sport sur sable la même chose que ce qui se fait dans le Beach volleyball féminin. On sait comment dans ce sport il y a une hypersexualisation des femmes, le volley effilant de manière d’ailleurs assez prononcée les corps. Voici deux exemples d’un match de chaque sport.

Or, les Norvégiennes avaient porté, lors du match pour la troisième place, un short, et non le bikini exigé par la Fédération européenne de handball. Une amende de 1500 euros a été ainsi attribuée à l’équipe, soit 150 euros par joueuse. En fait, elles comptaient le faire même avant mais on les avait menacé de disqualification.

La fédération norvégienne a annoncé qu’elle payerait avec plaisir la somme, assumant le choix des joueuses de jouer comme cela leur semble le meilleur pour elles. Les médias norvégiens et le gouvernement sont également du côté des joueuses, bien entendu, de par la culture féministe locale, dans un pays où historiquement le mouvement ouvrier est extrêmement puissant.

Il faut dire que dans un tel pays les conditions imposées aux femmes ne pouvaient pas ne pas provoquer une contestation profonde. L’exhibitionnisme exigé correspond de manière flagrante à l’hypersexualisation liée au côté « plage ».

Ce n’est cependant pas le seul problème. En effet, le Beach volley a, de son côté, autorisé depuis 2012 le legging, le short, le t-shirt à manches courtes et celui à manches longues. Le but est d’internationaliser le sport et donc d’intégrer les pays où les traditions islamiques prédominent. Il s’agit de généraliser le sport, d’intégrer des équipes féminines voilées (comme celle de l’Egypte), d’organiser des tournois dans de tels pays. Ainsi, paradoxalement, des joueuses allemandes de Beach volleyball ont menacé de boycotter un tournoi au Qatar si le bikini était interdit. Elles ont finalement eu gain de cause, mais cela en dit long.

Cela reflète la situation pour toutes les femmes. La condition féminine est coincée entre le turbo-capitalisme hypersexualisé et la régression néo-féodale prétendant avantager la pudeur. Il faut donc que les femmes sachent rejeter les injonctions masculines… mais également qu’elles soient conscience de ces deux tendances historiques, sans quoi elles tombent de Charybde en Scylla.

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Le Tour de France, une éternelle arnaque?

Une société corrompue produit inlassablement de la corruption.

Le Tour de France 2021 s’est couru à 41,2 km/h de moyenne. C’est la deuxième plus haute moyenne historique derrière celle du Tour 2005 « remporté » par Lance Armstrong…

Cela ne passe pas, et personne ne peut croire sincèrement non plus en les performances du jeune slovène Tadej Pogacar qui écrase tout sur son passage, alors qu’il a à peine 23 ans. Le visage ne montrant aucune trace de fatigue, il a à de nombreuses reprises, en montagne ou sur contre-la-montre, produit des accélérations surclassant tout le monde. Battant au passage deux records d’ascension détenus par Lance Armstrong. Comme si ses muscles ne produisaient pas d’acide lactique, cette substance qui donne l’impression d’avoir les jambes qui brûlent lors d’un effort de haute intensité. 

Tadej Pogacar est slovène, et là encore personne dans le cyclisme ne croit sincèrement en le miracle national venu de Slovénie. Ce petit pays, comptant moins d’habitants que le ville de Paris (2 millions), connaît depuis quelques années son lot de “surdoués” du vélo. 

C’est le cas de Primož Roglič, initialement favori du Tour et dominant outrageusement le cyclisme depuis quelques années. C’est aussi le cas de Matej Mohoric, double vainqueur d’étape sur cette édition 2021 et qui a eu l’audace d’un geste incroyable…

Alors que son équipe était perquisitionnée le matin même pour des soupçons de tricherie, il a franchi la ligne d’arrivée (en vainqueur) en faisant « chut » avec l’index sur la bouche… puis mimant le geste de la fermeture éclaire sur la bouche.

Indigne geste de mafieux, arrogant et menaçant. Mais c’est justement l’omerta dans le cyclisme, et personne (ou presque) ne dénonce ces encadrants d’équipe corrompus, anciens dopés avérés, ou anciens impliqués dans des affaires de dopage. 

Le directeur de l’équipe de Matej Mohoric, Milan Erzen, a un lourd passif avec plusieurs de ses coureurs slovènes suspendus pour dopage. Ce n’est pas mieux du côté de l’équipe de Tadej Pogacar, dont le directeur a aussi un sombre passif. Lui-même victime d’une malaise très grave en 1998 pour avoir consommé une substance équivalente au fameux EPO de synthèse… et par le passé manager d’un dopé notoire tel Riccardo Ricco. 

D’ailleurs, les équipes de ces deux coureurs appartiennent à des États du Golfe totalement corrompus, richissimes à coup de pétrodollars, qui se servent du sport pour tenter d’exister sur la scène internationale. En l’occurrence, les Émirats arabes unis et le Bahreïn.

Au final, sur le Tour 2021, 4 équipes se partagent 14 victoires d’étape, et ce fut pareil pour la course au classement général. Cela laisse un goût amer, d’autant plus que les instances internationales ne semblent rien faire contre. Et alors que la lutte antidopage en générale ne cesse de reculer, faute de moyen, toujours à la traîne face à la course à l’armement lourd des tricheurs. 

Transfusions, corticoïdes, cétones, produits masquants, moteurs cachés, microdoses d’EPO ou encore ACE, la liste des inquiétudes est très longue. 

Mais qu’attendre d’un sport dont l’instance mondiale, l’UCI, est dirigée par un politicien opportuniste de Droite ? En l’occurrence David Lappartient, qui est maintenant également Président du conseil départemental du Morbihan et qui est candidat (incontesté) à sa propre succession à la tête de l’UCI… 

Car c’est précisément de cela qu’il s’agit. Le Tour de France n’est pas pire qu’ailleurs, il n’est malheureusement qu’à l’image de la société dans laquelle il s’inscrit. Peut-être que cela se voit plus, que cela heurte plus les consciences qu’ailleurs, mais cela n’a en soit pas grand chose d’extraordinaire. 

La triche est partout, le business et la corruption sont partout, les valeurs et la morale populaire, nulle part. Il n’y a qu’une société authentiquement démocratique et populaire qui sera suffisamment forte et coercitive pour laminer les tricheurs.

Il faudra s’employer pour cela, et si on veut un Tour de France “propre” il n’y aura pas d’autre choix que de contrôler strictement les coureurs. De publier publiquement les profils de puissances, enregistrées de manière indépendante. De publier publiquement les données physiologiques des coureurs. De fournir des vélos neutres en toute indépendance des équipes elles-mêmes, seul moyen de se prémunir du dopage mécanique. 

Sans ça, le Tour restera une éternelle arnaque, un simple divertissement ayant le sport comme prétexte…

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Roland-Garros: quand le sommet de l’État cède à quelques nantis

En autorisant les 5 000 spectateurs de la demi-finale messieurs du tournoi de Roland-Garros vendredi 11 juin 2021 à braver le couvre-feu, le sommet de l’État a fait un acte de lutte des classes. C’est le bon vouloir du prince pour une minorité bourgeoise et sans aucune justification sociale, au mépris du plus grand nombre et de toute responsabilité collective. Bien que symbolique, cela constitue un acte anti-démocratique d’une grande portée politique. 

Le tennis est devenu en France ces dernières années un sport très populaire, embrassant toutes les classes sociales. Il n’empêche que culturellement, cela reste un sport bourgeois et marqué par un style grand bourgeois. Le tournoi annuel de Roland-Garros, l’une des quatre plus prestigieuses épreuves mondiales, est particulièrement lié à ce style typique de l’Ouest parisien, avec la grosse montre de luxe, le Perrier citron et le pull en laine posé sur le polo Lacoste au col relevé. Les rencontres ont lieu dans le très chic XVIe arrondissement de la capitale et les billets sont particulièrement chers et difficiles à se procurer. 

Il y a tout un système garantissant l’entre-soi puisque les billets sont d’abord vendus aux présidents de clubs, avant d’être disponibles pour les licenciés de la Fédération et ensuite au grand public. Cela sans compter bien sûr toutes les possibilités de copinage plus ou moins officielles, avec les places réservées pour les partenaires plus ou moins officiels, les entreprises, etc. 

Tout cela fait que le public de la demi-finale du tournoi 2021 entre Novak Djokovic et Rafael Nadal ne consistait pas en n’importe qui d’un point de vue de classe. Et le gouvernement a donc fait le choix de leur céder, de céder à un caprice de grands bourgeois. 

Cela faisait en effet plusieurs jours que tous ces gens hurlaient au scandale chaque soir, quand il fallait interrompre la partie pour leur demander de partir afin de respecter le couvre-feu, comme n’importe quelle autre personne en France. On avait ainsi des nantis habitués à ce que toute la société soit dédiée à leur service et leur bon vouloir, refusant systématiquement tout effort collectif, qui ne comprenait pas qu’on leur demande de faire comme tout le monde. 

La décision a donc été prise en haut lieu de leur céder, et ces gens ont tout de suite compris (par réflexe de classe) qu’il s’agissait du bon vouloir du prince : “merci Macron, merci Macron’, ont-ils alors scandé dans le stade, de manière aussi honteuse que pathétique. Il a ensuite été fait préciser par la presse que la décision venait du cabinet du premier Ministre et non pas de l’Élysée, probablement pour ne pas trop écorcher l’image d’Emmanuel Macron, ni renforcer son étiquette de président des riches. Mais on a du mal à croire que le président lui-même puisse ne pas être mouillé dans une telle décision.

En attendant, il est complètement hallucinant qu’une telle attention soit portée à si peu de gens, pour leur autoriser quelque chose n’ayant à ce point aucun sens. Cela en dit tellement long sur la décadence au sommet de l’État et le décalage existant entre la bourgeoisie et le reste de la société.

Jamais une telle décision n’aurait été prise pour du football par exemple, car on retrouve dans les stades un public essentiellement issu des classes populaires et dont l’habitude n’est justement pas d’insulter l’intérêt collectif et la discipline sociale. C’est là un marqueur de classe significatif, et il est temps que la société se mette à jour en ayant au pouvoir les bonnes personnes, c’est-à-dire justement les classes populaires !

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La Fédération Française de Rugby cède au délire transgenre

La pression culturelle LGBT sur la société française est immense. Il n’y a absolument aucun débat démocratique sur la question, aucun élan populaire (et pour cause), mais une minorité de grands bourgeois imposant leurs vues délirantes à la société.

Dernier exemple en date, la Fédération française de rugby qui prend une décision unilatérale en faveur des « trans », de surcroît avec un ton condescendant envers la population accusée d’exercer une « pression sociale » à leur égard.

Le communiqué de la FFR reprend tout le verbiage LGBT pour expliquer que, dorénavant, des hommes ont le droit de s’incruster dans les compétitions féminines, sous prétexte qu’ils mutilent leur organisme avec des hormones et affirment avoir une « identité » de femme.

C’est une véritable insulte au sport féminin, et il sera du devoir de toute personne véritablement de gauche que de soutenir les sportives défendant leur sport contre ce genre d’offensive masculine. Précisons par ailleurs, comme évoqué dans un article récemment (« sur la domination des athlètes «trans» dans le sport féminin »), qu’un traitement hormonal, aussi brutal et contre-nature soit-il, ne permet aucunement à un homme de ressembler à une femme. Les différences physiologiques entre les femmes et les hommes sont bien plus complexes qu’un simple dosage hormonal.

Voici ce communiqué, qui est une première historique en France reflétant une vaste offensive du turbo-capitalisme :

« La FFR s’engage pour l’inclusion des trans-identitaires dans le rugby

La FFR, grâce au vote à l’unanimité de son Comité Directeur, est honorée de valider l’inclusion des Trans Identitaire (TI) au sein de ses compétitions officielles à partir de la saison prochaine. 

Le 9 octobre 2020, World Rugby, après la décision du CIO, WA et de l’IAF d’être plus respectueux des TI en les autorisant, sous certaines conditions prescriptives médicales et administratives, à pratiquer un sport officiellement, a pris conscience de l’extrême difficulté pour les TI de pratiquer le rugby. Mais après avoir confié à une commission médicale le soin de connaitre les tenants et les aboutissants pour une pratique de compétition, World Rugby a choisi de ne pas la conseiller aux fédérations sans pour autant l’interdire. De fait chaque fédération est libre ou non de l’accepter.

La CADET (Commission Anti-Discriminations et Egalite de Traitement), composée de personnes reconnues et avisées à toutes les problématiques discriminatoires a étudié, en toute objectivité, si la FFR devait aussi ouvrir les portes des vestiaires à ces passionné(es)s de rugby mais qui, écrasé(es)s par la pression sociale n’osent, ni entreprendre une démarche risquée car non encadrée. 

Afin que la pratique du rugby s’effectue équitablement, et sans risque, le Comité Directeur de la FFR a validé les préconisations proposées par la CADET pour les l’inclusion des TI, transsexuels et transgenres :

  • Les transsexuels, réassigné(e)s physiquement et reconnu(e)s dans leur sexe actuel peuvent évoluer dans toutes les compétitions officielles organisées par la FFR, dans la catégorie du sexe administratif, sans aucune condition préalable.
  • Les transgenres (TG), non opéré(e)s pourront évoluer dans toutes les compétitions officielles organisées par la FFR aux conditions suivantes ;
    • Ils et elles doivent être reconnus administrativement dans leur nouveau sexe (h/f et f/h) par l’autorité civile de leur pays.
    • Les TG (h/f) doivent attester qu’ils suivent un traitement hormonal depuis, à minima 12 mois.
    • Les TG (h/f) ne doivent pas dépasser le seuil de 5 nanomole/Litre du taux de testostérone. Aucune restriction pour les TG (f/h).
  • Une commission adéquate (CADET ou spécifique) étudie chaque cas dans les délais de 2 mois pour valider l’iniquité des gabarits dépassant la norme médiane et dans un esprit d’inclusion et d’objectivité se prononce à la majorité des 2/3.
  • La CADET désignera un référent pour soutenir le suivi et l’intégration des joueurs et joueuses qui rentrent dans ce cadre compétitif (exemple gestion des vestiaires, etc..

Pour la Journée mondiale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, célébrée dans 70 pays du monde, qui consacre que le principe d’égalité de traitement est un droit fondamental pour tout citoyen, la FFR est honorée de valider l’inclusion des TI au sein de ses compétitions officielles. La FFR est heureuse et fière d’accueillir, sans distinction de race, de religion, de sexe et désormais de genre, officiellement, celles et ceux qui comme nous sont unis par une même passion, le jeu de rugby.

À deux ans de la Coupe du Monde en France, elle envoie un signe bienveillant et résolu, pour que le respect des minorités soit un droit irréfragable dans notre sport.

Jean-Bernard Moles, président de la CADET : « Cette inclusion dans les règlements de la FFR est une avancée unique et majeure qui, j’espère, sera suivie par d’autres fédérations. La lutte pour extirper la communauté LGBT+ de la secrétude est essentielle, mais désormais il faut la gagner. C’est ce que nous avons fait avec cette réglementation pour les trans-identitaires, mais nous allons continuer, sans relâche avec, dès la rentrée, une vaste campagne sur le ;  » No, Chut « , le  » Coming in « ,  pour faire admettre à tous qu’une personne homosexuelle ne doit plus avoir à dissimuler son orientation sexuelle. L’Intégration tant qu’il ou elle joue est l’objectif, la révélation une fois les crampons raccrochés est un aveu d’échec pour nos fédérations. »

Serge Simon, vice-président de le FFR : « Le rugby est un sport inclusif, de partage, sans distinction de sexe, de genre, d’origine, de religion. La FFR est intraitable contre toute forme de discrimination et œuvre au quotidien pour que chacun puisse exercer sans contrainte son libre-arbitre dans le rugbyEn effet il est important de permettre à tous nos licenciés de pratiquer leur passion dans le respect des droits de chacun.»

Composition de la CADET (Commission anti-discriminations et égalité de traitement) : Jean-Bernard Moles ( Docteur en Sciences des Sports), Serge Simon (Vice-président de la FFR), Laetitia Pachoud (vice-présidente de la FFR en charge des solidarités) Patrick Vignal (Membre de la commission sport à l’Assemblée Nationale),  Rachel Khan (ancienne athlète de haut-niveau, Chargée des sports à la LICRA),  Sandra Forgues (ancienne championne olympique et du monde de canoë-kayak, conférencière sur la transidentité), Laurent Delmon (ancien joueur et arbitre FFR, chargé de la lutte contre toutes les discriminations au sein des établissements publics), Hussein Bourghi (Vice-Président de la commission au Sénat sur l’aide aux victimes  d’agression et de discriminations), Denis Cahenzli (Président du club de rugby d’Aulnay), Anne Ghiles, (entraineur Le Bouscat féminin XV) »

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Communiqué de l’Association nationale des supporters contre le projet de «Super Ligue»

Voici le communiqué de l’Association nationale des supporters contre le projet de « Super Ligue » européenne de football. On y retrouve le style caractéristique des « ultras », les supporters des tribunes les plus investies dans les stades, mais avec une réelle volonté d’être démocratique, d’aller dans le sens populaire le plus large.

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Projet de «Super Ligue»: l’apogée de 30 ans de football moderne

L’annonce par douze clubs de football européens parmi les plus riches d’un projet d’une « Super ligue » fermée est l’aboutissement de tout un mouvement commencé dans les années 1990. C’est ce qu’on appelle le « football moderne », et qui consiste avec de grands moyens financiers à dénaturer le sport pour n’en faire qu’un divertissement lucratif.

Le sport est un phénomène social très complexe et contradictoire. Il a été inventé par la bourgeoisie et l’aristocratie moderniste, mais dans la plupart des cas les classes populaires (voire directement la classe ouvrière) se le sont approprié. C’est toujours la bourgeoisie qui décide et qui oriente le sport dans le sens du capitalisme, mais il y a en même temps dans de nombreux cas des bases populaires influentes, voire très puissantes.

La deuxième moitié du 20e siècle a été une période de grande stabilité pour le capitalisme et cela a laissé de grands espaces à la culture populaire dans le sport. Dans le football, en Europe et en Amérique latine, il a pu se former de véritables traditions populaires autour de très nombreux clubs, principalement dans les grandes villes industrielles.

Il ne faut pas s’imaginer un âge d’or où le football aurait été massif et exempt de toute corruption. Le football de la seconde moitié du 20e a toujours été un phénomène restreint à une minorité (très importante) de supporteurs véritables, et il n’a jamais connu de fonctionnement démocratique.

Toutefois, en raison de sa substance profondément populaire, le football a pris beaucoup d’ampleur et il s’est produit à la fin du 20e siècle une véritable massification. Beaucoup plus de gens se sont mis à regarder le football, à en parler, à y dépenser de l’argent, et il y a donc eu beaucoup plus d’enjeux financiers et étatiques. Et inversement.

Dans les années 1990, le football européen a ainsi pris une toute autre dimension avec des clubs devenant des véritables entreprises insérées dans un marché très agressif et mondialisé. Le tournant décisif a eu lieu au mois de décembre 1995 avec l’arrêt dit « Bosman » rendu par la Cour de justice des Communautés européennes, abolissant le nombre de trois joueurs étrangers maximum par club.

Cette Cour, dont l’existence même est anti-démocratique, a ainsi littéralement changé la donne : le football est devenu officiellement un business comme un autre et les joueurs sont devenus entièrement des marchandises que les clubs peuvent négocier sans contrainte.

Les salaires des plus grands joueurs ont alors explosé de manière indécente, ainsi que surtout le marché des transferts entre les clubs. Cela a produit ce qui se produit toujours avec le capitalisme : une extrême concentration avec une poignée de gros acteurs écrasants de plus en plus la concurrence. Gloire aux plus riches, malheurs aux plus faibles !

Ce phénomène n’est toutefois pas unilatéral, en raison du poids des traditions populaires dans le football. Cela fait que malgré l’hégémonie économique et sportive de quelques clubs disposant de moyens surdimensionnés, il existe toujours une multitude de clubs avec des bases très larges, ou en tous cas relativement larges. Et ces clubs parviennent toujours à exister sportivement, bien que ce soit en général le temps d’une ou quelques saisons, ou alors en assumant de n’exister qu’à la marge, ou dans un « petit » championnat.

Tant l’UEFA (qui gère la Ligue des Champions) que les championnats nationaux doivent ainsi composer avec tous ces clubs, et c’est précisément ce qui dérange la poignée de plus grands clubs voulant créer leur propre ligue fermée. Ces derniers considèrent qu’ils ne reçoivent pas une part suffisamment grande du gâteau des droits télévisés et tentent de s’organiser pour l’obtenir.

Il ne faudrait pas ici se contenter d’une critique populiste en s’imaginant que le problème est simplement que ces gros clubs veulent plus d’argent, juste pour avoir de l’argent. La question se pose beaucoup plus en profondeur.

L’UEFA est directement attaquée par le projet de « Super ligue » fermée, mais elle est également entièrement responsable de la situation. Elle a laissé, pendant 30 années, le marché des transferts s’emballer et les budgets des clubs prendre des proportions délirantes. Si elle l’a fait, c’est qu’elle raisonne de la même manière que les clubs voulant faire leur ligue fermée : elle raisonne en termes de « spectacle » à vendre. La question se pose maintenant pour les plus gros clubs de savoir comment assurer leur train de vie pour les années à venir afin de garantir ce spectacle.

Le turbo-capitalisme n’a que faire de la culture et de l’héritage populaire, il est une machine sans vergogne prête à mettre sur la touche des centaines de clubs en faisant disparaître une compétition devenue traditionnelle, au nom de la production d’un « spectacle » générant des droits télévisés.

C’est le principe même du football moderne, qui à la fois massifie le football dans la société en en faisant un spectacle de haute valeur, et en même temps lui ôte tout romantisme de par l’effacement de l’équité sportive à grande échelle pour des centaines de clubs ancrés historiquement.

Le projet de « Super ligue » pose donc une question existentielle pour le football qui est à un tournant : soit il se soumet entièrement à l’industrie du spectacle et il disparaît en tant que sport à proprement dit ; soit la dimension populaire l’emporte, car il s’est produit quelque-chose de nouveau permettant un nouvel élan sportif. Cela ne pourra pas se faire sans une critique massive et en profondeur de ce qu’est devenu le football ces 30, voire 50 dernières années.

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L’idéologie trans-genre menace le sport féminin dans une loi votée par l’Assemblée nationale

Le 18 mars 2021, l’Assemblée nationale a voté une loi anecdotique visant à « démocratiser le sport en France ». Toutefois, parmi les amendements adoptés, il y a celui du député LREM Raphaël Gérard remplaçant le mot « genre » par l’expression « identité de genre ». Cela n’a l’air de rien, mais c’est en fait une offensive très sérieuse de la part de l’idéologie trans-genre et c’est une agression ouverte contre le sport féminin.

Le sport féminin pose un véritable problème aux partisans de l’idéologie trans-genre. Reconnaître le sport féminin, c’est en effet reconnaître la nature, c’est prendre en compte la réalité biologique qui fait que la physiologie des hommes et des femmes est différente. Nous avions abordé cela de manière précise et avec des exemples dans l’article « Twitter censure une discussion sur la domination des athlètes «trans» dans le sport féminin ».

Cette reconnaissance de la biologie dans le sport, par définition, écrase totalement l’idéologie trans-genre, puisqu’elle catégorise strictement les hommes et les femmes. Il y a donc des tentatives pour casser cela. Le député LREM Raphaël Gérard est particulièrement actif sur cette question « trans », et c’est justement la raison pour laquelle il a fait adopter un changement sémantique sur « l’identité de genre », afin d’ouvrir une brèche.

LREM agit ici évidemment comme vecteur du libéralisme, de la conquête de nouveaux marchés par le capitalisme.

Initialement, le texte consacrait « l’égalité », « sans distinction en raison du sexe, de l’orientation sexuelle, du genre, du handicap ou tout autre motif ».

Déjà, cette formulation est problématique car, au sens strict, cela reviendrait à interdire la distinction entre sport masculin et sport féminin puisqu’il ne faudrait pas faire de « distinction » sur le genre ou le sexe. En tout cas, le député LREM Raphaël Gérard a ensuite proposé et fait adopter un sous-amendement remplaçant le mot « genre » par l’expression « identité de genre ».

Et là, cela prend un autre sens, puisque reconnaître une soi-disant « identité de genre », cela revient à nier entièrement la réalité biologique. Parler « d’identité de genre », c’est en fait affirmer que les hommes et les femmes seraient uniquement des réalités « sociales », des constructions, et donc relèveraient d’un choix, et non-plus d’une simple réalité biologique, objective.

Ainsi, avec cette loi refusant les distinctions au nom d’une soi-disant « identité de genre », un homme qui affirme être une femme pourrait prétendre à concourir avec les femmes, puisqu’il ne faudrait pas le discriminer sur ce critère… Cela n’a l’air de rien comme ça, mais c’est en fait quelque chose de très grave que les députés français ont choisi d’inscrire dans la loi.

C’est une véritable agression contre le sport féminin et donc contre les femmes en général. La France est préservée pour l’instant, mais rappelons qu’il existe déjà de part le monde de nombreux cas d’hommes s’incrustant dans le sport féminin, au nom de l’idéologie trans.

Il ne faut surtout pas être dupe de la portée de ce changement dans la loi, car c’est un véritable acte militant en faveur de l’idéologie trans. Le député LREM Raphaël Gérard l’assume totalement dans l’exposé du sous-amendement en expliquant :

« Le genre s’inscrit dans un cadre plus général de l’égalité réelle entre les hommes et les femmes, tandis que l’identité de genre renvoie aux discriminations à l’égard des personnes transgenres ».

Il est ajouté plus loin :

« Dans ce contexte, le présent amendement vise à offrir les mêmes garanties de protection aux personnes transgenres dans l’accès à la pratique sportive que celles déjà offertes aux femmes et aux autres catégories de la population explicitement identifiées dans le cadre du droit de la non-discrimination ».

C’est on ne peut plus explicite. Le député s’est d’ailleurs empressé de déclarer :

« Je salue l’adoption de mon amendement qui consacre le principe d’égalité d’accès des personnes trans dans la pratique sportive ! »

Mais ce n’est pas tout. Il y avait également d’autres amendements allant encore plus loin, et qui ont fort heureusement été rejetés. Toutefois, les associations LGBTI sont montées au créneau et elles disposent de forts relais médiatiques. Il y a même un article du site France TV sport, c’est-à-dire une chaîne publique, leur donnant la parole :

« Les amendements ont été déposés par Raphaël Gérard, député La République En Marche, et Bastien Lachaud, député La France Insoumise. Nous avons proposé que chaque fédération soit dotée d’un référent inclusion, c’est-à-dire une personne chargée de traiter les discriminations existantes à l’égard de la communauté LGBTI. Nous souhaitions également l’obligation de sensibilisation et de formation des équipes d’encadrement, notamment dans les centres de formation. Malheureusement, nous n’avons pas été entendus lors de l’examen de la loi en première lecture. »

Les partisans de l’idéologie trans-genre sont donc très agressifs et ils ne se contentent pas de petites avancées. Ils voudraient aller encore plus loin et obliger la société toute entière à se plier à leur délire contre-nature.

Fort heureusement, la France est un pays éduqué et développé culturellement, où les masses populaires, et particulièrement les femmes, ont un poids important dans la vie quotidienne, malgré leur passivité politique en général. Si les Français sont libéraux, s’ils tolèrent à chacun le droit de dire, faire, penser, être ce qu’il veut, jamais ils n’accepteront que les femmes se voient spolier le sport féminin par des hommes.

Les partisans de l’idéologie trans-genre en veulent toujours plus, ils cherchent toujours plus à s’imposer. Ils reflètent l’agressivité du libéralisme avec tous ses idéalismes sur le libre-arbitre. Mais en faisant ça, ils risque surtout à un moment de se faire balayer massivement, et probablement violemment, par les gens, par la société elle-même.

Le problème, c’est évidemment que cette colère populaire est surtout captée par la Droite et l’extrême-Droite, qui la dévoient vers le conservatisme viriliste et la promotion des mœurs arriérées, beaufs, etc. C’est pourtant à la Gauche d’assumer une telle question, de dénoncer l’idéologie trans, de défendre le droit démocratique des femmes au sport féminin, de hisser le drapeau de la Raison pour la reconnaisse de la nature et la célébration des réalités naturelles.

L’idéologie LGBTIQ+ est clairement l’expression du turbo-capitalisme, ce n’est pourtant pas difficile à voir !

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Twitter censure une discussion sur la domination des athlètes «trans» dans le sport féminin

Un fil Twitter intitulé « Les athlètes transgenres et leur domination dans les sports féminins » a été censuré, en raison de la pression antidémocratique des partisans de l’idéologie transgenre. Ils sont de véritables inquisiteurs, menant un combat acharné pour la négation de la nature.

S’il y a bien un endroit où l’idéologie transgenre montre sa supercherie, c’est dans le sport. En effet, la différence entre les femmes et les hommes y est très marquée et dès le début du sport, les femmes ont exigé de pouvoir concourir entre elles (s’affrontant au passage aux réactionnaires tel le Baron Pierre de Coubertin leur interdisant la compétition).

Le sport féminin est une exigence démocratique évidente, afin que les femmes puissent s’exprimer et s’épanouir tout autant que les hommes dans la compétition sportive. Les différences entre les hommes et les femmes sont faibles et quasi insignifiantes dans la vie de tous les jours. Mais elles sont déterminantes en ce qui concerne la performance sportive et il n’y a donc pas d’équité en ce domaine, surtout dans le sport de haut niveau où tout se joue à des détails.

De fait, les femmes et les hommes ont une anatomie et une physiologie différentes qui fait que les seconds sont avantagés pour la plupart des performances physiques, en raison surtout de la capacité développer de la puissance (qui est la synthèse entre la force et la vélocité).

Il ne s’agit pas simplement d’hormones, mais de différences naturelles intrinsèques fondamentales qui sont impossibles à changer – la mutilation chimique à l’aide d’hormones n’y change rien. Cela tient à l’organisation de la structure osseuse, à la masse graisseuse, à la masse musculaire, à la taille du cœur ou encore au taux d’hémoglobine. Ces deux derniers aspects sont d’ailleurs fondamentaux : les femmes n’ont pas seulement moins de musculature que les hommes, elles ont aussi une moindre capacité à la mobiliser en raison de moindres volumes d’oxygène transportés.

N’importe qui connaissant un minimum le sport sait à quel point cette donnée, que l’on mesure par la Vo2 max (la capacité maximale du volume respiratoire), est fondamentale. Cela n’est pas vrai seulement pour les sports très physiques comme l’athlétisme ou le cyclisme, c’est également déterminant dans les sports plus techniques comme le football ou le tennis.

Ainsi, par exemple, les meilleures joueuses de tennis du monde peuvent se retrouver facilement en difficulté face à un tennisman bien plus faible techniquement, car ce dernier a un avantage physique énorme qui se matérialise par plus de force et de vitesse (et inversement, moins de fatigue accumulée pour répondre aux coups de l’adversaire).

Il y a aussi une élasticité ligamentaire qui est différente, et qui en l’occurrence se matérialise par un avantage pour les femmes dans les sports nécessitant de la souplesse comme le patinage ou la gymnastique.

Toutes ces différences posent un problème énorme aux partisans de l’idéologie transgenre, car cela nécessite de reconnaître la nature, la réalité naturelle des organismes. Or, de la nature, les partisans de l’idéologie transgenre n’en veulent surtout pas. Tout comme les religions, ou plutôt, dans le prolongement de l’idéologie réactionnaire des religions, les partisans de l’idéologie transgenre prétendent qu’il existe une « âme » préalable au corps naturel.

Ils défendent cette idée aussi absurde et réactionnaire que la possibilité d’être né dans le « mauvais corps ». Comme les religieux, ils affirment qu’une personne existerait préalablement à son « incarnation » physique dans un corps…

C’est ainsi que ces gens nient la réalité naturelle au point d’accepter que des hommes puissent prétendre être des femmes… Et donc concourir dans des compétitions sportives féminines !

C’est un véritable scandale, une agression envers les femmes, car ces hommes, bien qu’ils se mutilent parfois avec des traitements hormonaux, restent fondamentalement des hommes et ne peuvent pas concourir de manière équitable contre des femmes. C’est ni plus ni moins que de la triche.

Une telle triche parait aberrante, et pourtant cela existe. Il y a en effet des hommes de part le monde qui réussissent à concourir avec des femmes, pour la simple raison qu’ils prétendent être des femmes !

C’est ce qu’a rappelé dans un fil Twitter le compte Histoire & Thread, en présentant quelques exemples significatifs, de manière tout à fait factuelle. Mais cela est de trop pour les partisans acharnés de l’idéologie transgenre qui, à l’instar des religieux, mènent une véritable inquisition sur ce réseau social. En l’occurrence, leur acharnement a payé et a conduit à la censure par Twitter, soit disant en raison des lois françaises.

Montrer de simple fait : cela est déjà de trop pour les partisans de l’idéologie transgenre, qui se savent ébranlés dans leurs croyances par la simple présentation de la réalité.

Voici une reproduction de ce fil Twitter, qui montre des situations très révoltantes, qu’il faut bien entendu dénoncer. Aucune société démocratique ne peut accepter de voir des hommes venir ainsi s’immiscer dans les compétitions sportives des femmes.

 » Thread : Les athlètes transgenres et leur domination dans les sports féminins.

CeCe Telfer née Craig Telfer fait 57.53 secondes aux 400m haie et pulvérise le record universitaire féminin des États-Unis. Avant traitement hormonal en 2018 elle ne figurait pas parmis les 200 meilleurs coureurs hommes universitaires.

Laurel Hubbard née Gavin Hubbard, une femme transgenre mesurant 1m85 pour 131 kg, remporte les Championnats d’Haltérophilie d’Océanie 2017 en +90 kg en écrasant toutes les athlètes avec notamment une énorme différence de 19 kg sur la deuxième.

Sa participation chez les femmes étant vivement critiquée, Hubbard répond dans les médias : « Je ne crois pas qu’il y ait une différence fondamentale entre moi et les autres athlètes, et suggérer qu’il y en a une est humiliant pour elles. »

Boyd Burton, vétéran de l’US Navy est devenu Fallon Fox en 2006. Combattante de MMA transgenre classée parmis les femmes, elle affronte en 2014 Tamikka Brents qu’elle écrase en 2 minutes lui infligeant une commotion cérébrale et une fracture de l’os orbital.

Après le combat Brents déclare que malgré le nombre importants de femmes qu’elle a combattu dans sa carrière elle ne s’était jamais sentie autant dominée physiquement dans un combat, elle ajoute qu’elle ne pense pas que ça soit une bonne chose que Fox combatte parmis les femmes.

Andraya Yearwood, un lycéen de 15 ans se sentant femme est autorisé à courir parmis les femmes lors du championnat universitaire du Connecticut alors qu’il n’a jamais commencé le moindre traitement hormonal.

Il remporte l’or au 100m et au 200m alors même que son temps l’aurait classé dernier parmis les garçons. Kate Hall, la jeune femme arrivée en deuxième position a déclarée après la course se sentir frustré et ne pas oser dire ce qu’elle pense réellement.

Hannah Mouncey née Callum Mouncey, est une handballeuse transgenre de 1m88 pour 100 kg, ne sortant pas du lot parmis les hommes elle devient néanmoins la meilleure joueuse de la saison parmis les femmes et qualifie l’Australie pour les championnats du monde de Handball 2019.

Elle ne sera pourtant pas sélectionnée pour y participer, d’après Mouncey c’est ses coéquipières qui en aurait fait la demande, elles ne se sentiraient pas à l’aise avec elle, notamment au moment de se déshabiller dans les vestiaires et les douches.

Mary Gregory, une haltérophile transgenre remporte 9 victoires sur 9 exercices en pulvérisant au passage 4 records du monde féminin lors d’un concours de la Raw Weightlifting Federation USA, une performance qui fait polémique.

L’ancienne nageuse olympique Sharron Davies déclare : « Un corps masculin avec une physiologie masculine qui établit un record du monde et gagne un événement féminin en powerlifting en Amérique. Une femme ne peut pas rivaliser, c’est une mise en compétition injuste et inutile. »

Kelly Holmes, double championne olympique, a elle aussi commentée la performance de Mary Gregory en déclarant : « C’est une putain de blague, tout le monde devraient s’attendre à ce que les femmes biologiques boycottent certaines compétitions. »

Rachel McKinnon, une cycliste transgenre remporte la médaille d’or au sprint lors des championnats du monde féminin de cyclisme sur piste 2019 en ayant au préalable pulvérisé le précédent record féminin lors des épreuves qualificatives.

McKinnon déclare à Skynews que ce serait injuste qu’elle soit écartée de la compétition à cause de sa différence et qu’une vraie championne ne devrait pas avoir peur de se confronter à elle.

L’association Save Women’s Sport est un collectif de femmes athlètes dénonçant le manque d’équité entre les femmes dites « transgenres » et les femmes dites « biologiques » physiquement désavantagées.

Paula Radcliff, détentrice du record du monde du marathon féminin depuis 2003 demande un durcissement de la réglementation permettant aux femmes transgenres de courir parmis les femmes.

Martina Navratilova, ancienne n°1 mondiale de tennis, s’était fermement opposée à la participation des femmes transgenres aux compétitions féminines, comparant celà à de la tricherie et de l’injustice avant de présenter ses excuses publiquement.

Et selon-vous ? Les femmes transgenres devraient-elles être autorisées à concourir avec les femmes biologiques ? N’hésitez pas à me follow si vous souhaitez d’autres Thread les amis. 👍 Le sondage a été signalé et les votes ont été bloqués. 🤔 Le Thread a également été signalé, il est désormais plus possible de le Rt. 🤔 Mon Thread a été signalé sans réelles raisons, il avait pour but d’informer sans pour autant attiser la haine ni être insultant. C’est la censure exacerbée qui attise la haine. « 

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Diego Maradona, le cerf-volant cosmique

Diego Maradona a été une icône, atteignant un symbolisme religieux porteur des espoirs et des faiblesses populaires. Tout sauf un saint, et pourtant un saint dont l’absence est considérée comme insoutenable pour ceux qui l’ont vu religieusement.

Diego Maradona, décédé le 25 novembre 2020, a fait rêvé et c’est pour cela que sa mort est marquante. En quoi consiste ce rêve ? Pour le comprendre, il faut se tourner vers le football sud-américain, en particulier celui d’Argentine et du Brésil. Il y a une dimension populaire dans le football, dans ces pays, avec une pratique à la fois très large et quotidienne, faisant qu’il y a un côté artistique, profondément joueur, avec beaucoup de talent.

Diego Maradona a incarné cela, à travers qui plus est une personnalité fantasque, et il est un jour qui le consacra : le 22 juin 1986. C’est un jour mythique dans le football. Le cadre, c’est la coupe du monde de football au Mexique, avec le match Angleterre-Argentine, devant 115 000 personnes. Diego Maradona réalisa deux choses : une véritable sarabande footballistique d’une part, une escroquerie esthétisée de l’autre.

Voici la sarabande, Diego Maradona partant du milieu de terrain pour dribbler de multiples joueurs anglais, avant de marquer.

 Voici la traduction de ce que raconte le commentateur sportif argentin Victor Hugo Morales lors de l’action, reflétant l’impression des Argentins :

« Un génie, un génie, un génie, Gooooool… Je veux pleurer. Dieu Saint, vive le football! Golaaazooo! Diegoooool! Maradona, lors d’une action mémorable, la plus belle action de tous les temps… Un cerf-volant cosmique… De quelle planète viens-tu pour laisser sur ton chemin autant d’Anglais… Merci Dieu, pour le football, pour Maradona, pour ces larmes. »

Il y a ici un côté irrationnel tout à fait propre au culte du football en Amérique latine. Cela s’associe à un côté très pragmatique : il faut gagner à tout prix. Et justement Diego Maradona avait marqué juste avant en trichant. Son but quatre minutes avant a été marqué en effet de la main ; il dira par la suite, ce qui renforcera sa légende, qu’il a marqué le but…

« avec la tête de Maradona et un peu avec la main de Dieu.

Le tout est particulièrement renforcé également de par la petite taille de Diego Maradona (1 mètre 66), lui donnant l’image d’un petit gros de 70 kilos parvenant miraculeusement à jongler pour sauver la mise. Il faut bien entendu ajouter qu’on est au début de la télévision véritablement de masse.

La question reste bien entendu de savoir dans quelle mesure le but du siècle aurait eu tellement de valeur s’il n’y avait pas eu, quelques minutes auparavant, l’escroquerie du but de la main. On a ici une idéologie du génie assumant d’être criminel, avec un côté malsain ; Diego Maradona jouera particulièrement là-dessus, pusqu’il avait rejoint en 1984 le club de Naples.

Le club de football de cette ville magnifique (Voir Naples et mourir, dit-on) était alors de seconde zone et Diego Maradona le fit incroyablement progresser. Mais le club dépendait bien entendu de la mafia, omniprésente dans la ville, Diego Maradona basculant lui-même dans la drogue (jusqu’à être accusé de relever de l’organisation du trafic), l’alcoolisme, assumant un mode de vie de grand bourgeois décadent (utilisation de la prostitution, grosses voitures, etc.), cumulant les problèmes de santé et ne réussissant plus rien du tout par la suite. Il obtint ainsi l’image d’un ange déchu tout en se revendiquant révolutionnaire en soutenant ouvertement Cuba et Fidel Castro, le Venezuela, etc.

Dans un documentaire sur lui du réalisateur Emir Kusturica (forcément fasciné par le côté frénétique de ce footballeur), Diego Maradona chante une chanson sur lui-même où il raconte qu’il vient des faubourgs, que Dieu a voulu qu’il ait survécu et réussi à faire face à l’adversité, qu’il forma sa technique du pied gauche sur un terrain vague, qu’il a apporté l’allégresse au peuple… qu’il est curieux que Jésus ait trébuché, car lui jamais!

Il y a ainsi un côté fantasmatique et on pouvait plaquer sur Diego Maradona tout et n’importe quoi. C’est un Saint pour le groupe français très latino la Mano Negra, la figure du drogué tricheur avec des prostituées pour le groupe anglais Business (pour qui évidemment on ne plaisante pas avec le football, Gary Southgate en faisant les frais pour son penalty raté avec un classique du punk oï anglais).

Cette ironie mordante, cette prétention baroque, ce talent fragile, cette réalité si populaire ne pouvait que faire vibrer, malgré et à cause de son ambiguïté fondamentale, pour ne pas dire la corruption totale et un véritable gâchis humain. Maradona, c’est ainsi toute une époque de la vie populaire de la fin du 20e siècle, avec une valorisation de l’authentique mais une fascination étrange voire morbide pour celui qui s’en sort quitte à être amoral. La mort de Maradona a de ce fait nécessairement fait pleurer des gens ne s’intéressant pas à la carrière de Maradona, ni même vraiment au football. C’est dire l’ampleur de la question Maradona, qui est tout simplement de nature religieuse.