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La crise ne fait que commencer…

C’est un processus d’effondrement général.

Après l’insouciance de l’été, voilà la rentrée qui s’impose à tous dans toute sa brutalité. Les français avaient l’impression de sortir d’une crise en continuant leurs « projets » ? C’était nier le réel, un réel où pas un secteur de la société ne vit un processus d’effondrement…

Après les pénuries de main d’œuvre en cascade qui touchent bon nombre de domaines d’activité humaine essentielle, à l’instar de l’éducation nationale, des chauffeurs de bus, les services de santé et de soin à la personne, etc., voilà que la flambée des cours de l’énergie annonce un grand chamboulement.

Si l’on regarde d’un point de vue individuel on peut se dire que le pire sera d’éventuelles coupures d’électricité, une plus grande difficulté à boucler les fins de mois, ce qui est déjà alarmant en soi. En réalité, cela va toucher, et touche déjà le cœur de la vie quotidienne.

Avec pour commencer l’impossibilité annoncée d’ouvrir pour certaines stations de ski. Pour un pays comme la France, dont une partie de la croissance est tirée par le tourisme, c’est très marquant, même si on ne va pas en vacances au ski. On l’a vu lors de la « saison blanche » 2020/2021.

Il en va de même pour les piscines municipales dont une trentaine a d’ores et déjà annoncé l’obligation de fermer à cause des prix de l’électricité, parfois dans des conditions rocambolesques où les collectivités territoriales mandataires étaient prévenues quelques jours, voir quelques heures avant la fermeture !

Pour les familles, cela va poser des problèmes pour les cours de sports scolaires et en club, rajoutant à la désorganisation générale sur fond de galères liées aux pénuries de professeurs.

Et ce n’est que la partie immergée de l’iceberg car ces structures fonctionnent sur contrats établis à l’avance. Combien de stades ou gymnases municipaux vont devoir supprimer des créneaux pour ne pas utiliser l’éclairage ? Quelles autres activités du quotidien vont être touchées, au pire par une fermeture, au mieux par des « régulations » ? Les cantines scolaires vont-elles faire le même choix que cette commune de Seine-Maritime qui a choisi de rationner entre le dessert, le fromage ou l’entrée plutôt que d’augmenter le prix du repas ?

Cela va être vécu comme un véritable cauchemar, avec à nouveau des pertes d’activités, du chômage partiel qui ne pourra de toute manière pas durer éternellement, avec des faillites d’entreprises qui ne pourront pas être soutenues éternellement aussi.

Ce sont déjà de nombreuses grandes entreprises sidérurgiques qui ont annoncé une baisse de leur activité, ce qui va avoir un impact général puisque fournisseurs de matières premières. Le secteur de l’automobile qui sort à peine de la pénurie de semi-conducteurs, et qui reste miné par la sous-consommation, s’inquiète de cette inflation monstre de l’énergie, le tout formant une spirale qui s’auto-alimente jusque vers la récession.

D’autant plus qu’il est clair que la crise de l’énergie va s’installer dans le temps, la guerre en Ukraine n’étant qu’un amplificateur d’un problème d’ordre historique, pour ne pas dire civilisationnel car étant lié à la question centrale du réchauffement climatique et de la construction de nouvelles sources d’énergies moins émettrices de CO2.

Cela même sans parler du fait que justement tout est incertain, de l’issue de la guerre en Ukraine en passant par les multiples zones de poudrière qui peuvent s’embraser à tout moment. Et on aurait tort ici d’oublier les désordres au niveau de l’économie capitaliste elle-même.

Alors que les aides et autres boucliers tarifaires sont prolongés, le risque de faillites en cascades d’entreprises incapables de faire face à la fois aux remboursements de leurs PGE contractés pendant les années de pandémie et à leurs factures d’électricité menacent d’un effondrement général de l’économie capitaliste elle-même.

Et c’est tant mieux ! Enfin, cela serait tant mieux si on avait des secteurs de la population faisant preuve d’une conscience sociale et politique à la hauteur de l’époque. À l’inverse, on a le populisme et l’indifférence qui règnent. Il est frappant de voir à quel point il y a un gouffre entre l’inquiétude de la bourgeoisie qui peine à assurer son rôle de gestion et les gens qui ne se soucient de si peu et sont loin de pouvoir prendre la relève.

Ce qui devrait être pourtant compris, c’est que le capitalisme se heurte à une telle désorganisation qu’il entraîne la société toute entière dans une sorte de chaos généralisé, sans capacité d’organisation rationnelle de longue durée.

Il est un système en fin de course, condamné car reposant sur la pagaille de l’économie de marché… et c’est dans l’ordre des choses que la Gauche historique se batte précisément pour un ordre nouveau.

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Permis à points : le gouvernement va dans le sens des chauffards

Libéraux et fachos contre la sécurité routière.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé par voie de presse qu’il menait une réflexion pour assouplir le Code de la route. Et l’Élysée a fait savoir que le Président est d’accord. Il s’agirait de ne plus retirer un point aux conducteurs sanctionnés d’un excès de vitesse considéré comme « petit », c’est-à-dire de moins de 5 km/h au-dessus de la vitesse réglementaire.

Le gouvernement prétend, en se basant sur un rapport de la Cour des comptes, qu’en lâchant du lest ici, il pourrait éventuellement gagner ailleurs et améliorer la sécurité routière. C’est irrationnel, et mensonger, mais tellement typique des mœurs libérales qui polluent la France et les Français, incapables de discipline collective.

C’est irrationnel, car dans la pratique, les excès de vitesse de moins de 5 km/h sont déjà considérés comme petits, et donc peu sanctionnés. C’est le principe du permis à point. On en a 12 (ou seulement 6 pendant les trois premières années de permis), et si on en perd un, il est automatiquement renouvelé au bout de six mois (sauf nouvelle infraction, évidemment).

Où est le problème dans ces conditions ? A moins de vouloir aller dans le sens des gens qui roulent systématiquement vite et qui prétendent que ce n’est pas si grave ! Il ne faudrait surtout pas perturber la petite bulle auto-centrée qu’est l’habitacle de leur voiture chérie…

Ajoutons également le fait que dépasser la vitesse de 5 km/h, cela signifie avoir déjà dépassé deux marges. La première, c’est le compteur de la voiture, qui surestime la vitesse réelle. La seconde, c’est l’abattement automatique de la vitesse retenue par les appareils de mesure, pour considérer une marge d’erreur. Jusqu’à 90 km/h, c’est 5km/h. Au delà, c’est un pourcentage.

Concrètement, il faut rouler à 56 km/h en vitesse réelle pour être sanctionné d’une vitesse retenue à 51 km/h. Et donc, à l’affichage sur le compteur de la voiture, on est en général déjà à 60 km/h.

À grande vitesse, l’écart est plus important. Il faut rouler à 116 km/h vitesse réelle (donc plutôt à 120 km/h sur le compteur de la voiture) pour une vitesse retenue de 111 km/h. Il faut rouler à 137 km/h vitesse réelle (donc au-delà de 140 km/h sur le compteur de la voiture) pour une vitesse retenue de 131 km/h.

Et encore, cela ne concerne que les radars fixes automatiques, qui sont annoncés par un panneau, ainsi que par des applications GPS ou des cartes (ce qui devrait êtres interdit !!). Pour les radars mobiles, c’est-à-dire les contrôles qui ne sont pas annoncés (en tous cas tant qu’ils ne sont pas détectés par les délinquants de la route sur les applications), les abattements sont plus importants encore…

Pour une vitesse retenue de 51 km/h, il faut alors rouler à 61 km/h, donc au-delà des 60 km/h sur le compteur de la voiture). Pour une vitesse retenue de 81 km/h, il faut rouler à 91 km/h, donc au-delà des 90 km/h sur le compteur de la voiture). Pour une vitesse retenue de 131 km/h, il faut rouler à 143 km/h, donc plus proche des 150 km/h sur le compteur de la voiture).

Et donc, quand bien même l’automobiliste se serait laissé aller à ce « petit » excès de vitesse, il ne perd qu’un seul point sur 12, qu’il récupérera dans 6 mois. Mais c’est encore trop, et le gouvernement français a la bonne idée de se dire qu’on pourrait assouplir cela…

Mais dans quel monde vivent ces gens ? Ils ne lisent pas les rapports de terrains de la police et de la gendarmerie, qui font remonter des comportements de plus en plus dangereux sur la route depuis la période du confinement ? C’est comme si un nombre important de conducteurs s’était totalement débridés, sur le mode « après moi le déluge », ce qui est typique d’une société en décomposition.

D’ailleurs, nul besoin de constater un rapport ou une enquête de police ou gendarmerie : il suffit d’être à bord d’une voiture ne serait-ce qu’une heure, en ville ou à la campagne c’est pareil, pour constater un nombre incroyable d’excès de vitesse flagrants et de comportements dangereux en tout genre.

Seulement, comme la majorité des gens est quand même relativement prudente, que les moyens sont mis pour les infrastructures, que les véhicules eux-mêmes sont calibrés pour assumer de gros accidents, alors cela donne au final des chiffres d’accidents considérés comme « acceptables ». Bien loin du carnage des années 2000, ou pire encore du massacre de masse des années 1970 (18 000 morts en 1972, ainsi que des dizaines de milliers de blessés dont des très graves).

Il n’y a rien d’acceptable à la situation actuelle. En ôtant la suppression de point pour les « petits » excès de vitesse, le gouvernement va clairement dans le sens des chauffards. Car ce sont eux qui sont à un point près sur leur permis, mais certainement pas les gens normaux qui n’ont aucune inquiétude de n’avoir que 11 points pendant 6 mois.

Remarquons également une chose très significative : ce sont surtout les chauffards qui ont de l’argent qui verraient leur impunité augmenter. Car l’amende forfaitaire reste, jusqu’à 135 euros, en général plutôt 45 euros. Cela est dissuasif pour les gens normaux, mais pas pour ceux qui roulent déjà dans une grosse voiture et ont des moyens. Ils ne sont pas à 50 ou 130 euros près, surtout s’ils ne risquent rien pour leur permis.

Qui plus est que cela plaît beaucoup aux fachos. Le Rassemblement national trouve la suggestion du gouvernement très bien, tout comme le mouvement d’Eric Zemmour. Celui-ci est d’ailleurs sur ce plan un fou furieux, ouvertement pro-chauffards.

Pour lui, il faut arrêter « la chasse à la vitesse », remettre en place les 90 km/h sur les routes secondaires, supprimer les limitations sur autoroute, interdire aux maires de limiter à 30 km/h dans certaines rues ou quartiers.

On nage ici en plein délire. Et cela pose une question de fond : comment vivre en démocratie avec ces gens là, comment la cohabitation est-elle possible ? La Gauche, forcément, porte la Sécurité routière et le renforcement du Code de la route, par une guerre aux chauffards. Mais ces derniers, que feraient-ils si la Gauche (la vraie) était au pouvoir ? Prendre les armes, pour défendre leur droit à se croire seul au monde sur les routes ? Ce n’est pas absurde d’imager un tel scénario, loin de là.

Car il y a sur cette question de la sécurité routière un véritable clivage au sein de la société française. D’un côté le camp démocratique, assez important numériquement mais très faible politiquement et culturellement. Et de l’autre le camp des fachos et des libéraux, qui ont clairement l’hégémonie politique et culturelle, et qui travaillent la société au corps pour la souiller, saper son unité, déstructurer ses bases.

A la Gauche d’être à la hauteur et saisir l’enjeu, s’en donner les moyens. La sécurité routière est une question démocratique fondamentale. Chaque attaque du Code de la route au nom des chauffards doit être considérée avec la plus grande importance, tellement cela oriente la société française et sa destinée immédiate. On ne peut pas être de gauche en 2022 si on ne voit pas ça.

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Le mouvement anti-pass sanitaire, une lecture libérale de la liberté

Le mouvement anti-pass sanitaire brandit sa légitimité au moyen de la revendication de la liberté. Accolée à la catégorie floue de « peuple », il n’en fallait pas moins pour que l’ultra-gauche et les éléments contaminés par la pensée libéral-libertaire tombent dans le panneau.

Celles et ceux qui n’ont pas abandonné les rivages du mouvement ouvrier savent qu’il y a deux sortes de liberté : celle du riche et celle du pauvre. Celle du riche, c’est celle qui dit très simplement : laissez-moi vivre, accumuler mes richesses comme bon me semble. Celle du pauvre, à l’inverse, dit : pour être libre, il me faut m’émanciper et cela ne peut se faire que si l’appropriation privée du monde par les riches est limitée, contrainte.

Bref, au fond de la différence de conceptions de liberté, il y a la lutte des classes.

Et cela est vrai depuis qu’existe l’opposition entre la Gauche et la Droite. A l’été 1936, le renégat Jacques Doriot, ex-communiste devenu un fasciste, lançait un « Front de la Liberté » pour contrer les grèves ouvrières majoritaires dans le pays.

Le Front populaire s’était quant à lui fait élire sur le triple mot d’ordre : « pain, paix, liberté ». Et de quelle liberté était-il parlé ? Celles collectives, nichées au coeur de l’émancipation de la classe ouvrière : le droit de tenir une réunion publique sans être agressés par la police ou les bandes fascistes, celle d’animer une cellule syndicale d’entreprise sans craindre la répression patronale, le droit à tenir et diffuser un journal sans crainte de censure.

Pour la Gauche historique, jamais il n’a été question d’une « liberté individuelle » qui flotte en l’air : l’individu s’émancipe dans la libération sociale. La Gauche historique fait sienne la définition proposée par le grand penseur matérialiste, Baruch Spinoza :

« On pense en effet que l’esclave est celui qui agit par commandement et l’homme libre celui qui agit selon son plaisir.

Cela cependant n’est pas absolument vrai, car en réalité être captif de son plaisir et incapable de ne rien voir ni faire qui nous soit vraiment utile, c’est le pire esclavage, et la liberté n’est qu’à celui qui de son entier consentement vit sous la seule conduite de la Raison.

Quant à l’action par commandement, c’est-à-dire à l’obéissance, elle ôte bien en quelque manière la liberté, elle ne fait cependant pas sur-le-champ un esclave, c’est la raison déterminante de l’action qui le fait.

Si la fin de l’action n’est pas l’utilité de l’agent lui-même, mais de celui qui la commande, alors l’agent est un esclave, inutile à lui-même ; au contraire, dans un Etat et sous un commandement pour lesquels la loi suprême est le salut de tout le peuple, non de celui qui commande, celui qui obéit en tout au souverain ne doit pas être dit esclave inutile à lui-même, mais un sujet »

Evidemment, cette approche de la liberté sera par là suite enrichie par l’expérience du mouvement ouvrier, celle de la lutte des classes. C’est cette conception qui veut que la liberté ne flotte pas dans le ciel de la « Raison » mais est liée au rapport de forces entre les classes sociales. Une conception qui fut bien résumé par Lénine, le chef de la social-démocratie russe passé au communisme :

« Dans une société fondée sur le pouvoir de l’argent, tandis que quelques poignées de riches ne savent être que des parasites, il ne peut y avoir de « liberté », réelle et véritable. »

Car le mouvement ouvrier n’a jamais séparé la « liberté » de son revers, l’émancipation collective. A l’inverse, la Droite a toujours liée la liberté au « libre-choix individuel ». Il suffit de voir par exemple le mouvement dit de « l’Ecole libre » lancée par la Droite en 1984, contre la Loi Savary qui visait à établir un système d’enseignement public unique, brisant ainsi la compromis avec les écoles privées sous contrat.

C’est le même sens pour un Pierre Poujade qui s’affiche en 1956 sous le slogan « Liberté, Vérité, Justice », un triptyque que l’on retrouve d’ailleurs dans les manifestations anti-pass sanitaire.

Le fonds de la démarche protestataire de Droite, c’est la liberté de choisir ceci ou cela, permis par le fait qu’on est affranchit individuellement des contraintes sociales et économiques. On est riche et « on peut ». Il faut être bien fou pour ne pas voir que les plus riches, tout comme certains secteurs capitalistes, sont les premiers à vomir le pass sanitaire, vu comme une entrave à la consommation individuelle.

Pour les classes populaires, pouvoir c’est toujours faire face à l’insécurité économique, aux conditions sociales, à l’aliénation culturelle : pour pouvoir, il faut s’émanciper collectivement il n’y a pas d’autres choix, si ce n’est celui de s’en sortir « comme on peut ».

On arguera que le problème c’est justement que la mentalité du riche a contaminé des pans entiers de la population, ensevelie sous l’océan d’une consommation marchande abondante, et cela est vrai.

D’où la nécessité d’une Gauche forte, d’une Gauche capable d’élever le niveau de conscience populaire. Une Gauche qui fasse sienne l’idée que par temps de pandémie mondiale, le vaccin est un moyen qui est là, dont on ne peut que fatalement se saisir. Une campagne de vaccination qui doit obligatoirement être surveillée, contrôlée, pour la liberté, non pas d’un tel ou un tel, mais de tous, quel que soit l’état de santé.

Prétendre que l’on peut faire autrement, que l’on peut « choisir », que l’on peut s’affranchir d’un contrôle administratif, cela n’a aucun sens sauf celui de saper toute perspective de libération collective. C’est saper la nature même de ce qui fait la Gauche depuis deux siècles.

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La PMA prépare le terrain pour la GPA en créant des « parents » d’intention

La France importe du droit californien le concept de « parent d’intention », indispensable pour légaliser la GPA.

Un couple de femmes ne peut pas avoir d’enfant. Une des deux femmes peut être la mère d’un enfant qu’elles élèvent ensemble, mais elles ne seront jamais toutes les deux la mère de cet enfant. C’est naturellement impossible et la loi relative à la bioéthique adoptée par le Parlement le 29 juin avec son article 1 consacrant la « PMA pour toutes » n’y change rien. Aussi prétentieuse que soit la société bourgeoise, elle n’est pas au-dessus de la nature, et elle ne le sera jamais.

Ce qui change par contre, c’est qu’il sera maintenant possible d’inscrire à l’état civil un enfant en prétendant qu’il a (soit-disant) deux mères. Le texte de loi prévoit une reconnaissance conjointe de l’enfant à naître devant notaire. Autrement dit, deux femmes se rendront devant un notaire pour exprimer qu’elles ont l’intention d’être toutes les deux reconnues légalement comme mères d’un enfant à venir.

Les décrets d’application ne sont pas encore prêts, mais on sait déjà que cela va être un immense bouleversement juridique et anthropologique. En effet, le droit de la filiation est censé encadrer l’existence naturelle des familles, de manière à faire concorder la réalité naturelle avec les besoins d’organisation de la société. C’est, au sens strict, l’objet même du droit, des lois, de la légalité. Aucune société démocratique ne peut fonctionner sans un tel système juridique encadrant et déterminant ce qui est possible ou non, ce qui est authentique ou non, ce qui est reconnu ou non, ce qui est interdit ou limité, etc.

En l’occurrence, en ce qui concerne le droit de la filiation, il y a les concepts naturels de père et de mère pour déterminer qu’un enfant est né de telle mère et de tel père, et qu’il s’agit là de sa filiation, conformément à la nature. En raison de la complexité des rapports humains, le droit a prévu de multiples aménagements à ce principe de la filiation, avec notamment le concept indispensable de parents adoptifs (visant à remplacer les parents naturels manquants). Il y a aussi la possibilité que la filiation paternelle (et plus rarement maternelle) soit vacante (avec la mention né ou née de père inconnu).

Des entorses à la réalité ont déjà été admises historiquement (ce qui est contestable socialement), mais il a été établi comme garde fou le principe de vraisemblance biologique de la filiation. Cela est vrai depuis le Code Napoléon, à l’origine du droit moderne, et cela avait été surtout précisé avec les lois bioéthiques de 1994 et de 2011 en raison de la généralisation de l’aide médicale à la procréation (ou PMA) avec donneur.

Dans le cadre d’une fécondation avec un donneur (dans le cas où le concubin d’une femme a un problème médical rendant impossible la fécondation naturelle), il a été établi que l’homme en question pouvait se substituer légalement au donneur en étant inscrit comme père à l’état civil de l’enfant, bien qu’il ne soit pas le père naturel. Cela devait être conforme au principe de vraisemblance, afin d’encadrer les choses, d’en limiter la portée à des cas très précis pour ne pas faire n’importe quoi.

Ce qui change avec la nouvelle loi bioéthique de 2021, c’est que ce principe de vraisemblance biologique vol en éclat et qu’on pourra légalement faire n’importe quoi. Il est maintenant assumé que la filiation puisse être inscrite en dehors de toute réalité naturelle avec la possibilité d’inscrire une deuxième « mère » à l’état civil d’un enfant.

Pour permettre cela, il n’y a pas d’autre choix que d’adopter le concept issu du droit californien de parent d’intention. C’est ni plus ni moins ce que signifie la reconnaissance mutuelle devant notaire prévu par la nouvelle loi. Deux femmes se déclareront a priori comme mère, comme ayant l’intention d’être mère d’un enfant à venir.

C’est, au sens strict, le passage du droit de la filiation vers le droit commercial. On passe d’une inscription légale encadrant la réalité naturelle de la naissance d’un enfant à l’établissement d’un contrat de propriété d’un enfant.

Partant de là, il n’y a plus aucune raison d’interdire la GPA (gestation pour autrui) et c’est précisément ce que consacre le droit californien qui autorise la GPA.

Il faut bien voir ici que cette notion de parent d’intention est absolument décisif en ce qui concerne la légalité ou non de la GPA. Nous avions étudié cela en détail dans plusieurs articles consacrés à des faits de droits récents où la légalité a été prise d’assaut par des juges, de manière antidémocratique (ici ou ).

Il y a eu notamment ce cas très grave en 2019 où la Cour de cassation a littéralement écrasé l’article 47 du code civil, à propos justement de la vraisemblance des actes de naissance. La cour de cassation, la plus haute instance juridique du pays, avait reconnu l’existence de « parents d’intention », alors que cela est normalement illégal en droit français.

C’était une première salve permettant la reconnaissance de GPA pratiquées à l’étranger en toute illégalité au regard du droit français. Il y a maintenant une nouvelle étape qui a été franchie en France puisque la base même permettant la GPA, le concept de « parent d’intention », est reconnue concrètement par la loi.

Les libéraux n’auront plus besoin de contourner la loi française, ils l’ont carrément modifié, dans le plus grand déni de la société elle-même qui regarde ça de loin, sans rien dire ni chercher à comprendre. C’est un véritable hold-up démocratique, un nouveau coup d’État au moyen du Droit lui-même, pour permettre la légalisation de la GPA dont la société française ne veut pourtant pas entendre parler.

C’est un véritable coup dur, car la bataille contre la GPA va dorénavant être très difficile à mener, les libéraux ayant tellement préparé le terrain en leur faveur. Seule une Gauche forte et massive, solidement ancrée dans ses principes historiques, sera à la hauteur pour faire face à cette offensive du turbo-capitalisme consacrant la marchandisation des enfants.

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PMA: une victoire du turbocapitalisme

La société française a fait un pas de plus dans la version américaine du capitalisme.

« Constance et Aude Démettre sont les mères de Juliette (9 ans) et des triplées Apolline, Emma et Camille (6 ans), à Bordeaux le 25 juin 2021. » C’est ainsi que Le Monde présente deux femmes et quatre enfants dans un article sur la PMA, la Procréation Médicalement Assistée. Biologiquement, cela n’a aucun sens. La vie est dialectique et il faut un homme et une femme pour qu’il y ait des enfants.

C’est cependant tout à fait conforme avec le capitalisme roi qui s’arroge tous les domaines, y compris la vie. De la même manière que les poules dites pondeuses et les chiens dits de compagnie sont des êtres vivants totalement déformés génétiquement pour servir le marché, les enfants eux-mêmes deviennent des marchandises, une consommation à laquelle on aurait « droit ».

La PMA, qui dont l’accès vient d’être élargie par la loi en France le 29 juin 2021, est maintenant ouverte à toutes les femmes, y compris célibataires. Deux femmes peuvent être reconnues comme « mères » au même titre. Et la PMA sera gratuite, c’est-à-dire que la société la paiera. C’est nécessaire, parce que le capitalisme a besoin que ce puissant outil d’atomisation des gens soit largement employé.

Car tel est le but du capitalisme : tout réduire à des identités et de la consommation. La PMA n’est d’ailleurs qu’un inévitable pas vers la GPA, la Gestation Par Autrui, que ne manqueront pas de demander des hommes au nom de « l’égalité des droits ». Et cette GPA sera elle-même un pas vers autre chose, car le capitalisme cherche, par définition, à élargir son marché.

Pour qui n’y croit pas, il suffit de voir que le turbocapitalisme considère que des hommes s’imaginant des femmes ont le droit de se considérer comme tel. Or, « elles » ne peuvent pas avoir d’enfants, puisque ce sont des hommes. Le capitalisme dira alors que ces hommes, étant considérés juridiquement comme des femmes, doivent avoir les mêmes droits que les autre femmes. Et la GPA sera instaurée, sur une base pseudo volontaire avec « dédommagement », comme équivalent de la PMA.

Il est intéressant ici de voir que la Gauche, en France, est devenue la cinquième roue du carrosse libéral. On est vraiment passé dans une situation à l’américaine : il y a les républicains-conservateurs, qui ne veulent pas trop de changement pour ne pas qu’il y ait d’agitation sociale, et il y a les démocrates-sociaux qui veulent moderniser le capitalisme en déviant l’agitation sociale.

Les deux s’opposent, mais pas sur leur fond capitaliste ; d’ailleurs, Pascal Praud, l’agitateur médiatique sur CNEWS, totalement sur une ligne républicaine-conservatrice, est tout à fait en faveur de la PMA. Ces deux pôles ont le même rôle qu’aux États-Unis : assécher le terrain de la lutte de classes, polariser de manière fictive.

Et cela marche. Il n’aura échappé à personne justement que, en ce moment, l’idéologie LGBT se répand de manière la plus subjectiviste, que dans chaque lycée il y a une voire plusieurs personnes s’imaginant « trans » et affichant un nihilisme outrancier et morbide à ce sujet. Le capitalisme fait littéralement un hold-up sur le mal-être et propose comme solution non pas de changer la société, mais de changer son propre corps, de le rendre consommable. Et comme cela ne marche pas, que cela ne résout rien, les jeunes tombant dans le panneau sont obligés de toujours plus en rajouter.

Et le turbocapitalisme en rajoutera. Et le conservatisme en rajoutera. Et le turbocapitalisme en rajoutera. Etc. Sans fin, comme aux États-Unis. Sauf si la Gauche historique renaît de ses cendre et démolit ce plan d’écrasement de la conscience des gens.

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Mineurs vaccinés, un président fantomatique, un libéralisme sanitaire généralisé…

La crise du COVID-19 est un crash-test et la France plonge dans l’échec après s’être enlisée.

Il y a en France de nombreux mineurs qui sont vaccinés. C’est normalement impossible, mais en France tout est possible, justement. Le libéralisme a triomphé dans les mentalités et l’esprit de corruption prédomine tendanciellement partout. Personne ne se sent responsable de rien.

D’ailleurs, non seulement il y a des doses de vaccins qui sont jetées, ce qui est une honte mais parfois il y a même des gens arrivant « comme par hasard » avant que ces doses soient jetés, et ils sont vaccinés. On devine qu’il s’agit évidemment souvent de magouilles bien plus que de gens tentant leur chance. L’administration n’est même pas capable de faire comme dans d’autres pays et d’avoir des gens bien précis à appeler pour se faire vacciner en cas de doses restantes.

Dans un État de droit, comme on sait forcément qui est vacciné, on devrait retrouver aisément ces mineurs. Une simple recherche informatique de la part des organismes sanitaires concernés permettrait très facilement de retrouver les médecins et les parents coupables. Les médecins responsables d’un tel acte, surtout, alors qu’on ne connaît pas les effets secondaires sur les mineurs, devraient être réprimés.

Mais en France l’État n’est même plus celui d’un droit bourgeois, c’est celui d’un droit post-bourgeois, où les choses tiennent comme elles peuvent, par la force de l’habitude capitaliste. Quand on voit le rassemblement impuni à Lyon le 30 mars…

Lyon, le 30 mars 2021

On a pu d’ailleurs voir que dans allocution du 31 mars 2021, le président Emmanuel Macron a été d’une faiblesse inouïe. Il n’a pas été capable d’être ferme, il n’a pas été capable d’aller à contre-courant de l’opinion publique partisane d’une absence de vraies mesures.

D’ailleurs, lui-même est finalement content de faire tourner le capitalisme autant que possible, et tant pis pour les morts. Il fait comme si les choses sont allées en s’améliorant, comme si ne pas confiner plus tôt s’est avéré une bonne chose pour continuer à vivre… Et comme les Français ne veulent pas voir les choses en face de toutes façons, Emmanuel Macron a pu faire son satisfecit.

Les mesures prises sont d’ailleurs le minimum possible vue la situation : un couvre-feu à 19 heures partout en France métropolitaine (qui n’est pas vraiment respecté), un appel à un télétravail systématique (qui ne concerne qu’une minorité de gens), une fermeture de certains commerces (qui arrive trop tardivement), pas de déplacements inter-régionaux après le 5 avril sauf motif impérieux (ce qu’on ne peut pas vérifier), pas de déplacement en journée au-delà de 10 kilomètres du domicile sauf motif impérieux (ce qu’on ne peut pas vérifier non plus).

Emmanuel Macron a de toutes façons dit qu’il faisait confiance aux Français, ce qui implique de jouer les Ponce Pilate. Pour parer aux extrêmes, il y a le passage à 10 000 lit en réanimation (contre 7600 en ce moment, et 5 000 en janvier), et il y a le grand espoir d’une vaccination de masse. Cela passera et cela cassera, mais surtout cela passera, tel est le raisonnement cynique.

Et c’est conforme à une masse de Français passifs et poseurs, apolitiques et anti-politiques, individualistes et régressifs, attendant que cela passe pour que tout retourne comme avant, dans un cocooning capitaliste coupé de la réalité du monde et de ses exigences. C’est une faillite historique… Qui montre la maturité de la situation historique, mais aussi sa gravité.

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L’idéologie trans-genre menace le sport féminin dans une loi votée par l’Assemblée nationale

Le 18 mars 2021, l’Assemblée nationale a voté une loi anecdotique visant à « démocratiser le sport en France ». Toutefois, parmi les amendements adoptés, il y a celui du député LREM Raphaël Gérard remplaçant le mot « genre » par l’expression « identité de genre ». Cela n’a l’air de rien, mais c’est en fait une offensive très sérieuse de la part de l’idéologie trans-genre et c’est une agression ouverte contre le sport féminin.

Le sport féminin pose un véritable problème aux partisans de l’idéologie trans-genre. Reconnaître le sport féminin, c’est en effet reconnaître la nature, c’est prendre en compte la réalité biologique qui fait que la physiologie des hommes et des femmes est différente. Nous avions abordé cela de manière précise et avec des exemples dans l’article « Twitter censure une discussion sur la domination des athlètes «trans» dans le sport féminin ».

Cette reconnaissance de la biologie dans le sport, par définition, écrase totalement l’idéologie trans-genre, puisqu’elle catégorise strictement les hommes et les femmes. Il y a donc des tentatives pour casser cela. Le député LREM Raphaël Gérard est particulièrement actif sur cette question « trans », et c’est justement la raison pour laquelle il a fait adopter un changement sémantique sur « l’identité de genre », afin d’ouvrir une brèche.

LREM agit ici évidemment comme vecteur du libéralisme, de la conquête de nouveaux marchés par le capitalisme.

Initialement, le texte consacrait « l’égalité », « sans distinction en raison du sexe, de l’orientation sexuelle, du genre, du handicap ou tout autre motif ».

Déjà, cette formulation est problématique car, au sens strict, cela reviendrait à interdire la distinction entre sport masculin et sport féminin puisqu’il ne faudrait pas faire de « distinction » sur le genre ou le sexe. En tout cas, le député LREM Raphaël Gérard a ensuite proposé et fait adopter un sous-amendement remplaçant le mot « genre » par l’expression « identité de genre ».

Et là, cela prend un autre sens, puisque reconnaître une soi-disant « identité de genre », cela revient à nier entièrement la réalité biologique. Parler « d’identité de genre », c’est en fait affirmer que les hommes et les femmes seraient uniquement des réalités « sociales », des constructions, et donc relèveraient d’un choix, et non-plus d’une simple réalité biologique, objective.

Ainsi, avec cette loi refusant les distinctions au nom d’une soi-disant « identité de genre », un homme qui affirme être une femme pourrait prétendre à concourir avec les femmes, puisqu’il ne faudrait pas le discriminer sur ce critère… Cela n’a l’air de rien comme ça, mais c’est en fait quelque chose de très grave que les députés français ont choisi d’inscrire dans la loi.

C’est une véritable agression contre le sport féminin et donc contre les femmes en général. La France est préservée pour l’instant, mais rappelons qu’il existe déjà de part le monde de nombreux cas d’hommes s’incrustant dans le sport féminin, au nom de l’idéologie trans.

Il ne faut surtout pas être dupe de la portée de ce changement dans la loi, car c’est un véritable acte militant en faveur de l’idéologie trans. Le député LREM Raphaël Gérard l’assume totalement dans l’exposé du sous-amendement en expliquant :

« Le genre s’inscrit dans un cadre plus général de l’égalité réelle entre les hommes et les femmes, tandis que l’identité de genre renvoie aux discriminations à l’égard des personnes transgenres ».

Il est ajouté plus loin :

« Dans ce contexte, le présent amendement vise à offrir les mêmes garanties de protection aux personnes transgenres dans l’accès à la pratique sportive que celles déjà offertes aux femmes et aux autres catégories de la population explicitement identifiées dans le cadre du droit de la non-discrimination ».

C’est on ne peut plus explicite. Le député s’est d’ailleurs empressé de déclarer :

« Je salue l’adoption de mon amendement qui consacre le principe d’égalité d’accès des personnes trans dans la pratique sportive ! »

Mais ce n’est pas tout. Il y avait également d’autres amendements allant encore plus loin, et qui ont fort heureusement été rejetés. Toutefois, les associations LGBTI sont montées au créneau et elles disposent de forts relais médiatiques. Il y a même un article du site France TV sport, c’est-à-dire une chaîne publique, leur donnant la parole :

« Les amendements ont été déposés par Raphaël Gérard, député La République En Marche, et Bastien Lachaud, député La France Insoumise. Nous avons proposé que chaque fédération soit dotée d’un référent inclusion, c’est-à-dire une personne chargée de traiter les discriminations existantes à l’égard de la communauté LGBTI. Nous souhaitions également l’obligation de sensibilisation et de formation des équipes d’encadrement, notamment dans les centres de formation. Malheureusement, nous n’avons pas été entendus lors de l’examen de la loi en première lecture. »

Les partisans de l’idéologie trans-genre sont donc très agressifs et ils ne se contentent pas de petites avancées. Ils voudraient aller encore plus loin et obliger la société toute entière à se plier à leur délire contre-nature.

Fort heureusement, la France est un pays éduqué et développé culturellement, où les masses populaires, et particulièrement les femmes, ont un poids important dans la vie quotidienne, malgré leur passivité politique en général. Si les Français sont libéraux, s’ils tolèrent à chacun le droit de dire, faire, penser, être ce qu’il veut, jamais ils n’accepteront que les femmes se voient spolier le sport féminin par des hommes.

Les partisans de l’idéologie trans-genre en veulent toujours plus, ils cherchent toujours plus à s’imposer. Ils reflètent l’agressivité du libéralisme avec tous ses idéalismes sur le libre-arbitre. Mais en faisant ça, ils risque surtout à un moment de se faire balayer massivement, et probablement violemment, par les gens, par la société elle-même.

Le problème, c’est évidemment que cette colère populaire est surtout captée par la Droite et l’extrême-Droite, qui la dévoient vers le conservatisme viriliste et la promotion des mœurs arriérées, beaufs, etc. C’est pourtant à la Gauche d’assumer une telle question, de dénoncer l’idéologie trans, de défendre le droit démocratique des femmes au sport féminin, de hisser le drapeau de la Raison pour la reconnaisse de la nature et la célébration des réalités naturelles.

L’idéologie LGBTIQ+ est clairement l’expression du turbo-capitalisme, ce n’est pourtant pas difficile à voir !

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L’Europe se confine davantage, pas la France

Les mesures sont toujours plus dures en Europe, mais pas en France malgré une situation toujours plus catastrophique.

Depuis des mois, les Français font comme avant et les mesures sont à l’image de la pesanteur française. Par exemple, ce n’est que le 24 mars 2021 qu’il a été décidé qu’une personne positive au COVID-19 débarquant à l’aéroport Charles-de-Gaulle serait nécessairement stoppée ! Autant dire que rien que l’absence d’une telle mesure coule à la base toute lutte sanitaire concrète…

Il est vrai, de toutes façons que la vie quotidienne des Français prime sur tout le reste : il ne faut pas déranger. Et braver la loi mérite de toutes façons la bienveillance du capitaliste cynique, de l’anarchiste proudhonien, de l’indifférent individualiste. Et ce même pour des initiatives se prétendant pittoresques mais étant grotesques tel ce carnaval à Marseille.

Jean-Luc Mélenchon a justement défendu les participants au carnaval en exprimant bien ce point de vue franco-français :

« Je ne suis pas leur papa ni leur maman, ça suffit maintenant.

Les gens qui vont faire un carnaval le font en responsabilité, en sachant ce qu’ils sont en train de faire, en prenant certaines précautions et ils ont raison de rire au nez des bonnes consciences qui leur font des reproches, quand vous voyez comment ça se passe tous les matins sur les quais du métro ou du RER en région parisienne.

Dans le monde entier il y a des actes de rébellion contre ces confiscations de libertés, pas contre les gestes barrières. En France évidemment, comme nous sommes un peuple de tradition assez rebelle nous avons des événements comme celui qu’on a vu à Marseille »

Marine Le Pen a pareillement dit que la culpabilisation des Français l’excédait. Tous les populistes ont le même discours et il faut citer François Ruffin, l’un des pires de tous dans le genre, qui à l’Assemblée a été véhément :

« Nous n’allons plus attendre. Nous n’allons plus attendre votre permission pour vivre, pour rire, pour danser, pour chanter, même masqués. »

Pour dire, il y a même le 29 mars des rassemblements « Pour une vraie loi climat » prévus dans plus d’une centaine de villes ! C’est totalement irresponsable. La France est un vaste théâtre rempli d’acteurs jouant une très mauvaise pièce : celle de leurs egos.

Personne ne prend rien au sérieux, le niveau politique est à zéro, l’individualisme est complet, le degré de culture commence à passer en-dessous de zéro. Les Français ne veulent pas changer leurs habitudes, ceux qui veulent du collectivisme ou de la réflexion sont ignorés ou traités en ennemis empêchant le cinéma de continuer.

Mais la crise sanitaire, d’immense ampleur, comme l’ont compris les gens sérieux il y a un an, se dresse telle une immense vague. Les gens qui ont une conscience ont par contre observé que les pays voisins confinaient encore davantage… alors qu’ils avaient déjà des mesures strictes et de meilleurs chiffres. Il faut dire la France est tellement libérale en comparaison…

Comparons la France à l’Allemagne, l’Autriche et la Belgique. Leurs populations respectives sont de 70 millions d’habitants, 83 millions, 8,8 millions et 11,5 millions. Voici le nombre de cas confirmés par jour.

Voici l’évolution du nombre de décès, avec deux graphiques différents. Selon qu’on se focalise sur l’un ou l’autre, on ne « voit » en effet pas la même chose. Le premier montre le nombre de mort déclarés par jour, le second montre le nombre général.

Le gouvernement français s’appuie sur le premier tableau, il pense qu’on n’est pas si mal en ce moment… en comparaison et de toutes façons les Français ne veulent pas de mesures « liberticides ». Donc peu de choses sont faites. Les autres pensent : troisième vague, on doit freiner à tout prix, sinon cela va mal tourner.

L’Autriche a ainsi décidé de faire en sorte que pour aller dans les magasins, il faudra s’être fait testé au préalable. Il est vrai qu’il existe des centres de tests à travers tout le pays. Et quand on est avec quelqu’un en lieu clos, il faudra porter un masque FFP2, déjà nécessaire dans les magasins et dans les transports.

La Belgique ferme les écoles sauf les maternelles, les commerces non essentiels fonctionneront par rendez-vous, les voyages hors du pays sont interdits. L’Allemagne voulait accentuer les mesures pour Pâques, ce qu’elle ne fera pas, mais dans ce pays sont fermés  les lieux de culture et de loisirs, les bars et les restaurants, les commerces non essentiels.

Tout cela est on ne peut plus clair. Mais les Français ont choisi de nier la réalité et d’en plus de se croire intelligent pour cela. C’est un travers très triste qu’on voit souvent chez nous… Gageons qu’une prise de conscience matérialiste se dégagera et que cela signifiera aussi que seront balayés tous les escrocs peuplant la vie intellectuelle de notre pays.

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Le journal Libération à l’offensive pour la légalisation du cannabis

Le journal de la gauche libérale-libertaire Libération a donné une interview à trois députés favorables à la légalisation du cannabis, issus de la Droite, du centre, et de la fausse Gauche, et publié en Une de son édition du 17 février. Un interview qui n’est rien d’autre qu’un camouflet anti-populaire.

Le jeu de mot « joint-venture » en Une du journal est tout aussi ridicule que les propos tenus par ces trois députés venus vanté les mérités d’une légalisation du cannabis. Trois députés qui ne tombent pas de nulle part.

On retrouve ainsi Robin Réda, député de la 7e circonscription de l’Essonne, membre de « Soyons Libres » le mouvement de Valérie Pécresse fondé en septembre 2017. Jean-Baptiste Moreau, député LREM qui se présente comme le « député-paysan » de la Creuse, ce département français qui cherche par tous les moyens à se lancer dans la culture du chanvre industriel. Et enfin, Danièle Obono, députée LFI de la 17e circonscription de Paris et figure de la gauche post-moderne.

Respectivement président et rapporteur-général, Robin Réda et Jean-Baptiste Moreau sont également les principaux coordinateurs de la Mission d’information sur les usages du cannabis lancée début juillet 2019. Une mission qui a par ailleurs rendu un rapport d’étapes il y a peu de temps à l’Assemblée nationale, en parallèle d’un lancement d’une consultation citoyenne sur le cannabis récréatif.

On l’a donc compris, cette interview est un énième jalon posé dans l’offensive pro-légalisation du cannabis. Une offensive toujours plus intense ces dernières années, dans un contexte de libéralisation dans plusieurs pays comme le Colorado et l’État en de Washington 2012, l’Uruguay en 2013, la Californie en 2016, le Canada en 2018.

La bourse de Wall-Street à New-York s’est d’ailleurs affolée ces derniers jours sur les potentialités futures de l’industrie du cannabis, ce nouvel « or vert », comme le remarquait récemment le journal très à droite « Les Echos » dans un article sur « les stars [qui] investissent dans le cannabusiness » comme Jay-Z, Rihanna, ou encore David Beckham…

Bien évidemment, l’interview de Libération ne présente pas les choses ainsi, mais oriente le propos général autour du fait que ces trois députés partagent un même but commun, celui de la légalisation, avec des logiques de justification et de mise en œuvre différentes. Tout est clair pour Libération qui place en exergue de son article le propos populiste de Jean-Baptiste Moreau comme quoi « la légalisation du cannabis relève du courage politique », comme pour mieux en faire un combat légitime.

Tous se trouvent d’accord pour dénoncer la faillite de la supposée « guerre au drogues », argument démagogique qui est un piège tendu aux habitants des cités populaires confrontés à l’exaspération des trafics. C’est ce même procédé argumentaire qui utilise les malades qui se soignent avec des médicaments composés des molécules extraites du cannabis dans le cadre d’un protocole sanitaire, pour justifier la libéralisation du cannabis récréatif.

L’étude Cannalex a pourtant montré que les différentes légalisations avaient pour conséquence le report du trafic illégal sur des drogues plus « dures », les armes, la traite d’être humain, etc. Tout cela Danièle Obono le nie, en allant même jusqu’à parler de la terrible « colline du crack » comme exemple illustrant l’échec de la loi de 1970 contre la toxicomanie et les trafics :

« Je suis députée d’une circonscription du nord-est de Paris, avec un fort usage de drogues sur la voie publique, notamment de crack. Mon angle, c’est donc la régulation des usages et la réduction des risques »

Se demanderons-nous dans 30 ans si, après avoir toléré la cigarette, banalisé l’alcool, légalisé le cannabis, il ne faudra pas aussi légalisé les drogues de synthèse pour mieux « réguler » les « usages » et « réduire » les risques, pour mieux « aider » des personnes en ayant besoin pour « souffler » ?

Il n’y a pas de faillite de la « guerre au drogues » tout bonnement car elle n’a jamais vraiment été livrée jusqu’au bout et en profondeur. Pour cela, il faut une mobilisation démocratique et populaire : la Chine des années 1950 n’a t-elle pas éradiqué la terrible intoxication à l’opium de cette manière ? S’il y a une faillite, c’est bien celle d’une partie de la collectivité rongée par les valeurs libérales, abdiquant sur une position morale pourtant acquise depuis plusieurs siècles en France.

Pour ces députés, la légalisation offrirait la possibilité de mieux organiser la prévention, notamment à l’école, comme on le fait pour le tabac et l’alcool, ces drogues légales. En réalité, on a là tout l’argumentaire de travailleurs sociaux totalement incapables de refuser les drogues et de promouvoir une morale ferme et réellement alternative, car s’étant eux-même fait prendre au jeu.

On cherchera tant bien que mal en quoi l’infirmière du collège ou le professeur d’éducation civique aident en quoi que ce soit les jeunes à refuser le tabac et l’alcool, cette couche sociale qui fait du repas autour du vin un « art de vivre » et ne rechigne pas à aller fumer quelques cigarettes… en cachette. Ni même en quoi les étiquettes adossées sur les paquets de cigarette, et annoncées récemment par Emmanuel Macron sur les bouteilles de vin, va changer la donne. Enfin, oui : les individus pourront « choisir » librement et en pleine connaissance de cause de se pourrir la santé…

Alors quand on voit que l’interview tourne ensuite à un débat sur la gestion des modalités de la possible légalisation, allant du monopole d’Etat à son seul encadrement des prix, on se dit qu’on assiste à une mise en scène pour préparer l’opinion publique. En fait, on vit là une double lame de fond : celle de l’extension d’un vaste marché capitaliste rendu possible du fait d’une corrosion de la société par les valeurs libérales-libertaires. Et ces trois députés n’en sont que les tristes accompagnateurs.

Si l’on ne veut pas finir broyé entre le marteau libéral et l’enclume conservatrice-sécuritaire, il va falloir choisir le camp de la Gauche historique. Ce camp qui est opposé tant à la régression libérale, qu’au pourrissement social et culturel, car il a l’émancipation populaire comme horizon politique.

>> lire aussi : la Gauche doit stopper le fléau des trafics de drogue

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Un «islamo-gauchisme» qui est en fait un clientélisme petit-bourgeois

La polémique sur « l’islamo-gauchisme » dans les milieux universitaires n’en finit pas.

L’appel de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, à enquêter sur « l’islamo-gauchisme » à l’université a provoqué une terrible onde de choc dans la petite-bourgeoisie intellectuelle. Il y a une avalanche de commentaires et de dénonciation de la ministre.

Il faut dire que c’est en quelque sorte un coup de poignard dans le dos. Les libéraux se sentaient tout à fait à l’aise avec Emmanuel Macron, ils ne comprennent pas ce qui se passe. Le Huffpost défend par exemple vigoureusement le président de la République, accusant Frédérique Vidal de s’en éloigner.

« Quels risques les travaux sur le post-colonialisme font-ils courir à la société française alors même que le Président Macron est justement en train de s’engouffrer dans ce courant en proposant une liste de nouveaux héros “issus de la diversité”, des anciennes colonies et des outre-mer pour que les maires puissent les honorer à l’avenir?

À la tête de cette commission, il nomme même l’historien spécialiste du post-colonialisme, Pascal Blanchard qui vient de rendre sa liste au Président. »

Sauf que le problème, c’est que la société française implose et l’État doit bien chercher à freiner le processus… qu’il encourage de l’autre. Le problème de l’État, ce n’est pas « l’islamo-gauchisme » comme courant de pensée post-marxiste jouant sur les identités : cela, il l’apprécie forcément, puisque c’est opposé à la lutte de classes. Il l’a toujours soutenu, laissant se développer ces courants dans les institutions universitaires.

Son souci, c’est la délégitimisation de l’ordre public par « l’islamo-gauchisme ». Car, aux États-Unis, où on est à la bourse aux idées et aux communautés, la concurrence est toujours dans le cadre des institutions. Il y a de très nombreux espaces pour cela et tout le régime américain, anti-démocratique par excellence, repose sur le principe des lobbys.

En France, ce n’est pas le cas. Cela apporte ce que le gouvernement a qualifié de « séparatisme ». Cela nuit donc aux institutions… Et il faut y mettre un frein ! D’où la position de la ministre, puisque cette nuisance vient d’une partie des institutions elles-mêmes : les universités, qui sont des bastions des conceptions « intersectionnelles », identitaires-communautaires.

Le terme d’islamo-gauchisme est d’ailleurs un concept visant à masquer cela, en limitant la question à un seul aspect, celui du rapport à l’Islam.

Au sens strict, le terme ne correspond qu’à une tradition trotskiste, celle du SWP anglais, dont la branche française « Socialisme International » / Socialisme par en bas visait par exemple au début des années 1990 à réaliser un bulletin des mosquées. Ou alors on peut prendre le philosophe Michel Foucault tombé en adoration devant la « révolution » islamique iranienne de 1979-1980.

En réalité, par islamo-gauchisme il faut comprendre l’ensemble des idéologies « post-coloniales », « décoloniales », « intersectionnelles », identitaires-communautaires, LGBTQ+, etc.

Il suffit de voir les faits. Tout au long des années 2000, la Gauche historique se fait lessiver par la « gauche » post-moderne. Il est bien connu que l’effondrement de l’UNEF, le syndicat étudiant historique de la Gauche (avec l’UNEF « SE » et l’UNEF-ID), converge avec sa transformation en « mouvement de jeunesse » post-moderne.

L’UNEF n’a pas été le seul mouvement gangrené : c’est arrivé en même temps au syndicat CNT, qui a littéralement été déstructuré par cette lame de fond, dont le « Parti des indigènes de la République » a été l’un des grands vecteurs.

Entre anticommunisme forcené et fascination petite-bourgeoise pour les séparations, les micro-entités, il y avait tous les ingrédients pour la systématisation des valeurs post-modernes.

C’est donc très différent du concept d’ « islamo-gauchisme », inventé formulé par Pierre-André Taguieff au début des années 2000, au sujet de :

« Une alliance militante de fait entre des milieux d’extrême gauche se réclamant du marxisme et des mouvances islamistes de diverses orientations (Frères musulmans, salafistes, djihadistes). »

Ce n’est pas du tout de cela qu’il s’agit. Cette alliance militante n’a d’ailleurs jamais vraiment existé, c’est un fantasme alter-mondialiste ou une invention de l’extrême-Droite. En réalité, il y a simplement une convergence entre les courants post-marxistes, post-anarchistes, et les mouvements identitaires-communautaires, le tout sur une base petite-bourgeoise.

C’est du clientélisme, de la reconnaissance affinitaire, de l’agitation petite-bourgeoise. Pour la « gauche » post-moderne, la lutte des classes n’existe pas : il y aurait une « lutte des places » de la part d’individus. Ces structures considèrent d’ailleurs leur public comme des clients qu’il faut gagner à coups d’actions spectaculaires, des réseaux sociaux, des mobilisations irrationnelles, etc.

Forcément, cela sort du cadre en France où le libéralisme libertaire n’est pas aussi puissant qu’aux États-Unis ! Et c’est le sens de la question actuelle de « l’islamo-gauchisme ».

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Le CNRS en défense des études « postcoloniales » et « intersectionnelles »

Le CNRS refuse de suivre la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche qui a mit les pieds dans le plat sur le terrain glissant des valeurs post-modernes.

Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) est une sorte d’immense usine à gaz, mêlant cooptation, népotisme, recherches bidons et réel travail de très haut niveau, le tout à la fois au service de l’idéologie dominante et des entreprises. 32 000 personnes dont 11 000 chercheurs, 13 500 ingénieurs et techniciens, œuvrent à étudier dans tous les domaines, avec un budget de 3,4 milliards d’euros, en toute indépendance.

Né en 1939, c’est en effet une entité bureaucratique, s’auto-satisfaisant, payant mal mais prestigieuse, brillante parfois, parasitaire souvent, relevant entièrement de l’appareil d’État moderne. C’est à ce titre que Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, a fait appel au CNRS le 16 février 2021. Elle demande « un bilan de l’ensemble des recherches » sur un thème très particulier : « l’islamo-gauchisme à l’université ».

Le CNRS se veut neutre, au service de l’État et de la population, etc. On fait donc appel à lui pour légitimer l’idéologie dominante.

Or, naturellement, la petite-bourgeoisie intellectuelle du CNRS converge avec ce qu’on appelle improprement l’islamo-gauchisme et qui consiste en réalité en l’idéologie post-moderne. Cette idéologie est née d’ailleurs dans les universités françaises, avec des auteurs comme Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, Gilles Derrida, Frantz Fanon, Jean Baudrillard, Jacques Derrida, Roland Barthes, Julia Kristiveva, Jean-François Lyotard, etc.

Le CNRS a donc publié un communiqué exprimant sa fureur idéologique : on ne doit pas toucher à l’idéologie post-moderne !

On lit ainsi :

« L’islamogauchisme », slogan politique utilisé dans le débat public, ne correspond à aucune réalité scientifique.

Ce terme aux contours mal définis, fait l’objet de nombreuses prises de positions publiques, tribunes ou pétitions, souvent passionnées.

Le CNRS condamne avec fermeté celles et ceux qui tentent d’en profiter pour remettre en cause la liberté académique, indispensable à la démarche scientifique et à l’avancée des connaissances, ou stigmatiser certaines communautés scientifiques.

Le CNRS condamne, en particulier, les tentatives de délégitimation de différents champs de la recherche, comme les études postcoloniales, les études intersectionnelles ou les travaux sur le terme de « race », ou tout autre champ de la connaissance.

Le CNRS dit ensuite qu’il est prêt à obéir à la ministre, évidemment, mais dans un autre cadre, celui des « Recherches sur les radicalisations, les formes de violence qui en résultent et la manière dont les sociétés les préviennent et s’en protègent ».

Tout cela est très révélateur. Il rappelle les dénégations de journaux comme Le Monde pour qui « l’idéologie du genre » n’existerait pas. Cela a deux aspects. D’un côté, c’est hypocrite car ces gens savent très bien que la bourgeoisie paye toute une série d’intellectuels pour produire les valeurs post-modernes à la chaîne. L’art contemporain, la psychanalyse, la théorie de la « transidentité », l’écriture inclusive… sont des fantasmagories produites par des universitaires et diffusée par les avant-gardes du turbocapitalisme.

De l’autre, ces gens s’imaginent réellement progressistes en raisonnant en termes de droits individuels. Ils se définissent d’ailleurs souvent de gauche ou s’imaginent s’y rattacher. Ils croient en leurs propres mensonges.

Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, a donc mis les pieds dans le plat. On sait bien d’ailleurs comment Emmanuel Macron relève lui-même de l’idéologie post-moderne. Il suffit de se rappeler de la fête de la musique à l’Elysée en 2018. Seulement, le capitalisme a trop ébranlé la société et le gouvernement aimerait essayer de mettre des garde-fous.

Mais comment mettre des garde-fous alors que tout l’appareil d’État a été le support du relativisme, du libéralisme, du scepticisme ? D’où la demande incohérente de la ministre et, inversement, le renforcement sans commune mesure des conservateurs et de l’extrême-Droite ces derniers temps, avec Éric Zemmour, Marion Maréchal, Michel Onfray, Pascal Praud, etc.

Le libéralisme va à son paroxysme alors que le capitalisme va à la guerre et qu’ainsi les nationalistes ont le vent en poupe. Comme dans dans les années 1920-1930. Et face à cela, il y a un seul camp : celui de la Gauche historique.

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Contre les mesures sanitaires, Jean-Luc Mélenchon veut organiser une «énorme fête»

Jean-Luc Mélenchon a lancé l’idée d’une « fête de la liberté » le 20 mars 2021, pour s’opposer aux mesures sanitaires et donc aussi à l’esprit de collectivité.

Surréaliste. Jean-Luc Mélenchon a expliqué, lors d’une émission télévisée, qu’il souhaite organiser une « une énorme fête » le 20 mars, la veille du printemps. Circonspect, le présentateur Laurent Ruquier lui fait remarquer que d’ici au mois de mars, « ce n’est pas gagné », en raison bien sûr des mesures sanitaires. Mais il n’y a pas de problème selon le député « insoumis », puisque les manifestations ne sont pas interdites, alors il suffit d’organiser une marche revendicative comme prétexte à faire la fête.

« On ferait quelque chose qui ne serait pas comme d’habitude. Bien sûr on aurait nos pancartes, mais surtout on ferait une énorme fête qui marcherait. »

Assumant de n’en avoir rien à faire de la circulation du virus et de la discipline collective nécessaire pour faire face à la pandémie, Jean-Luc Mélenchon se met donc au niveau des gilets jaunes, de l’ultra-gauche et des teufeurs. En effet, ces gens ont pris l’habitude depuis le début de l’année de défiler dans les centre-villes accompagnés de camions sono faisant office de mur de son. Sans aucun respect des gestes barrières ni du port du masque, évidemment.

Il n’y a pas plus anti-social que ça en pleine crise sanitaire, mais Jean-Luc Mélenchon trouve que c’est très bien et s’imagine qu’il y a là un espace à l’expression de son populisme. Ce n’est pas tout à fait absurde, car il existe effectivement en France toute une vague petite-bourgeoise qui devient de plus en plus hystérique face aux mesures sanitaires et aux obligations collectives.

Il est difficile de savoir ce que représentent vraiment ces gens numériquement, à quel point ils imprègnent les mentalités françaises actuellement. Jean-Luc Mélenchon, en tous cas, mise là-dessus en espérant que cela puisse être un levier pour la mobilisation populiste qu’il tente de mettre en place avec la France insoumise.

On est ici très loin des valeurs et de l’histoire de la Gauche, qui ne peut être qu’horrifiée par de tels gens luttant aussi ouvertement contre les mesures sanitaires et l’effort collectif. Car il ne s’agit pas ici de simplement faire la fête – les gens souhaitant faire la fête actuellement ne s’en privent pas puisqu’il suffit de se réunir à quelques amis dans un appartement ou une maison et de rester dormir sur place, l’État n’ayant ni les moyens, ni la volonté d’empêcher cela.

Non, ce que veulent ces gens, et Jean-Luc Mélenchon avec eux, ce n’est pas simplement faire la fête, c’est surtout s’opposer frontalement  à la société et à son élan collectif.

Il est insupportable à leurs yeux de voir que la population française préfère respecter (globalement) les quelques mesures sanitaires prises par l’État, plutôt que d’assumer de faire circuler une maladie décimant les personnes âgées et engorgeant les hôpitaux.

D’ailleurs, si l’État est obligé de prendre des mesures sanitaires, c’est précisément parce qu’il existe une pression populaire. Sans cela le capitalisme prendrait des mesures cyniques.

Cette pression populaire est très faible, éparse, inorganisée. Cela laisse les mains libres au gouvernement, qui n’a toujours pas décrété de confinement malgré la circulation de nouveaux variant du virus, qui n’a pas fermé les frontières (ou alors tardivement et de manière très souples), qui a mis énormément de temps à imposer l’obligation du port du masque, etc.

Mais cette pression populaire, collective, sociale, c’est déjà beaucoup trop pour Jean-Luc Mélenchon et ses amis petits-bourgeois anti-État. Si Jean-Luc Mélenchon réussissait son coup avec sa « fête de la liberté », ce serait un énorme symbole, et surtout une terrible défaite pour la société.

Cela a cependant le mérite de tracer une ligne de démarcation claire et nette entre les populistes anti-sociaux d’un côté, et de l’autre côté ceux voulant réellement la Gauche, c’est-à-dire une société démocratique, sociale, culturelle, portée par des valeurs solides et un élan collectif puissant pour écraser le libéralisme libertaire porté par le capitalisme.

Reste à faire en sorte de polariser pour bien montrer que les populistes n’existent que comme décomposition d’une société française pourrie par le capitalisme, asphyxiée par le libéralisme économique… et le libéralisme culturel.

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Pas de troisième confinement: l’État capitule devant le libéralisme

Le nécessaire troisième confinement est repoussé par peur d’une révolte plébéienne.

Le premier ministre Jean Castex a pris la parole le vendredi 29 janvier 2021, alors qu’on s’était attendu à ce que le président Emmanuel Macron le fasse deux jours auparavant, ou finalement le dimanche 31.

C’est qu’on s’attendait au troisième confinement, rendu nécessaire par précaution en raison des multiples variants du coronavirus. La menace est « exponentielle » soulignent de nombreux experts.

Sauf qu’en pratique, le dilemme était trop puissant pour un gouvernement libéral dans une société libérale avec des gens libéraux. Il faudrait une réponse forte, de grande ampleur, à l’échelle de la société elle-même, décidée par des gouvernants déterminés et une population mobilisée. Une telle chose n’est pas possible, alors l’État a capitulé.

Emmanuel Macron s’est donc effacé, laissant le premier ministre annoncer des mesures peut-être utiles mais minimes et plus symboliques qu’autre chose.

Il y a déjà la fermeture des grandes surfaces non alimentaires de plus de 20 000 mètres carrés, dont on se demande pourquoi elles étaient encore ouvertes.

Il y a ensuite la fermeture des frontières avec les pays hors Union européenne. C’est que l’État demandait aux voyageurs arrivés un test PCR de moins de 72 heures, ce qui est bien. Sauf qu’il était également demandé un confinement obligatoire de sept jours, sans même conserver les noms et les adresses des gens arrivés. Cette sinistre farce a été stoppée en arrêtant tout.

Il y a également depuis plusieurs jours un test PCR de moins de 72 heures demandés aux gens venant en avion d’un pays de l’Union européenne. Mais pas à ceux venant en voiture ou en train. C’est tout de même bien étrange.

Mais à vrai dire plus rien n’est étrange dans un pays où, en l’absence de réelle lutte de classes, on a une plèbe poussée par une petite-bourgeoisie hystérique. C’est le front anti-confinement allant des gilets jaunes aux anarchistes en passant par l’extrême-Droite et les courants croyant en une conspiration. C’est la grande peur de la petite-bourgeoisie dans un contexte de crise.

L’État a décidé de capituler devant une telle agitation petite-bourgeoise. C’est doublement erroné. Déjà parce qu’il faut un confinement. Ensuite, parce que la petite-bourgeoisie n’est pas prête d’arrêter ses gesticulations. Cela va même empirer, parce que la petite-bourgeoisie est prise en sandwich entre les prolétaires et les bourgeois, c’est elle qui trinque le plus de l’instabilité du capitalisme.

Beaucoup de gens, de milieux favorisés, ont pensé que le libéralisme pro-Union européenne d’Emmanuel Macron était un rempart au populisme. On voit bien ici que ce n’est pas le cas. Il y a une capitulation devant le populisme. Seule la classe ouvrière, de par son rationalisme, peut réfuter le populisme, parce qu’elle insiste sur la démocratie et sur la mobilisation populaire pour la démocratie.

Là on a des technocrates et des plébéiens. Et une crise sanitaire. Et un capitalisme qui se ratatine. Et une grande puissance qui se déclasse. Un véritable cocktail empoisonné.

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Société

Les Inrockuptibles mentent au sujet de la free party du nouvel an et d’un possible cluster

Le média bobo Les Inrockuptibles tente de dédouaner les gens ayant participé à la free party antisociale du nouvel an.

Les Inrockuptibles, c’est un magazine et un site internet qui appartient à la galaxie bobo possédée par Matthieu Pigasse (Radio Nova, des parts dans le groupe Le Monde et dans le Huffington Post, le festival Rock en Seine etc.), une figure historique de la banque Lazard, qui est une plaque tournante de banquiers de « gauche ».

Ce sont des ennemis acharnés de la gauche historique, des tenants absolus des questions « sociétales », des valeurs postmodernes. Ce sont des gens tellement caricaturaux que dès qu’ils disent quelque chose, l’extrême-Droite gagne des points.

Le court article paru le 20 janvier 2021 sur la fameuse free party anti-sociale du nouvel an en Bretagne est un exemple ô combien significatif.

« Aucun cluster déclaré après la rave party du Nouvel An en Bretagne

20/01/21 17h02

À Lieuron, en Île-et-Vilaine, la fête avait réuni 2500 personnes pour célébrer la nouvelle année.

Avec plus de 2000 invité·es pour 36 heures non-stop de teuf, le rassemblement techno illégal a fait polémique à l’aube de 2021. D’emblée, l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Bretagne avait invité tou·tes les pariticipant·es à suivre les recommandations sanitaires. Sur Franceinfo le 4 janvier, l’ARS se disait sceptique quant au respect de ces recommandations mais confirmait, au même moment, qu’il n’y avait – pour l’instant – aucun cas positif. Deux semaines plus tard, elle affirme au Parisien qu’ “aucun cluster lié à cet événement n’a été identifié”.

Selon L’Obs, une perquisition avait permis de saisir de l’argent, des stupéfiants et du matériel, notamment de la sono et un véhicule lourd. De son côté, Trax confirme que, parmi les organisateurs interpellés après la fête, un jeune homme de 22 ans est toujours incarcéré. Il a été mis en examen pour organisation illicite de cette manifestation, mise en danger de la vie d’autrui ou encore tenue illicite d’un débit de boissons. »

C’est là une tentative de manipulation complète de l’opinion. On voit bien que les comportements anti-sociaux sont ici protégés, afin de servir la vision du monde libérale-libertaire. Car naturellement, l’article ne mentionne pas un aspect essentiel : savoir combien de gens ont été testés sur les 2500 présents !

C’est que naturellement, les « inrocks » ne vont pas s’empresser de soulever le fait que non seulement les 2500 « teufeurs » ont un comportement antisocial, mais qu’en plus ils persistent après en ne se faisant pas massivement tester…

Le journal Le Télégramme donne l’information manquante. 400 personnes ont choisi de se faire tester sur la demande de l’Agence Régionale de Santé de Bretagne, dont seulement 40 juste après la rave party. Au total, on a donc seulement 16 % des gens qui se sont fait tester.

On peut considérer qu’une partie des gens aurait voulu se faire tester, mais sans être associé à une free party illégale, et qu’ils se sont fait tester de leur côté. Mais enfin ces gens ne forment certainement pas les 84 % restants.

Et la question n’est pas là, de toutes façons. La question est de savoir ce qui prime : les individus avec leurs intérêts égoïstes ou la société. Pour les « inrocks », pour les bobos, pour les banquiers de « gauche », il va de soi que c’est l’individu. Pour des gens comme Matthieu Pigasse et même malheureusement Benoît Hamon, être de gauche c’est renforcer les droits individuels.

La dimension collective leur échappe totalement. Ils ont été corrompus par le capitalisme, ils l’acceptent, cherchant simplement à en former une version « sociale » – ce qui veut simplement dire aider le capitalisme à trouver de nouveaux marchés.

Il suffit de voir d’ailleurs les commentaires sur la publication Facebook des « inrocks » concernant l’article. Entre l’apologie des drogues et le relativisme, tout y passe (avec heureusement des esprits clairs également). Ce commentaire-ci est tout à fait exemplaire de la personne n’ayant strictement rien compris à la question collective… ou plutôt l’ayant trop compris la réfutant : on est jeune, on en meurt pas, donc on s’en moque et de toutes façons rien n’est de notre responsabilité.

« les hôpitaux surchargés (potentiellement hein) , c’est la faute des teufeurs aussi donc ? ou la faute des gouvernements successifs qui ont fermés vla les lits en réa et niqué le service hospitalier ? tu te trompe de cible je crois …

les clusters réels en maison de retraite on en parle ? c est papy et mamie qui font la Java obligé ^^

bref ces quelques jeunes ont eu 1 nuit de plaisir .1 seule . c est pas ils abusent ouvertement tous les week-end. donc soit indulgent stp …

et je parle pas du taux de letalité , ni de la tranche d age la plus touchée, etc etc

paix et compassion cependant »

Ce libéralisme libertaire est non seulement anti-social, mais il est en plus d’une vanité à peine croyable. Des gens prennent de la kétamine et des ecstas fournis par des mafias et ils s’imaginent des grands rebelles anti-État, alors qu’ils sont le pur produit de l’atomisation du capitalisme.

Ce que l’État accepte tout à fait, d’ailleurs. Il y a eu, à la suite de cette free party que l’État n’a fait qu’accompagner seulement, 1 225 infractions covid (masques-rassemblement-couvre feu) et 420 infractions diverses dont 225 en lien avec les stupéfiants. Cela fait qu’il y a 1225 personnes dont on ne sait qui elles sont.

L’État force-t-il ces gens à se tester ? Pas du tout ! Il les laisse dans la nature. N’ont été testés que ceux qui le voulaient, car dans le capitalisme tout est choix individuel et l’État ne va surtout pas affirmer le collectivisme, alors qu’il est au service du capitalisme.

C’est très exactement pourquoi on ne s’en sort pas. Et cela montre ce qu’il faut : un État au service du collectivisme et un changement culturel des gens, pour qu’ils s’arrachent au libéralisme libertaire, au relativisme, à l’individualisme, à l’égoïsme.

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Société

L’Assemblée nationale « consulte » sur le cannabis récréatif

Afin de forcer à la légalisation du cannabis, le gouvernement fait procéder à une « enquête » sur l’avis des gens.

Du 13 janvier au 28 février 2021, l’Assemblée nationale met en place une consultation en ligne, avec un questionnaire au sujet du « cannabis récréatif ». Notons immédiatement que rien que par ce terme de récréatif, même mis entre guillemets, l’Assemblée nationale tombe sous le coup de la loi en raison d’une présentation d’une drogue sous un jour favorable.

Mais il est bien loin le temps où le policier zélé, souvent obtus mais finalement avec raison, alpaguait quelqu’un pour le moindre symbole lié au cannabis sur un de ses habits. Désormais, le libéralisme libertaire du capitalisme élargit toujours davantage le champ des consommations et le cannabis fait partie des prochains terrains d’accumulation. Il l’est déjà avec les mafias, mais là il s’agit de passer à grande échelle, de proposer un loisir abrutissant de plus à la société toute entière.

Voici ce que cela donne dit dans le langage à la fois complètement hypocrite et administratif-technique de l’Assemblée nationale :

« Il s’agit, pour la mission, de dresser le bilan des politiques publiques menées en matière de prévention et de répression des trafics et usages du cannabis, de proposer un panorama des expériences étrangères de légalisation ou de dépénalisation et de contribuer à une réflexion sur l’éventuelle évolution du cadre réglementaire français relatif à cette substance. »

Les dés sont d’ailleurs tellement pipés que, dans le questionnaire, si l’on est pour la légalisation, on doit répondre à sept questions particulières, dont deux avec du texte libre, alors que si on est contre, on a deux questions seulement, dont une avec texte libre.

On aura compris qu’il s’agit de pousser à l’expression les tenants d’une légalisation et de faire passer ceux du maintien de l’interdiction pour des conservateurs bornés, dépassés, etc. Et il sera dit finalement, pour l’emporter : vous voyez, même des gens contre le cannabis considère que légaliser est la moins pire des solutions, etc.

Naturellement, il sera également expliqué que tous les partis sont d’accord là-dessus, que cela dépasse les orientations politiques, que c’est une question sociétale. Il sera ajouté comme cerise sur le gâteau les ressources fiscales et le tour sera joué.

Cependant, il y a heureusement une société qui n’a pas encore été délavée à ce point quant à la question du cannabis. Si la jeunesse des grandes villes est très favorable au cannabis, qu’elle voit comme relevant d’un mode de vie distancé et branché en même temps, le reste de la jeunesse n’y est nullement favorable. Et l’opposition au cannabis dans la société reste puissante dans un pays où les bonnes manières relèvent d’une tradition historique depuis le 17e siècle.

De plus, les Français ont assez de conscience sociale pour saisir la problématique. Tout le monde sait très bien que le cannabis est une fuite – une fuite contre l’anxiété, contre un malaise personnel et social. Il y a donc une compréhension de cette question et un refus de chercher à ostraciser. Mais accepter la légalisation en tant que telle, accepter le cannabis dans le panorama… là c’est carrément autre chose.

Reste qu’il faut une voix pour exprimer ce refus du cannabis. Et les digues sont toutes tombées à Gauche. Même Lutte Ouvrière est favorable à la dépénalisation, c’est dire ! Il faut dire que le cannabis fait partie du pack post-moderne aux côtés des LGBT, des migrants, des thèses « décoloniales », de la fascination identitaire pour la couleur de peau et les religions, etc.

Ce pack consiste en des thèses sociétales à l’anglo-saxonne pour empêcher celles de la Gauche historique de s’affirmer… mais on est en France, un pays où la lutte des classes a un grand patrimoine. Cela ne sera certainement pas aussi simple que cela pour le capitalisme qui veut faire passer dans la société son marché du cannabis. Et ce d’autant moins dans un contexte de crise où l’opération d’abrutissement des gens apparaîtra comme d’autant plus claire.

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Culture

Le détestable appel «CULTURE 4 LIBERTY»

L’appel « CULTURE 4 LIBERTY » a un écho dans les milieux de la culture se voulant alternative en France, principalement ceux liés à la musiques électronique et aux grandes villes. C’est en apparence ce qui se fait de mieux contre la Droite. C’est en apparence ce qu’il y a de plus progressiste, de plus à Gauche.

En réalité, c’est là du libéralisme libertaire, produit par les milieux petits-bourgeois d’entrepreneurs de la culture et les milieux LGBT, à travers une Union des Collectifs Festifs LBGTQ+ et un Syndicat des organisateurs cultures libres et engagés (SOCLE).

Pour eux, la crise sanitaire n’existe pas, tout ce qui compte est de continuer à faire la fête comme avant, avec une attitude typique d’enfants gâtés par la société de consommation, avec l’habituel discours existentialiste :

« Devant la peur politisée de la mort qui a convaincu les citoyen.ne.s d’abandonner leurs libertés naturelles et d’accepter la construction progressive d’une « sécurocratie », nous opposons notre amour intangible à la vie et un attachement sans faille à nos libertés. »

Plus capitaliste que ça, tu meurs ! C’est une rébellion contre la collectivité et contre le moindre collectivisme. C’est on ne peut plus typique de cette attitude détestable qui pollue la Gauche et les milieux culturels se voulant alternatifs.

Voici l’appel :

CULTURE 4 LIBERTY

APPEL AU RASSEMBLEMENT POUR LA CULTURE DANS LE CADRE DE LA MANIFESTATION CONTRE LA LOI DE SÉCURITÉ GLOBALE
SAMEDI 16 JANVIER 2021

La crise sanitaire sans précédent que nous traversons a fait entrer le monde dans un point de bascule. Jamais auparavant nous n’avions traversé une période aussi propice pour établir un état des lieux de notre société et du système qui la gouverne, afin d’en améliorer ou d’en réorienter les aspects parfois néfastes et destructeurs. Malheureusement nous constatons avec une inquiétude grandissante que les gouvernements utilisent cette crise pour nous plonger dans des systèmes de plus en plus autoritaires gouvernés par la peur, pour saper nos démocraties en annihilant nos libertés, nos droits fondamentaux, Le secteur de la culture et en renforçant l’autorité de l’Etat en élargissant le champ du pouvoir exécutif tout en outrepassant le parlement et en restreignant le pouvoir judiciaire au sein d’un état d’urgence devenu permanent. Les projet de lois « Sécurité Globale » et « de gestion pérenne des urgences sanitaires » en sont les plus récentes illustrations.

Après les rassemblements contre la fermeture prolongée des lieux de culture du 15 décembre réunissant des milliers de personnes, nous appelons les acteur.trice.s du monde de la culture à organiser des assemblées citoyennes le samedi 16 janvier à 13h, sur la Place de la République à Paris et sur les places symboliques de France.
Nous vous invitons à entamer un processus de réflexion sur l’état de la culture, des libertés et à penser ensemble l’avenir de notre démocratie.

Les deux reports successifs de l’ouverture des lieux culturels malgré la reconnaissance par le Conseil d’Etat que cette décision « porte bien une atteinte grave à une série de libertés fondamentales » a été un ultime coup de grâce . Nos espoirs de lever le rideau se sont retrouvés anéantis du fait d’une décision gouvernementale prise sans concertation avec les acteur.trice.s clés de la culture. Cette annonce aggrave l’état d’un secteur déjà lourdement fragilisé par plusieurs mois d’inactivité et est tombé comme une sentence de condamnation pour celleux de ses acteurs.trices qui ne pourront compenser leurs pertes à défaut de mesures gouvernementales leur permettant de reprendre leurs activités.

La crise va s’inscrire dans le temps. Il est urgent de trouver une solution juste, pérenne et concertée pour la culture.

Nous, professionnel.le.s de la culture, demandons la réouverture immédiate des lieux culturels!

Nous sommes des éléments fondamentaux d’écosystèmes territoriaux qui vivent grâce à l’activité que nous créons. Notre secteur, qui représente 2,5% du PIB français et environ un millions d’emplois directs et indirects, est aujourd’hui à l’arrêt. Les travailleur.euse.s de la culture vivent dans une incertitude insoutenable, suspendu.e.s à l’annonce d’une décision de réouverture repoussée à des dates hypothétiques. Les annonces prématurées du gouvernement ont mené les théâtres et les cinémas à engager des frais de répétitions, de promotion, d’achat de films, qui sont irrécupérables. La gestion incohérente et arbitraire de cette crise est vécue comme un affront par les professionnel.le.s du secteur.

En ayant désigné de façon partiale nos œuvres et créations comme « produits non essentiels », les autorités gouvernementales ont réduit la culture avec un mépris sans pareil à un produit de consommation dont la société doit se passer en temps de « crise sanitaire ». La privation d’activité qui nous est imposée est en train de tuer la culture à petit feu, et quand les œuvres meurent, le peuple meurt avec elles. Notre sentiment d’injustice augmente quotidiennement à la vue des métros bondés, des foules poussées à s’agglutiner dans les grands magasins et nous comprenons avec amertume que ces choix sont bien politiques plutôt que scientifiques lorsque nous voyons des messes de 800 personnes autorisées à avoir lieu quand les cinémas, les musées, les théâtres restent fermés malgré leur aménagement adéquat pour accueillir des jauges restreintes et appliquer des protocoles sanitaires strictes.

La vie culturelle doit reprendre !

Au moment où la crise économique s’annonce dramatique, les décisions gouvernementales poussent, malgré nos mises en garde continues, l’ensemble des professionnel.le.s dans la précarité. Environ 700 clubs ont déjà mis la clef sous la porte et plus d’un tiers sont menacés. L’ interdiction depuis bientôt un an des concerts, des clubs, des soirées alternatives pousse tout le secteur de la musique indépendante dans une grande souffrance économique et ce sont une nouvelle fois les artistes les premiers à en pâtir. Le manque de sociabilité et la fermeture des lieux dédiés rend la jeunesse, plus encore les minorités sexuelles et de genre, d’autant plus vulnérable à l’isolement social et provoque une augmentation sans précédent des violences physiques et verbales subies par les jeunes LGBTQI+ dans le cadre familial. Les cinémas n’ont vu affluer en 2020 qu’environ 30% de la fréquentation annuelle moyenne à tel point que l’on s’interroge sur leur survie et leur capacité de concurrencer les plates-formes numériques, les exploitant.e.s de salles de théâtre et de concert étouffés par les charges fixes n’arrivent plus à assumer les loyers et ont due fermer des salles qui ne rouvriront jamais. Beaucoup d’artistes, d’auteur.trice.s et d’acteur.trice.s du secteur sans statut ne reçoivent pas d’aide et nombre d’entre eux.elles sans revenus depuis plusieurs mois se trouvent aux portes de la pauvreté ! La perte économique pour l’ensemble des festivals annulés s’estime entre 4 et 5 milliards d’euros et dans notre secteur composé à 80% d’indépendant.e.s plus de la moitié des acteur.trice.s de la culture risquent la faillite !

Le 8 septembre dernier, la Cour de Justice Européenne a acté une décision en faveur des Etats-Unis qui priverait la production indépendante française ( via les organismes de gestion des droits d’auteurs Spedida, SCPP, SPPF, FCM ou Adami) de financements indispensables à sa survie et imposerait le remboursement de 140 millions d’euros d’aides. Cet argent, qui ne sera évidemment pas redistribué aux artistes américains ira tout droit dans la poche des GAFAM et autres grands groupes de production.

Par cette décision, la cour de justice européenne a signé l’arrêt de mort des « petites productions » et labels indépendants dans l’indifférence la plus totale de nos autorités.

Cette mise en péril dramatique du secteur culturel a été entamée dès les premiers jours du confinement de mars. La musique s’est depuis soudainement éteinte et nous observons avec inquiétude que nos libertés individuelles, notre liberté d’expression, nos droits fondamentaux, notre art de vivre qui constituent le socle de notre démocratie sont sur le point de s’éteindre.

Nous, ces millions de femmes et d’hommes, artistes, actrices et acteurs de la culture sommes rongé.e.s par l’angoisse de l’incertitude. Regardant chaque jour la précarité se rapprocher du rideau de nos scènes vides, nous répondons qu’en ces temps de crise nos créations sont indispensables et sont l’essence même de notre société. Nos arts soignent, nourrissent, élèvent, enseignent et en sont le ciment.

« Sans les cultures de la nuit, les théâtres, les opéras, les bals, les boites, les clubs où l’on s’élève comme nul par ailleurs, où l’on socialise sans entrave, où l’on se libère, apprend à se connaitre, la société fait bien plus que perdre sa soupape, elle se dégrade, se détraque. » (Manifesto XXI)

Nous refusons de laisser sombrer la culture face aux inconséquences des gouvernements successifs d’Emmanuel Macron. La gestion de cette crise sanitaire s’avère toujours plus incompétente et aggrave une situation économique déjà profondément fragilisée. Ne laissons pas mourir toute la force créatrice de notre génération sans réagir. Mobilisons-nous !
Plus que jamais, le monde de la culture doit prendre ses responsabilités et mettre au service des libertés toute sa créativité.

Nous lançons un appel à tou.te.s les artistes, les producteur.trice.s et diffuseur.se.s culturels, les organisateur.trice.s de soirées, les troupes de danse et de théâtre, au monde de la culture, aux intellectuel.le.s, aux étudiant.e.s, à tou.te.s les garant.e.s des libertés pour une mobilisation massive et continue sur les places de France et sur les réseaux sociaux afin de repenser et réinventer ensemble les fondements de notre société.

Devant la peur politisée de la mort qui a convaincu les citoyen.ne.s d’abandonner leurs libertés naturelles et d’accepter la construction progressive d’une « sécurocratie », nous opposons notre amour intangible à la vie et un attachement sans faille à nos libertés.

Face au scénario dystopique que les autorités imposent comme unique récit de notre futur où des drones surveilleront les grèves et mobilisations sociales, où nos visages seront en permanence surveillés, fichés, classés par des algorithmes, où des policier.e.s en dehors de leur service pourront pénétrer armés dans nos musées, dans nos lycées, dans nos fêtes, où l’on risquera trois ans d‘emprisonnement pour avoir occupé une université, où des passeports sanitaires seront la condition de nos déplacements et voyages, où nos procès virtualisés seront déshumanisés. Un monde où l’état s’immisce étroitement dans nos quotidiens, décide de ce qui est bon que nous fassions : dormir, déposer les enfants à l’école, travailler, se nourrir, faire nos achats de noël et nous interdit de fréquenter des cafés, de manger au restaurant, d’aller au musée, au cinéma, au théatre, dans un concert, de vivre une vie étudiante, de se rassembler pour faire la fête, de fêter le nouvel an. Un monde « parfait » où le « gestionnnariat » arbitraire gouverne des humains parfaitement déshumanisés.

Face à ce scénario qui s’écrit sous nos yeux , opposons ensemble une multitude d’imaginaires optimistes émanant de la pluralité de nos pensées, de la diversité de nos corps et du champ de nos émotions libérées.

Face à ce qui s’apparente à une attaque sans précédent contre la démocratie.

A L’appel de l’union des collectifs festifs LGBTQ+ : artistes, créateur.trice.s, danseur.euse.s, musicien.ne.s, intermittent.e.s, technicien.ne.s, producteur.trice.s de soirées, de spectacles, de festivals, de Soundsystem, collectifs de soirées LGBTQI+ et tou.te.s les professionnel.le.s de la culture, faisons de l’art le vecteur de la contestation sociale et politique, par ses contenus et ses formes.
Faisons de cette journée citoyenne une libération de la créativité de tou.te.s au service d’un soulèvement des consciences. Utilisons nos savoirs, nos techniques et nos compétences fédératrices pour libérer la parole que les confinements et couvre-feux ont mis en sourdine. Libérons les débats à tous les étages de la société, et faisons de la créativité notre arme essentielle. Imaginons et esquissons les lignes du monde dans lequel nous voulons vivre et construisons les remparts contre les attaques menées contre les libertés.

Libérons la culture, Défendons nos libertés !

Liste de revendications :
https://docs.google.com/document/d/e/2PACX-1vTCT3EPdqg8wR1FbYkFzLJTSOGdcCS3QwzA9mnt5MS9dYrvc5HPaYx00G8UWfEQRgHaTRW5QCeEWqJq/pub

#Culture4Liberty

L’Union des Collectifs Festifs LBGTQ+
https://www.facebook.com/uniondescollectifsfestifslgbtq/
Le Socle
https://www.facebook.com/syndicatsocle

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Société

2 500 nihilistes à la free party de Lieuron

2500 personnes se sont retrouvées au sud de Rennes pour une free party en pleine pandémie, afin de passer le nouvel an dans une ambiance censée être festive, mais suintant en réalité le nihilisme par tous les pores.

On ne pourra donc pas compter sur les teufeurs pour affronter la Droite. Cela fait longtemps qu’on le savait, mais là on a une certitude complète. Organiser une free party en pleine pandémie, dans une situation de tension sanitaire, pour fêter de manière égoïste le nouvel an, c’est par définition totalement antisocial.

Nombreux sont les jeunes qui ont fait de même d’ailleurs pour le passage à la nouvelle année, avec d’innombrables soirées. Les achats de matelas gonflables – pour rester sur place et ainsi d’éviter le couvre-feu – ont connu un pic significatif. Le mot d’ordre, c’est qu’il faudrait bien décompresser et il serait donc possible de tricher.

La free party de Lieuron, à côté de Rennes, est toutefois un symbole de quelque chose de très grave en particulier. Car ce ne sont pas des jeunes bourgeois profitant d’une maison qui ont fait la fête, mais des jeunes se rattachant, d’une manière ou d’une autre, au sens le plus large, à un certain esprit alternatif. De par leurs valeurs, ils n’aiment pas la Droite. On peut parler avec eux de la recherche d’un mode de vie différent.

Et pourtant ils se sont comportés comme des jeunes de Droite, en faisant ce qu’ils voulaient comme ils voulaient. Ils ont agi comme des capitalistes établissant un marché, comme des consommateurs se procurant une marchandise. Il n’y avait aucune dimension culturelle, aucune dimension politique, aucune dimension concernant l’existence. C’est même tellement forcé qu’on est même plus dans la conception originelle de la free party comme lieu où régissent d’autres valeurs.

Cela a été juste une bulle. C’est donc réactionnaire et il est significatif qu’a été incendié un véhicule de la gendarmerie, alors qu’il y avait une entreprise produisant du foie gras juste à côté du lieu de la « fête ». On est là dans l’anarchisme, dans l’individualisme assumé. Il n’est donc pas étonnant qu’il n’y ait aucune répression, à part 1600 amendes à la fin de la free party. L’État adore de tels jeunes nombrilistes et consommateurs.

Nombrilistes, consommateurs et hypocrites, à l’image de l’association Techno+ qui prétend chercher à réduire les risques de la consommation de drogues et ne fait en réalité qu’accompagner celle-ci. « Essaye de respecter au max les gestes barrières ». Mais bien sûr, des gens défoncés rassemblés par milliers dans un endroit clos vont y faire attention. Que c’est pathétique que ce cinéma pour prétendre faire des efforts, alors qu’en réalité on est dans le relativisme et le nihilisme.

On est d’ailleurs à peine en début d »année que Techno+ a mis déjà la barre très haut dans la course au communiqué de victimisation le plus stupide et aberrant de l’année, avec une photo tellement parlante qu’on se demande comment ces gens ne comprennent pas qu’ils sont totalement déconnectés.

Vivement que les masses populaires s’activent et que soient balayés ces élucubrations petites-bourgeoises, ces pseudos-rébellions si caricaturales qu’on les dirait inventées par l’extrême-Droite ! Place au regard ouvrier sur la réalité et assez de ces fuites dans des paradis artificiels superficiels, consommateurs et destructeurs !

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Politique

Valéry Giscard d’Estaing, l’Emmanuel Macron des années 1970

Décédé à 94 ans des suites du Covid-19, Valéry Giscard d’Estaing a subi la malédiction d’avoir été un ultra-moderniste passant pour un ringard.

Valéry Giscard d’Estaing a une très mauvaise image. Il a perdu les élections en 1981 et s’est depuis coltiné l’image d’un autocrate arraché à son trône. La presse bourgeoise raconte évidemment que sa défaite a comme raison l’absence de soutien de Jacques Chirac ou bien l’affaire des diamants qui lui ont été donnés par le président de la République centrafricaine Jean-Bedel Bokassa.

En réalité, la Gauche avait réussi à mobiliser contre son libéralisme appauvrissant les masses et son identification très claire à la bourgeoisie moderne, entreprenante, magouilleuse, décadente. Valéry Giscard d’Estaing, c’est un arrière-plan terriblement douteux moralement et le choix d’une France pro-européenne, alignée sur le capitalisme américain et prônant un libéralisme culturel massif.

Car Valéry Giscard d’Estaing, en tant que président, fut un jeune président – 48 ans – partisan de la modernisation du capitalisme et de la libéralisation des mœurs, ce qu’il appelait la « société libérale avancée ».

C’est ce qu’espérait être Emmanuel Macron aujourd’hui, du moins ce que la haute bourgeoisie financière, tournée vers l’international et foncièrement cosmopolite dans son mode de vie, a espéré qu’il soit. Le quotidien Le Monde résume tout à fait bien les choses quand sa nécrologie explique de Valéry Giscard d’Estaing que :

« Il incarne le changement sans rupture et transforme – en peu de temps – la société française durablement. »

Le Figaro le note pareillement :

« Il se voulait alors l’incarnation d’une modernité triomphante, issue du centre-droit libéral et démocrate-chrétien qui a bâti l’Europe d’après-guerre. »

Valéry Giscard d’Estaing, c’est le divorce par consentement mutuel, c’est le développement du TGV, c’est le regroupement familial pour les immigrés, c’est l’absence de costume traditionnel en queue-de-pie pour son premier discours présidentiel, c’est l’absence de collier de grand maître de la Légion d’honneur pour le portrait officiel, c’est la visite chez des gens au hasard et l’invitation d’éboueurs au petit-déjeuner à l’Élysée.

Valéry Giscard d’Estaing, c’est la création d’un secrétariat d’État à la Condition féminine (confiée à une journaliste, Françoise Giroud), c’est le changement du bleu du drapeau français dans une version moins agressive, c’est le ralentissement d’une Marseillaise jouée moins forte, c’est la fin de la censure pour le cinéma.

Valéry Giscard d’Estaing, c’est la transformation de la gare d’Orsay de Paris en musée servant d’ode à la bourgeoisie de la belle époque, c’est l’initiative de faire une Cité des sciences et de l’industrie à Paris, c’est la mise en place des premières Journées du patrimoine, c’est la création du Conseil européen, c’est l’instauration avec l’Allemagne du Système monétaire européenne et de l’ECU comme unité de compte européenne.

Valéry Giscard d’Estaing, c’est la tenue en France d’une réunion des cinq pays occidentaux les plus industrialisés (en 1975 à Rambouillet et qui deviendra le G5, le G7, etc.), c’est la dépénalisation de l’avortement, c’est la fin de l’ORTF (c’est-à-dire la télévision publique et sous tutelle) et de son monopole, c’est le droit de vote à 18 ans (et non plus 21).

Valéry Giscard d’Estaing, c’est l’institution de la Commission technique d’orientation et de reclassement professionnel (COTOREP) et d’une loi d’orientation en faveur des handicapés, c’est la décision de construire le supergénérateur nucléaire nommé Superphénix et la mise en place la Compagnie générale des matières nucléaires (COGEMA) et l’Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN).

C’est là qu’on se dit : mais tout cela, la gauche gouvernementale trouve cela désormais très bien. Et on comprend alors le décalage complet vis-à-vis de la Gauche de 1981 et la joie que pouvait représenter le départ de Valéry Giscard d’Estaing. La gauche gouvernementale française s’est tout simplement transformée en équivalent des « démocrates » américains, avec le même populisme, le même libéralisme culturel, le même capitalisme accepté mais « amélioré ».

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Les réactions politiques au décès deValéry Giscard d’Estaing

C’est tout naturellement que la mémoire de l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing a été immédiatement salué dans la nuit du 2 au 3 décembre 2020 par la Droite et les libéraux, suite à l’annonce de son décès. Il est unilatéralement présenté comme une figure ayant porté la « modernité ».

De La République En Marche, le parti d’Emmanuel Macron, évoquant celui qui « a œuvré pour une nation moderne », à Nicolas Sarkozy parlant d’« un homme qui a fait honneur à la France » et qui a « cherché et réussi à moderniser la vie politique », l’éloge est toujours du même ressort.

Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a parlé de celui qui « modernisa notre République », tout comme Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France et figure de la Droite, rappelant « des réformes sociétales d’envergure ». Le président de Les Républicains Christian Jacob y a lui aussi été de son petit mot sur la « conviction et détermination à la modernisation de notre société » de l’ancien président, tout comme à peu près tout le monde à Droite et au « centre ».

Du côté nationaliste, Marine Le Pen a choisi l’option opportuniste, pour saluer et ramener à elle celui qu’elle est censée honnir :

« Condoléances aux proches de Valéry Giscard d’Estaing. Président d’une France en crise, il fut l’artisan de nouvelles libertés publiques et un ardent soutien du progrès technologique. En 2018, il confessa que sa plus grande erreur fut d’instaurer le regroupement familial. MLP »

Remarquons ici pour l’anecdote que l’extrême-droite étudiante activiste se voulant sociale, les Groupes d’Action Jeunesse, qui se confrontaient physiquement au GUD, ont participé au service d’ordre de Valéry Giscard d’Estaing, une pratique courante en ce sens de la part de ceux se voulant « nationaux-révolutionaires ».

C’est en ce sens qu’il faut comprendre les propos très durs d’Eric Ciotti pour rappeler le caractère anti-communiste de Valéry Giscard d’Estaing :

« Valery Giscard d’Estaing a été un immense président L’une des plus belles intelligences de la République un héraut de la liberté et de la lutte contre le communisme Il aura vraiment changé la vie des Français Sa défaite en 1981 a marqué pour la France un tournant vers le déclin. »

Anne Hidalgo, qui espère être candidate aux présidentielles, ne peut pas ne pas le savoir, mais évidemment elle n’en a rien à faire et a sauté sur l’occasion pour renier toute considération de gauche en associant Valéry Giscard d’Estaing au « progrès » :

« Je salue cet Européen convaincu qui a œuvré pour inscrire notre pays sur la voie du progrès. Il portait Paris dans son cœur et lui a toujours voué un intérêt tout particulier. »

Olivier Faure, le dirigeant du Parti socialiste, a pareillement joué la carte du « progrès » :

« Toutes mes condoléances à sa famille et ceux qui l’ont accompagné au cours de sa longue vie politique. Les socialistes n’oublient pas la légalisation de l’IVG, le droit de vote à 18 ans, le divorce par consentement mutuel. »

Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, a quant à lui salué au nom de son parti un concurrent politique, afin de bien souligner le respect des institutions, des figures de la Droite, etc. 

« Le PCF s’incline avec respect et salue la mémoire de V.Giscard d’Estaing. C’était un homme de conviction qui a, jusqu’au bout, y compris avec le Traité constitutionnel défendu une économie et une Europe très libérale. »

De son côté, François Hollande y est allé franchement dans l’hommage à cette figure libérale « qui a modernisé la France» tout en étant incompris. Une allusion bien entendu à lui-même :

« Conscient de sa grande intelligence qu’il mettait au service de son pays, il espérait apparaître comme un président simple et proche des Français. Il n’a pas toujours été compris ».

Comme avec le décès de Jacques Chirac en 2019, on a une grande opération de lessivage idéologique et politique, avec la Droite valorisant l’un des siens, mais personne à Gauche pour assumer une critique sérieuse et profonde de la France capitaliste du XXe siècle, dont Valéry Giscard d’Estaing était une illustration moderniste.

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Le monde court à sa perte, mais la petite-bourgeoisie «de gauche» manifeste contre la police

La Gauche va mal, très mal en France. Et quand on voit que pour une grande partie d’entre elle, l’actualité est de s’imaginer que le pays serait en passe de devenir une dictature avec la police s’arrogeant le droit de tabasser en toute impunité, on comprend tout à fait que les classes populaires ne veuillent pas entendre parler d’elle… L’agitation hystérique autour de l’article 24 de la proposition de loi relative à la sécurité globale, avec des manifestations dans plusieurs grandes villes samedi 21 novembre, en dit long sur le décalage terrible entre la Gauche et la société française.

La France, comme tous les grands pays capitalistes, connaît une désagrégation majeure de son tissu social. La société craque de partout avec une violence de plus en plus prégnante, notamment à l’égard des femmes, et ce jusque dans les moindres interstices de la vie quotidienne. La police est clairement en première ligne face à cette décomposition, mais avec des moyens très faibles et une hiérarchie de plus en plus déconnectée de sa base. Une base qui s’est largement prolétarisée, en perdant au fil des années ses traditions autoritaires-paysannes faisant du policier un sympathisant naturel de l’extrême-Droite.

La colère est d’ailleurs, dans un tel contexte, très grande dans les rangs de la police, avec des fonctionnaires ayant de plus en plus le sentiment de ne pas pouvoir assurer leur mission de protection de la population, tout en étant en même temps jetés en pâture face à des délinquants dont l’arrogance n’a d’égale que l’impunité dont ils bénéficient.

Alors, quand en plus de cela les policiers se sentent menacer dans leur vie privée… forcément qu’ils ne sont pas contents. Rien de plus naturel. La réalité est qu’en France, l’État n’est même pas en mesure de garantir la sécurité de sa propre police. Les policiers prennent de plus en plus l’habitude de cacher leur profession, notamment avec leurs enfants pour qui il devient préférable de ne pas dire qu’ils sont fils ou filles de policier.

Le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin n’entend aucunement changer les choses dans un sens démocratique, en mettant le Droit au cœur de la société. En bon populiste, il prétend avec une petite mesure qu’il va pouvoir contourner les problèmes et garantir la sécurité des policiers. C’est le sens du fameux article 24 de la proposition de loi relative à la sécurité globale, voté en première lecture par l’Assemblée nationale vendredi 20 novembre 2020.

Voici ce qu’il dit :

« Article 24

I. – Le paragraphe 3 du chapitre IV de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse est complété par un article 35 quinquies ainsi rédigé :

« Art.35 quinquies. – Est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police. »

II. – L’article 35 quinquies de la loi du 28 juillet 1881 sur la liberté de la presse ne font pas obstacle à la communication, aux autorités administratives et judiciaires compétentes, dans le cadre des procédures qu’elles diligentent, d’images et éléments d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale. »

Cela ne rime pas à grand-chose et n’importe qui n’étant pas de mauvaise foi se dira que si l’État en est à devoir faire une telle loi pour empêcher que les policiers ne soient menacés individuellement, c’est qu’il ne tient vraiment plus grande chose…

Mais tel n’est pas le raisonnement de la petite-bourgeoisie hystérique, prétendument « de gauche », qui voit tout l’inverse et a manifesté dans les grandes villes samedi 21 novembre pour crier au loup totalitaire, parlant de menace sur les « libertés », de « droit à l’information », voire même de fascisme pour certains.

On a ici un cinéma strictement parallèle à l’excitation petite-bourgeoise face aux mesures collectives exigées par la situation sanitaire. Aux États-Unis, la petite-bourgeoisie crie au communisme, ici elle crie au fascisme, mais cela revient au même, car le mot fascisme est employé de manière démagogique : c’est l’idéologie individualiste, anti-collectivisme, qui s’exprime.

On peut également noter que tout cette agitation est portée à l’origine par quelques journalistes pour qui le summum est de filmer les fins de manifestations, les arrestations, et plus généralement toutes les interventions des forces de l’ordre. Il y a ici tout un petit milieu très marqué par l’ultra-gauche, par l’anti-étatisme primaire, par la conception de la minorité (intellectuelle) agissante, etc.

Tout cela n’intéresse bien entendu personne en réalité, car les gens des classes populaires en France n’en ont strictement rien à faire des gilets jaunes et autres « black block » se faisant arrêter ou matraquer parce qu’ils ont trouvé amusant de jeter des pavés, des cocktails molotov ou du matériel de chantier sur des forces de l’ordre. Tout cela n’a tellement rien à voir avec la vie quotidienne des gens ou même l’idée de révolution, que c’en est anecdotique.

Sans parler de ce constat qu’on doit faire : on a de tels manifestations… en plein confinement sanitaire ! C’est totalement délirant, et ce ne peut être que l’œuvre d’une « Gauche » profondément déconnectée des réalités de la société française et des priorités du moment.

Le monde connaît une crise sanitaire majeure, qui est l’expression d’une catastrophe écologique considérable et il y a à l’arrière plan de cela une crise économique monstrueuse qui se profile, sur fond de délitement moral et culturel de la société. Ce à quoi à il faut ajouter des tensions guerrières qui sont de plus en plus prégnantes dans le monde, notamment de la part de la France qui participe activement à la course au militarisme.

II se trouve cependant des gens qui, pour détourner l’attention de la crise, prétendent que l’important aujourd’hui est de pouvoir filmer les policiers en manifestation ! C’est inacceptable et il saute aux yeux que c’est une caricature. Il faut vite renverser la table et en revenir à la Gauche historique, celle du mouvement conscient et organisé de la classe ouvrière menant la lutte des classes. L’époque exige des gens sérieux et il en est assez de l’hégémonie de la petite-bourgeoisie et des conceptions anarchistes sur la Gauche !