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Nouvelle campagne d’AIDES : #PrEP4Love

L’association AIDES, qui lutte contre le SIDA et pour la défense des personnes séropositives, vient de lancer la campagne « #Prep4Love » pour faire la promotion de la PrEP (Pre-Exposure Prohylaxis, soit Prophylaxie Pré-Exposition en français). La PrEP est un médicament qui permet de se protéger du VIH, il vise particulièrement les personnes ayant de fortes chances de contracter le virus.

AIDES - PrEP4Love

L’idée derrière la PrEP est de proposer un traitement préventif à des catégories de personnes dites «  à risque ». La première cible est ainsi constituée des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.

Truvada

 

Le traitement a été conçu et commercialisé par le laboratoire américain Gilead Sciences s’appelle « Truvada ». Il n’est accessible en France que depuis le début des années 2010 et est pris en charge par la sécurité sociale depuis 2016. D’autres pays européens se sont aussi mis à proposer ce médicament.

Le traitement peut se prendre de deux manières : soit en continu, soit lors de périodes d’activité sexuelle. Dans le deux cas, l’idée est d’empêcher la personne de contracter le VIH. Différentes études ont été menées, et ont suscité un fort engouement pour cette méthode préventive : le risque de contamination est extrêmement faible (si le traitement est bien pris), autant voire moins qu’avec un préservatif. Il n’en fallait pas plus pour que qu’une sorte de lobby pro-PrEP se mette en place.

Seulement, les belles annonces d’AIDES cachent une réalité qui n’est pas si belle que cela. En premier lieu, beaucoup de personnes s’inquiètent de voir des années de préventions sur l’utilisation du préservatif être battues en brèche. Quand on sait qu’il y a une insouciance préoccupante, voire de l’ignorance ou de la désinformation, en ce qui concerne les maladies et infections sexuellement transmissibles, on ne que s’inquiéter de l’impact que pourrait avoir un traitement miracle.

Le site d’information prep-info.fr et AIDES font de la cible principale de la PrEP des victimes de leur condition. Comment peut-on être à ce point individualiste et libéral pour en arriver à dire « allez-y, continuez on est avec vous » à des personnes qui ont fait le choix d’une fuite en avant dans la décadence ?

On ne parle pas de personnes qui ont pu faire quelques erreurs, en terme de protection, durant leur vie. Quand une personne multiplie les rapports sans protection, elle sait très bien qu’elle prend des risques. Surtout quand les campagnes de prévention visant la communauté gay, comprendre gay festif-décadent, s’ajoutent à celles de prévention visant la population en général.

Deuxièmement, ce que ne veut pas dire AIDES sous prétexte de ne pas juger qui que ce soit, est le principal groupes de personnes à risques est composé de personnes ayant un comportement qui est socialement criminel : multiplier les partenaires sans se protéger (surtout lors entre hommes) c’est prendre des risques pour sa santé et celles de ses partenaires.

« Idée reçue n°5 : La PrEP c’est pour les salopes

Oui. Mais pas que. Le risque de contamination au VIH ne dépend pas seulement de l’intensité d’une vie sexuelle mais aussi du groupe sexuel auquel on appartient. Par exemple, à pratiques et nombre de partenaires égaux, un garçon homosexuel a 200 fois plus de risques de contracter le VIH qu’un garçon hétérosexuel. La PrEP s’adresse donc à toutes celles et ceux qui, salopes ou saintes-n’y-touche, se savent à haut risque de contracter le VIH et souhaitent réduire ce risque. »

http://prep-info.fr/10-idees-recues

 

AIDES - PrEP4Love, groupes à risque

Une insulte pour quantités de malades

Il est un point qui fera bondir n’importe quelle personne qui n’est pas contaminée par l’ultra-libéralisme ambiant : le traitement est pris en charge à 100 % par la sécurité sociale. Sans les génériques, le coût est d’environ 400 euros par mois. Avec, il est de moins de 200 euros.

Ceci est une insulte à toutes les personnes qui doivent mettre de leur poche pour se soigner ou seulement soulager leur quotidien, pour toutes les personnes qui sont allées dans une clinique privée pour ne pas attendre des mois et des mois avec les hôpital public, pour toutes les personnes qui sont en arrêt maladie de longue durée et qui se retrouve à perdre de l’argent parce que leur entreprise ne complète pas ou plus l’indemnité de base de la sécurité sociale.

Ceci est une insulte à toutes les personnes qui ont de véritables maladies pour lesquelles la recherches n’avance pas, ou peu, en raison de manques de moyens. Parce que pour en arriver à une commercialisation d’un médicament comme le Truvada, il y a des des recherches, des tests, des campagnes, etc. Tout cet argent aura pu servir à autre chose…

Plutôt que de venir en aide aux personnes vraiment malades, l’État a préféré signer un chèque un blanc à un énorme laboratoire pharmaceutique. Tout cela pour que des personnes irresponsables puissent vivre en décadence sur le dos de la société. Bien entendu, les pro-PrEP répondront qu’il y a plusieurs publics pour la PrEP, mais ils ne font que les prendre en otage pour cacher le fait que 97 % des personnes qui prennent la PrEP aujourd’hui en France sont… des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.

 

AIDES, association vendue à l’ultra-libéralisme

 

Faire passer les détracteurs de la PrEP pour des réactionnaires est un classique des défenseurs du libéralisme : ces personnes s’imagent être dans le camp du progrès, toute attaque contre leurs positions relèveraient donc de la réaction.

Mais il faut être aveugle pour ne pas voir qu’elle est un des porte-étendard du libéralisme et du nombrilisme en vogue où tout n’est que question de « baise ». Être épanoui, ce serait baiser librement.

Qualifier les prostituées de travailleurs du sexe est une agression en règle contre le principe même d’une relation sincère fondée sur des sentiments. On ne peut pas avoir le libéralisme où tout se vend et tout s’achète, et la romance. Il faut choisir, et AIDES a choisi son camp.

 

Solidarité

 

Le socialisme ne laissera personne sur le bord de la route : toutes les personnes malades doivent avoir une vie la plus normale possible. L’intérêt de laboratoires privés ne doit pas passer devant les intérêts des masses. Une personne séropositive ne doit pas être discriminée ou traitée comme une sous-patiente, peu importe la manière dont elle a été contaminée. En revanche, une société socialiste ne saurait accepter que l’on fasse la promotion de pratiques et de modes de vie socialement criminels. Pas de civilisation sans morale.

 

AIDES - PrEP en France

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Le régime et Emmanuel Macron profitent de la victoire de l’Équipe de France

La victoire de l’Équipe de France de Football à la Coupe du Monde a été largement mise en scène. La population est en quelque sorte privée d’une célébration intime, sincère, authentique. Les avions de la patrouille de France ont fait leur apparition au-dessus de Paris, comme pour bien rappeler les célébrations militaristes de l’avant-veille. De nombreux prêtres ont saisi l’opportunité pour sonner les cloches des églises et rappeler leur existence. Emmanuel Macron a été fortement mis en avant, etc.

Quoi qu’on en dise, le régime en place est le grand gagnant de la victoire de l’équipe de France de Football. Cela est bien sûr nié par l’immense majorité des commentateurs qui expriment à l’unisson la même béatitude surjouée, afin que surtout aucune voix dissonante ne transparaisse.

Et comme s’il fallait prévenir la critique, celle-ci est dénigrée dans son essence même. À ce jeu, on peut noter la copie tout à fait typique rendue par le rédacteur en chef du Figaro Guillaume Tabard, expliquant que :

« Chez tous ceux-là, une incapacité à se laisser emporter par la joie et, sur le plan politique, la hantise de voir Emmanuel Macron s’emparer de cette victoire, pour ne pas dire l’accaparer. »

Cela est très bien vue de parler de joie, car au centre de tout cela il y a en effet les masses et la joie qu’elles ont exprimée. Les célébrations ont été intenses après la victoire.

Cela avait d’ailleurs commencé dès l’après-midi avant même la rencontre contre la Croatie. Une ambiance guillerette, voire pétillante, traversait la France ensoleillée ce dimanche. Dans les villes et les campagnes, dans les stations balnéaires et les campings, les masses se parlaient ou se regardaient affectueusement.

Il y avait un parfum de 1998 avec des places de villages réunies autour d’un écran, des familles dans les jardins où les femmes, surtout les anciennes, étaient là pour réguler les excès regrettables des hommes avec l’alcool, des centres-villes où la jeunesse plus intellectuelle et cultivée prenait plaisir à s’associer à une joie simple et populaire, des cités de banlieues où l’enthousiasme était particulièrement exacerbé, et puis encore à Paris, où il y avait un peu de tout cela.

Il faut reconnaître aussi l’immense ferveur des gens qui ont attendu pendant de nombreuses heures en plein soleil l’arrivée des joueurs sur les Champs-Élysées. Il y a là quelque chose d’éminemment populaire, relevant d’une véritable communion nationale, à l’opposée par exemple des cérémonies administratives organisées par le régime pour célébrer son Armée chaque 14 juillet.

Au contraire, ce genre de défilé parisien massif, rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes pour un événement sportif, est quelque-chose de rare et précieux. C’était le quatrième. Il y a eu 1998 évidemment, dans une moindre mesure 2000 après la victoire à l’Euro de Football, et il y avait eu avant seulement l’incroyable déambulation du champion de course à pied Jules Ladoumègue en 1935 devant 400 000 personnes.

Il était une figure ouvrière, proche du Parti Communiste, et victime d’institutions sportives réactionnaires l’interdisant de pratiquer son sport, jusqu’à le priver de Jeux Olympiques. L’URSS lui avait proposé de concourir là-bas ; le journal Paris-Soir avait organisé pour son retour une course d’exhibition à travers Paris dont le succès fut immense.

Ce lundi 16 juillet 2018, les masses n’auront par contre pas véritablement célébré la prestation sportive des “bleus”. On ne peut pas dire que l’équipe a brillé de par le jeu qu’elle a proposé ; elle a même fait preuve d’une réussite insolente pour s’imposer face à la Belgique puis à la Croatie. Mais là n’est pas du tout la question.

Le sport n’est ici qu’un prétexte. La population s’empare de cette victoire à la Coupe du Monde pour exprimer quelque-chose de plus important que simplement le football. Cela dépasse le sport et n’appartient même pas aux joueurs eux-mêmes, pas plus qu’à Didier Deschamps.

Les joueurs ne sont pas extérieurs à l’événement, par définition, évidemment. Ils en sont simplement l’incarnation. Cela s’est traduit entre-autre par la reprise de plusieurs chansons dédiés à certains joueurs, diffusées grâce aux réseaux sociaux.

Les deux plus populaires sont celles dédiées à N’Golo Kanté, dont la qualité de jeu est particulièrement appréciée, et à Benjamin Pavard. Cette dernière fait écho à un chant stupide et très grossier des supporters marseillais pour leur finale de Ligue Europa à Lyon (sur un air classique de supporters anglais), qui a connu un grand succès au printemps chez les jeunes garçons amateurs de football partout en France.

La ferveur populaire prend donc comme prétexte le football pour exprimer un besoin social, qui est en quelque sorte un besoin d’unité.

Le régime n’a surtout pas envie de cette unité populaire, mais plutôt d’une unité derrière ses institutions et le système économique qu’il promeut. C’est la raison pour laquelle il tend à personnifier largement les célébrations. Les joueurs sont donc mis au centre du dispositif, présentés comme étant des individus ayant réussis quelque-chose.

Quand les masses disent “on a gagné”, parce que l’élan est collectif, le régime préfère un “merci les bleus”.

Pour les masses, peu importe qu’il n’y avait pas 67 millions de français sur le terrain, ce qui compte est l’unité autour d’un même mouvement, d’une même cause, aussi futile soit-elle.

Cela ne saurait compter pour les représentants du capitalisme où l’entreprise individuelle et la réussite personnelle sont au centre de tout.

C’est ainsi que de nombreuses grandes entreprises ont communiqué ce “merci les bleus”. C’est également le coeur du message d’Emmanuel Macron et de toute la communication qu’il a mise en place, faisant de cette victoire presque une “affaire d’État”.

La question n’est pas ici de savoir si le président Macron profitera personnellement de l’événement. Il ne faut pas sous-estimer les masses françaises qui, normalement, au moins pour celles ayant un héritage politique, ne se font pas avoir aussi facilement.

Par contre, parce qu’elles sont largement dépolitisées, abandonnées depuis longtemps par la Gauche, elles se retrouvent désemparées face aux institutions qui profitent de l’événement pour maintenir et renforcer le régime.

Emmanuel Macron joue un rôle important en ce sens. Il a méticuleusement soigné son approche de la question, en étant toujours là tout en prenant soin de ne jamais donner l’impression d’en faire trop.

Lors de sa visite en Bretagne pendant les phases de poule, il avait fait en sorte de “s’éclipser” pour assister à la deuxième mi-temps d’un match debout au milieu des clients d’un bar, commandant une bière et payant sa tournée pour fêter la victoire.

Il a fait inviter des jeunes footballeurs d’Île-de-France à l’Élysée pour un autre match, rendu visite aux joueurs dans les vestiaires après la victoire contre la Belgique tout en prenant soin de ne pas diffuser de photos, etc.

Les images de sa présence dans le vestiaire après la victoire en finale, appelant les joueurs “les enfants”, ont par contre été largement diffusées. Les commentaires promouvaient systématiquement son discours “émouvant”, suite logique de son attitude “survoltée” durant la rencontre.

Il avait emmené avec lui un sous-officier de l’Armée gravement blessé au Mali, afin de servir un odieux discours nationaliste, hautain, mélangeant tout et n’importe quoi, relativisant quelque chose d’aussi grave que la guerre avec du sport :

«Je l’ai revu [le militaire] le 13 juillet, il était sur un fauteuil roulant […]. Il m’a dit: “J’ai une faveur à vous demander. Après-demain, quand vous verrez les joueurs, dites-leur qu’ils ont fait rêver un petit Français comme moi.” C’est pour ça que je voulais vous l’emmener, parce que je voulais que vous vous rendiez compte de ce que vous faites».

Certains joueurs sont littéralement tombés dans le panneau pour célébrer le régime. Comme si finalement leur victoire était aussi importante pour la population que l’ouverture d’une usine donnant du travail à des milliers d’ouvriers, ou encore une découverte scientifique permettant de grandes avancées sur le plan écologique.

Benjamin Mendy s’est carrément permis un “dab” avec Emmanuel Macron tandis que Blaise Matuidi, le prenant en accolade, s’exclamait : « Avec Monsieur le Président, vive la France, vive la République ! ».

Le lendemain, le transfert des joueurs vers Paris depuis l’aéroport a également été organisé de manière à ce que la célébration des individus soit totale. On a laissé des gens s’arrêter à pied sur l’autoroute pour “voir” leur bus de prêt, d’autre circuler à scooter, sans gants, portable à la main, parfois debout sur leurs machines, au milieu de l’escadron de police motorisé encadrant le bus.

La suite de cela fût une grande “garden party” dans les jardins de l’Élysée. Étaient invités un millier de jeunes issus des clubs d’origines des joueurs de l’équipe de France, afin de souligner encore une fois le caractère individuel de l’aventure. Il était bien sûr expliqué qu’il y avait parmi-eux probablement les “futurs Mbappé”, comme si le sport amateur n’était en fait là que pour servir de réservoir au sport de haut niveau et aux clubs professionnels.

Les médias ont relayé tout cela en grandes pompes, meublant avec des interventions de journalistes ridicules voulant à tout prix se placer au coeur de l’événement. TF1, France 2, les quatre chaînes d’information en continu et la chaînes L’Équipe ont toutes assurées un direct de plusieurs heures.

En ce qui concerne la classe politique, les principales figures ont relayé, forcément, le remerciement aux “bleus”.

Édouard Philippe: « Champions du monde !!! Quel match ! Quel mondial ! Quelle équipe ! Vous faites la fierté de votre pays, bravo ».

Benjamin Griveaux: « GÉANTS 20 ans après, merci les Bleus d’offrir le rêve à une nouvelle génération » (Twitter)

François de Rugy: « On est les champions, on est, on est, on est les champions ! Bravo LesBleus ! Et bravo aux Croates pour leur jeu. Beau moment de football, beau moment de rassemblement et de fierté nationale »

Christophe Castaner: « Toucher les étoiles ! Merci à l’équipe de France ! »

Valérie Pécresse: « Champions du monde. Quel match ! Quels joueurs ! Ils ont réussi… Merci Didier Deschamps pour ce bonheur ! »

Anne Hidalgo: « Champions du monde ! Quel bonheur ! Quel match ! C’était un rêve, vous en avez fait une réalité. Merci les Bleus !

Parti socialiste: « Champions du monde ! Félicitations à l’équipe de France qui 20 ans après réitère l’exploit en s’imposant 4-2 en finale ! Bravo les Bleus ».

Manuels Valls: « Un immense merci aux Bleus, à Griezmann, Pogba, Mbappé… à la défense de fer avec Varane et Umtiti… au stratège Deschamps qui a construit un groupe soudé, efficace et fort de ses valeurs. C’est beau le foot ».

Laurent Wauquiez: « Ils l’ont fait ! L’équipe de France, championne du monde. 20 ans que la France attendait. Nous en avons rêvé. Nous avons tant vibré. Nous sommes fiers de vous ! Bravo les Bleus ! »

Nicolas Dupont-Aignan: « Bravo bravo bravo ! Tellement fier d’être Français ! Félicitations à nos héros ! »

A noter également, le message d’Eric Coquerel de “La France Insoumise”, relayant directement et sans filtre le discours en faveur du régime :

Le régime ne profitera pas éternellement de cet élan, ou de ce type d’élan. La nature du système économique qu’il promeut est trop instable. Le capitalisme génère trop de crise, de chômage, de décadence culturelle, d’incertitudes morales, pour que la ferveur populaire ne se transforme pas à un moment ou à un autre en colère populaire.

D’ailleurs, les masses étaient nombreuses à siffler le président de la République à diverse occasion lors de cette Coupe du Monde.

Le régime peut se maintenir un moment, mais il peut tout aussi bien vaciller rapidement. Ce qui comptera alors, c’est la nature du renversement de ce régime en place. Si la Gauche aujourd’hui en France n’est pas à la hauteur de cet enjeu, tel n’est pas le cas des différents cercles réactionnaires et de l’Extrême-Droite qui se préparent à cela.

Si le régime tente aujourd’hui de se maintenir par des artifices patriotiques, il ne faut pas perdre des yeux le nationalisme qui en arrière-plan se profile.

Illustration de cela, cet extrait d’une tribune de la réactionnaire Natacha Polony. Cela devrait être un avertissement, un message d’alerte à toutes les personnes de gauche soucieuses des valeurs démocratiques et de l’unité populaire.

Elle a ici très bien compris l’enjeu, la nature profonde et sincère de l’élan populaire autour de l’Équipe de France. Elle entend l’orienter vers le nationalisme plutôt que le socialisme.

« […] À nous tous, adultes et dépositaires de l’immense héritage d’un pays millénaire de convertir cet élan superficiel en sentiment profond et pérenne, à travers la transmission des textes historiques, philosophiques et littéraires qui racontent ce qu’est la France, comme à travers une géographie, des paysages qui en sont le visage.

Tous ces enfants qui brandissent des drapeaux et crient leur joie d’être français ne demandent qu’à aimer leur patrie. Ils ne sont pas toute la France, ils ne masquent pas les haines, le séparatisme, les fractures. Mais plus ils seront nombreux, et plus nous serons nombreux pour combattre ceux qui nous ont déclaré la guerre.

Nul ne s’imagine qu’un pays s’apaise par le miracle d’un match de foot mais un point nourrit nos espoirs : on ne nous sort plus le mythe de la France black-blanc-beur. Cette équipe est tout aussi diverse mais elle est avant tout bleu-blanc-rouge, ce qui signifie que -rêvons un peu – nous retrouvons peut-être un peu de cet universalisme qui est l’identité même de la France et que la globalisation culturelle a voulu remplacer par un multiculturalisme profondément communautariste.

Allons, enfants de la Patrie, les jours de gloire ne se dédaignent pas, quels qu’ils soient. »

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Une victoire à la coupe du monde de football sans panache français

Quiconque a porté son attention aux désirs des masses sait que depuis le début de la coupe du monde de football, il y a un grand désir de communion qui est exprimé. Naturellement, le traumatisme des attentats islamistes a beaucoup joué et il y a eu une envie de ferveur, s’exprimant ainsi avec la victoire de l’équipe de France de football.

France - Croatie, Fan zone

 

Mais il y a aussi toute une bourgeoisie trop heureuse de trouver un thème pour fédérer patrons et ouvriers, smicards et financiers !

Être de Gauche, c’est donc comprendre cette joie populaire, sans pour autant sombrer dans la démagogie célébrant une nation parmi les plus riches du monde, où toutes les classes sociales collaboreraient, profitant d’un vivier populaire voyant en le football un rêve américain accessible.

D’ailleurs, l’inculture des footballeurs, dont le mode de vie est toujours décadent et totalement pro-capitaliste, avec un style nouveau riche contribuant à pourrir les banlieues, n’a d’égal que l’absence de caractère français au jeu de l’équipe de France de football.

Mbappé

 

Le pragmatisme a été tellement de rigueur que Kylian Mbappé s’est justifié d’un « moi je suis en final » pour justifier son jeu théâtral face à la Belgique en demi-finale, tandis que le premier but de la finale est issue d’un coup franc consécutif à une faute imaginaire, Antoine Griezmann se laissant tomber par volonté de simulation.

Il y a ici un grand changement dans l’esprit français, qui cautionne désormais ce pragmatisme, alors qu’auparavant il célébrait, de manière bien plus française, la finale gâchée par le coup de tête de Zinedine Zidane contre un joueur italien, sans parler du fameux France-Allemagne ! Perdre avec panache a toujours été un trait du style français !

Impossible de ne pas voir qu’au-delà des aspects permettant l’approche pragmatique – les qualités des joueurs, leur style de jeu, etc. – il y a vraiment une macronisation des esprits, dans le sens d’une volonté de triompher, à tout prix.

L’esprit national disparaît, happé par le cynisme. De toutes façons cet esprit national était condamné à disparaître, mais pas dans le cosmopolitisme capitaliste : dans la rencontre de tous les peuples apportant le meilleur d’entre eux…

Là on en est vraiment très loin. De la même manière que les traditions du Paris Saint-Germain ont été entièrement anéanties par l’achat du club par le Qatar – l’argent est censé acheter la victoire en Ligue des Champions et les supporters n’y voient aucun inconvénient – l’esprit Macron a réduit la devise française à « Liberté Égalité Mbappé ».

Même Le Monde a participé aux premières loges à la valorisation du « teen ager » qui aurait un destin unique, incroyable, en comparaison avec nos propres vies qui sont censées être sans aucune densité.

France - Croatie, Emmanuel Macron

Impossible de ne pas parler non plus de l’omniprésence d’Emmanuel Macron, comme spectateur particulièrement expressif du match, puis à la remise des médailles aux joueurs, où il a pris chacun dans ses bras.

On est là dans une mise en scène qui profite elle-même d’une construction sociale : la structuration de très nombreux clubs de football par un pays très riche utilisant les victoires comme un dispositif idéologique pour assurer son hégémonie culturelle et intellectuelle.

Oui, intellectuelle, car des millions de prolétaires, incapables de lire une ligne de Karl Marx, s’y connaissent sans commune mesure quant aux joueurs, aux tactiques, aux systèmes de jeu !

Il ne s’agit évidemment pas ici de nier la valeur du jeu – bien au contraire, il s’agit d’en défendre l’esprit. Et là, il n’y a donc pas que la beauté du jeu : il y a l’utilisation par un pays riche, il y a un refuge pour un peuple qui inversement a été incapable d’éprouver ne serait-ce qu’un peu d’intérêt au cinquantenaire de mai 68.

Ne pas voir cela serait rater ce qui se passe dans notre pays !

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Océanopolis à Brest, un parc de loisir à prétention scientifique et écologique

Océanopolis est un parc de loisir présentant des animaux et des végétaux marins à Brest. L’ambition affichée est de partager des savoirs scientifique pour « changer le regard sur l’océan », d’une manière écologique.

Fondé en 1990 par des universitaires souhaitant vulgariser leurs connaissances et leurs travaux, le parc est considéré par l’État comme un Centre de culture scientifique, technique et industrielle. Il s’agit de l’établissement touristique le plus visité en région Bretagne, avec 413 000 visiteurs en 2017 et plus de 12 millions depuis l’ouverture.

Plus de 4 millions de litres d’eau de mer sont nécessaire à son fonctionnement, 10 000 animaux représentant 1 000 espèces animales y sont présentés à travers 4 espaces distincts, le sentier des loutres, le pavillons Bretagne, le pavillon polaire et le pavillons tropical.

Cette structure appartenant à Brest métropole s’inscrit dans une dynamique globale de la ville, qui se veut à la pointe dans le domaine scientifique en ce qui concerne l’océan. Début 2018, une nouvelle structure a vu le jour dans cette perspective, le campus mondial de la Mer, qui réunit différents organismes et entreprises.

Un membre expliquait dans la presse que Brest est « la capitale française des sciences de la mer », hébergeant « 60% de la recherche publique nationale » (Ouest-France). On y trouve l’Institut universitaire européen de la mer, l’Institut polaire français Paul-Emile Victor, le siège de l’Ifremer y sera transféré depuis la région parisienne en 2019, etc.

Ainsi, de part sa collaboration avec ces organismes, Océanopolis entend proposer “un voyage au propos scientifique rigoureux et d’un grand réalisme dans la reconstitution des habitats marins au fil de 77 aquariums et de 9 000 m2 de surface d’exposition”, dans l’intention de faire “connaître et comprendre les différents écosystèmes marins de la planète pour mieux les préserver.”

L’intention semble donc louable, avec en théorie une volonté d’éducation populaire rigoureuse, dans une perspective écologique. En effet, pour aimer et protéger il faut d’abord connaître, et il est fondamental à notre époque que la population connaisse la planète et ses océans.

Océanopolis répond certainement en partie à cette nécessité, ne serait-ce parce qu’il montre la fabuleuse richesse de l’océan, la complexité de sa vie et les dangers qui la menace.

Cependant, il s’agit surtout d’un parc de loisir classique, avec seulement comme thème l’écologie des milieux marins. Les aquariums en tant que tels sont très étroits, et mis à part éventuellement ceux concernant les espèces les plus petites, ils sont de véritables prisons. L’oeil de celui ou celle qui refuse de nier la nature y remarque forcément que les poissons et mammifères y tournent en rond de manière frénétique, sans pouvoirs exprimer suffisamment leur capacités naturelles.

La science, finalement, n’existe qu’à travers quelques indications écrites que les visiteurs (dont beaucoup d’enfants) ne lisent quasiment pas. L’ambiance est plutôt celle d’une déambulation bruyante, cherchant à s’en mettre plein les yeux. On est dans le sensationnel, avec ici des requins, là des étoiles de mer entourés de poissons aux couleurs vives, là bas une barrière de corail reconstituée, etc.

Il est facile de faire apprécier les loutres, qui sont des animaux très joueurs, avec des postures absolument fabuleuses à observer pour un humain.

De la même manière, petits et grands craquent forcément devant les manchots qui marchent en sautillant, plongent et nagent à toute vitesse, puis reviennent sur le rivage d’un bon magistral.

D’autant plus que ces animaux sont aussi curieux que les humains qui les observent. Les échanges, à travers la vitre ou au pied des soigneurs, peuvent être d’une grande tendresse.

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Cependant, il n’est pas possible de justifier sur le plan scientifique l’enfermement de ces animaux dans des aquariums ou compartiments aussi restreint, surtout lorsqu’on prétend que les habitats sont reproduits fidèlement.

N’importe quelle personne appréciant la natation ne serait-ce que de manière hebdomadaire ne se satisferait pas d’un bassin aussi petit que celui des manchots, pour qui c’est le lieu de vie permanent, alors qu’ils nagent toute la journée.

Cela a aboutit d’ailleurs en février 2018 à la mort d’un requin taureau, figure emblématique du parc. Il est expliqué que celui-ci a absorbé un quantité d’air trop importante, “potentiellement suite à un comportement de stress qui aurait pu être déclenché par une interaction avec l’une des autres espèces présentes dans le bassin” (Le Télégramme).

Le pavillon Bretagne est introduit par une exposition sur le plancton et le monde de l’infiniment petit. Il est expliqué de manière fondamental que le plancton produit la moitié de l’oxygène de la planète et qu’il a un rôle essentiel pour la vie dans son ensemble.

Cependant, les explications ne dépassent pas le point de vue mécanique et borné parlant de “chaîne alimentaire”. Il n’y a pas de vision globale de l’océan, mais surtout une fascination pour les premiers “maillons” de la chaîne, avec soit-disant les humains à l’aboutissement de cette chaîne.

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La pêche et la conchyliculture sont d’ailleurs largement promus au fil des expositions, notamment du pavillon Bretagne. On retrouve même des conseils pour… cuisiner !

A côté de cela, de part ses partenariats, le parc est une vitrine de la modernité capitaliste française. Les océans représentent pour de nombreuses entreprises française comme Alstom, Total ou Engie, un enjeu immense. C’est aussi le cas pour le Crédit Agricole (qui soutient le parc), via les nombreuses PME agricoles de la région.

L’impression générale en ressortant d’Océanopolis n’est pas tant celui d’une science au service de la planète, mais plutôt d’un esprit de conquête des espaces maritimes.

Le summum en la matière étant certainement l“’AbyssBox”, qui mériterait un article à part entière. Pour faire court, il s’agit d’un caisson pressurisé permettant de maintenir une pression atteignant les 200 bars, ce qui équivaut à une profondeur de 2 000 mètres.

Cela est assurément une grande prouesse scientifique, l’installation est immense pour simplement un aquarium de la taille d’un hublot abritant quelques crabes et crevettes sur une éponge artificielle de la taille d’une petite main.

Cette installation, peut-être utile sur le plan scientifique dans d’autres cas (encore que cela soit à démontrer), n’a d’autre but dans ce parc que de satisfaire l’égocentrisme des personnes l’ayant conçu. Comble de l’ironie d’ailleurs, le public n’y prête aucune attention, et cela est presque assumé puisque la vidéo de présentation de la machine ironise sur le sujet.

On croisera bien sûr à Océanopolis de jeunes scientifiques sincères, parlant par exemple de la protection de la barrière de corail. Mais on pourra y entendre aussi un jeune scientifique présentant des mollusques et montrant le coquillage de l’un d’entre eux en expliquant fièrement que cela lui servait de “cendar” (cendrier) quand il était étudiant.

Cette scène lamentable a été vue lors d’un “mini lab”, consistant à faire toucher aux enfant différents animaux marins, sans aucune considération pour leur bien-être. Cela relève d’un état d’esprit lamentable dans un lieu prétendant sensibiliser la population à la préservation de l’océan.

En dehors de ces “mini lab” d’ailleurs, on se rend compte qu’il n’y a personne pour surveiller les nombreux aquariums qui ne sont pas fermés, les laissant à la merci des prédations enfantines.

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Il n’y a personne non-plus pour faire respecter l’interdiction des flashs d’appareil photos – il faut dire cependant que les panneaux expliquant que cela n’est pas respectueux pour les poissons sont peu nombreux et peu exposés.

Les prétentions d’Océanopolis finissent de s’effondrer finalement à la sortie des expositions. Difficile de savoir ce qui est le plus lamentable, si c’est l’immense boutique vendant des centaines d’objets inutiles “Made in China”, ou alors la cantine à peine digne d’un self d’entreprise à la carte déplorable, à base de steak frite et de “légumes” fades hors saison.

La sandwicherie propose même des sandwichs industriels au thon, alors que c’est pourtant le b.a.ba. pour n’importe qui s’intéressant à la protection des océans de critiquer la pêche au thon. Il n’y a même pas l’effort de proposer à manger des produits de la mers locaux, “durable”, etc.

Océanopolis a de grandes prétentions, mais c’est finalement surtout une vitrine pour la modernisation de l’industrie lié à l’Océan ainsi qu’un élément de l’industrie touristique bretonne.

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Le combat des Youtubers KSI et Paul Logan

Deux des Youtubers ayant le plus grand nombre d’abonnés ont prévu de s’affronter dans un match de boxe cet été, le 28 août 2018 : KSI (Olajide William Olatunji) et Logan Paul. C’est un tournant historique dans la dégénérescence du capitalisme : il n’y aucune notion de sport dans ce combat, simplement un divertissement façon combat de gladiateurs, avec une mise en scène démesurée.

KSI, Logan Paul, Deji, Jake Paul

 

KSI et Logan Paul

KSI est un jeune anglais de 25 ans qui s’est fait connaître grâce à ses vidéos de jeux vidéos et qui s’est diversifié avec le rap par la suite. Il est l’un des Youtubers avec le plus d’abonnés : 19 millions.

Logan Paul est un américain de 23 ans qui a commencé sur Vine (application de diffusion de courte vidéos de six secondes, très populaire mais qui n’existe plus depuis plus d’un an) et qui a connu un succès extrêmement rapide notamment sur Youtube où il totalise plus de 21 millions d’abonnés. Il a participé à des émissions télévisées, des séries et a lancé sa propre marque de vêtements (Maverick). Il se plaît à montrer sa richesse et à faire tout et n’importe quoi grâce à sa fortune.

L’un comme l’autre ont été vivement critiqués pour des vidéos scandaleuses et des faits de harcèlement sexuels, comme celles de Logan Paul tournées au Japon qui ont été à très juste titre dénoncées tant elles étaient choquantes et d’un racisme sans nom : blagues dans une forêt tristement célèbre pour ses suicides, moqueries et comportement irrespectueux envers les japonais…

Mais bien entendu, cela n’a pas empêché leur élan de se poursuivre dans la fuite en avant la plus glauque, au motif de vivre librement et intensément leur « aventure », sinon leur « rêve » individuel de petit-bourgeois vaniteux. Ces deux personnalités vont donc s’affronter en Angleterre à la Manchester Arena, une des plus grandes salles fermées d’Europe, à Manchester donc. Ce match doit être « le plus grand combat de boxe amateur de tous les temps », selon KSI.

Ce combat ne sera pas le premier ni le dernier, ce phénomène est un train de prendre une telle ampleur qu’il fini par se structurer comme un pur et simple business prolongeant la carrière des YouTubers clasheurs les plus en vue.

« Delete Paul Logan's YouTube Channel » change.org

 

Le début d’un phénomène

KSI a déjà affronté et vaincu un autre Youtuber dans un combat de boxe : l’anglais Joe Weller. Ce dernier n’est pas un poids lourd de Youtube mais compte tout de même 5 millions d’abonnés, pour des vidéos censées être humoristiques et décalées.

Ce combat a marqué un tournant : KSI passe ainsi d’une salle de 8 000 personnes à une de 21 000 en août. Les sommes en jeux ne sont plus les mêmes.

Bien entendu, il y a eu tout une ambiance entretenue par les deux opposants avant le combat afin de faire monter la pression : l’affrontement devait être un moyen de régler le conflit une bonne fois pour toutes. Du pur spectacle moderne et décadent.

KSI

 

De FIFA à Gladiator

Le combat de KSI et de Logan Paul a eu droit à sa conférence de presse délirante devant une foule complètement aliénée. Ici aussi, il sera question de régler ses comptes, de voir qui est prêt à sombrer le plus dans la barbarie. Car il n’y a pas d’autres mots pour désigner ce qui est en train de se passer : des personnes vont passer de parties de FIFA et de vlog (blog en vidéo) sur leurs vies superficielles à un combat devant des millions de spectateurs. Pour vivre une aventure, se tester, aller toujours plus loin…

Nous vivons donc dans une époque où des gens vont suivre et soutenir deux dégénérés qui ont décidé de faire sauter le peu de civilisation qui leur restait pour vivre comme deux gladiateurs, le temps d’une soirée.

Est-ce le début d’une vague de combats de Youtubers ? Vu comment évoluent les choses, il semble bien que oui. La question est plus de savoir combien de personnes cette vague de barbarie va emporter. Et pour nous, Français, de savoir combien de temps nous serons épargné avant un combat entre deux personnes relativement connues.

Aucune personne à Gauche ne peut rester silencieuse face à ce qui est en train de se passer. On ne peut accepter que la barbarie gagne toujours plus de terrain. Il s’agit de défendre des principes et une morale de Gauche, encore une fois. Il faut refuser le barbarie dans tous les aspects de la vie, il faut dénoncer et combattre toute expression de la barbarie portée par les sociétés capitalistes. Il en va de la civilisation.

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Pour quoi le Conseil Constitutionnel reconnaît-il la notion de « fraternité »?

La société française est-elle démocratique, un pays où des choix sont possibles sans dépendre des classes dominantes? Quand on est de Gauche, on ne peut pas penser que oui. Cela en dit long sur la nature de « gauche » de gens ayant salué une décision du Conseil Constitutionnel.

Dans son avis rendu le 6 juillet suite à son étude de la notion juridique de fraternité, celui-ci énonce que la fraternité est un principe à valeur constitutionnelle. Autrement dit, les lois et règlements ne peuvent déroger que de manière limitée et justifiée à ce principe.

A propos de la fraternité, le Conseil Constitutionnel énonce que :

« Il découle de ce principe la liberté d’aider autrui, dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national. »

Le Conseil Constitutionnel affirme ainsi la valeur juridique suprême de la fraternité, dans la mesure où elle s’exprime comme un choix individuel. C’est une victoire pour les avocats des deux personnes, considérées comme militant en faveur des droits des étrangers illégaux et dont le sort judiciaire dépendait de cette décision.

Mais la portée est plus générale. Le Conseil Constitutionnel considère que la loi doit être changée. Il maintient la limite de l’aide à l’entrée sur le territoire, qui elle, doit pouvoir être sanctionnée. Mais les juges ne doivent plus pouvoir sanctionner le soutien à des personnes se trouvant de manière illégale sur le territoire de la France.

C’est le triomphe du relativisme dans la loi, ce qui est contraire au principe d’une société civilisée. On reconnaît ici la négation du droit comme universel au profit du choix individuel.

C’est le triomphe de l’idéologie présentant la France comme « morale », le « pays des droits de l’Homme ». C’est aussi le triomphe de la migration comme principe reconnu et accepté, alors que c’est l’un des grands drames d’un capitalisme tellement développé qu’il pompe les gens diplômés des pays pauvres et attire des gens voulant connaître leur « rêve américain ».

La Gauche est ici coincée entre les libéraux libertaires faisant des migrants un sujet positif et l’extrême-droite en faisant un sujet négatif, alors qu’en réalité les migrants sont simplement les objets du capitalisme, étant déterminés par la situation mondiale.

Pour les partisans de l’ouverture des frontières aux migrants, les pays d’origine ne peuvent qu’être horribles, sans intérêt, ne valant rien culturellement : on a ici un néo-colonialisme au service des pays capitalistes présentés comme le paradis sur terre, au moins par rapport à l’enfer ailleurs.

La décision du Conseil Constitutionnel a donc bien sûr ravi Génération-s, qui a fait des migrants un thème essentiel à sa convention tout récemment. 

Les militants anarchistes « No Borders » et les juges du Syndicat de la Magistrature se retrouvent ainsi côte-à-côte sur la même barricade, celui du Conseil Constitutionnel, du président de la république, du gouvernement, de la mairie de Paris.

Il ne s’agit pas, de la part du Conseil Constitutionnel, de marquer la fraternité de la nation française envers les populations qui se trouvent dans l’impossibilité de vivre, voire de survivre, au point que des masses nombreuses sont contraintes de quitter leur pays, c’est-à-dire les réfugiés.

Ce qui est validé par les juges, c’est la liberté individuelle de chacun de pouvoir « faire de l’humanitaire » de se prendre, pour ainsi dire, pour Albert Schweitzer, d’agir dans l’esprit de l’Eglise catholique, sur la base de la supériorité du capitalisme, en direction des migrants.

On est là non pas dans l’internationalisme sur la base de la classe, mais dans la charité individuelle, avec en arrière-plan la valorisation du capitalisme à prétention démocratique.

On est là dans un abaissement de la loi qui a une valeur en termes de société au niveau de l’individu et de ses prétendus choix. Ce qui est conforme à l’idéologie du capitalisme, qui nie les classes sociales, le déterminisme faisant qu’un choix correspond à ces classes sociales.

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Proxénétisme « des cités » et aliénation de la société de consommation

Du 25 juin au 3 juillet s’est déroulé, au tribunal correctionnel de Paris, un procès pour proxénétisme aggravé. Les inculpés étaient 12 hommes d’une vingtaine d’années, accusés créé un réseau de prostitution en région parisienne et en Belgique, et finalement condamnés à des peines allant de six mois avec sursis à trois ans et demi de prison ferme, ainsi que 45.000 euros en faveur des parties civiles, des associations qui luttent contre le proxénétisme et la prostitution des enfants, et deux des victimes au titre du préjudice moral.

Les victimes sont âgées de 16 et 17 ans au moment des faits. Les jeunes filles étaient recrutées via les réseaux sociaux qu’elles fréquentent et utilisent (snapchat, instagram ou twitter). Elles sont appâtées par des promesses d’argent gagné facilement et rapidement. Des vêtements de grande marque leur sont offerts. Elles entrevoient alors une possibilité de devenir comme les femmes qu’elles suivent sur les réseaux sociaux : les filles Kardashian par exemple. Ces bimbos gagnent en notoriété et en succès en montrant leur corps, présentant leur vie de débauche comme un bonheur à atteindre pour toutes les jeunes filles.


La publicité, la société de consommation créent des besoins onéreux et inutiles : des vêtements, des accessoires. Le caractère individualiste des réseaux sociaux rend obligatoire, pour faire le buzz de se procurer ces objets. Mais il faut beaucoup d’argent pour cela. Des collégiennes et des lycéennes ne sont pas en mesure de s’offrir de telles choses. Elles vivent dans une sphère virtuelle qui leur offre la bouffée d’oxygène de leur quotidien.

Or ce n’est pas la réalité de la vraie vie à quoi elles aspirent. Elles désirent du rêve crée par la société capitaliste qui chercher à vendre encore et encore plus de choses inutiles rendues primordiales aux yeux des jeunes filles. Elles cherchent alors la facilité pour se les procurer. Elles sont prêtes à n’importe quoi pourvu que ça leur rapporte gros et vite. Elles désirent plus que tout obtenir de l’argent rapidement et en quantité.

Elles sont obnubilées par cette quête. Elles envisagent la prostitution comme un moyen de se sortir de leur situation. Zahia a bien « réussi sa vie » comme ça ! Elles se prennent en photo, à moitié nue dans des poses suggestives. Des « j’aime » et des commentaires élogieux pleuvent.

En rupture de l’école et/ou de leur famille, issues d’un milieu populaire, les filles ne savent pas ce qu’est le travail. Ne pas avoir de moyens de productions, de savoir-faire et/ou de compétences rend difficile le travail.

Cependant, des personnes souhaitent tout de même avoir rapidement de l’argent et en grande quantité. elles font alors des choses pour en obtenir jusqu’à s’oublier, s’abrutir. Elles sont aliénées par la marchandise, par le capitalisme. Passer de instagram au site payant sexemodel devient une ascension sociale pour elles. Leur vie est merdique, elles le savent bien. Alors quand des jeunes hommes les flattent, leur promettent une vie de rêve, elles y croient.

Elles n’ont pas dans leur schéma les valeurs du travail. Ce n’est pas pour manger ni pour apporter gratuitement une chose supplémentaire à la société qu’elles souhaitent travailler.

C’est pour répondre aux sirènes de la consommation capitaliste.

Ces jeunes filles sont bien aliénées par la marchandise, par la société capitaliste. Elles foncent tout en sachant ce qu’elles devront faire. Mais elles ne mesurent pas les conséquences et se prostituent encore et encore et accumulent moins de gains que prévu. La souffrance physique et mentale est telle qu’elles acceptent de se droguer pour continuer.

Jusqu’à dix passes par jour dans des appartements loués sur le site airbnb, des menaces et des insultes. S’en suivent alors les rendez-vous pris par les proxénètes via des sites de petites annonces tels que vivastreet et wannonce.

Le « proxénétisme des cités » c’est un business et les jeunes le perçoivent comme tel. Ils se conduisent comme des entrepreneurs gagnant bien leur vie, gérant leur carnet d’adresse de fournisseurs et de clients. Les prestations sont réglementées.

Les marchandises vendues sont testées et approuvées par les patrons eux-mêmes. Ils se conduisent comme des petits bourgeois du crime. Faire de l’événementiel c’est organiser un événement sur une thématique. Fédérer les travailleurs compétents dans le domaine concerné, louer une salle, créer la publicité, c’est travailler à l’organisation pour une demande précise.

Etre proxénète c’est appâter des filles et les contraindre à continuer de coucher avec des hommes pour de l’argent. C’est de l’esclavage. Quand les jeunes filles veulent se dédire, ils utilisent la violence. Elles sont enfermées dans des appartements, louées à la semaine.


La prostitution n’est pas un salon du tourisme, les agences de voyages présentes payent leur emplacement. Les prostituées ne payent pas pour se prostituer !
Donc la douzaine d’inculpés ne gèrent pas une entreprise de divertissement. Ils gèrent bien un réseau de prostitution de mineures. Ils sont proxénètes.
Pour les accusés du procès parisien, ces jeunes filles sont d’ailleurs qualifiées « de bonnes bosseuses ».

Le travail est la transformation de la nature par l’homme en réalisant ses buts de manière consciente. Le travail est un processus qui nécessite trois actions. La première est que l’homme mène une action en poursuivant des objectifs. Cette réalisation doit avoir un objectif de réalisation. L’homme a donc besoin de moyens de production pour arriver au résultat escompté.

Par le travail, l’homme se différencie de l’animal en ce qu’il utilise des moyens d’existence modifiés par le travail alors que l’animal utilise ce qui est à sa portée, donc ce qui n’est pas transformé. L’homme utilisera un écrou manufacturé par un ouvrier. C’est un honneur pour l’ouvrier de fournir des moyens d’existence aux autres. Le travailleur est alors une cheville ouvrière pour la collectivité.

La prostitution est une activité personnelle, ne transformant en rien une matière brute. Les filles qui sont obligées de se vendre n’ont pas pour objectif le viol tarifé. Elles n’en sont souvent pas fières. Elles sont contraintes d’être des marchandises et non des créatrices de moyens utiles aux autres.

La production n’est donc en rien un travail. Les jeunes filles victimes de ce réseau de prostitution ne sont pas des travailleuses, ce sont des victimes.


Quand les jeunes gens ont besoin de s’ouvrir à la sentimentalité, le capitalisme leur occulte les yeux avec des paillettes et des marchandises en veux-tu-en-voilà.

Ils en deviennent eux-mêmes de la marchandise pour se procurer ces choses superflues. Au vu leur activité quotidienne et des valeurs qu’ils en tirent, ils ne peuvent que se consommer du fait de la prostitution. Ce sont les valeurs qui dominent dans le capitalisme qui posent problème.

En tant que personnes de Gauche, nous devons travailler pour permettre une autre réalité sociale pour une autre culture qui succéderait à elle ci. Donc offrir aux jeunes gens une autre sentimentalité.

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« L’inter-LGBT » et les « discriminations » dans le sport

Le thème de la « marche des fiertés » à Paris concernait cette année les discriminations dans le sport. Le slogan était : « Les discriminations au tapis, dans le sport comme dans nos vies ! ». En apparence, cela sonne juste et progressiste, contre l’homophobie. En réalité, « l’inter-LGBT » qui organise cela mélange tout et n’importe quoi, de par sa dimension libérale et anti-populaire.

La lutte contre l’homophobie dans le sport est une cause démocratique essentielle. L’orientation sexuelle d’une personne ne devrait pas être un sujet pour l’activité physique. Les préjugés à l’égard des femmes et des hommes homosexuels dans les milieux sportifs doivent être dénoncés.

Par exemple, il faut critiquer le fait que le président du club de football anglais Watford, le célèbre chanteur Elton John, soit moqué par certains supporters pour son homosexualité. Il faut aussi reconnaître et se féliciter du fait que, pour une grande majorité de suiveurs du football, l’orientation sexuelle du président du club de Watford n’est pas un sujet de conversation.

Le sport est très populaire à notre époque car il a une dimension universelle. C’est cela qui plaît par exemple avec la Coupe du Monde de Football. Des nations du monde entier peuvent s’affronter selon les mêmes règles et de manière (relativement) équitable, en tant que ce sont des expressions particulières de la même humanité.

La question homosexuelle devrait être comprise de cette manière : les femmes et les hommes homosexuels sont, sur le plan des relations amoureuses, des expressions particulières et minoritaire d’une même humanité. Ce qui compte est d’aller dans un sens commun, universel.

Les personnes gays et lesbiennes doivent alors avoir dans le sport leur place de manière indifférencié, sans avoir pour autant à cacher la réalité de leur relation amoureuse avec une personne du même sexe.

« L’inter-LGBT » ne raisonne pas de cette manière dans son communiqué contre les « discriminations » dans le sport. Ce qui l’intéresse est au contraire l’affirmation et la multiplication des particularités, et ce de manière exacerbé.

Le terme « LGBTQI+ » qui est utilisé est une sorte de catalogue des affirmations individuelles sur le plan de la sexualité et du genre. Chacun aurait le droit de « choisir » et il n’y aurait en fait aucune réalité naturelle, pas même des hommes et des femmes.

Ce rejet de la réalité naturelle est incompatible avec le sport car il est, par essence, un rapport à la nature. Il s’agit dans le sport d’exprimer des capacité physiques et intellectuelles naturelles. Le matériel, comme une perche dans le saut à la perche ou bien un vélo dans le cyclisme, ne sert que de vecteur à l’expression de capacités naturelles.

C’est la raison pour laquelle la grande majorité des sports différencie les catégories féminines des catégories masculines. Il y a dans le sport une volonté d’universalité, d’expression équitable des réalités naturelles.

Dans le cyclisme par exemple, les meilleurs femmes professionnelles ont globalement un niveau équivalent à celui d’un coureur amateur masculin de bon niveau régional. Pour des raisons hormonales essentiellement, mais aussi en partie culturelles, le niveau des femmes est différent. Il serait alors absurde de nier cela, et mettre tout le monde sur le même plan. Cela serait contraire à la recherche d’universalité. Un coureur amateur régional masculin ne peut pas moralement se prétendre meilleur qu’une cycliste professionnelle.

 

Cette question est précisément ce qui dérange les personnes parlant de « LGBTQI+ ». Dès que l’on pose la question du sport féminin, on voit tout de suite qu’ils sont dans une impasse, et ne peuvent s’en sortir que de manière antidémocratique, en rejetant les revendications populaires.

L’inter-LGBT prétend qu’on pourrait choisir d’être homme ou femme, voire aucun des deux. Cela est contraire au combat démocratique et populaire des femmes dans le sport qui est justement de pouvoir affirmer les catégories féminines.

L’inter-LGBT fait de la question homosexuelle une question de libéralisme. Chacun pourrait faire ce qu’il veut, et l’homosexualité ne serait qu’une option, un choix.

Le sport est donc vécu par ces gens comme étant « normatifs », discriminatoire, car il ne restreint l’expression de tous ces particularismes. « Le sport est bel et bien le terrain privilégié de stigmatisations », disent-ils.

Ce n’est là que du libéralisme, qui désert d’ailleurs totalement la cause homosexuelle, tout comme le féminisme en général.

Les personnes gays et lesbiennes sont prises au piège de ce genre de discours « LGBT », elles sont utilisées comme caution démocratique pour affirmer des valeurs décadentes, des choix autocentrés.

Au contraire, la fierté homosexuelle doit s’affirmer dans le sport, comme dans la vie, justement parce que ce n’est pas un « choix », mais une réalité. Les homosexuels sont des gens comme les autres et doivent pouvoir faire du sport et suivre le sport, « comme tout le monde ».

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Le Conseil Constitutionnel aborde la notion de fraternité

Depuis le 26 juin, le Conseil Constitutionnel étudie la notion juridique de fraternité. La fraternité est présente dans la loi fondamentale de la république comme composante de la devise : liberté, égalité, fraternité. La question est de savoir quelle est la portée juridique de la fraternité.

Concrètement, il s’agit de déterminer si oui ou non, la « fraternité » doit être prise en compte comme valeur incontournable irriguant toute loi. Évidemment, il y a en arrière-plan la profonde crise de cette notion de par l’individualisme du capitalisme triomphant, le relativisme, l’esprit de concurrence.

L’enjeu est de taille pour deux citoyens ayant aidé au séjour irrégulier de personnes entrées illégalement sur le territoire français. Les avocats de ces personnes condamnées en première instance et en appel jouent ici leur va-tout. Si la fraternité est reconnue comme un principe incontournable, alors la loi sur l’aide au séjour irrégulier ne saurait être opposable aux personnes agissant simplement par solidarité, sans intention frauduleuse.

Des associations poussent dans ce sens. Il s’agit notamment des associations protestantes liées historiquement à la question des réfugiés, comme la CIMADE. On voit aussi une partie des catholiques mettre en avant leur conception de l' »hospitalité ». Les associations de défense des Droits de l’Homme plaident quant à elles pour une meilleure protection des bénévoles de l’aide aux clandestins.

Rappelons ici qu’il ne faut pas confondre charité chrétienne et partage au sens socialiste du terme… Cela n’a même rien à voir et la Gauche ne devrait pas avoir pour but d’accompagner les migrations imposées par le capitalisme à des gens abandonnant leur pays, leur famille, leur vie.

Faire de la retape pour la France « moderne », des droits de l’Homme, accueillante, fraternelle, c’est servir une idéologie qui n’est pas celle de la Gauche, mais du régime en place!

Raisonner abstraitement en termes de fraternité contribue à renforcer les illusions quant à une fraternité institutionnelle qui existerait. Le Conseil constitutionnel est bien une institution parfaitement non-démocratique composée sur la base de désignations arbitraires au plus haut niveau de l’État. Et pour autant, c’est cet organe de l’État qui, paradoxalement, est chargé de veiller sur le respect des droits fondamentaux des citoyens.

On est ici dans une rapport idéologique, mensonger, qui tient historiquement à ce que la notion de fraternité fasse partie de la devise de la république française.

En effet, la liberté est la plus haute valeur de la bourgeoisie. C’est en faisant accéder la notion de liberté individuelle au plus haut niveau des conceptions philosophiques que la bourgeoisie a pu mobiliser pour conquérir le pouvoir politique en France. C’est la liberté qui est venue briser les privilèges féodaux. La liberté est strictement encadrée par le pouvoir politique, puisqu’elle est limitée par les lois.

L’égalité est une concession faite à la classe travailleuse naissante et à la paysannerie immense du 18e siècle. La féodalité représentait ce système obsolète des inégalités érigées en institutions et justifiées par la naissance. L’égalité à la naissance est un fondement de la république (« les hommes naissent égaux en droit »). Il s’agit d’une égalité des droits, bien sur, non d’une égalité réelle. Sous couvert de cette égalité formelle, la bourgeoisie peut exister avec la propriété, se maintenir et donner des gages de bonne foi.

Voilà comment Marx explique dans son texte Les luttes de classes en France (1848-1850), l’entrée de la fraternité dans la devise républicaine à la faveur de la révolution de 1848 :

« Ainsi, dans l’esprit des prolétaires qui confondaient en général l’aristocratie financière avec la bourgeoisie, dans l’imagination de braves républicains qui niaient l’existence même des classes ou l’admettaient tout au plus comme une conséquence de la monarchie constitutionnelle, dans les phrases hypocrites des fractions bourgeoises jusque-là exclues du pouvoir, la domination de la bourgeoisie se trouvait abolie avec l’instauration de la République.

Tous les royalistes se transformèrent alors en républicains et tous les millionnaires de Paris en ouvriers. Le mot qui répondait à cette suppression imaginaire des rapports de classe, c’était la fraternité, la fraternisation et la fraternité universelles.

Cette abstraction débonnaire des antagonismes de classes, cet équilibre sentimental des intérêts de classe contradictoires, cette exaltation enthousiaste au-dessus de la lutte de classes, la fraternité, telle fut vraiment la devise de la révolution de Février.

C’était un simple malentendu qui séparait les classes, et, le 24 février, Lamartine baptisa le Gouvernement provisoire : « Un gouvernement qui suspend ce malentendu terrible qui existe entre les différentes classes. » Le prolétariat de Paris se laissa aller à cette généreuse ivresse de fraternité. »

Graver la fraternité sur les frontons des Mairies, c’est laisser penser que dans la république française, tous les français vivent en frères et soeurs, en dépit de l’exploitation d’une classe par l’autre. Mais si on donne une réalité juridique à la fraternité, alors il faudra que la bourgeoisie partage fraternellement, pour de vrai.

On le comprend, ce n’est pas une décision du Conseil Constitutionnel qui pourra imposer la fraternité. La fraternité suppose la disparition des classes sociales, et pour cela il faut le socialisme ; laisser le Conseil Constitutionnel fournir un avis à ce sujet, c’est contribuer au maintien des illusions.

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Défaite de l’Allemagne en football et nationalisme français de la « France Insoumise »

La France Insoumise s’est lancée dans une opération de nationalisme anti-allemand forcené à la suite de l’élimination, au premier tour de la coupe du monde, de l’équipe d’Allemagne. Cette dernière a connu une défaite récurrente ces dernières années de la part du champion en titre s’imaginant pouvoir se reposer sur ses acquis et échouant à reconquérir son titre (et non pas simplement le conserver).

Ce qui ressort ici, ce sont les valeurs du nationalisme français le plus traditionnel qu’on retrouve chez la France Insoumise, en opposition frontale avec les valeurs de la Gauche qui n’ont jamais assimilé un peuple à son gouvernement, ni d’ailleurs un peuple à un préjugé négatif quelconque.

Malheureusement, ce sont bien évidemment les partisans de l’Union Européenne dans sa version libérale, capitaliste, qui ont été aux premières loges pour le dénoncer. Car c’est un affrontement entre libéraux et nationalistes auquel on assiste ici, ce qui est un piège terrible.

Les libéraux, les capitalistes, prétendant améliorer les conditions matérielles et empêcher la guerre grâce à l’Europe, ce qui est de moins en moins vrai et bientôt ne le sera plus du tout.

Les nationalistes veulent que leur pays tirent leur épingle du jeu le plus vite possible, en faisant cavalier seul.

C’est à cette catégorie qu’appartient la France Insoumise et son populisme. C’est bien toute une stratégie, profitant de toutes les opportunités. On a d’ailleurs Manuel Bompard, coordinateur des campagnes de la France insoumise, qui parle à cette occasion de dégagisme.

Djordje Kuzmanovic, responsable « géopolitique » de la France insoumise, a la même interprétation populiste. On remarquera qu’il présente la France comme une colonie allemande, ce qui est un discours relevant de l’idéologie nationale-révolutionnaire.

Bastien Lachaud, député LFI de Seine-Saint-Denis, a publié un tweet enlevé par la suite, disant :

Merci aux Coréens, Battiston est enfin vengé – Séville 1982 ! Dégageons Angela Merkel pour venger les peuples européens

Adrien Quatennens, député LFI du Nord, a tenu des propos dans le même esprit.

Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs tout fait pour souligner le trait, déjà bien forcé.

Preuve de la démagogie de Jean-Luc Mélenchon, voici ce qu’il a pu mettre en avant juste avant ces propos.

Plus de guerre, plus de compétition, puis peu après la dénonciation nationaliste de l’Allemagne. Tout cela est d’ailleurs un fourre-tout lamentable, puisqu’en même temps on trouvait cela : Merkel associée aux panzers, qui dépouillerait la France.

L’échec de la Gauche est terrible : il accorde des espaces aux chauvins, aux nationalistes, aux antisémites, qui se prétendent contre le capitalisme, contre l’impérialisme, pour mieux mobiliser dans un sens nationaliste.

Ce qui est totalement ressemblant à l’Italie des années 1920, l’Allemagne des années 1930, avec l’utilisation du ressort « national » pour mobiliser prétendument pour du « social ».

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Serndip : des rencontres sans lendemain contre les relations sincères

Serndip est une énième application de rencontre disponible sur smartphone depuis début 2018. Comme chacune, elle se veut complètement différente, le principe est de mettre l’accent sur des rencontres autour d’activités. Bien évidemment, elle propose de faire des vraies rencontres, de trouver sa moitié, etc. Contrairement au gros concurrent du secteur : Tinder et sa réputation des « dates Tinder » sans lendemain.

Serndip publicité : 18 heures bowling, 22 heures strike
Ignoble

Pourquoi parler de Serndip aujourd’hui ? Parce qu’elle a lancé une grand campagne de publicité. Une campagne où chaque affiche est une attaque contre l’idée même d’une relation sincère, d’une véritable romance.

L’une des affiches atteint des sommets dans le glauque, on y voit une deux blocs de texte dans lesquels sont incrustées des images. On lit « 18 heures bowling » en haut avec le visage souriant d’une jeune femme, et « 22 heures strike » en bas avec deux paires des pieds sous une couette. Où est la romance, la sincérité là-dedans ? Sans même parler de la femme considérée comme trophée sexuel…

L’entreprise derrière l’application affirme pourtant :

Le réel, l’alchimie, le partage, l’échange, les passions : tout ce qui fait le sel de la vie et de la rencontre amoureuse… C’est exactement ce qui manque aux applis et sites de dating contemporains. (source)

Où est l’amour dans des affiches qui ne parlent que de sexe et de conquêtes ? Où est le partage lorsque l’on considère comme une victoire, un « strike », de coucher avec une personne moins de quatre heures après la première rencontre ?

Mentionnons également cet extrait de la FAQ :

Les évènements de Serndip sont-ils uniquement composés de célibataires ?

Serndip est une application dite de rencontres, de “dating”. Elle a vocation à créer des relations amoureuses. Par conséquent, ses membres s’y inscrivent car ils cherchent à rencontrer l’amour, que ça soit une aventure, une relation poly-amoureuse ou exclusive. Il n’y pas de règles, on peut vouloir un type de rencontre et passer d’un type de relation à un autre.

De l’amour dans une aventure ? De l’amour dans le poly-amour ? Pas de règles ? Comment peut-on être à ce point hypocrite ? Tout cela est abject et à des années lumières du mouvement ouvrier et de ses principes.

Finissons par la série d’article « Dating anatomy » qui sont une tentative de paraître vrai, d’être en phase avec son époque. Les personnages sont forcés, racoleurs et vides, incroyablement vides. Il n’y a aucune profondeur. Et le dessin est à l’image du contenu : une catastrophe.

Serndip, dating anatomy : encore et encore
Critiquer Tinder pour faire… presque pareil ?

Prenons par exemple l’épisode « Encore et encore… ». On y découvre trois histoires centrée autour d’une jeune femme, elle rencontre et couche avec une nouvelle personne chaque semaine. A chaque les rencontres se font via une application baptisée « Pecho+ » et à chaque fois cette femme est déçue.

L’attaque contre Tinder est évidente. Mais, au fond, que critique Serndip ? Certainement pas le fond : il n’y a aucune dénonciation des relations sans lendemain, aucune remise en question du manque criant de sentiments dans cette BD. Au final l’application ne propose que de consommer mieux, pas d’envisager différemment les relations entre les personnes.

Entre les personnes complètement corrompues moralement (poly-amour, refus du couple) et toutes celles cherchant tant bien que mal à vivre quelque chose de sincère, il y a une place pour toutes ces applications de rencontres. Et à l’heure des startups, de plus en plus de personnes comptent bien en tirer de l’argent.

Il faut remettre la romance, la sincérité et le couple au centre des relations entre personnes. Il faut dénoncer les délires libéraux de relations poly-amoureuses, non-exclusives. Il faut en finir avec le libéralisme-libertaire issu de « mai 68 », revenir aux idéaux de « mai 68 » d’une société libérée du capitalisme et de sa corruption.

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Le sens de la polémique sur les adoptions par des parents homosexuels

La semaine dernière a vu enfler une polémique d’ampleur nationale autour du droit des couples homosexuels. A la suite de l’interview d’une fonctionnaire des services de l’adoption du département de Seine-Maritime, une plainte a été déposée par une association de personnes homosexuelles (Association des familles homoparentales) pour discrimination. Une enquête a été ouverte par le parquet de Rouen.

Voici la retranscription des propos tenus à l’antenne de France Bleue Normandie, le 18 juin :

La journaliste : « Est-il plus compliqué pour les couples homosexuels que pour les hétérosexuels d’adopter un enfant de trois mois qui va bien en Seine-Maritime ?

La fonctionnaire : « Il y aura des parents qui correspondent davantage aux critères requis  »

La journaliste : «  Et donc pas un couple homosexuel ?  »

La fonctionnaire :  » Ben non. Les couples homosexuels sont eux-mêmes un peu atypiques, si on peut dire, par rapport à la norme sociale et à la norme biologique, donc si leur projet supporte des profils d’enfants atypiques (…), si les couples homosexuels ont des attentes ouvertes, ils peuvent très bien adopter un enfant »

La journaliste : « Pour les couples homosexuels, l’adoption reste envisageable si leur projet supporte des profils d’enfants atypiques?».

La fonctionnaire : « Des enfants dont personne ne veut, puisqu’il y a des gens qui ne veulent pas adopter des enfants trop cassés, trop perturbés psychologiquement, trop grands, handicapés… Ces enfants-là ont des perturbations qui ne sont pas recherchées par les couples et c’est normal. »

Interrogé sur franceinfo, le président de l’association des familles homoparentales s’insurge :

« Ce qu’elle dit, c’est que les enfants dont personne ne veut, comme les enfants trop cassés, handicapés, pourraient faire l’objet d’une adoption par les couples homosexuels, mais ils ne seraient pas prioritaires. Tout ça c’est de l’homophobie, cela relègue l’idée qu’on serait des sous-citoyens, qu’on devrait passer après tout le monde. »

C’est là un discours : celui du droit à l’enfant. A lire de tels propos on pourrait penser qu’il y a des adoptions en masse qu’on se procurerait comme des produits vaisselle au supermarché et qu’on priverait certaines personnes du droit de consommer.

C’est là du libéralisme, qui s’est accompagné du refus du débat démocratique sur ce qu’est une adoption, ce que sont des parents.

D’ailleurs, sommé de s’expliquer, notamment par les jeunes socialistes de son département, le Président (UDI) du Conseil Départemental concerné s’est désolidarisé de son agent, faisant état de nombreuses actions de son institution en faveur des personnes homosexuelles et contre leur discrimination.

C’est là déplacer le problème, saborder une expertise concernant l’adoption – qu’elle soit bonne ou mauvaise il la faut et donc il faut en débattre.

Jacques Toubon, le Défenseur des Droits, s’est pareillement auto-saisi de la question. Interpellée à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat en charge de l’égalité femmes-hommes, a réagi dans un communiqué : « Aucune discrimination ne saurait être tolérée. »

Mais, est-ce bien la question principale ici ? Non. La question n’est pas celle des droits des personnes homosexuelles. Pour le comprendre cela, il faut établir les faits en se gardant de tout sensationnalisme. Quels sont-ils?

L’adoption est un des domaines de la protection de l’enfance. L’Etat, au travers de l’ « aide sociale à l’enfance » exercée par les Conseils Départementaux, prend en charge les enfants privés de parents.

Ces pupilles d’Etat peuvent être proposés à l’adoption. Ce sont donc les enfants qui sont les bénéficiaires de la procédure d’adoption, en vue de leur trouver une famille. Il n’existe pas de droit à avoir un enfant.

En revanche, il existe un droit pour les couples, parmi lesquels les couples homosexuels, de se voir attribuer un agrément en vue d’adoption. Cet agrément est délivré par le Conseil Départemental.

Il s’agit d’un acte administratif attestant de la qualité du projet parental du couple et d’une certaine capacité du couple à recevoir un enfant. Si un couple se voit refuser l’agrément, il peut saisir la justice administrative pour contester la décision ce refus. Les juges annuleront, par exemple, les refus d’agrément fondés sur un motif discriminatoire.

13 700 couples munis d’un agrément en cours de validité attendent présentement de devenir les parents d’un enfant pupille d’Etat.

Cela, c’est la réalité, bien éloigné du droit à l’enfant repris par les associations et les promoteurs des droits individuels sans aucun respect pour le réel.

Et pour obtenir cet agrément, il y a une procédure. Pour cela, il faudra en effet que le conseil de famille de leur département le décide. Le conseil de famille est une instance composée d’élus du conseil départemental, de membres d’associations de pupilles de l’État et de familles adoptantes et de professionnels de la protection de l’enfance, chargée d’évaluer les candidats à l’adoption.

Guide du représentant du conseiller de famille des pupilles de l'Etat

Les enfants pupilles d’Etat ont des parcours de vie particuliers, quel que soit leur âge, ils ont tous subi des ruptures affectives. L’enjeu est de choisir parmi les candidats le couple (ou la famille) qui pourra au mieux satisfaire les besoins de l’enfant. Il s’agit d’une décision souveraine qui aura des conséquences sur des individus pour la durée de leur vie.

Dès lors, il faudrait faire preuve d’une grande inconséquence pour envisager la question du choix des parents adoptifs en terme de ratio homosexuels / hétérosexuels.

Ici, le droit à « consommer » s’oppose à la réalité, qui a sa complexité, sa dignité. On ne se procure pas un enfant, dans une adoption, c’est l’enfant qui se voit donner la chance d’avoir un foyer. C’est bien différent!

Mais cela, le populisme ne peut pas le voir, encore moins s’il ne veut pas le voir car il raisonne en  termes de droits individuels.

Et, donc, ce qui préside au choix des membres du conseil de famille, c’est le projet du couple candidat à l’adoption. Les nourrissons en bonne santé trouvent facilement des parents.

Ce n’est pas le cas pour d’autres. Certains des enfants pupilles d’Etat sont plus âgés, leur prime enfance pourra avoir été marquée de traumatismes, de carences affectives, de violences ou de négligences. D’autres sont en fratrie, d’autres encore sont victimes de maladie ou porteurs d’un handicap. Et plus de 800 enfants aujourd’hui pupilles d’Etat sont des enfants dits « à besoins spécifiques ».

La question n’est pas celle du sexe des adoptants ou de leur orientation sexuelle. Il s’agit de trouver des parents dont le projet de couple est de les accueillir avec leurs différences et capables d’adapter leur vie aux besoins de ces enfants.

Il y a eu ici un profond déplacement orchestré par la polémique, dans un sens libéral, dans le sens de la consommation : il y aurait un droit à l’enfant. Il est évident ici que l’ombre de la Gestation Par Autrui (GPA) était juste derrière, c’est-à-dire le refus de la nature et l’élargissement à tout prix du marché.

S’étonnera-t-on alors que l’association qui a lancé la polémique, l’association des familles homoparentales (ADFH), soit justement favorable à la GPA?

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9 choses anecdotiques mais importantes sur la coupe du monde de football 2018

1. Le budget de l’organisation de la Coupe du Monde est monstrueux. Annoncé à 9 milliards d’euros, il tourne plutôt autour des 10 milliards d’euros après des ajustements de dernière minutes. A titre de comparaison, le mondial en Allemagne en 2006 avait coûté 430 millions d’euros.

Le Qatar devrait dépenser encore plus pour la Coupe de Monde 2022 : le budget annoncé est, pour l’instant, de 15 milliards d’euros, dont une grande partie pour des stades qui seront inutiles. Ce problème de stades concerne déjà la Russie puisque certains stades ont été agrandis à grand frais, alors que cela sera inutile par la suite pour les clubs y évoluant, voire même cela pourra constituer un handicap en raison des frais d’entretien.

2.La diffusion TV des matchs de coupes du monde sont perturbés de jeux SMS insupportables, y compris sur Bein Sport, qui est pourtant payante. Ils sont infantilisant, jouent sur la pulsion et l’émotion des spectateurs en annonçant des sommes immenses, avec des questions stupides, du genre : qui a marqué tel but lors de tel match, alors que cela a été dit juste avant, sans parler qu’on peut trouver l’information avec internet…

Et c’est à peine légal car les jeux d’argents sont très réglementés. Les chaînes contournent en fait la réglementation en proposant de rembourser les SMS. En pratique, cela n’est bien sûr pas réclamé par l’immense majorité des joueurs, et ces jeux sont très rentables…

3. Leroy Sané est un ailier gauche allemand et le meilleur joueur de son équipe. Il n’a pas pourtant pas été sélectionné, ce qui a provoqué de puissants remous en Allemagne. Le grand quotidien Die Zeit l’a défendu : « Leroy Sané est le genre de joueur pour lequel on regarde le football ». C’est vrai qu’il est techniquement excellent et très créatif. Seulement voilà, il est mal éduqué, trop individualiste.

Pour preuve son grand tatouage dans le dos. On y voit… lui-même célébrant un but. Il y a même le logo Nike sur ses chaussures. Quel narcissisme, quelle aliénation.

4. Normalement, on peut dire que les clubs sont l’essence du football mais les compétitions internationales sont des sortes de trêve, des moments où clubs s’effacent. Tel n’a pas été le cas avec le Real Madrid qui choisit comme nouvel entraîneur le sélectionneur national espagnol Julen Lopetegui qui avait encore pourtant deux ans de contrat.

Cela dans le dos de la Fédération espagnole et en l’annonçant juste quelques jours avant la compétition. Trop énorme : la fédération espagnole n’a pas eu le choix que de le limoger, tellement cela est irrespectueux, tellement cela représente un effondrement total sur le plan des valeurs, de la morale.

5. Pour en rester à ce thème du respect de l’équipe nationale, et la tradition qui veut que les problématiques de club s’effacent, il y a également l’affaire Antoine Griezmann. Partira, partira pas de l’Atletico Madrid ?

Il a soufflé le chaud et le froid, pour finalement l’annoncer au profit d’une chaîne privée et au mépris des supporters et commentateurs, à qui il avait promis une réponse auparavant. Le joueur français a pris le risque de perturber son équipe en plein pendant le mondial, et l’on a du mal à comprendre comment la Fédération française de Football a pu accepter cela. A moins que le star system et l’argent ne décident de tout?

6. Les Français ne sont pas des Japonais, et la réciproque est vraie. Les Japonais se sont en effet remarqués dans le stade après le match, parce qu’ils récupéraient toutes les ordures de leurs zones pour les mettre dans des sacs poubelles. Un haut degré de socialisation qui fait rêver, dans un pays comme la France où jeter n’importe quoi n’importe comment est un sport national, valorisé par tout un chacun comme de l’affirmation individuelle !

7. La Belgique a un entraîneur qui ne parle ni français, ni flamand. Pas grave, puisque dans le staff pas grand monde ne le fait… Le sélectionneur Roberto Martinez est en effet espagnol, ses deux adjoints sont anglais et français (Thierry Henry), le préparateur physique est gallois, etc. Pour trouver un belge dans la hiérarchie de l’encadrement, il faut remonter jusqu’au deuxième entraîneur des gardiens, Erwin Lemmens !

En ce qui concerne les joueurs, seul le défenseur Leander Dendoncker joue en Belgique en club, au RSC Anderlecht. Tant mieux pour les échanges internationaux, quel dommage que cela soit avec la mondialisation! Et ce n’est pas comme cela que le sectarisme et le repli identitaire disparaîtront en Belgique, malheureusement…

8. L’équipe suisse a quatre joueurs d’origine kosovare : Granit Xhaka, Xherdan Shaqiri, Valon Behrami et Blerim Dzemaili. Lorsque les deux premiers ont marqué contre la Serbie, ils ont ostensiblement célébré leur but avec un geste symbolisant l’aigle albanais. C’est une provocation nationaliste : le Kosovo, désormais indépendant, est peuplé en grande majorité d’Albanais, mais est considéré par la Serbie comme l’un de ses territoires historiques.

Un tel geste est dans tous les cas une provocation ahurissante. L’entraîneur de la Serbie a, avant le match, eu une attitude qui est la bonne, celle ne faisant pas des Balkans une poudrière. « Je suis d’un pays avec plusieurs cultures, de Bosnie. Mon père est monténégrin, ma mère serbe. Je suis un homme international. La nationalité n’est pas pour moi quelque chose de pertinent. »

9. En 2002, le commentateur Thierry Roland avait expliqué que «Il n’y a rien qui ressemble plus à un Coréen qu’un autre Coréen, surtout habillés en footballeurs, d’autant qu’ils mesurent tous 1,70 m, qu’ils sont tous bruns, à part le gardien. »

Cette stupidité raciste est reprise par le sélectionneur sud-coréen Shin Tae-yong, qui lors des entraînements de préparation a fait plusieurs fois intervertir les maillots des joueurs, frappés d’un numéro précis. « Il est très difficile pour les Occidentaux de différencier les Asiatiques, c’est la raison pour laquelle nous avons fait cela » a-t-il expliqué. Il y a encore du chemin avant le 21e siècle finalement…

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La mairie socialiste de Nantes brade le stade de football de la Beaujoire

Le projet Yello Park prévoit la destruction du Stade de la Beaujoire dans lequel évolue le FC Nantes pour construire une enceinte privée, typique du « football moderne ». La mairie acquise au Parti Socialiste soutient directement le projet. Elle a annoncé qu’elle va céder l’équipement public pour une somme incroyablement basse : 10,6 millions d’euros.

 

La Beaujoire au prix d’une friche

10,6 M€ : une telle somme n’évoque pas forcément grand chose, alors il faut la mettre en perspective. Rien qu’entre 2015 et 2017, la métropole de Nantes a investi 6 millions d’euros en travaux de rénovation de la Beaujoire. À titre de comparaison, le récent stade d’athlétisme couvert Pierre Quinon à Nantes, avec ses 500 places assises, a coûté 18 millions d’euros.

Concrètement, cela signifie que la ville brade la Beaujoire. Cela revient à céder le terrain pour une valeurs équivalente à une simple friche dans un quartier peu attractif d’une région sinistrée. L’information a été accueillie avec stupéfaction par les acteurs locaux, tellement cela paraît incroyable.

Cela d’autant plus que c’est une dilapidation d’équipement public, c’est-à-dire d’un stade qui appartient en théorie à la collectivité, au profit d’un projet privé destiné à faire de l’argent pour quelques personnes, qui sont par ailleurs déjà riches.

 

Une décision unilatérale

Depuis son annonce, le projet Yello Park a suscité de nombreuse interrogations. Il est très vite apparu que tout a été décidé en sous mains entre les acteurs privés et la mairie, sans concertation avec les habitants et les supporters du club.

D’un côté, le président du FC Nantes Waldemar Kita, qui a fait fortune dans la chirurgie esthétique, s’est associé au promoteur Yoann Joubert à la tête du groupe Réalité. Ils ont monté un gigantesque projet capitaliste, avec des commerces et des habitations autour du nouveau stade ultra moderne, qui serait en quelques sorte un lieu de spectacle.

De l’autre, la mairie entend se débarrasser facilement d’un équipement qu’elle estime n’être pas intéressant pour elle. Cette volonté de la mairie date au moins de la précédente mandature de Jean-Marc Ayrault.

Pour justifier cela, des chiffres farfelus ont été mis en avant, et il a été prétendu de manière grotesque et mensongère par Waldemar Kita que « Refaire la Beaujoire coûterait plus cher que faire un nouveau stade ». On est là dans le mensonge et la manipulation la plus vile. Rien qu’avec les chiffres qu’il avance lui-même, cela ne tiens pas, puisqu’il estime une rénovation à 100 M€ et son nouveau stade à 200 M€ !

 

 

Un projet contesté

Le groupe de supporters Brigade Loire a fait un gros travail pour étudier cela, montrer quelles pourraient-être les autres solutions, comprendre les enjeux. Un dossier de 111 pages a été rédigé (visible ici), avec de nombreux chiffres, beaucoup de comparaisons, de données, etc.

Il apparaît comme évident pour beaucoup qu’il n’est pas utile de détruire la Beaujoire. Une rénovation serait tout à fait possible, et même préférable. La décision de céder la Beaujoire au Yello Park a été prise unilatéralement, sans laisser la possibilité à d’autre projets d’être proposés.

Il n’y a même pas eu d’appel d’offre, c’est-à-dire une mise en concurrence, ce qui est censé être la norme dans l’économie capitaliste. En réalité, la concurrence n’est qu’un moyen pour les capitalistes d’accaparer des marchés, et les plus gros groupes ont les moyens d’empêcher toute concurrence quand cela va dans leur sens.

 

 

Contre le “football moderne” ou pour le “foot business” ?

Ce qui est censée être la Gauche avec le Parti Socialiste, participe en fait directement de cette folie capitaliste. Elle dilapide le patrimoine collectif, n’a pas d’autre projet d’avenir pour la population que la soumission au marché et à la mégalomanie de quelques individus voulant laisser une trace.

Ce projet suscite d’autant plus de méfiance que la population n’a pas confiance en Waldemar Kita qui, à la tête du club depuis plus de 10 ans, a multiplié les erreurs de gestions et n’a jamais su maintenir une quelconque stabilité.

Le club s’endetterait directement avec le Yello Park. Cela pourrait causer sa faillite en cas de difficulté sportives. En l’état, il n’y a aucune raison d’imaginer que la situation sportive du FC Nantes évolue de manière positive dans les prochaines années. C’est aujourd’hui une équipe de milieu de tableau qui pourrait facilement se retrouver à jouer le maintien, voir être reléguée en Ligue 2.

Par ailleurs, absolument rien ne garantie le succès commercial du projet. De nombreux exemples de nouveaux stades alertent sur ce risque, comme le montre le dossier de la Brigade Loire.

La seule chose qui est certaine dans cette affaire, c’est que si le projet aboutissait, la mairie socialiste de Nantes aurait fait détruire pour un maigre gain un équipement public fonctionnant, avec une valeurs patrimoniale indéniable.

Cela serait un bon énorme vers la confiscation totale du FC Nantes à la population. Comme c’est la norme dans le “football moderne”, le club deviendrait encore plus une structure anti-démocratique et anti-populaire, servant un divertissement hors-sol et uniquement mercantile.

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Légalisation du MMA : non !

Le côté positif de le la présidence d’Emmanuel Macron est que le libéralisme est de plus en plus franc et assumé. Le libéralisme serait devenu le véritable progrès et compte bien ajuster la société à ses besoins : après la question de la libéralisation du cannabis, voici celle du MMA (Mixed Martial Arts).

mma ufcLe MMA est un sport de combat qui se veut complet puisqu’il comporte des frappes, des projections au sol, des étranglements, etc. En clair : très peu de règles, et beaucoup de coups sont permis. Notamment frapper un adversaire au sol. A cela s’ajoute le peu de protections…

Aujourd’hui les compétitions sont interdites en France, mais de plus en plus de clubs proposent des entraînements. Et le nombre de pratiquant et de combattants augment de même. Les combattants français se retrouvent dans cette position étrange où ils peuvent s’entraîner dans leurs clubs, en France, mais sont obligés d’aller à l’étranger pour participer à des rencontres amateurs ou professionnelles.

La pression est donc de plus en plus forte pour légaliser cette pratique. Surtout que certaines français se sont faits ou se font un nom dans la discipline. Comme Cyrille Diabaté, ancien champion de boxe thaï et de kick boxing, qui participera assez tardivement (à plus de 35 ans) à des combats de l’UFC (Ultimate Fighting Championship, plus importe ligue mondiale de MMA). Ou encore le lensois Tom Duquesnoy qui a commencé à combattre à l’UFC en 2017 à tout juste 23 ans.

Mais les choses pourraient bien changer si l’on en croit les acteurs français de la discipline : un rapport serait prévu pour septembre ou octobre afin de structurer, et donc légaliser petit à petit le MMA en France. Surtout que l’actuelle ministre des sports, Laura Flessel, défend la pratique…

 

« Il y a plus en plus de pratiquants, il faut encadrer pour le bien de tous »

 

De même que le cannabis devrait être légalisé pour le bien des consommateurs, le MMA devrait l’être aussi afin de garantir des entraîneurs compétents et de garantir l’intégrité physique des combattants lors de rencontres.

MMA combattant au solAu lieu de dire « on n’arrête cette fuite en avant » et de recadrer toutes les disciplines, quitte à en interdire, nous devrions accepter de voir le principe même de civilisation reculer petit à petit. Le libéralisme voudrait tout faire accepter : s’il y a une demande, il faut une offre en conséquence. Pourquoi se priver d’un nouveau marché ?

On nous parlera de responsabilité individuelle, d’information, de choix, etc. Mais de tels arguments n’ont rien de social-démocrates, ils n’ont rien à voir avec le mouvement ouvrier. Il y a des principes et une morale à appliquer dans tous les aspects de la vie, et le sport doit en faire partie intégrante.

 

Une discipline pas si violente que ça ?

 

mma ufcUn des principaux arguments anti-MMA est sa violence : combat dans une cage, coups au sol autorisés, peu de protections… En réponse, les pro-MMA répondent que les diversité des techniques autorisées et la plus courte durée des combats font que le MMA est moins violent et risqué qu’un combat professionnel de boxe anglaise. Partant de là, si la boxe anglaise est autorisée pourquoi pas le MMA ?

Parce qu’en 2018, une discipline qui autorise des frappes au sol et des étranglements est une discipline barbare, point. Parce que la recherche du sensationnel, du KO, de la vitesse et de l’esprit de guerrier qui ont pris place dans d’autres disciplines ne doit pas être une prétexte pour continuer à s’enfoncer toujours plus dans le glauque !

N’importe quelle personne un minimum progressiste et qui n’a pas été broyée par la culture dominante ne peut qu’être horrifiée à l’idée d’envoyer des personnes s’affronter de la sorte dans une cage fermée. Nous ne pouvons accepter une sorte de combat de gladiateurs des temps modernes.

 

mma, octogone

 

 

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Mai 1968 et la promotion libérale-libertaire de la pédophilie

Il serait erroné de ne pas comprendre que Mai 1968 possède une forte charge libérale-libertaire, qui a largement conditionné la société française. L’un des aspects les plus révélateurs de cela est le soutien de la tendance « spontanéiste » à la pédophilie, sous des prétextes d’« ouverture sexuelle ».

Libération fit au départ l’éloge de la pédophilie.

On a là évidemment une cassure complète avec le peuple qui, lui, de manière fort juste, entend pendre et haut et court les promoteurs ou acteurs d’un tel crime.

Cependant, la « révolution sexuelle » prônée par la gauche anti-ouvrière fut si prégnante dans la foulée de Mai 1968 qu’il y eut pas moins de trois appels pro-pédophiles publiés dans la presse liée à la gauche « moderne ».

Le premier consista en une lettre ouverte publiée dans Le Monde du 26 janvier 1977, appelant à la libération de trois personnes ayant eu des rapports sexuels – en fait il s’agit bien entendu de viols – avec des filles et des garçons de 13 et 14 ans.

Cette lettre, anonyme alors, fut en fait écrite par Gabriel Matzneff, un écrivain faisant toute une théorisation de la pédophilie comme rapport qui serait authentique, consenti, etc., alors qu’en même temps il assume d’avoir pratiqué le « tourisme sexuel » aux Philippines.

En voici l’ignoble texte :

Les 27, 28 et 29 janvier, devant la cour d’assises des Yvelines, vont comparaître, pour attentat à la pudeur sans violence sur des mineurs de quinze ans, Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckhardt, qui, arrêtés à l’automne 1973, sont déjà restés plus de trois ans en détention provisoire. Seul Bernard Dejager a récemment bénéficié du principe de la liberté des inculpés.

Une si longue détention préventive pour instruire une simple affaire de  » mœurs « , où les enfants n’ont pas été victimes de la moindre violence, mais, au contraire, ont précisé aux juges d’instruction qu’ils étaient consentants (quoique la justice leur dénie actuellement tout droit au consentement), une si longue détention préventive nous paraît déjà scandaleuse.

Aujourd’hui, ils risquent d’être condamnés à une grave peine de réclusion criminelle soit pour avoir eu des relations sexuelles avec ces mineurs, garçons et filles, soit pour avoir favorisé et photographié leurs jeux sexuels.

Nous considérons qu’il y a une disproportion manifeste, d’une part, entre la qualification de  » crime  » qui justifie une telle sévérité, et la nature des faits reprochés ; d’autre part, entre le caractère désuet de la loi et la réalité quotidienne d’une société qui tend à reconnaître chez les enfants et les adolescents l’existence d’une vie sexuelle (si une fille de treize ans a droit à la pilule, c’est pour quoi faire ?).

La loi française se contredit lorsqu’elle reconnaît une capacité de discernement à un mineur de treize ou quatorze ans qu’elle peut juger et condamner, alors qu’elle lui refuse cette capacité quand il s’agit de sa vie affective et sexuelle.

Trois ans de prison pour des caresses et des baisers, cela suffit. Nous ne comprendrions pas que le 29 janvier Dejager, Gallien et Burckhardt ne retrouvent pas la liberté.

On trouve parmi les signataires de la lettre ouverte l’ensemble des figures de la gauche « moderne », entendant nier le mouvement ouvrier au nom de l’individu libre, spontané, etc.

On a ainsi Félix Guattari et Gilles Deleuze (théoriciens « désirants »), Guy Hocquenghem, Françoise d’Eaubonne et Daniel Guérin (théoriciens d’une homosexualité comme subversion), André Glucksmann et Bernard Kouchner (des « nouveaux philosophes »), Michel Leiris et Francis Ponge (prétendus poètes de la modernité), Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir (les existentialistes), Grisélidis Réal (théoricienne de la prostitution comme subversion) et Catherine Millet (théoricienne de l’art contemporain), Anne Querrien et Jean-Marie Vincent (des post-marxistes), etc.

Le second appel fut publié également dans Le Monde, le 23 mai 1977. Il reprend la défense des trois personnes faite dans le premier appel et se pose pour une « liberté » totale :

« Les signataires de la présente lettre considèrent que l’entière liberté des partenaires d’une relation sexuelle est la condition nécessaire et suffisante de la licéité de cette relation (…).

Ils estiment, enfin, de façon plus générale, que les dispositions prétendant à une « protection » de l’enfance et de la jeunesse (…) doivent être abrogés, ou profondément modifiés, dans le sens d’une reconnaissance du droit de l’enfant et de l’adolescent à entretenir des relations avec des personnes de son choix. »

Le lettre fut envoyée au Parlement avec 80 signatures de personnalités et intellectuels. Parmi les signataires, en plus souvent des mêmes que le précédent appel, on a Michel Foucault et Jacques Derrida (philosophes de la « French Theory »), le metteur en scène Patrice Chéreau, la neuro-psychiatre Françoise Dolto, etc.

Enfin, la page courrier de Libération publie en mars 1979 une lettre signé par quelques personnalités en soutien, à un adulte attendant son procès, expliquant il vit avec des jeunes filles de 6 à 12 ans « dont l’air épanoui montre aux yeux de tous, y compris leurs parents, le bonheur qu’elles trouvent en lui ».

Libération va être coutumier du fait, n’hésitant pas à publier deux jours d’affilée, comme deux mois plus tôt, un éloge de la pédophilie écrit par un proxénète d’enfants, où on lit que « l’enfant qui aime un adulte (…) aime ressentir dans son corps le membre viril de celui qu’il aime, d’être uni à lui, par la chair », qu’il faut « qu’on arrête de persécuter ceux qui aiment les enfants, même s’ils les aiment aussi avec leur corps ».

Dans Libération du 20 juin 1981, on peut lire dans l’article « Câlins enfantins » :

« Je faisais un cunnilingus à une amie. Sa fille, âgée de cinq ans, paraissait dormir dans son petit lit mitoyen. Quand j’ai eu fini, la petite s’est placée sur le dos en écartant les cuisses et, très sérieusement, me dit « à mon tour, maintenant ». Elle était adorable. Nos rapports se sont poursuivis pendant trois ans. »

L’article est précédé de la présentation suivante :

« Benoît et son amie ont les mêmes goûts. Ils aiment les petits enfants, beaucoup. Quand Benoît parle des enfants, ses yeux sombres de pâtre grec s’embrasent de tendresse. »

On est là dans une pseudo-subversion témoignant surtout de la décadence des intellectuels basculant dans la perversité ; l’éloge pédophile d’un René Schérer, philosophe « moderne » de Paris 8 n’est qu’un écho de celui de la pédérastie dans les années 1920 par André Gide 

Ce dernier a d’ailleurs son œuvre intitulée Les faux-monnayeurs – apologie claire et nette de la pédérastie comme seul couple « normal » – au programme aujourd’hui de l’épreuve de littérature pour les terminales littéraires, en littérature.

Cela témoigne de tout un esprit malsain, célébrant le transgressif, l’aventure artistique aux dépens de toute norme.

C’est en réalité pourriture et décadence et historiquement la Gauche n’a jamais eu que mépris pour de telles postures criminelles, aux antipodes de la moralité ouvrière.

Et on voit bien comment le libéralisme libertaire, aidée de la gauche prétendument moderne, vise justement à briser tout esprit de moralité, à mettre en scène une fausse révolution de la vie quotidienne.

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Le “football moderne” ne sanctionne pas Sergio Ramos pour son agression sur Mohamed Salah

Le football est un sport extrêmement populaire. Cela signifie qu’il est considéré de manière très sérieuse par une grande partie de la population, particulièrement chez les hommes d’origine ouvrière.

C’est ainsi que la blessure de Mohamed Salah, attaquant égyptien du Liverpool FC, provoquée par le capitaine du Real de Madrid, Sergio Ramos en finale de la Ligue des Champions de l’UEFA 2018, a suscité beaucoup d’indignation.

Lors d’un contact physique pendant une phase de jeu, le défenseur espagnol a en effet volontairement accroché le bras du numéro 11 de Liverpool pour le faire tomber de manière violente. Une pétition qui recueille à l’heure actuelle plus de 500 000 signatures réclame que l’UEFA s’appuie sur l’enregistrement vidéo pour le sanctionner a posteri.

Au vue des images, l’intention de faire mal est évidente.

Cela a d’ailleurs été souligné par un “tweet” de la fédération européenne de judo qui explique que cette technique est tellement dangereuse qu’elle est interdite dans leur sport !

Cela n’a pas manqué, Mohamed Salah a dû quitter le terrain quelques minutes après pour se rendre en urgence à l’hôpital. Il manquera très probablement le premier match de la Coupe du Monde avec la sélection égyptienne, dont il est la figure de proue.

Quand bien même le football n’est qu’un jeu, il représente quelque chose d’immense sur le plan culturel. Doit-il alors véhiculer des valeurs positives et morales, à travers le respect du jeu et de l’engagement ? Ou bien n’est-il, finalement, qu’un divertissement reflétant la société capitaliste, c’est-à-dire la concurrence exacerbée, la promotion du cynisme le plus vil pour arriver à ses fins ?

Manifestement, le football à notre époque correspond bien plus à la seconde description qu’à la première. C’est ce qui est désigné de manière critique comme étant le “football moderne”, ou le “football business”.

La faute de Sergio Ramos contre Mohamed Salah donne lieu à une confrontation typique entre les partisans du football tel qu’il existe actuellement, et ceux qui critiquent le “football moderne”.

Christophe Dugarry a défendu de manière on ne peut plus claire ce “football moderne” dans l’une des émissions de football les plus suivie en France :

“C’est un génie absolu, Ramos ! C’est le défenseur qui te fait gagner des titres, qui te fait gagner les compétitions. Ok, il est malin, il est vicieux. Mais tu ne dois avoir aucune retenue sur l’engagement ! »

Dans un autre genre se voulant plus intellectuel, mais tout aussi cynique et bourgeois, il y a eu un article du journal “Le Monde” qui affirme que Sergio Ramos est indispensable au football, expliquant que :

“il réalise une redoutable synthèse de vice et de brutalité”.

Au contraire, il y a eu toute une vague de colère face à ce geste, réclamant des sanctions. Cela d’autant plus que Sergio Ramos est connu pour avoir souvent une telle attitude immorale.

Rien que durant ce match, il a simulé une faute de manière odieuse face à Sadio Mané (ce qui a donné lieu à un carton jaune à son adversaire innocent) et a donné discrètement un coup de coude au gardien de but adverse Loris Karius (ce qui a probablement contribué à le déstabiliser puisqu’il commet juste après une bourde monumentale lui coûtant un but).

Le sentiment pour beaucoup d’amateurs de football est que la victoire du Real de Madrid est entachée par ces faits ayant empêché le Liverpool FC de s’exprimer réellement sur le plan sportif.

Cela n’est pas nécessairement vrai, ou du moins cela ne l’est qu’en partie puisqu’il faut considérer aussi que l’équipe anglaise ne peut pas ignorer la réalité du football à notre époque. Elle a donc failli par manque d’expérience, ce qui d’ailleurs se reflètent dans son jeu puisque Liverpool a littéralement foncé tête baissé dès le début du match, se jetant corps et âme dans la partie, “au talent”, en relativisant des considérations tactiques plus élaborées.

Toujours est-il que l’attitude de Sergio Ramos est injustifiable et qu’il devrait être sanctionné pour cela. La pétition réclamant une sanction par l’UEFA représente une exigence morale indéniable, une volonté de justice populaire positive.

Ajoutons également que la popularité de Mohamed Salah a largement contribué à déchaîner les passions. Ce joueurs s’est révélé durant cette saison, remportant les titres de meilleur buteur et de meilleur joueur de Premier League, le championnat anglais. Il est cependant une figure nationale en Égypte et dans le monde arabe depuis déjà quelques années. Il était déjà un joueur réputé lorsqu’il évoluait au FC Bâle puis à l’AS Roma, en passant par Chelsea FC et l’AC Fiorentina.

Le chef de l’Etat égyptien Abdel Fattah al-Sissi l’a qualifié de “symbole de l’Égypte ». Le mot clef “Ramos le chien” ( راموس_الكلب# ) – une insulte absurde pour les chiens – s’est répandue de manière virale sur Twitter, avec de multiples réactions sur différents médias.

Mohamed Salah représente en effet une certaine fierté dans le monde arabe. C’est un symbole de réussite, mais aussi une figure morale (largement liée à l’Islam) différente des autres stars du “football moderne”. L’Égyptien ne fait jamais parler de lui dans la presse, son attitude est toujours pudique et respectueuse, voire affectueuse notamment avec les jeunes. Il finance de nombreux projets dans son village natale, n’expose pas outrageusement ses richesses, signe toujours avec plaisir les autographes, accepte les selfies, ne célèbre pas ses buts contre ses anciennes équipes, etc.

Il est également très apprécié par la base des supporters de Liverpool, dont la ferveur populaire, voire ouvertement ouvrière, est connu mondialement. “The Egyptian King” dispose déjà de plusieurs chants, dont un qui dit, de manière affectueuse et subtile au vue de la situation politique anglaise :

Mohamed Sa-la-la-la-lah, Mohamed Sa-la-la-la-lah,
s’il est assez bon pour toi, il est assez bon pour moi,
s’il en marque quelques autres, alors je serai musulman aussi.

s’il est assez bon pour toi, il est assez bon pour moi,
Assis dans une mosquée, voilà où je veux être !

Voici la traduction du texte de la pétition appelant à sanctionner Sergio Ramos :

L’UEFA et la FIFA devraient punir Sergio Ramos pour avoir blessé intentionnellement Mohamed Salah

Sergio Ramos a intentionnellement gardé le bras de Mohamed Salah sous son aisselle, provoquant une luxation de son épaule. Non seulement il a manqué le reste du match, mais il manquera aussi la Coupe du Monde de la FIFA 2018.

En outre, il a continué à agir de manière à ce que les joueurs de Liverpool commettent des fautes, ce qui a amené l’arbitre à donner à Mané un carton jaune qu’il ne méritait pas.

Sergio Ramos représente un exemple terrible pour les futures générations de footballeurs. Au lieu de gagner des matchs équitablement, il utilise des tours qui défient l’esprit du jeu et le fair-play.

L’UEFA et la FIFA devraient prendre des mesures contre Ramos et des joueurs similaires, en utilisant les enregistrements vidéo des matches pour garder l’esprit du match.

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La mort de Naomi Musenga : un drame, un crime et non une tragédie

Le 29 décembre 2017, Naomi Musenga, jeune mère apparemment célibataire d’une petite fille de 2 ans, habitant dans un quartier populaire de Strasbourg, est morte selon toute vraisemblance d’une défaillance multiviscérale sur choc hémorragique, selon l’autopsie pratiquée quelques jours après son décès au CHU de Strasbourg.

Le pronostic d’une telle affection, généralement causée par un syndrome d’infection générale de l’organisme est malheureusement très souvent mortel, dans 30% à 100% des cas, en raison de sa brutalité qui nécessite une intervention médicale d’urgence pour rétablir l’homéostasie (soit l’équilibre général de l’organisme).

Le 9 mai, s’est ouvert l’enquête préliminaire devant éventuellement conduire à un procès sur demande du Parquet de Strasbourg suite à une plainte de la famille.

L’émoi national provoqué par cette affaire est la suite de la publication le 27 avril des échanges entre Naomi Musenga et les services de secours par un magazine local au contenu racoleur et suintant la culture « beauf » qui parait sous le titre de l’Heb’di.

Passons sur ce journal, qui a donc publié le contenu des échanges téléphoniques de Naomi Musenga et le SAMU, que celle-ci contacte après avoir eu en ligne les pompiers.

L’opératrice qui la reçoit adopte un ton distant voir franchement moqueur, dans la suite de celui des pompiers qui l’ont reçu en premiers.

Elle finit, contre tout le protocole, et contre tout principe d’humanité par l’abandonner à son sort en lui demandant de contacter elle-même SOS médecins, qui la prend immédiatement en charge. Mais au vu de son état critique, Naomi Musenga décède malheureusement 6 heures après son appel.

Voici l’enregistrement du dialogue (commençant à 1:42). Ce qu’on entend est d’un cynisme froid, glacial. On ne peut qu’imaginer avec terreur ce qu’a dû ressentir la famille de Naomi Musenga à ces mots assassins, cette indifférence immonde.

C’est un drame, et non pas une tragédie. Le destin n’a rien à voir avec cela : la société n’a pas fait son devoir. Cette affaire suscite donc une indignation méritée.

Déjà, il est évident de dire qu’il y a dans cette affaire une part reflétant la culture patriarcale et même raciste qui pourrit les services de secours comme les pompiers, dans une situation de confrontation de plus en plus violente avec des conditions sociales en plein effondrement, notamment dans les campagnes éloignées des centres de secours, de plus en plus concentrés dans les villes, et même au sein de celles-ci, dans les zones dégradées où s’entasse un lumpen-prolétariat rongé par la précarité, les valeurs réactionnaires religieuses, en particulier de l’islam, et la criminalité.

Dans ce contexte, cet appel d’une jeune femme noire, s’est bien entendu heurté immédiatement à une somme de préjugés immondes hantant l’esprit des services de secours, qui ont empêché le pompier qui a reçu l’appel comme ensuite l’opératrice du SAMU de saisir sérieusement l’état de détresse de Naomi Musenga.

Cela est vrai bien entendu, mais il est erroné et injuste que s’en tenir à ce constat. L’opératrice en question est une femme expérimentée, qui a fait déjà une dense carrière au sein des services d’urgence et elle est actuellement effondrée et dépassée par les suites de cette terrible affaire.

Que cette femme puisse avoir été fautive de par ces préjugés ne signifie pas que ceux-ci soit constitutif de sa personne ou de son engagement, en un mot, il est peu probable et c’est peu dire, que cette femme soit une raciste acharnée ayant délibérément abandonné à son sort Naomi Musenga en raison du fait qu’elle fut une habitante noire d’un quartier populaire. Les préjugés racistes de cette femme sont en réalité le fruit de son expérience mal comprise.

N’importe quelle personne travaillant dans les services d’urgence à Strasbourg comme dans les autres métropoles de notre pays fait souvent quotidiennement l’expérience de la confrontation dure et parfois violente avec des personnes précaires, mais pas seulement puisque l’esprit vulgaire et agressif de la bourgeoisie décadente suinte de tout les pores de notre société, lors de leur admission ou de leur arrivée aux urgences.

Ces personnes sont aussi quotidiennement confrontée à une détresse sociale qu’ils perçoivent justement en augmentation et contre laquelle ils ne peuvent pas grand chose, mais aussi diverses magouilles et abus qui usent leur sensibilité.

En un mot, le développement de leurs préjugés sociaux et parfois racistes sont le fruit même de la politique libérale, à l’échelle de la société et même plus directement de l’hôpital en lui-même.

Depuis les années 1980, les services hospitaliers n’ont cessé de faire l’objet d’une offensive prolongée du capital sous l’aspect de réformes libérales prônant la privatisation, la concurrence, la réduction des moyens, la concentration des services et des équipements, le management à la performance et donc l’atomisation des formes du travail.

Aujourd’hui, même l’Etat ne peut plus masquer le terrible constat de l’effondrement général non seulement des urgences mais de l’ensemble du système hospitalier, du moins dans sa capacité à rendre un service public aux masses, étant donné que dans le même temps, on ne peut pas dire que l’accès au soin se soit effondré pour tout le monde.

L’hôpital, comme l’école d’ailleurs, reflète simplement et implacablement la ségrégation croissante produite par le libéralisme. Et bien entendu, cette ségrégation est perçu souvent sous l’angle du racisme. En réalité, il s’agit là de saisir que si cet aspect peut être réel, il n’est pas l’aspect principal de la question.

Naomi Musenga n’est pas morte du racisme à précisément parler, elle est morte du libéralisme. Tous les personnels de la santé, tout les patients des services hospitaliers, connaissent nombres d’anecdotes reflétant de telles « erreurs », avérées ou parfois évitées heureusement de justesse.

Mais cette situation n’est pas uniquement une « faute professionnelle », c’est un état général. Comment penser qu’un opérateur, quel qu’il soit, quelle que puisse être son expérience ou sa conscience professionnelle, puisse gérer parfois jusqu’à 1000 ou même 2000 appels de détresse par jour ? Soit entre 2 et 4 appels par minute en non-stop sur 8 heures de travail!

Et cela sans s’épuiser, sans finir par commettre une erreur ? Sans céder au découragement, sans céder à la perception erronée et superficielle d’une situation aliénante ou presque constamment, on se voit confronter à la misère et à son cortège décadent de comportements, que l’ignominie du racisme, dont l’expression est généralisée dans les services publics, permet d’expliquer en apparence?

Il est bien entendu hors de question de dédouaner cette personne de ces fautes et de ses préjugés, mais la justice bourgeoise n’a rien à dire à cette personne, ni aucune justice à rendre à la famille de Naomi Musenga et aux masses indignées.

L’enquête ouverte par le Parquet en effet s’est fait sur le motif de non-assistance à personne en péril, même si les média ont relayé le fait qu’il y avait une perspective d’ensemble, systémique, à l’attitude coupable de l’opératrice, rien bien entendu ne sera fait pour enrayer la logique libérale.

Le gouvernement, en la personne d’Agnès Buzyn, a convoqué les médecins urgentistes, ce qui est déjà le témoignage d’une vision faussée et bornée du problème, les appels n’étant pas traités par les médecins, et ceux-ci font trop souvent preuve de mépris à l’égard des personnels médicaux, professions souvent plus fémininisées, comme les infirmières, les opératrices ou les aides-soignantes, encore plus exposées qu’eux à la précarité générée par le libéralisme.

Le ministère ne parle que de « dysfonctionnement », de « procédures », de « professionnalisme ».

Bien sûr que cela compte, mais le libéralisme assumé du gouvernement Macron et plus généralement les évolutions de l’Etat bourgeois n’a de leçon à donner à personne, il est le premier responsable de la situation produite par ce terrible incident et de toute façon, tout sera fait pour faire peser sur l’opératrice, voire sur le pompier qui a reçu avant elle l’appel, l’entièreté de la responsabilité de la mort de Naomi Musenga et dans le meilleur des cas, les opératrices bénéficieront de quelques heures de formation bidon à l’« éthique », de quelques recrutements non significatifs.

Mais rien ne sera fait pour changer les conditions inacceptables du travail des services d’urgence. Et nécessairement, implacablement, un tel drame se reproduira. Les faits sont têtus.

Les personnes de Gauche exigent que personne ne soit délaissé, surtout pas et jamais une personne appelant à l’aide, exigent de chaque personne un haut niveau de culture et ne pardonnent donc pas le racisme et les préjugés assassins, mais elles savent identifier et ordonner les problèmes, que la lutte est avant tout politique, systématique et que le pouvoir est la question principale.

L’indignation populaire doit se saisir de cette affaire et se soulever contre Agnès Buzyn, contre le Ministère de la Santé et sa politique libérale meurtrière qui est coupable de la mort de Naomi Musenga et de tant d’autres fautes.

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 » Usul, mon violeur avait le même discours que toi »

Usul est un homme se disant de gauche qui doit sa popularité à ses activités sur internet. Après avoir été chroniqueur de jeux vidéos sur youtube, il a décidé de se lancer dans l’analyse politique, tout en se présentant comme marxiste.

En février 2018, avec sa compagne Olly Plum (« hardeuse » et « camgirl »), il diffuse une vidéo de leurs ébats sexuels, en accord avec sa partenaire. Usul se dit féministe et dans plusieurs de ses vidéos parle du consentement avec l’intervention de Olly Plum.

C’est sur ces points qu’un collectif de cinq femmes : Barbara, Hélène, Léa, Marie et Lucia, qui se décrivent comme « survivantes de la prostitution, du porno et du BDSM (le sado-masochisme) et victimes du discours  »sexe-positif » », interpellent Usul.

Sur leur blog de médiapart « Elles aiment ça », ces féministes de gauches », comme elles se qualifient, accusent Usul de relever d’une démarche inacceptable.

Elles tirent des conclusions en partant de leurs expériences et en viennent à faire une critique du féminisme néo-libéral. Elles considèrent qu’Usul s’appuie sur le féminisme néo-libéral pour justifier son comportement tout à fait représentatif de ceux qui attaquent les femmes en prétendant établir une « libération sexuelle ».

C’est là que réside la polémique entre elles et Usul. Voici le document, qui réaffirme enfin certaines choses élémentaires.

En participant récemment à une vidéo porno tournée par sa compagne camgirl OllyPlum, le youtubeur Usul s’est prononcé en faveur de l’industrie du sexe. L’idée est de nous présenter la “libération sexuelle” comme vecteur d’émancipation des femmes. Le sentiment de trahison est intense pour nous, féministes de gauche, survivantes de la prostitution, du porno et du BDSM.

Une “libération sexuelle”, vraiment ?

Depuis quelques dizaines d’années, l’expression “libération sexuelle” est liée à l’affranchissement du tabou : c’est l’idée qu’une personne pourrait avoir n’importe quelles pratiques sexuelles, notamment sans éprouver d’amour pour son/sa partenaire, l’idée qu’on peut dissocier la sexualité des sentiments et qu’elle n’est pas sacrée, et qu’il n’y a pas à avoir de jugements moraux sur les pratiques sexuelles.

Ces idées sont séduisantes pour les femmes : elles nous évoquent l’espoir de ne plus être traitées de salopes si on aime tel ou tel truc, de ne plus être cantonnées à la sentimentalité et enfermées dans le mythe amoureux, d’être suffisamment à l’aise avec la sexualité pour qu’elle devienne une activité comme une autre, à laquelle ne serait plus rattaché de préjugé social.

Pourtant, dans notre expérience, la réalité que cache la “libération sexuelle” est toute autre :
Là où en tant que femme nous voyions une dissociation libératrice du sexe et des sentiments, nous avons fait face à des hommes qui dissocient sexe et respect de l’Autre.

Là où nous espérions enlever le stigma de la sexualité comme un service, nous avons eu affaire à des hommes qui voyaient l’argent comme une manière de compenser la violence et la dégradation.

Là où nous espérions que l’absence de jugement moral nous protégerait du slut-shaming, il nous a surtout empêché d’avoir un jugement moral sur la violence criminelle qui nous a été infligée.

Si tu veux bien, nous allons te parler un peu de nous

Nous sommes 5 femmes qui avons été victimes des discours du féminisme néolibéral. Quand nous avions 25 ans, chacune d’entre nous tenait publiquement les propos “sexe-positifs” qu’OllyPlum et toi tenez à l’heure actuelle.

On se sent tellement cool à 25 ans à avoir lu Despentes, à lire les discours du STRASS, et à se dire qu’on réussira, nous, à sortir du piège de la sainte et de la pute, qu’on a le droit au plaisir, qu’on est assez forte pour surpasser tout ça.

Aujourd’hui, nous avons la trentaine. Nous souffrons de syndromes post-traumatiques après avoir été violentées, dégradées, frappées, et violées par des mecs de gauche qui défendent ces théories. Et nous prenons soin de femmes qui ont été frappées et violées, sans arriver à se défendre, à cause de ces théories.

Pour nous toutes, les discours que tu défends à l’heure actuelle ont été un piège tendu par les prédateurs, et le bouclier qui leur sert à se défendre.

Pour Marie, Hélène et Léa, le discours sexe-positive a été la tentative inconsciente de “transformer” la violence et le viol conjugaux, en se disant “puisque ce qui excite les hommes c’est la violence et la domination, autant le faire dans un cadre où j’aurais du contrôle dessus” :

“Je m’appelle Léa et j’ai bientôt 25 ans, et jusqu’à il y a quelques mois, je tenais le même discours qu’OllyPlum. Je me suis toujours considérée féministe.

Pourtant, de mes 16 à mes 23 ans, je vivais des actes de violence sexuelle de la part de mon conjoint. J’ai subi des coups, des pressions, des chantages, des pratiques très extrêmes. Il est allé jusqu’à m’“offrir” à ses amis. Le tout sous prétexte de liberté sexuelle.

Pour encaisser tout ça, je me suis réfugiée derrière le discours “ sexe-positif ”, en me disant que j’étais libre parce que j’expérimentais beaucoup de choses sexuellement. Je disais publiquement que j’aimais ça.
A certains moments où nous avions des difficultés financières, j’avais pensé à devenir call girl, ou à faire de la cam. Il avait dit que ça l’exciterait.

Aujourd’hui j’ai pris conscience de ce que j’ai vécu et je me rends compte tous les jours de l’impact néfaste que cela a dans ma vie amoureuse et sexuelle. Je pleure beaucoup, je culpabilise beaucoup, et ma vie sexuelle est une réflexion permanente pour essayer de ne pas reproduire ce schéma de violence auquel j’ai été conditionnée.”

“Je m’appelle Marie et j’ai 28 ans. A 21 ans, alors que je sortais d’une relation violente, marquée par le viol conjugal, je suis tombée amoureuse d’un homme “féministe”. Pourtant, au quotidien, il me rabaissait intellectuellement. Au lit, il m’insultait et me dévalorisait en permanence. Il fait des conférences sur le consentement : il présente le BDSM comme une sexualité libérée et épanouie.

Comme beaucoup, je pensais que j’étais un être totalement libre, et voulais me croire entièrement responsable de mes désirs et de mes choix : j’ai adopté le discours “ sexe-positif ” en clamant que je me soumettais par choix.

Marquée par ces deux relations violentes, aujourd’hui, je peine à avoir des rapports sexuels. J’éprouve du dégoût et de l’angoisse, je pleure presqu’à chaque fois.”

Pour Lucia et Barbara, le discours “sexe-positif” traduisait la volonté d’être “plus fortes” que les blessures laissées par l’inceste et les viols, et la volonté de se sortir de la précarité:

“ Je m’appelle Barbara et j’ai 36 ans. Quand j’avais 24 ans et que je n’arrivais pas à payer mes factures, j’ai décidé de me prostituer. Je clamais que c’était mon choix. Que j’en avais le droit. Je savais que ce n’allait pas me faire plaisir mais je me disais que mieux valait être payée pour être violée vu que de toute façon j’étais sans cesse violentée en soirées alcoolisées… A cette époque je ne compte même plus le nombre de viols subis…

Bref, après deux clients, je me dégoûtais tellement que j’ai vomi deux jours sans arrêter. Non ça n’est pas un job comme un autre. Est-ce que j’aurais pensé à faire ce ”métier » si depuis enfant je ne servais pas de trou à bite ? J’en doute.

Evidemment, quand depuis vos six ans vous vivez l’inceste, vous avez intégré que votre corps appartient aux hommes et pas à vous. J’ai fini en grave dépression avec tentative de suicide. Et j’ai arrêté de faire ça. Je préfère être pauvre que finir le travail de destruction entamé par mes agresseurs.”

Était-ce une libération sexuelle lorsque Hélène s’est prit des coups de poings dans le ventre et que Marie s’est fait traiter de chienne par leurs conjoints sous prétexte de BDSM ? Que Léa a été “prêtée” à des hommes et qu’elle s’est fait uriner dessus sous prétexte de jeux ?

Qu’ Hélène s’est entendu dire par un client cynique – riche PDG parisien qui payait tout son “personnel domestique” pour qu’elles travaillent nues et subissent des actes sexuels quand il lui en prenait l’envie – “tu ne peux pas te plaindre des tarifs ! En tant que blanche, je te paye déjà bien mieux que les asiatiques, les noires et les filles de l’est… que veux-tu, c’est la loi de l’offre et de la demande !” ?

Certaines d’entre nous ont mis plus ou moins de temps à sortir de la maltraitance. Toutes, nous avons acquis lors de violences sexuelles cette capacité – dont parlent Catherine Millet1, et OllyPlum2 – à dissocier nos corps et nos esprits. Un état bien particulier, nécessaire à monnayer le sexe. Sais-tu que cet état porte un nom ?Ça s’appelle la dissociation traumatique.

C’est une “capacité” que l’on acquiert lorsqu’on est victime de violences.Nous t’encourageons à lire les travaux de la docteure Muriel Salmona3 : elle explique très bien comment les femmes qui ont été victimes de violence cherchent à reproduire cette état de dissociation, par le biais de conduites à risque, notamment la prise de drogue, l’automutilation et … la reproduction d’actes sexuels dégradants ou violents (rémunérés ou pas).Le problème avec cette dissociation, c’est que si elle permet de se protéger (et même parfois de donner l’impression de “bien vivre” les choses4) sur le moment, elle a en général des conséquences extrêmement graves sur le corps et l’esprit des femmes, par le biais de symptômes traumatiques.

Plusieurs d’entre nous en souffrons, et nous pouvons t’assurer que ce n’est pas une partie de rigolade : insomnies, cauchemars, flash-backs, somatisations de toutes sortes (vertiges, migraines, maux de ventre ou de dos), sentiments de déréalisation et/ou de mort imminente, psychopathophobie5, pulsions d’autodestruction, hypervigilance, palpitations, crises d’angoisse, attaques de panique, épisodes dépressifs, etc.

Tu vas dire que nous ne sommes que 5 individues à te parler aujourd’hui. Mais sais-tu que 70% 6 des travailleuses du sexe souffrent de syndrome de stress post-traumatique ?


Un “féminisme néolibéral”, au service des prédateurs

Voilà nos réalités, bien sagement cachées derrière le discours du féminisme néolibéral dont tu te fais porte-parole. Cela paraît bien loin des licornes et des paillettes, du discours glamour et libertaire ? C’est vrai qu’il y a de quoi être déçu quand on voit à quel point le féminisme néolibéral est un pro du marketing.

Pour commencer il se fait appeler “pro-sexe”, ou “sexe-positif”. Comme s’il existait un féminisme anti-sexe ou sexe-négatif !

De la même manière que les entreprises font le rebranding du travail (pensons à Emmanuel Macron qui vend la casse des droits sociaux sous le terme de “flexibilité du travail”!), le féminisme néolibéral est devenu expert du rebranding de la soumission et de la maltraitance des femmes :
Un prédateur veut attacher une femme ? Bondage et shibari !
L’insulter et l’humilier ? Jeu de domination !
La battre ? BDSM
La forcer ou la violer ? Jeu de non consentement !
La dissociation traumatique est rebrandée en “subspace”, et tout roule pour les violeurs.

Comme son nom l’indique, le discours sexe-positif tend à rendre positive toute pratique sexuelle, à la rendre valable et acceptable, quel qu’en soit le degré de violence ou de perversion. Pour la justifier, ça ne coûte pas grand-chose aux agresseurs : “ Il y a des pratiques qui peuvent être un peu dures, mais avec un baiser avant ou après, ce n’est pas pareil.7

C’est vrai : avec un baiser avant ou après, on a plus de mal à identifier la violence et à s’en sortir. Léa pourrait te raconter comment l’homme qui a abusé d’elle pendant des années l’embrassait et lui disait “je t’aime” après l’avoir humiliée, étranglée et violentée.


Stratégie de l’agresseur

As-tu déjà entendu parler de “la stratégie de l’agresseur”, cette méthode mise au jour par le Collectif Féministe Contre le Viol8 ?
Grâce à 40 ans d’écoute et d’expertise sur la question des violences sexuelles, les militantes du CFCV ont pu déterminer 5 éléments stratégiques permettant aux agresseurs d’enfermer leurs victimes dans une emprise, afin de les empêcher de se défendre : isoler, dévaloriser, inverser la culpabilité, instaurer la peur, et garantir son impunité.
Si tu veux bien, examinons cette stratégie de l’agresseur à la lumière du féminisme néolibéral :

  1. Isoler : le féminisme néolibéral laisse à chacune la responsabilité de déterminer ce qui est une violence sexuelle et individualise la problématique de la domination
  2. Dévaloriser : il permet aux prédateurs de frapper, humilier, forcer les femmes + les monnayer de manière précaire
  3. Inverser la culpabilité : il dit que ce sont les femmes qui “aiment ça” (les coups, l’humiliation, le travail du sexe), en se gardant de parler de l’excitation traumatique9, ceci donnant aux femmes un profond sentiment de complicité aux violences qui leur sont infligées
  4. Instaurer la peur : outre la peur instaurée par les violences sexuelles, les personnes posant des limites ou des critiques sont par ailleurs mises dans la position d’oppresseurs puritains. Le jugement, dont on pourrait se servir pour se protéger, est présenté comme une pratique dangereuse et réactionnaire.
  5. Garantir son impunité : quoi de mieux pour un prédateur que de pouvoir se dire “féministe” ? Il peut même se positionner en progressiste libertaire (“ je suis si féministe que je pense qu’une femme peut être dégradée sans que cela l’atteigne ! ”)

En fin de compte, le marketing du féminisme néolibéral fournit sans doute le meilleur mode d’emploi jamais créé pour permettre aux prédateurs sexuels d’abuser des femmes sans aller en prison.


Comprendre le consentement à l’oppression, grâce… à tes propres arguments

Dans ta vidéo “L’économiste (Frédéric Lordon)” tu fais une démonstration plutôt développée, que nous avions grandement appréciée, de la pensée matérialiste.

Tu y analyses le prétendu « consentement » au travail salarié, et le mythe du salarié épanoui de sa propre exploitation capitaliste. Tu démontes assez brillamment l’idée de « libre arbitre » promue par les exploiteurs, dans un monde en réalité déterminé par un conditionnement inconscient extrême, par tout un tas de facteurs socio-économiques et par la propagande.

Tu évoques entre autres la notion d’“Angle Alpha”, et le concept marxiste d’aliénation, qui expliquent bien comment nos désirs sont “toujours produits par l’extérieur”, c’est à dire par nos structures sociales10. Enfin, tu cites Lordon disant


Usul, comment se fait-il que tu n’arrives pas à appliquer tes propres développements philosophiques à la question de la sexualité et de l’oppression masculine ?Pourtant, l’exploitation des femmes par les hommes fonctionne de la même manière que l’exploitation des pauvres par les riches : elle se fait passer pour naturelle, méritée et, lorsqu’elle est critiquée, se couvre des apparats du choix personnel et du fun.

Ou pour reprendre encore une fois littéralement tes propres arguments : les femmes deviendront dociles et les hommes pourront régner par “l’amour” plutôt que par la crainte, l’ordre patriarcal a réenchanté l’exploitation des femmes en l’enrichissant d’affects joyeux, et le néolibéralisme patriarcal a réussi à insuffler aux femmes “l’amour” de la situation de travail sexuel et de la soumission.11

Les femmes – comme n’importe quel groupe opprimé – peuvent consentir à leur propre oppression. Et, en fin sociologue, tu le sais très bien : en ne cherchant pas les raisons du consentement, en ramenant la lutte à la question du choix individuel, on dépolitise, et on prive une classe opprimée de sa capacité de lutte. Mettre l’accent sur le consentement (une femme “consent” à être frappée) et jamais sur les nuisances (une femme a reçu des coups) est un pain béni pour les prédateurs.

Ou comme l’explique Catharine MacKinnon “Quand vous dites qu’un homme qui frappe, gifle, étouffe, et blesse une femme a tort seulement parce qu’elle n’a pas « consenti », vous dites que le seul problème de la violence masculine est que les femmes n’ont pas encore appris à l’apprécier.”


Le consentement des victimes est l’ultime bouclier de l’oppresseur

A droite, cela fait des centaines d’années que les prédateurs font porter leurs voix par leurs femmes : elles ont d’abord défilé contre le droit de vote, puis contre le droit à l’IVG, puis contre le mariage pour tous. Elles déclarent à grands cris qu’elles ont choisi, libres de toute contrainte, de penser que c’est à leur mari d’être « chef de famille ».

A gauche, il y a aussi désormais les prédateurs qui font porter leurs voix par leurs femmes : partout, nous allons dire que nous nous “libérons” en couchant sans désir, en nous faisant fouetter, attacher et taper dessus, et en vendant nos culs.

Partout nous propageons le même discours : “libération”, “violence consentie”, “empowerment par la soumission”, « plus je m’approprie et revendique ma soumission au désir des hommes, plus cela fait de moi une femme empowerée libre et forte »12.

Quelle stratégie brillante de la domination masculine ! Depuis des millénaires, diviser les femmes en deux catégories – femmes respectables d’un côté, putes de l’autre – et les laisser servir l’une à l’autre d’épouvantails.

Et nous, toutes occupées à se détester les unes les autres – celles de gauche terrorisées à l’idée de finir murées dans une cuisine et un mariage violent, et celles de droite terrorisées par l’idée de se faire abuser par toutes une série d’hommes objectifiants – nous continuons bien sagement à défendre vos intérêts à nous traiter comme de la merde13.

Le féminisme ”sexe-positif” est vraiment très fort dans son utilisation des femmes pour la défense de leur propre oppression : il a même adopté comme discours officiel « on doit écouter les concernées ». En réalité, ce que nous y avons constaté est qu’on y « écoute les concernées » uniquement quand elles valident la domination.

Dès qu’elles la dénoncent, on les renvoie soudain à des problèmes personnels ou interpersonnels. Pourtant, face au nombre de femmes ayant vécu des traumas et abus sous cette couverture, il est évident qu’on fait face à un schéma systémique et qu’on ne peut pas parler d’exceptions.

La vérité, c’est qu’en quelques années seulement, les arguments du féminisme « sexe-positif » sont devenus une des principales armes des “porcs” : ils ont fait de la rhétorique de l’empowerment un terrible outil au détriment des femmes.


Check ton privilège

Face à Hélène, qui – après avoir été dégradée, violée et battue par des hommes se disant féministes, sous prétexte de travail du sexe, de liberté sexuelle et de soumission BDSM – ne supporte plus qu’un homme la touche, et se réveille en sueur la nuit après avoir cauchemardé de viols et de tortures ; face à Léa et Marie qui explosent en sanglots pendant leurs rapports sexuels et dont les pratiques qu’elles ont subies pourrissent encore aujourd’hui leurs vies sexuelles ; face à Lucia qui nous confie comment la reconstruction d’une sexualité saine avec son petit ami lui est difficile ; face à notre lutte de classe pour sortir de la soumission et de l’exploitation, sous quels termes viens-tu nous parler de sexe ?

“Je suis habituellement dans la polémique permanente, dans le militantisme, les revendications, c’est assez épuisant. J’aime bien avoir cette oasis à côté, c’est du plaisir, du laisser-aller, on n’est pas dans le conflit, c’est juste de l’amour, du partage. Des choses positives. Normalement, le cul, ça ne devrait pas être un terrain sur lequel on s’envoie des fions, de mauvaises ondes. C’était ma petite oasis avec Plum et on va continuer à la cultiver, même dans l’adversité. Je pense que l’agitation va retomber. Ça me fait du bien.14

“oasis”, “amour”, “laisser-aller”, “se faire du bien”, “mauvaises ondes”… MAIS MEC, DANS QUEL MONDE TU VIS ? Faire du travail du sexe, pour toi, c’est juste “du plaisir, du laisser-aller, de l’amour, du partage” ?

À quel point es-tu inconscient de ton immense privilège masculin pour prononcer des phrases pareilles ? Pour ne pas réaliser que là où le sexe et le porno sont pour toi un espace de paix boostant ton estime de toi et ton ego, un “repos du guerrier”, ils sont pour nous un champ de bataille ?

Le privé est politique. Ne plus vivre de violences sexistes et sexuelles est un enjeu politique de la classe des femmes. Marketer cette violence et cette exploitation pour les vendre comme acceptables ou épanouissantes est une stratégie au service des hommes, classe dominante dont tu fais partie.

Toi qui passes ton temps à analyser les schémas de domination, quels degrés de naïveté, de déni, ou d’hypocrisie te sont-ils nécessaires pour ne pas appliquer tes propres raisonnements politiques dans un domaine où tu n’es pas directement en statut d’opprimé15?


Fuck ta libéralisation sexuelle et ta fausse “subversion” : nous voulons une vraie libération

À une heure où, depuis les femmes de chambre jusqu’aux actrices les plus célébrées, il est encore si difficile pour une femme de ne pas vendre son cul et/ou sa dignité (à un mari, un patron, un collègue, une audience) pour réussir, ou juste s’en sortir, Usul, sache-le, qu’un homme vienne nous parler de “subversion” par le travail du sexe, c’est dégueulasse.

Ce que tu défends, Usul, ce n’est pas une “libération sexuelle”, mais une “libéralisation sexuelle” au profit de la classe masculine.

Avec le mouvement #Metoo et #Balancetonporc, nous avons dénoncé les viols et les agressions sexuelles qui se basent sur l’absence de consentement. Mais, si le consentement est un préalable indiscutable, on ne peut aborder les questions du consentement et du désir sans prendre en compte les conditionnements forgés par des siècles de domination et de traumatismes vécus par les femmes, et qui jouent un rôle crucial dans leur soit disant consentement/désir/choix de la violence.

Nous ne condamnons pas les stratégies de survie des femmes, ni leurs désirs : nous dénonçons ceux des hommes.

Quelle que soit la forme qu’elle prend (mariage ou prostitution ; enjolivée par un discours “sexe-positif” ou non), toute forme de sexualité basée sur la dissociation traumatique nous révolte.

Des hommes vraiment intéressés par la défense de nos droits ne se baseraient pas sur notre vulnérabilité, créée par des traumas, pour obtenir des actes sexuels.

Des hommes respectueux de leurs partenaires ne banderaient pas à l’idée de les frapper, de les insulter, ou à l’idée d’une interaction sexuelle consentie contre de l’argent. Nous voulons mettre les hommes face à la violence qu’ils continuent d’exercer, sous le bouclier du marketing “sexe-positif”.

De notre côté, nous rêvons d’une véritable “libération sexuelle” des femmes. Une libération sexuelle qui nous délivrerait du trauma et de la violence. Où le sexe ne serait plus pour les femmes une monnaie d’échange, que ce soit contre de l’argent, de la sécurité, de la visibilité, de l’affection ou même de la gentillesse.

 

Barbara, Hélène, Léa, Marie et Lucia,
survivantes de la prostitution, du porno et du BDSM,
victimes du discours « sexe-positif »

 

(1) https://twitter.com/anti_sexism/status/964179483136806913
(2) Dans sa vidéo “Peut-on monnayer son cul et être féministe ?”, disponible sur Youtube, OllyPlum s’exprime en ces termes : “C’est toute cette violence, notamment sexuelle, qui m’a amenée à travailler dans les milieux du sexe (….). Le viol il est là, quand on s’est fait violée, on peut pas se faire dévioler. Alors oui forcément ça provoque une dissociation entre le corps et l’esprit et après on va investir son corps différemment émotionnellement et du coup, tout un tas d’utilisations du corps qui n’étaient pas disponibles avant, quand le corps était un temple, deviennent envisageables.”
(3) https://www.memoiretraumatique.org/psychotraumatismes/mecanismes.html  

(4) https://www.mumsnet.com/Talk/guest_posts/2799410-Guest-post-I-didnt-think-of-my-prostitution-as-traumatic-but-it-left-me-with-PTSD
(5) Peur de devenir fou/folle
(6) https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9698636 et https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2615337/“68% des 827 prostitué.e.s interrogé.e.s dans 9 pays remplissaient les critères du diagnostic de Syndrome de Stress Post-Traumatique (SSPT). La sévérité des symptômes de SSPT des participant.e.s à l’étude était équivalente à celle de vétérans de guerre cherchant un traitement, des résidentes de refuges pour femmes battues, et des réfugié.e.s. Une étude faite en Corée trouva que 81% des femmes ayant un passif de prostitution avaient des symptômes de SSPT.”

(7) “Ollyplum et Usul, l’interview décomplexée ”, le Tag Parfait
(8) 0800 05 95 95

(9) L’excitation traumatique désigne la confusion entre violence et sexualité qui imprègne l’imaginaire sexuel des anciennes victimes de violences. Leurs réactions corporelles d’excitation, d’origine traumatique, peuvent les amener à croire que les fantasmes de violence de leurs agresseurs sont en réalité les leurs. Lire le chapitre “La sexualité n’est-elle pas violente par nature?” dans “Les violences sexuelles : 40 questions-réponses incontournables”, de Muriel Salmona
(10) Sur le désir comme construit social et pas uniquement psychologique, voir les travaux de Mélanie Gourarier
(11) Nous avons ici repris les citations que tu as choisies dans ta vidéo sur le consentement, en nous contentant de remplacer “hommes” par “femmes”, et “capitalisme”, par “patriarcat”
(12) Toutes les femmes ne se sont pas laissées berner par un tel discours marketing. Cela est particulièrement vrai pour certaines travailleuses du sexe, qui n’ont pas recours à la rhétorique de la “pute heureuse”, se contentant de mettre en avant la précarité économique qui les amène à se prostituer. D’autres reviennent de ce discours, comme Ovidie, qui a pourtant été longtemps une figure de proue du féminisme pro-sexe : http://brain-page-q.fr/article/page-q/35922-Le-POV-d-Ovidie-le-feminisme-pro-sexe-est-il-mort
(13) Sur le continuum de la violence faite aux femmes et de la monétarisation du sexe que ce soit par le biais du mariage ou de la prostitution, voir le travail de l’anthropologue italienne Paola Tabet

(14) Ollyplum et Usul, l’interview décomplexée ”, le Tag Parfait
(15) Et non seulement tu défends ton privilège de classe masculine mais tu défends ton privilège de classe sociale : en critiquant les techniques oppressives des “pick-up artists”, tu ne faisais en réalité que revaloriser ta propre masculinité ! Voir les travaux de Mélanie Gourarier sur les compétitions entre modèles de masculinité

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Société

L’alcoolisme : d’un petit verre à la dépendance.

Socialement, l’alcool est un problème. Il faut avoir des œillères pour ne pas le reconnaître. Pourtant, les boissons alcoolisées sont accessibles partout, à toute heure : il s’agit probablement du type de produit qu’il est le plus simple d’acheter peu importe le lieu et l’heure de la journée.

Tout le monde en vend, tout le monde en achète. La plupart en consomme toute leur vie avec au pire des lendemains difficiles, mais ce n’est pas toujours le cas. Certaines personnes deviennent dépendantes et se retrouvent dans une situation catastrophique.

On commence à boire adolescent, on commence par « tremper ses lèvres », puis « juste un verre » avec ses parents et sa famille. On continue avec ses amis à l’adolescence lors de soirée. Les premières cuites, les premières gueules de bois. On continue les fêtes, les sorties, les soirées, toujours avec de l’alcool. Avant et pendant. Certaines personnes lèvent le pied, d’autres sont sur le fil du rasoir et enfin d’autres plongent.

Les boissons alcoolisées sont au coeur des toute la vie sociale : on « prend un verre » dans un lieu qui vend des litres et des litres d’alcools par soirée, on « va à une soirée » qui se fait des bénéfices notoires sur la vente d’alcool, etc. Ne parlons même pas des écoles de commerce et d’ingénieurs et de leurs week-ends d’intégration (voire de « désintégration ») où les étudiants sont loin d’être sobres. Et tout est pris avec tant de légèreté.

L’alcoolisme est une vraie maladie. Beaucoup trop de personnes s’amusent à se qualifier d’alcooliques parce qu’elles boivent beaucoup en soirée. C’est irrespectueux envers les personnes qui le sont vraiment et leurs proches. Se retourner le tête trois fois par semaine ce n’est pas être alcoolique.

L’alcoolique est celui qui a toujours de un verre d’alcool à la main, celui qui a commencé l’air de rien à 14h, celui qui se verse un verre de vin le midi parce que c’est devenu normal : l’alcoolique est celui dont la vie tourne autour de l’alcool. L’alcoolique est celui qui est devenu dépendant. L’étudiant en école de commerce qui est saoul tous les vendredis soirs n’est pas alcoolique, même s’il trouve drôle de se qualifier ainsi – c’est un crétin voilà tout.

Le problème est d’autant plus difficile à combattre lorsqu’il s’immisce aussi profondément dans la vie quotidienne : tout le monde fait la fête pendant sa vingtaine, et petit à petit tout le monde se met en couple et se pose. Et l’alcool est masqué derrière la vie de couple, du moins en apparence.

Quand les amis refusaient de voir qu’un des leurs prenaient une pente glissante sous prétexte que tout le monde faisaient la fête, le conjoint se retrouve à présent avec une personne en train de dévaler la pente à toute vitesse : à l’image de la société, l’entourage ferme les yeux.

Comment gérer la maladie d’une personne que l’on aime ? Difficilement. On fait des erreurs, des choses qui auraient dû être faites ne l’ont peut-être pas été. Parfois le couple tient, parfois le couple craque.

Parfois le malade a l’air tout ce qu’il y a de plus normal, à une bouteille de whisky par jour près, parfois le maladie est difficile à cacher. Parfois le malade arrête, parfois il replonge. Souvent la dépendance est physique, elle est parfois psychologique.

Mais dans tous les cas les ravages continuent années après années. On n’est plus la même personne lorsque l’on absorbe de telles quantités d’alcool au cours de la journée. Si l’effet n’est pas visible directement, l’organisme, lui, encaisse les coups.

Quelle image renvoie-t-on à ses enfants lorsqu’on est alcoolique ? Quelle image a-t-on de soi lorsque replonge ? Comment arrêter lorsque l’on est isolé socialement ?

Contrairement à d’autres drogues, une personne qui a développé une dépendance physique à l’alcool l’aura toute sa vie.

Il n’y a pas de machine arrière, il faudra faire avec toute sa vie : passer devant les rayons interminables d’alcools pendant les courses, les verres de vins pour les « pots de départs » au travail, les réunions familiales plus ou moins arrosées, etc.

On pourra toujours débattre des siècles sur la question du goût, du plaisir procuré par les boissons alcoolisées. Mais le fait est là, très concret, sous nos yeux : l’alcool brise des vies.

Par respect pour les personnes alcooliques et pour tous leurs proches, il faut avoir une position ferme à ce sujet : l’alcool doit disparaître. Être de gauche, ce n’est pas faire des campagne de prévention d’un côté et la vente de poison de l’autre.Être de gauche, c’est : personne sur le côté de la route !