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Guerre

Ukraine en mode pro OTAN: l’appel CGT – FSU – LFI – NPA – EELV

On est dans une convergence très claire.

Lors de la Conférence bilatérale pour la résilience et la reconstruction de l’Ukraine à Paris le 13 décembre 2022, le président Emmanuel Macron a parlé du « plan de paix en dix points » du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qu’il a présenté comme « une excellente base sur laquelle nous allons bâtir ensemble ».

Ces dix points sont principalement : « La Russie doit retirer toutes ses troupes et formations armées du territoire de l’Ukraine », « La Russie doit réaffirmer l’intégrité territoriale de l’Ukraine dans le cadre des résolutions pertinentes de l’Assemblée générale des Nations unies et des documents internationaux contraignants applicables », « l’établissement du Tribunal spécial concernant le crime d’agression de la Russie contre l’Ukraine et la création d’un mécanisme international pour compenser tous les dommages causés par cette guerre ».

Il y aussi : « Des restrictions de prix sur les ressources énergétiques russes devraient être introduites », « des milliers de nos concitoyens — militaires et civils — sont en captivité chez les Russes [et doivent être libérés] », « La Russie doit immédiatement retirer tous ses combattants du territoire de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia ».

Ainsi que : « l’Ukraine peut exporter 45 millions de tonnes de nourriture cette année »,  » 200 000 hectares de nos terres sont contaminés par des mines et des obus non explosés [et il faut s’en occuper] », « la Russie a pu déclencher cette guerre précisément parce que l’Ukraine est restée dans la zone grise — entre le monde euro-atlantique et l’impérialisme russe [et l’Ukraine doit être dans le camp occidental] », « un document confirmant la fin de la guerre devra être signé par les partie ».

Ce qu’on lit là, et qu’Emmanuel Macron salue, est repris mot à mot par tout une partie de la « Gauche » française ! C’est tout à fait révélateur de la nature sociale-chauvine de ces gens ne font que défendre leur propre capitalisme, leur propre impérialisme, en mendiant simplement une dimension « sociale ».

Une paix juste et durable pour l’Ukraine

Une crise humanitaire sans précédent menace la population d’Ukraine cet hiver. La situation de conflit qui prévalait dans l’est de l’Ukraine depuis 2014 est devenue une guerre totale, « de haute intensité » depuis l’invasion du territoire ukrainien par les troupes de Poutine, le 24 février 2022.

Cette « opération spéciale » avait comme but explicite de renverser le gouvernement ukrainien et de détruire la République d’Ukraine comme entité indépendante. L’échec de ce premier objectif a conduit le gouvernement de la Fédération de Russie à en modifier les objectifs et à prolonger une brutale guerre de conquête avec la proclamation de l’annexion d’une grande partie du territoire ukrainien.

Les victimes se comptent en dizaines de milliers, les personnes déplacées en millions, les dommages en dizaines de milliards d’euros. Les forces d’invasion commettent des crimes de guerre, et, par leur caractère systématique, des crimes contre l’humanité – comme la destruction des infrastructures vitales, les déplacements forcés et la déportation de populations – y compris des enfants. Sans oublier les viols massifs.

En Russie, des gens sont enrôlés de gré ou de force pour faire une guerre, à laquelle, de diverses manières, ils sont des centaines de milliers à vouloir à raison se soustraire ou à courageusement s’opposer frontalement.

Toute guerre se termine un jour, toute négociation qui permettrait d’y mettre un terme sera bienvenue. Mais une paix juste et durable ne s’établira pas sans conditions, elle ne peut être envisagée que sur la base du respect de certains principes élémentaires :

• Le retrait de toutes les troupes d’invasion de tout le territoire de l’Ukraine dans ses frontières internationalement reconnues ;

• Le retour, dans des conditions de sûreté garantie, de tous·tes les réfugié·es et des personnes déplacées ;

• Le respect du droit international, tant en ce qui concerne le droit de la guerre (libération des prisonnier·ères de guerre) que le droit humanitaire et les principes de la charte des Nations unies et des autres documents internationaux (dont la Convention européenne des droits humains et les principes fondateurs de l’Organisation de la sécurité et de la coopération en Europe).

D’autres questions, telles que celles des réparations des dommages de guerre, des poursuites pénales éventuelles devant les juridictions nationales et internationales compétentes, ainsi que les garanties de sûreté, de liberté d’expression des populations et d’exercice de leurs droits individuels et collectifs, pourront être précisées une fois les principes ci-dessus affirmés et aussi vite que possible mis en pratique.

L’appui à ces objectifs des opinions dans le monde entier sera un élément essentiel pour une paix juste et durable pour les peuples d’Ukraine et de Russie.

Liste des premiers signataires :

Simon DUTEIL, co-porte-parole de l’Union syndicale Solidaires
Murielle GUILBERT, co-porte-parole de l’Union syndicale Solidaires
Philippe MARTINEZ, secrétaire général de la CGT
Benoît TESTE, secrétaire général de la FSU

François ALFONSI, eurodéputé Verts/ALE
Rodrigo ARENAS, député LFI de Paris
Clémentine AUTAIN, députée LFI de Seine-Saint-Denis
Esther BENBASSA, sénatrice écologiste de Paris
Laurence BOFFET, vice-présidente Ensemble Lyon Métropole
Leïla CHAIBI, eurodéputée LFI
Paul-André COLOMBANI, député LIOT de Haute-Corse
Hendrik DAVI, député LFI des Bouches-du-Rhône
Alma DUFOUR, députée LFI de Seine-Maritime
Benjamin JOYEUX, conseiller régional EELV Auvergne-Rhône-Alpes
Hubert JULIEN-LAFFÉRIÈRE, député EELV du Rhône
Andy KERBRAT, député LFI de Loire-Atlantique
Marianne MAXIMI, députée LFI du Puy-de-Dôme
Paul MOLAC, député LIOT du Morbihan
Sandrine ROUSSEAU, député EELV de Paris
Michel SALA, député LFI du Gard

Branislava KATIC, secrétaire générale de l’Union des artistes ukrainiens
Jean-Pierre PASTERNAK, Union des Ukrainiens de France

Olivier BESANCENOT, ancien candidat à l’élection présidentielle
Eva JOLY, ancienne candidate à l’élection présidentielle
Noël MAMÈRE, ancien candidat à l’élection présidentielle
Philippe POUTOU, ancien candidat à l’élection présidentielle

Vincent DREZET, porte-parole d’Attac France
Merlin GAUTHIER, co-animateur de PEPS
Myriam MARTIN, porte-parole de la Gauche écosocialiste
Margot MEDKOUR, porte-parole de Nantes en Commun
Jean-François PELLISSIER, porte-parole d’Ensemble !
Christine POUPIN, porte-parole du NPA

Étienne BALIBAR, philosophe
Sergio CORONADO, ancien député EELV
Gilles LEMAIRE, ancien secrétaire EELV
Twefik ALLAL, militant associatif algérien
Albert HERSZKOWICZ, médecin, Mémorial 98
Jacques SIMON, fondateur de Kinoglaz (cinéma soviétique et russe)
Philippe CORCUFF, politologue
Philippe MARLIÈRE, politologue
Catherine SAMARY, économiste

Fred ALFI, musicien
Daman, musicien
Dubamix, musicien
Footprint System, musiciens
Jacques KIRSNER, scénariste, producteur
Dominique LABOURIER, comédienne

Jean MALIFAUD, mathématicien
Marnix DRESSEN-VAGNE, sociologue
Alexis CUKIER, philosophe
Didier EPSZTAJN, auteur
Pierre COURS-SALIES, sociologue
Pierre KHALFA, économiste
François GÈZE, éditeur
Pierre SALAMA, économiste
Ben CRAMER, rédacteur
Francis SITEL, éditeur
Jean-Paul BRUCKERT, historien
Gustave MASSIAH, économiste
Jean DHOMBRES, historien des sciences
Stefan BEKIER, interprète de conférence
Bernard DREANO, militant de la solidarité internationale
Bernard RANDE, mathématicien
Gilles GODEFROY, directeur de recherche émérite
Violaine AUBERT, CPGE lycée Henri-IV
Nara CLADERA, professeure des écoles, SUD Éducation
Fabienne MESSICA, sociologue
Georges MENAHEM, sociologue, économiste
Gilles MANCERON, historien
Vincent PRESUMEY, professeur
Claire BORNAIS, syndicaliste enseignante , FSU
Idriss MAZARI, mathématicien
Anne MARCHAND, sociologue
Benjamin SCHRAEN, mathématicien
Michelle GUERCI, journaliste, militante féministe antiraciste
Patrick SILBERSTEIN, médecin, éditeur
Bruno SLAMA, chef d’entreprise
Julien TROCCAZ, SUD-Rail
Christian GOURDET, ouvrier du Livre retraité
Christian MAHIEUX, cheminot retraité, éditeur
Pierre ROUSSET, Europe solidaire sans frontières
Monique DENTAL, réseau féministe Ruptures
Abraham BEHAR, président de l’Association des médecins français pour la prévention de la guerre nucléaire
Daniel GUERRIER, éditeur
Jan MALEWSKI, éditeur
Bernard PINAUD, ancien délégué CCFD-Terre solidaire
Patrick FARBIAZ, militant écologiste
Pierre BERNARD, mathématicien
Huayra LLANQUE, militante associative ATTAC
Patrick LE TREHONDAT, auteur, éditeur
Mariana SANCHEZ, journaliste, éditrice
Robi MORDER, juriste, chercheur associé
Antoine RABADAN, militant anticapitaliste et internationaliste
Christian VARIN, militant anticapitaliste et internationaliste
Henri MERME, militant autogestionnaire et internationaliste
Roland MÉRIEUX, militant autogestionnaire et internationaliste
Jean-François FONTANA, enseignant retraité, syndicaliste
Michel LANSON, militant internationaliste
Olivier AUBERT, consultant en prospective,
Béatrice WHITAKER, militante internationaliste
Jean-Paul ALLOUCHE, directeur de recherche émérite
Michel BROUE, mathématicien
Faouzia CHARFI, physicienne, ancienne secrétaire d’État (Tunisie, 2011)
Kevin VACHER , Nos Vies Nos Voies , Mouvement citoyen marseillais

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Politique

Fiasco de la grève nationale du 29 septembre 2022

Le misérabilisme ne paie pas.

Prise avec Lumia Selfie

La société française ne sort pas de sa léthargie, et il ne faudra évidemment pas compter sur la CGT pour faire bouger les choses. Ce vendredi 29 septembre 2022, une énième « mobilisation interprofessionnelle pour les salaires  » était ainsi organisée dans le pays, avec un résultat pathétique.

On ne trouvera d’ailleurs aucun décompte sérieux et concret des français grévistes du jour, car on est dans la mise en scène, avec la CGT qui revendique même 250 000 manifestant défilant à 200 endroits en France (le ministère de l’intérieur dit pour sa part 120 000 personnes), ce qui est dans tous les cas extrêmement faible alors que c’est la misère qui est censée se propager à grande vitesse, que le pays est censé être à genoux avec l’inflation, etc.

En réalité, c’est un défilé réactionnaire de plus qui a eu lieu, une marche corporatiste, avec notamment les enseignants, quelques emplois du secteur public tels les personnels de restauration des cantines, les machinistes RATP, qui connaissent traditionnellement une proportion de gens sensibles à l’agitation syndicale.

Ce fut une marche comme il y en a eu un nombre incalculable, avec aucune dimension, ni sur le plan historique, ni sur le plan culturel, ni sur aucun plan d’ailleurs. C’était une grève et ce n’était pas une grève, en fait ce n’était rien.

Pratiquement personne en France ne savait d’ailleurs qu’il devait y avoir une grève ce jour et, pire encore, le soir même, la plupart des français l’ignoraient encore, à moins d’être passé pile à l’heure d’une manifestation dans un centre-ville, d’avoir eu la cantine de ses enfants fermée, ou bien, à Paris, d’avoir vu son bus annulé.

Cela n’empêche pas la CGT d’avoir un discours triomphaliste qui est son fond de commerce :

« Au vu des luttes engagées dans de nombreux secteurs professionnels, depuis des mois, autour de la question des salaires, tout portait à penser que la mobilisation par la grève allait s’amplifier et se généraliser ce jeudi.

Cela s’est vérifié avec des taux forts de grève : dans l’agro-alimentaire, la fédération a recensé près de 400 appels à la grève pour aujourd’hui. Le taux de gréviste allant de 30 à 100% des salariés dans les entreprises de ce secteur, ce représente au bas mot, 50 000 grévistes. »

La CGT propose en ce sens « de poursuivre et renforcer ces mobilisations, sans attendre et dans l’unité la plus large ». C’est la démagogie traditionnelle. En vérité, la CGT est complètement dépassée, coupée de la réalité concrète et quotidienne du pays, totalement hors-sol.

Il n’y a qu’à voir son affiche pour la mobilisation du jour, qui utilise l’écriture « inclusive » décadente des universitaires post-modernes, et qui fait tomber du chapeau la revendication loufoque d’une semaine de travail à 32 heures, d’un SMIC à 2000 euros. Comme si c’était possible de par le rapport de force actuel!

Tout cela ne mène à rien, et ne mènera jamais à rien. C’est un simulacre de lutte des classes, et même un simulacre de lutte tout court. C’est du vide et comme le vide n’existe pas, cela implique que cela joue un rôle néfaste. Cela épuise, cela trompe, cela invalide les luttes.

Bien sûr, il y a la grève dans les raffineries françaises depuis le début de semaine, avec la plupart des capacités de productions bloquées. C’est bien, ou plutôt c’est la moindre des choses dans un des rares secteurs ouvriers ou la capacité d’organisation est encore là. Pour autant, cela ne sort pas du cadre et est tout à fait sous contrôle de la bourgeoisie, il ne faut pas se faire d’illusions là dessus.

Le manque d’envergure, le manque d’ambition, la soumission complète au capitalisme, l’absence totale d’utopie, le refus des valeurs historiques du mouvement ouvrier… tout cela saute aux yeux. Concrètement, il ne se passe rien en France. Il n’y a pas de lutte des classes. Tout est à construire, à re-construire, minutieusement, avec de grandes ambitions, celles de la Gauche historique, celles du Socialisme.

Il faut œuvrer à former cette base – qui seule pourra être à la hauteur de l’Histoire lorsque les choses vont mal, très mal tourner!

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Guerre

Brest : mobilisation contre la militarisation de l’Union européenne

Une initiative anti-guerre.

Le Comité Régional CGT de Bretagne, en lien avec le Mouvement de la Paix et d’autres associations et collectifs, appelle à un rassemblement à Brest dimanche 9 décembre contre la guerre et la tendance à la guerre. Un meeting est prévu le matin puis une manifestation l’après-midi, alors que 54 ministres européens liés à leurs armées respectives doivent tenir sommet dans la ville la semaine suivante.

Voici le communiqué, qui porte une grande charge démocratique et pacifiste, avec des arguments concrets et précis contre la guerre, la tendance à la guerre, la militarisation de l’Union européenne et son alignement sur l’OTAN. L’initiative a d’autant plus de valeur qu’elle a lieu à Brest, deuxième port militaire français et ville martyre de la seconde guerre mondiale, victime de 165 bombardements entre 1940 et 1944 (le poème évoqué dans le communiqué de la CGT est « Barbara » de Jacques Prévert et parle justement de cette destruction).

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Société

Grève des fonctionnaires le 5 octobre 2021

Le bloc CGT, CGT FO, FSU, Solidaires et FA-FP prennent leurs rêves pour la réalité.

C’est tout à fait exemplaire de comment les mentalités n’ont pas changé malgré la crise, alors que tout a changé. Les syndicats, n’existant concrètement que par la fonction publique, s’imaginent encore et toujours les seuls protagonistes sociaux. Il n’y a toujours pas d’effort vers les travailleurs du privé (sans parler des usines), ni de considérations culturelles et politiques (et ce alors que la Droite et l’extrême-Droite vont ici de succès en succès).

Les syndicats se permettent même de dénoncer la vaccination obligatoire, se plaçant ainsi en porte-à-faux avec la société et les gens les plus conscients à Gauche. Mais quand on dit les syndicats, on ne parle pas de la CFDT (qui assume de ne pas être contestataire et qui est désormais le premier syndicat en France) ni de la CFE CGC (qui regroupe les cadres) : ceux-là en profitent pour rester à l’écart et gagner des points.

C’est exemplaire d’un panorama avec des réformistes-modernistes concrets et non hors-sol, et des contestataires qui ont une portée utopique mais sont totalement déconnectés et finalement simplement corporatistes.

Voici le communiqué :

« Les organisations syndicales représentatives de la Fonction publique CGT, FO, FSU, Solidaires et FA-FP appellent l’ensemble des fonctionnaires et agents-es publics à cesser le travail le 5 octobre 2021 et à participer aux mobilisations organisées avec le secteur privé.

Subissant depuis des années des politiques publiques d’austérité qui ont dégradé considérablement leurs conditions de travail et leur pouvoir d’achat, les fonctionnaires et agents-es publics s’inscrivent dans les revendications portées sur le plan interprofessionnel, notamment :

• l’augmentation générale des salaires par la revalorisation du point d’indice et l’amélioration de la grille indiciaire, ainsi que des mesures fortes pour gagner l’égalité professionnelle,

• l’arrêt des suppressions de postes et des recrutements partout où c’est nécessaire,

• l’abandon du projet de loi 3DS, des restructurations et le maintien et le développement de services publics de proximité,

• l’arrêt des emplois précaires et la mise en place d’un plan massif de titularisation et/ou de CDIsation,

• l’engagement que la réforme portant sur un régime universel des retraites ou la remise en cause des régimes spéciaux est abandonnée.

Tout en réaffirmant que la priorité doit être à la mise en œuvre des moyens indispensables pour protéger la santé de la population et des salariés-es en particulier, dont fait partie aujourd’hui la vaccination à laquelle chacun doit pouvoir accéder, nous rappelons qu’il est inacceptable de sanctionner un-e agent-e sur un plan professionnel au regard de choix personnels, le tout sans possibilité de débat contradictoire par la saisine des CAP ou CCP.

C’est pourquoi, nos organisations refusent toute suspension des agents-es et interruption de leur rémunération et demandent le retrait de cette disposition du projet de loi.

Elles revendiquent davantage de moyens pour la santé et l’hôpital public et, globalement, des budgets 2022 en rupture avec les politiques d’austérité.

Face à un Président de la République et un Gouvernement qui continuent de faire la sourde oreille aux revendications portées par les organisations syndicales des travailleurs-euses, il est temps de nous faire entendre !

Nos organisations syndicales apportent leur soutien à toutes les mobilisations en cours notamment à l’Éducation nationale le 23 septembre prochain [l’appel date du 17] et en solidarité avec les retraités-es le 1er octobre 2021, processus de lutte qui doivent converger le 5 octobre prochain.

Ensemble, public, privé, soyons solidaires et prenons notre destin entre nos mains !

En grève et aux manifestations le 5 octobre 2021 ! »

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Société

La CGT Santé et action sociale soutient les antivaccins

Une position suicidaire.

La fédération Santé et action sociale de la CGT refuse l’obligation vaccinale, comme elle l’a expliqué dans une publication appelant à manifester le mardi 14 septembre 2021.

En effet, à partir de mercredi 15 septembre, les personnels de santé doivent être vaccinés, ou alors ils sont suspendus. C’est tout à fait normal et d’ailleurs la grande majorité des personnels de santé sont déjà vaccinés ou ont reçu leur première dose. La plupart des personnes travaillant auprès de personnes malades ou âgées ne se sont pas poséq de question : dès qu’elles ont eu accès à la vaccination, elles ont assumé leur responsabilité en se vaccinant pour protéger.

Seulement voilà, nous sommes en France, l’un des bastion du libéralisme et de l’esprit petit-bourgeois, alors ils y a toujours des gens pour pleurnicher en refusant de se plier à l’ordre collectif. En l’occurrence, il y a des centaines de personnels de santé en France qui refusent encore la vaccination, et qui vont se résoudre à être suspendu de leur fonction (et de leur rémunération).

Normalement, la CGT devrait broyer de tels gens. Elle devrait les dénoncer comme d’odieux individualistes de droite. Elle devrait porter fièrement l’engagement des personnels de santé qui se sont fait vacciner depuis le début, au nom de l’exigence collective.

Mais là CGT n’a plus aucun repère social. Elle n’est qu’un organisme à la dérive, riche car richement financé institutionnellement, riche également de par son passé, mais très pauvre de part ce qu’elle représente socialement. Alors il est raconté n’importe quoi, pour faire du bruit, en espérant peser. Plutôt que du bruit, il est en fait surtout brassé du vent, car personne en France n’en a grand-chose à faire de ces personnels de santé non-vaccinés, ni des quelques centaines de cégétistes ayant manifesté en France mardi 14 septembre 2021 contre l’obligation vaccinale.

Quelle misère intellectuelle, morale, culturelle !

Il ne faut pas sous-estimer cependant les dégâts que font culturellement de telles manifestations. Car en faisant cela, la CGT Santé et action sociale abîme profondément l’héritage sociale de la lutte des classes, confortant la population dans l’idée qu’il n’y a rien à attendre de la lutte des classes.

En se rangeant du côté d’une minorité d’anti-sociaux, la CGT se coupe ouvertement de la majorité de la population et surtout de l’intérêt collectif. Elle ne propose plus qu’une caricature de syndicalisme, avec des arguments grotesques ne pouvant convaincre personne.

La CGT (y compris la centrale fédérale) voudrait faire croire qu’elle n’est pas contre la vaccination, mais seulement contre l’obligation. Cela n’a aucun sens. Si on considère que la vaccination est une bonne chose, alors il n’y a aucun problème à obliger les personnels soignant à être vaccinés. Sinon, c’est donner de la valeur aux pérégrinations de quelques anti-vaccins hystériques, pour qui d’ailleurs le vaccins n’est en général qu’un prétexte.

La plupart de ces gens refusent le vaccin non pas en tant qu’acte médical auquel ils ne croient pas – même s’il y en a bien sûr -, mais en tant que norme sociale imposée par la collectivité. La CGT Santé et action sociale elle-même adopte la même posture à la fois sinistre et mensongère, comme lorsqu’elle dit:

« Il s’agit de la mise en place d’une obligation vaccinale et de sanctions possibles qui concernent aujourd’hui des millions de salarié.e.s, et cela, dans différents secteurs d’activités. »

Cela est faux, pour la simple et bonne raison que la plupart des travailleurs sont déjà vaccinés ou envisagent de le faire, et ne sont donc par définition pas concernés par une éventuelle « obligation ». Il est complètement mensonger de parler ici de « millions » de personnes se faisant potentiellement « discriminer » ou pénaliser par l’obligation vaccinale. Il faut vraiment être hors sol pour raconter de telles absurdités.

Mais la CGT est hors sol, à tous les niveaux, comme d’ailleurs le syndicalisme en général dès qu’il se pose une question politique, culturelle, sociale… Et, d’ailleurs, toute question politique, culturelle, sociale. Les syndicats doivent savoir se subordonner à la politique, à la Gauche historique!

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Société

Manifestation anti-vaccination de la CGT Santé le 14 septembre 2021

La CGT Santé choisit le camp de l’individualisme et du corporatisme.

Il n’y a aucun communiqué de la part de la CGT Santé, mais les médias ont largement relayé l’appel fait à manifester contre la vaccination obligatoire du personnel soignant. La date choisie correspond à la veille du 15 septembre, à partir duquel le personnel soignant n’ayant pas eu au moins une dose de vaccination risque la suspension d’activité et du salaire.

C’est une mesure relevant des décisions collectives dans la pandémie, en particulier concernant la systématisation de la vaccination de la population. Le personnel soignant étant en première ligne, il est considéré comme devant être vacciné de manière obligatoire, ce qui est logique. Mais la CGT Santé ne le veut pas et espère mobiliser en ce sens.

Il faut attendre le communiqué pour voir comment la CGT Santé peut justifier une chose pareille… Même si on devine déjà son contenu. En effet, la démarche de la CGT Santé est individualiste et corporatiste. Elle dit: je défends un personnel particulier et je vois les choses uniquement par ce prisme. Elle dit aussi: je défends des droits individuels.

C’est ni plus ni moins que la conception de la CGT-Force Ouvrière qui, de son côté, pour son secteur santé, se contente de demander un délai supplémentaire, refusant de se prononcer contre les « sociétés savantes ». C’est étonnant, car normalement la CGT-Force Ouvrière privilégie justement l’aspect individuel, librement choisi (elle regrette le manque de pédagogie). Mais c’est du réalisme: la pandémie est ce qu’elle est et la société n’est pas prête à accepter un aventurisme de la part du personnel soignant.

La CGT Santé, quant à elle, n’en a rien à faire. Elle agit dans une tradition syndicaliste dure des années 1980, avec un élan syndicaliste « révolutionnaire » du début du 20e siècle, et surtout une mentalité individualiste et corporatiste bien du 21e siècle. C’est un mélange explosif.

La CGT elle-même, en tant que Confédération, est forcément très mal d’ailleurs, car elle se prononce quant à elle pour la vaccination, mais s’inquiète de si 5-10% des soignants ne peuvent plus travailler. Une manière de demander à l’Etat d’abandonner son projet pour ne pas que de manière interne sa situation soit intenable.

L’implosion de la CGT est toutefois inévitable. Il y a trop d’incohérences, trop de conflits internes, alors qu’en plus la corruption morale est généralisée dans un appareil bureaucratisé à tous les niveaux. La pandémie a d’autant plus renforcé cela, au point que son dirigeant Philippe Martinez a même fait déjà en sorte que la CGT ne soit pas présente à la Fête de l’Humanité 2021, les stands étant trop chers (de fait ils sont historiquement un moyen pour le PCF de se monnayer entre autres sur le dos des syndicats).

Et rappelons qu’au niveau national, la CFDT est désormais le premier syndicat, avec une image moderne, négociatrice, etc., alors que la CGT a une aura négative à tous les niveaux. En appelant à refuser la vaccination obligatoire du personnel soignant, la CGT Santé ne va pas aider à changer ça!

Les conséquences sont très graves également. C’est une telle convergence avec le mouvement anti-pass sanitaire qu’on voit déjà mal comment cela ne peut pas mal tourner à la base.

Et, plus qu’une convergence, c’est d’ailleurs un soutien direct d’ailleurs, parce que les anti-pass sanitaire, avec leur noyau « anti-vax », ont désormais l’argument comme quoi la CGT Santé aussi se lance dans le mouvement.

C’est même de cela qu’il s’agit d’ailleurs: du soutien d’un syndicat corporatiste à un mouvement plébéien. Bienvenue dans les années 1930.

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Société

Un ridicule appel anti-pass sanitaire LFI-PCF-CGT

Outre d’être idiot, c’est le fiasco.

L’association alter-mondialiste ATTAC a lancé une pétition sans succès contre la loi sanitaire, en cherchant à s’appuyer sur un large appel anti-pass sanitaire publié dans Libération.

Comme personne ne lit Libération et que les signataires n’ont aucune surface populaire (alors que de toutes façons l’écriture dite inclusive est un repoussoir), comme en plus seuls les anti-sociaux sont anti-pass sanitaire, c’est le flop complet.

Voici l’appel en question, parce qu’il faut conserver cela comme exemple. Un exemple de comment des gens peuvent s’imaginer de gauche alors qu’ils sont hors-sol, libéral-libertaire dans leur vision du monde, misérabiliste et populiste… et sans envergure aucune.

Une crise immense frappe le monde et on a toujours ces mièvreries, ces pleurnicheries… c’est atrocement petit-bourgeois.

« Refusons le projet de loi sanitaire et les régressions sociales

Le pass sanitaire marquera la vie de millions de Français·es, puisqu’en très peu de temps, et encore plus dès lors que le test PCR ne sera plus gratuit, toute vie sociale et professionnelle sera contrainte par le fait d’être vacciné. Pourtant, cette décision a été prise de façon autoritaire, non démocratique, dans un cadre de délibérations obscures, celui d’un seul homme : le président de la République qui n’aura réuni que le seul Conseil de défense. Elle passe outre toute discussion réelle au Parlement qui est, une fois encore, considérée comme une chambre d’enregistrement. La démocratie ne saurait être sacrifiée, et elle est pour nous plus que jamais la clé pour sortir de cette crise.

Pourtant, il y a moins d’un mois, Emmanuel Macron, le ministre de la santé, les député.es de la majorité, à l’image de la présidente de la commission des lois qui avait même déposé un amendement pour en figer l’impossibilité d’avoir une obligation publique dans la loi, tou.te.s se disaient opposées à la généralisation du pass sanitaire au nom des libertés et individuelles tout comme à une vaccinale. Alors que tout indique que nous avons pour au moins des mois à vivre avec le virus, on ne peut rentrer dans la société du contrôle généralisé que le gouvernement veut imposer ainsi à la population.

Une vaccination large et massive est nécessaire pour combattre cette pandémie, à commencer par la couverture des plus fragiles. Nous nous démarquons de toutes celles et ceux qui font de leur opposition frontale au vaccin un déversoir sectaire et complotiste et nous dénonçons fermement toute assimilation de la stratégie vaccinale à la Shoah ou à l’apartheid.

Nous dénonçons la méthode employée par le gouvernement, génératrice de fortes tensions, ce qui est délétère en pleine crise épidémique. Les premiers leviers activés devraient être un grand débat démocratique, une information d’ampleur, des droits d’utilisation sur le temps de travail pour se faire vacciner, une prévention notamment par la gratuité des masques, une couverture bien plus importante des centres de vaccination et des moyens associés plus conséquents…

La corrélation entre la vaccination et les revenus fait dire qu’en l’état actuel le pass sanitaire est antisocial. Ce sont des milliers de milliers de travailleurs·se·s qui se trouvent contraint·es et menacé·es de sanctions graves.

Depuis le début de la pandémie, les moyens financiers et humains réclamés par les syndicats et associations de soignants, pour remettre debout les hôpitaux publics et soigner correctement, n’ont pas été octroyés. Il en est de même pour les Ehpad. Pire, dans certains endroits nous constatons même que la casse de l’hôpital public continue (fermeture de lits, suppressions de poste…).

Et pendant ce temps, la France s’oppose toujours, avec l’Union européenne, à la levée des brevets au sein de l’Organisation mondiale du commerce, alors que c’est la seule façon pour que, dans les pays pauvres et émergents, les vaccins puissent être fabriqués et distribués massivement.

C’est à la fois une question de solidarité internationale, de santé publique et d’efficacité. Car tant que la pandémie ne sera pas résolue à l’échelle mondiale, elle ne le sera nulle part.

Enfin, pendant que ces décisions heurtent et divisent la population, de graves attaques contre les droits sociaux sont annoncées. Autoritarisme et casse sociale vont de pair. La réforme régressive de l’assurance-chômage serait entérinée dès le 1er octobre, diminuant fortement les durées et les montants des allocations des chômeurs. Et Emmanuel Macron a confirmé sa volonté de reporter l’âge légal de départ en retraite et la fin de tous les régimes spéciaux.

Alors que le patrimoine cumulé des 500 plus grandes fortunes de France a augmenté de 30% en 2020, le gouvernement ne revient aucunement sur toutes les largesses qu’il leur a accordées depuis le début du quinquennat et veut faire payer la crise aux chômeurs et aux retraités.

A l’inverse, nous demandons que soient mis à contribution, bien davantage qu’aujourd’hui, les multinationales et les très riches, au profit de la solidarité nationale. Nous exigeons une politique sociale ambitieuse, passant par des services publics de qualité et des droits sociaux plus importants.

Pour cette raison, au nom de l’efficacité sur le long terme contre l’épidémie et pour préserver nos libertés, nous nous opposons à la nouvelle loi proposée à l’assemblée, tout comme aux mesures antisociales qui visent à faire payer la note de la crise sociale au monde du travail. A cette fin, nous aspirons à des mobilisations dans les semaines et mois qui viennent.

Premiers signataires

Responsables d’organisations : Aurélie Trouvé et Raphaël Pradeau (porte-parole d’Attac), Céline Verzeletti (secrétaire confédérale de la CGT), Simon Duteil et Murielle Guilbert (délégué·es généraux de l’Union syndicale Solidaires), Thomas Portes (porte-parole de Génération·s), Mélanie Luce (présidente de l’UNEF), Khaled Gaiji (président des Amis de la Terre France), Pierre Khalfa et Willy Pelletier (Fondation Copernic), Emmanuel Vire (secrétaire général du SNJ-CGT), Mireille Stivala (secrétaire générale de la fédération CGT Santé et action sociale), Jean Marc Devauchelle (secrétaire général de la Fédération SUD Santé Sociaux), Thierry Amouroux (porte-parole du Syndicat National des Professionnels Infirmiers SNPI), Hafsa Askar (Secrétaire Générale de la FSE), Denis Lalys (secrétaire général de la FNPOS de la CGT), Ana Azaria (présidente Femmes égalité), Lenny Gras (porte parole du MNL), Mathieu Devlaminck (UNL), Aneth Hembert (co-secrétaire fédérale des Jeunes Ecologistes), Jean-Christophe Sellin et Hélène Le Cacheux (coordinateurs du Parti de Gauche), Jean-François Pellissier et Myriam Martin (porte parole d’ENSEMBLE !), Christine Poupin, Olivier Besancenot et Philippe Poutou (porte-parole du NPA), Christian Pierrel (porte parole du PCOF), Christian Eyschen (secrétaire général de la Libre Pensée), Martin Méchin et Louise Tort (Black Robe Brigade), Anthony Caillé (CGT-Police), Jean-Baptiste Eyraud (porte-parole Droit Au Logement), Delphine Glachant (présidente de l’Union syndicale de la psychiatrie).

Elu·e·s : Éric Coquerel (député LFI), Elsa Faucillon (députée PCF), Eric Piolle (maire EELV), Jean-Luc Mélenchon (député LFI), Sébastien Jumel (député PCF), Emilie Carriou (députée Nouveaux Démocrates), Clémentine Autain (députée LFI), Aurélien Taché (député Nouveaux Démocrates), Mathilde Panot (députée LFI), Pierre Dhareville (député PCF), Caroline Fiat (députée LFI), Manon Aubry (députée LFI), Adrien Quatennens (député LFI), François Ruffin (député LFI), Muriel Ressiguier (députée LFI)

Personnalités : Youcef Brakni (militant antiraciste), Sandrine Rousseau (EELV), Caroline Mecary (avocate), Taha Bouhafs (journaliste), Jean-Marie Harribey (économiste), Arie Alimi (avocat), Kevin Vacher et Deborah Ozil (Rencontre des Justices), Stéphane Jouteux (syndicaliste), Nicolas Mayart (journaliste), Dominique Plihon (économiste), Paul Poulain (spécialiste des risques industriels), Laure Vermeersch (L’ACID), Gilles Perret (réalisateur), Rokhaya Diallo (journaliste), Claire Lejeune (EELV). »

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Politique

Suspension de la réforme de l’assurance chômage

Le Conseil d’État n’a pas jugé sur le fond le réforme de l’assurance chômage, mais il l’a suspendu en attendant (elle était prévue pour le 1er juillet 2021). Voici les communiqués de la CGT, de la CFDT et de la CGT-FO qui s’en félicite, tout en rappelant que la mobilisation doit continuer à ce sujet :

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Société

Trois ouvriers de Renault Trucks licenciés pour avoir secoué un distributeur de boisson

Les ouvriers n’ont aucune conscience politique ni sociale et la bourgeoisie fait ce qu’elle veut.

C’est le Progrès, de la métropole de Lyon, qui raconte une affaire à la fois pathétique et honteuse. Pour qu’une telle chose puisse se dérouler, c’est vraiment qu’il n’y a en France rien à sauver pour le moment!

« Secouez-moi » disait la pub Orangina. Mal en a pris à des salariés de l’usine Ponts Essieux du constructeur de poids lourds à Saint-Priest. Pour avoir malmené un distributeur de boissons, ils vont pointer au chômage. Trois salariés de Renault Trucks Saint-Priest ont été licenciés en mai.

Les raisons suivent. Le courrier signé de la responsable RH Ponts Essieux, fait état d’une scène captée le 21 avril par une caméra de vidéosurveillance. On y verrait le salarié, masque baissé, mettre quatre coups de pied dans un distributeur de boissons après qu’une pièce est restée bloquée. Puis il s’en va, revient avec un collègue qui aide au déblocage de la monnaie. Les deux hommes secouent alors le distributeur qui délivre deux canettes (…).

Précision : ce sont bien trois salariés de l’usine de Saint-Priest qui sont licenciés pour « vol » de canettes, et non deux. « Ce distributeur fonctionne mal. La scène s’est reproduite avec à nouveau deux salariés, dont un présent les deux fois », précise Michel Piot [délégué CGT Renault Trucks].

C’est lamentable, mais tout à fait représentatif. Le niveau de lutte de classe en France est à zéro. La CGT et l’ultra-gauche vendent du rêve, mais c’est de la fiction pure et simple. Tout comme le déconfinement mis en place fin juin 2021 révèle une France beauf, d’ailleurs admirative de l’Euro 2020 de football dans une sorte de passion triste nationaliste, le climat social montre que la bourgeoisie fait ce qu’elle veut et que les ouvriers mènent une vie simpliste.

Il y a bien en général une conscience diffuse des choses qui ne vont pas, cependant l’engagement est à zéro, la capacité à synthétiser inexistante, quant à la capacité de se sacrifier pour une Cause collective, n’en parlons même pas. C’est un constat affreux, mais il faut le faire si on veut transformer le monde. Qui ne reconnaît pas que l’aliénation est systématisée par le capitalisme ne comprend pas le capitalisme et ne peut tout simplement pas le combattre.

Cette affaire de licenciements est une preuve de tout cela. S’il y avait réellement une conscience sociale dans ce pays, jamais les trois ouvriers de Renault Trucks n’auraient été licenciés. Renault Trucks n’aurait d’ailleurs même pas essayé de les licencier. Il y aurait une unité à la base, il y aurait une capacité à exercer une contre-violence, sur la base des valeurs de la Gauche historique.

Mais comme les travailleurs n’ont aucune critique du salariat ni de la société de consommation systématisée, ni une conscience écologique ou des valeurs morales de la Gauche historique… ils ne font rien, ils sont passifs, ils regardent les choses de loin, quand ils ne votent pas Le Pen dans une sorte de vague expression contestataire. Donc Renault Trucks peut licencier, preuve d’arbitraire mais également d’une volonté d’intimider.

La facture d’une telle passivité va être très salée. On peut s’inspirer ici de ce que dit Clara Zetkine. Peu importe qu’on soit d’accord avec elle quant à son évaluation générale ou pas, il y a quelque chose de très parlant quand elle dit que dans une situation de crise si les uns ne font rien alors les autres prennent le dessus.

La terreur instaurée par Horthy [en Hongrie à la suite de la révolution hongroise mise en déroute] fut une vengeance. L’exécuteur de cette vengeance est la petite caste féodale des officiers.

Il en va autrement du fascisme. Il n’est nullement la vengeance de la bourgeoisie après un soulèvement du prolétariat. Historiquement et objectivement, le fascisme est bien plus un châtiment infligé parce que le prolétariat n’a pas continué la révolution commencée en Russie.

Et le fascisme ne repose pas sur une petite caste, mais sur de larges couches sociales, qui englobent même une partie du prolétariat.

On connaît une crise. S’il n’y a pas une réponse des uns, il y aura une réponse des autres. S’il n’y a pas la réponse démocratique du peuple, il y aura la réponse anti-démocratique par le militarisme, la fascisation, la guerre, le fascisme.

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Politique

1er mai 2021 et l’ultra-gauche: la CGT donne son point de vue

Le premier secrétaire de la CGT Philippe Martinez a tenu des propos hallucinés en prétendant que c’est l’extrême-Droite qui a attaqué lors du 1er mai à Paris.

On peut tout à fait qualifier de fasciste les partisans de l’ultra-gauche radicale adeptes de la casse urbaine et de l’hystérie anti-police. Seulement pour le faire, il faut au moins une analyse renvoyant l’ultra-gauche radicale à son nihilisme et à l’histoire du fascisme esthétisant la violence gratuite au nom d’un romantisme révolutionnaire.

Tel n’est pas le discours de la CGT, qui raconte surtout n’importe quoi pour ne pas faire de politique, parce qu’elle est anti-politique et qu’elle pourrit la Gauche avec son syndicalisme prétentieux et vain.

Sur la chaîne Public-Sénat, le premier secrétaire de la CGT a insinué que les échauffourées du 1er mai à Paris auraient été organisées en amont et que serait l’œuvre de « l’extrême-droite ». Il a justifié cela par la prise de position récente de la CGT contre la tribune des militaires ou par la défense par son syndicat des « sans papiers ».

C’est totalement ridicule. D’une part, car l’extrême-droite n’en a pas grand-chose à faire des prises de position de la CGT, ni de sa fascination pour les travailleurs étrangers présents illégalement sur le territoire. La CGT ne fait peur à personne et elle sert juste de défouloir pour les commentaires des lecteurs du Figaro.

D’autre part, car l’extrême-droite en France est en pleine recomposition avec un élan nationaliste très puissant, elle a donc bien d’autres choses à faire. Quant aux éléments radicaux d’ultra-droite adeptes du coup de poing, il ne faut vraiment rien y connaître pour s’imaginer qu’ils osent s’aventurer ainsi dans un cortège du 1er mai, surtout à Paris.

La CGT se couvre donc de ridicule, mais elle joue aussi un rôle néfaste en entretenant la confusion sur ce qu’est l’extrême-droite et le danger qu’elle représente. Le risque en France, ce n’est pas un régime « totalitaire » ou la généralisation de pogroms racistes contre les « sans papiers ». Le risque en France, l’actualité, c’est le nationalisme et la tendance à la guerre, avec en face la classe ouvrière et les masses populaires qui sont apathiques et apolitiques, laissant faire passivement.

La CGT ne fait rien contre ça, au contraire même car à bien des égards elle contribue activement à la diffusion du poison nationaliste avec un discours social-chauvin très ancré, sans parler de son syndicalisme beauf plein de rodomontades mais sans résultat face aux restructuratons.

La CGT préfère donc s’inventer des ennemis d’extrême-droite, pour s’imaginer exister et représenter quelques-choses d’important et de positif dans le pays. Elle ne veut surtout pas d’un débat politique, et encore moins avec l’ultra-gauche qui est son partenaire très clair dans les manifestations ces dernières années.

Tant la CGT que l’ultra-gauche ont raconté la même chose ces dernières années, avec un cinéma anti-police, avec une fascination quasi-raciste et anti-ouvrière pour les travailleurs sans-papiers, avec des pleurnicheries complètement décalées sur la réalité du niveau de vie des masses en France, etc.

Tout cela ne mène à rien, à part à se couper définitivement des gens et laisser le champ libres aux nationalistes.

Alors, on ne regrettera pas la faillite de la CGT et l’ultra-gauche. Mais un tel effondrement n’a rien de positif s’il n’y a rien à la place. Il y a urgence à se reconstruire pour la Gauche, la vraie Gauche, celle du mouvement ouvrier et de l’intelligence politico-culturelle.

Il faut briser la guerre à l’intelligence menée par les anarchistes et les syndicalistes!

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Politique

1er mai 2021 et CGT: l’ultra-gauche donne son point de vue

L’affaire de l’affrontement CGT et ultra-gauche le 1er mai 2021 n’en finit pas.

Le document suivant exprime le point de vue de l’ultra-gauche entrée en confrontation avec la CGT le premier mai 2021 à Paris. Le document n’est pas garantie, du moins il est très hautement vraisemblable.

Dans sa démarche, il correspond à ce qui a été analysé ici : une scission entre les cégétistes et l’ultra-gauche, dans un contexte d’échec complet du tandem pourtant si uni ces dernières années.

En cela d’ailleurs, une large partie du communiqué est mensonger. Il prétend en effet relever de « l’autonomie » au sens où il serait extérieur aux institutions et a fortiori la CGT. Sauf qu’on n’a rien vu de tout cela ces dernières années. Depuis cinq ans, la CGT et l’ultra-gauche marchent main dans la main dans les protestations.

Que ces gens se tournent aujourd’hui vers l’autonomie a tout à fait un sens, vu que la CGT n’a aucun ambition de transformer la société et s’y oppose culturellement et institutionnellement. Il faut de la politique, pas du syndicalisme, très bien.

Mais prétendre depuis toujours défendre l’autonomie, c’est tout simplement faux. D’où évidemment l’incohérence sur le plan des idées. D’un côté on a par exemple la critique faite de la CGT en 1968… de l’autre on a l’affirmation que la CGT d’aujourd’hui relèverait de restes du « marxisme-léninisme » alors que le premier mai 1968, la CGT affrontait déjà les marxistes-léninistes (c’est-à-dire les maoïstes).

Rien que cet exemple historique montre que le positionnement adopté est nouveau et mal digéré.

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L’ultra-gauche n’assume rien face à la CGT

L’ultra-gauche n’a rien à voir avec les autonomes, d’où son malaise face aux bagarres entre ultra-gauche et cégétistes le premier mai 2021.

Ce qu’a fait l’ultra-gauche ces cinq dernières années, jamais les « autonomes » ne l’auraient fait. Jamais ils n’auraient soutenu les initiatives de la CGT, et pour cause !

Historiquement, les « autonomes » apportent en effet beaucoup car ils soulignent que des pans entiers du mouvement ouvriers ont été intégré dans les institutions. C’est le prolongement du point de vue maoïste. Depuis le premier mai 1968 jusqu’à la fin des années 1970, les « maos » puis les « autonomes » sont hostiles au syndicalisme et en particulier à la CGT qui admet et reconnaît les institutions.

L’ultra-gauche se situe hors de cette tradition. Elle a comme base l’anarchisme et elle soutient le syndicalisme, comme la corde soutient le pendu. C’est un retour à la France du début du XXe siècle, avec ses syndicalistes isolés et des anarchistes marginaux, tous cependant plus bruyants les uns que les autres, pendant que les réformistes occupent le terrain électoral. Avec l’effondrement du niveau intellectuel et culturel en France, on est retombé à ce niveau-là…

Quelle honte ! Être en 2021 et avoir une situation similaire à celle de 1901 ! Quelle honte et quelle catastrophe ! Comme si le capitalisme ne s’était pas formidablement développé entre-temps…

Alors, très clairement, les rodomontades sur la « grève générale » de la CGT et les prétentions au grand soir de l’ultra-gauche sont vaines. Et qui se ressemble s’assemble, comme on l’a vu toutes ces dernières années.

Forcément, dans une telle situation, l’attaque de cégétistes parisiens par des gens d’ultra-gauche fait tâche. Alors l’ultra-gauche en parle sans en parler, avec une hypocrisie qui en dit long sur l’escroquerie que tout cela représente. Sur Pars-luttes.info, on a par exemple un long compte-rendu d’un premier mai 2021 parisien qui aurait été formidable, à tous les points de vue. « Premier mai répressif, premier mai massif » est digne des scénarios hollywoodiens. Mais lorsqu’il s’agit de parler de affrontements avec la CGT… c’est la fuite :

« Une fois arrivés à Nation l’ambiance est vraiment détendue. On traîne, on cause avec les camarades qu’on n’avait pas encore vu, on se repose. Il faut une heure et demi au moins entre les premiers et les derniers arrivés ce qui est important quand même, surtout au vu de la densité du cortège.

Je suis d’un côté de la place qui ne me permet pas de voir l’attaque contre les camions de la CGT qui anime tant les réseaux sociaux et les médias réac. Je ne commenterai donc pas ce brillant moment. »

Lundi.am est tout aussi hypocrite. Organe exprimant le point de vue de « l’autonomie italienne » version intellectuelle et esthétisante, son article « CGT, COLLABOS » est ainsi intellectuel et esthétisant dans un petit éloge du désordre, sans s’engager en rien.

« La machine à indignation pouvait s’enclencher. L’« important groupe d’individus » décrit par le communiqué de l’organisation syndicale est petit à petit devenu un « commando » (Jean-Luc Mélenchon), de « personnes masquées » (Clémentine Autain, portant un masque), de faux gilets jaunes (Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT), « pas venues pour revendiquer » (Philippe Martinez), des « ennemis de classe » (les profs de l’UCL), peut-être bien d’extrême droite (Benjamin Amar, aussi de la CGT), en tout cas des « éléments ultras » (Olivier Faure).

On ne s’étonnera pas que les trotskistes voient quant à eux derrière cette « agression odieuse », la main des « blacks blocs » (Nathalie Arthaud, ou pas), et des « autonomes » (Révolution Permanente, cherchant encore et toujours « le bon côté de la barricade »).

Personne ne sait donc qui a bien pu « organiser » le « guet-apens » dénoncé par Martinez, mais toute la gauche a quelque chose à en dire. L’empressement à se poser en victime et à fantasmer un ennemi intérieur et insaisissable (à la fois fasciste et autonome, GJ et organisé), se calque exactement sur la fabrique des polémiques évoquées plus haut (visant habituellement à dédouaner le maintien de l’ordre). Fabrique qui vise notamment à empêcher de demander « pourquoi » et à resituer l’événement dans son contexte immédiat et historique – s’empêcher de réfléchir, en somme.

Derrière, il y aurait des désirs de révolte, un besoin de désordre : c’est la soupe intellectuelle de « l’insurrection qui vient » et des intellectuels observateurs des « luttes » spontanées.

Quant aux autres points de vue, ils relèvent des professionnels des manifestations parisiennes, qu’on retrouve surtout sur Twitter (comme pour l’exemple suivant), c’est de tout un folklore dont on parle, et le terme est inapproprié car « folklore » parle de culture populaire, alors que là on est dans des choses à 99,999% éloigné du peuple.

Tout cela est coupé du peuple à tous les niveaux. Et le niveau d’analyse est nul : tous ces gens vivent au jour le jour, ils sont entièrement conformes à la société de consommation. Vivement que la Gauche resurgisse pour rejeter aux oubliettes l’anarchisme et le syndicalisme révolutionnaire !

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Politique

Tensions entre l’ultra Gauche et la CGT à Paris, Nantes et Lyon

Les manifestations syndicales du premier mai ont été marquées à Paris, Nantes et Lyon par des tensions entre l’ultra-gauche et la CGT. À Paris, le syndicat fait état de 21 blessés, dont 4 graves, après des échanges de coups et des jets de projectile. Son service d’ordre s’est retrouvé débordé en quelques secondes par des « antifas » et des gilets jaunes menant une véritable agression.

Il y a en effet beaucoup de rancœurs accumulées, qui ne demandaient qu’à exploser tellement la déception est grande de part et d’autre.

L’ultra-gauche en France n’est pas du tout anti-CGT, bien au contraire. Elle ne relève pas de ce qu’on a pu appeler à une époque l’autonomie ouvrière, avec une proposition communiste organisée, opposée à la CGT et au PCF (accusés tous deux d’avoir rejoint les institutions, ce qui est visible en mai 1968 ). L’ultra-gauche n’a eu ces dernières années pour seule « ligne » politique que l’accompagnement de la CGT justement, en s’imaginant pouvoir la déborder par la sur-enchère « radicale » et populiste. C’est précisément la raison pour laquelle l’ultra-gauche se rend systématiquement aux rassemblements syndicaux, sans capacité d’initiative pour organiser ses propres démonstrations, sa propre actualité.

De son côté, la CGT, de par son fond syndicaliste-révolutionnaire, a beaucoup apprécié ces dernières années cet étalage de pseudo black-blocks, avec des ersatz de barricades et d’affrontement avec la police en fin de manifestations, ainsi que tout un discours populiste anti « violences » policières. Cela pouvait donner l’illusion qu’il se passe quelque-chose.

Seulement, cela ne mène à rien, personne en France n’en a rien à faire de tout ce cinéma. Et surtout pas les prolétaires qui tournent toujours plus le dos aux syndicats ; les élections syndicales dans les très petites entreprises, dont les résultats sont tombés à la mi-avril 2021 ont connu une participation de seulement 5,44 %. Quant à l’ultra-gauche, elle vie en vase clos et pour les gens ce ne sont que des énergumènes de plus, comme le capitalisme sait en produire à la chaîne.

Or, après l’échec vient l’amertume. D’où les reproches et les attaques, entre frères ennemis. À Paris, des « antifas » et des gilets jaunes ont donc reproché à la CGT de « collaborer » avec la police, et ont violemment attaqué.

Inversement, à Nantes et à Lyon, la CGT a dénoncé ouvertement les anarchistes venus faire leur casse habituelle et insignifiante, en leur reprochant de s’en prendre aux « travailleurs », tournant le dos à la convergence effectuée toutes ces dernières années.

C’est une fracture d’un côté comme de l’autre. C’est la fin de toute une époque mais pas dans le sens d’un dépassement : c’est celui d’un effondrement.

Et tant mieux, tellement tout ça va à l’encontre des exigences de notre époque, alors que l’humanité fait d’ores et déjà face à l’une des plus grandes crise de son histoire, qui est un mélange de crise écologique, sanitaire, sociale, économique, psychologique, et bien sûr guerrière. Construisons vite une Gauche renouvelée et largement tournée vers le peuple pour relever le drapeau rouge et la fierté ouvrière, pour faire un grand ménage face à toute cette nullité !

Voici le communiqué de la CGT concernant les événements de Paris, suivis des communiqué locaux concernant Nantes et Lyon :

« Communiqué commun de la CGT et de l’Union Régionale d’Île-de-France CGT

Samedi 1er mai, alors que les 25 000 manifestants commençaient à quitter la place de la Nation, au terme d’une manifestation massive, porteuse des revendications des travailleurs et de l’aspiration à une société plus juste, elles et ils ont été victimes d’une violence inacceptable.
Si, sur le parcours, une fois encore, le cortège a dû faire face à plusieurs interventions des forces de l’ordre totalement injustifiées, la manifestation a pu, tout de même, arriver à son terme.
C’est à ce moment qu’un important groupe d’individus dont certains se revendiquant gilets jaunes, ont fait usage d’une extrême violence à l’encontre des manifestants.
Insultes homophobes, sexistes, racistes, ont précédé des actes de vandalisations des véhicules des organisations, et, bien plus grave, la haine s’est exprimée par un déchainement de coups et de jets de projectiles.
Notre organisation, la CGT, était particulièrement ciblée.
21 blessés, dont 4 graves auxquels nous apportons tous notre soutien et notre solidarité !
Le monde du travail ne reculera pas plus devant ce type d’agressions que face aux politiques libérales menées par le gouvernement actuel, dont les lois veulent nous priver de notre liberté.
Nous appelons l’ensemble du monde du travail à se mobiliser, à rejeter toutes formes de haine qui divise les femmes et les hommes de notre pays et à renforcer avec les organisations syndicales, les luttes face aux politiques libérales au service du capitalisme.
Montreuil, le 1ermai 2021

 » QUAND LES KWAYS NOIRS SABOTENT LA JOURNEE INTERNATIONALE des droits du travail et jouent contre les travailleuses et les travailleurs.

L’an dernier le 1er mai était confiné, et cette année ce rendez-vous traditionnel était l’occasion de porter les luttes en cours, de redire la colère des salariés oubliés du plan de relance à 200 milliards, les sans-emplois, les précaires , les licenciés avec les personnels de la culture en tête Aujourd’hui à Nantes nous étions plus de 4000 masqués mais pas muselés, heureux de se retrouver enfin, entre camarades, amis, famille, jeunes et moins jeunes autours des valeurs d’internationalisme et d’humanisme.

Hélas, dans le cortège la composante autoproclamée révolutionnaire a franchi un cap inacceptable en volant littéralement le sens de cette journée, jouant la tension et le simulacre de la barricade, se rêvant communards de 1871. Pourtant ils ont oublié le sens politique de cette journée en ne permettant pas aux travailleurs de s’exprimer, en insultant et blessant même les artistes et techniciens de Graslin et donc insultant leur lutte. Un spectacle devant les marches du théâtre était prévu ainsi que des prises de parole pour une protection sociale et des services publics au service de toutes et tous. Impossible à tenir dans ces conditions.
De jeunes enfants ont été choqués, ont subi les gaz à cause de leur inconséquence. Idem pour des familles avec poussette, des personnes à mobilité réduite : c’est impardonnable.

Nous n’oublierons pas que ce 1er mai nous a été volé et nous demandons une nouvelle fois : à qui profite ces agissements contre les luttes des travailleurs ? Quelles sont les relations existantes entre les soi-disant révolutionnaires et le pouvoir en place qui les laisse agir ? En tout cas ils sont l’allié objectif du pouvoir et l’ont prouvé aujourd’hui encore. »

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Guerre

Toulouse: la CGT critique Macron, mais ne critique pas les exercices militaires…

Emmanuel Macron s’est rendu à Toulouse le 12 mars 2021 à l’occasion de l’exercice militaire de guerre spatiale, AsterX. La CGT en a profité pour se mobiliser et a produit un communiqué. C’est très intéressant, car on retrouve le discours syndicaliste révolutionnaire traditionnel de la CGT, un discours d’autant plus libre qu’il y a une forte tradition anarchiste toulousaine. Et c’est d’autant plus frappant qu’il est parlé de « guerre anti-sociale » d’Emmanuel Macron, mais il n’est pas dénoncé une seule fois l’exercice militaire lui-même !

Cela en dit vraiment long sur le syndicalisme dans sa nature et sur le sens corporatiste de cette mobilisation. Aussi sensées soient les exigences sociales de la CGT, elles prennent bien soin de s’insérer dans une contestation ne remettant surtout rien en cause du capitalisme, malgré les apparences. Même la marche à la guerre est acceptée, puisqu’elle n’est même pas évoquée alors que c’était pourtant l’objet même de la visite !

Voici le communiqué :

 » Macron, le chef de guerre anti sociale à Toulouse vendredi

La CGT en première ligne pour relever le défi de la résistance et pour gagner la transformation sociale !!

« Nous sommes en guerre »,c’est bien la seule formule sincère de la part de Macron depuis le début de son mandat.

A condition bien sûr de décrypter le message : de qui parlait il ?

La Haute-Garonne comme toute l’Occitanie lèvent le voile. Macron parlait bien de son camp, celui des riches et de leur cible, les salariés et notre jeunesse à sacrifier sur l’autel des profits et de l’argent roi !!

Les suppressions massives d’emplois dans tous les secteurs et notamment notre industrie de pointe fortement présente dans notre région est un scandale d’Etat portant atteinte à la souveraineté nationale par le démantèlement de l’appareil productif. Il en est de même de nos services publics. Notre jeunesse qui fait la queue devant la banque alimentaire et les associations pour survivre, c’est un recul de l’humanité de plus d’un siècle, c’est criminel!

Ces derniers jours, après Bosch en Aveyron, la dernière en date est T Systems à Toulouse, une filiale du groupe Deutsche Telekom , elle laisse tous les salariés sur le carreau en ne renouvelant pas son contrat avec Airbus qui de son côté, va délocaliser cette sous traitance informatique en Inde ! Chaque jour, un article de presse relate les mauvais coups envers les salariés en Haute-Garonne et plus largement en Occitanie.

STOP, la résistance, la contre offensive et la gagne sont entre les mains des salariés, il n’y a pas d’alternative!

La CGT visible, convaincue et convaincante, qui leur parle haut et clair est leur force et leur outil commun. C’est et c’est vendredi à Toulouse!!

A la CGT 31, nous avons décidé de faire de l’année 2021, l’année de l’emploi et de tous les droits et combats qui s’y rattachent (salaires, 32 heures , droits sociaux….). Chaque jour, un secteur se mobilise sur cette question et bien d’autres. IL faut amplifier le mouvement en ancrant la lutte dans toutes les entreprises et services publics !

Ce vendredi Macron vient à Toulouse et doit se rendre au Centre national d’études spatiales sur la matinée.

APPEL, vendredi 12 Mars, rassemblement à partir de 10H
entrée de la Fac Paul Sabatier (métro université)

Le bureau de l’UD CGT 31″

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Politique

Fiasco total de la CGT le 4 février 2021

L’initiative de la CGT d’une mobilisation marquante a échoué.

Totalement raté. Il n’y a eu que quelques milliers de personnes à se mobiliser à l’appel de la CGT (mais aussi notamment de la FSU et de Solidaire) le 4 février 2021, dans une ambiance terriblement morose. Quelques milliers à Paris, autour d’un millier de-ci de-là (Bordeaux, Lyon, Marseille, Nantes, Rennes, Saint-Etienne, Toulouse…), cela n’est pas la preuve d’une explosion sociale en cours. Le cœur n’y était d’ailleurs vraiment pas.

On peut bien entendu forcer les choses et raconter n’importe quoi, tel Simon Duteil, co-délégué général de Solidaires, pour qui le syndicalisme est l’avant-garde d’un grand bouleversement : « On est dans une dynamique qui peut paraître lente dans une période où tout est compliqué », cependant l’initiative du 4 février 2021 serait « le sommet de l’iceberg en terme de colère sociale ».

Pour le froid social, on l’a. Pour le reste, autant constater avec réalisme, comme Yves Veyrier, secrétaire général de la CGT Force Ouvrière, qu’aucune condition n’est remplie pour une mobilisation. Ou alors on peut, encore mieux, envisager les choses sous un autre angle.

En réalité, le syndicalisme ne correspond pas à la nature de la crise. On est dans une situation d’implosion sociale. La société française est crispée, inquiète, tendue, mais elle n’est pas encore touchée par la grande vague de restructuration du capitalisme qui se profile. Elle sait pourtant que cela va arriver. Elle est en même temps totalement perdue car sa croyance en l’éternité du capitalisme social à la française était absolue.

On a donc une crise de civilisation. Alors, évidemment, le syndicalisme ne suffit pas, car le syndicalisme ne propose rien en termes de valeurs, en termes de culture, en termes de vision du monde. L’ère des masses qui a existé dans les années 1920-1940 et qui revient est très précisément la bataille pour la vision du monde.

Toutes les valeurs s’effondrent, les gens craquent mentalement, délirent psychologiquement, c’est la fuite en avant et il n’y a pas de repères culturels et idéologiques pour rattraper le tout. Emmanuel Macron, qui n’a pas décidé du troisième confinement, l’a très bien compris, d’où sa reculade.

Mais ce n’est pas l’explosion sociale qui est redoutée. Comment pourrait-elle avoir lieu alors que la Gauche est brisée, qu’il n’y a pratiquement aucun cadre politique de Gauche, que l’impact de la Gauche est dérisoire ? Seuls les spontanéistes peuvent croire à une telle fable. Non l’inquiétude des dominants c’est que l’implosion sociale se prolonge tellement qu’il se provoque des déchirures irréparables dans la société française.

Les choses peuvent déraper : voilà la réalité sociale française. Alors, forcément, le syndicalisme, dans tout ça…

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Société

La grève à Total Grandpuits: exemplaire, mais erronée face à la restructuration

La grève à Total Grandpuits est très combative et dispose de nombreux soutiens, mais en se calibrant sur un plan erroné, l’approche syndicaliste conduit à la défaite. Face à une restructuration, il faut être à la hauteur ou se faire écraser.

Grandpuits est une petite commune de mille habitants en Seine-et-Marne, à une soixantaine kilomètres de la capitale. On y trouve l’une des huit raffineries de pétrole brut en France métropolitaine ; le pétrole vient depuis Le Havre au moyen d’un pipeline.

Total a décidé de la fermer, pour la remplacer par une usine d’agrocarburants et de bioplastique. C’est une bonne chose, sauf que cela ne procède pas d’une orientation écologiste en soi : cela relève d’une restructuration capitaliste. Cela se fait donc par définition aux dépens des travailleurs.

La nouvelle usine n’emploierait que 250 personnes au lieu de 450, alors que 500 travailleurs relevant de la sous-traitance resteraient sur le carreau. Ce qui fait qu’il y a les possibilités suivantes :

– capituler en acceptant tout ;

– négocier la capitulation ;

– lutter pour que rien ne change ;

– lutter pour se mettre à la hauteur de la restructuration en l’acceptant mais en faisant en sorte que ce soit les capitalistes qui la paient.

La dernière option est naturellement la bonne. C’est la seule à la hauteur des enjeux. Malheureusement, la grève de Grandpuits a choisi a la 3e option, qui ramène en fait à la seconde.

Il y a ainsi une mobilisation, avec une grève commencée le 4 janvier, un barrage filtrant bloquant l’accès à la raffinerie, le blocage de la mise en place des échafaudages destinés au démantèlement de l’usine. Il y a des soutiens de partout, une caisse de cotisation. La combativité est exemplaire.

Mais le mot d’ordre c’est que rien ne doit changer. C’est la vision syndicaliste du monde qui a triomphé. Et là c’est la défaite assurée.

Le dirigeant de la CGT, Philippe Martinez, est passé en novembre soutenir les travailleurs à sa manière, expliquant que la situation le passionnait, et pour cause : l’idée est bien entendu de formuler un contre-projet à celui de Total. Ce contre-projet, qui sera rendu public dans quelques semaines, consiste à… maintenir la raffinerie, pour une transition de… 40 ans.

C’est absolument représentatif de la ligne syndicale, qui consiste à vouloir maintenir les choses telles quelles en idéalisant le capitalisme des années 1960-1970 et en maintenant les travailleurs à un plan individuel, en mode gilets jaunes : vivons chacun dans son coin comme avant.

Merguez en mode barbecue et un sapin qui brûle : au 21e siècle, sérieusement?

Philippe Martinez note d’ailleurs :

« On ne peut pas demander à un salarié de sauver la planète si son emploi est en jeu. Dans ce cas-là, il choisira l’emploi. En revanche, s’il n’y a plus de planète, il n’aura plus d’emploi. »

En disant qu’on ne peut pas demander à un salarié de sauver la planète si son emploi en jeu, Philippe Martinez résume absolument tout. Cela se joue sur toute l’étroitesse d’esprit d’ouvriers à la vision du monde petite bourgeoise, incapable de raisonner en termes de classe ouvrière, tellement lessivés par le capitalisme que leur seul horizon est une porte de sortie individuelle, et « après moi le déluge ».

Il suffit, pour le constater amèrement, de regarder le document de lutte mis en avant par les grévistes. Ce dont il est parlé, c’est : des petits commerces, des écoles, de la vie locale, de l’impact sur la vie des grévistes. C’est un raisonnement en termes d’individus. Il n’y a aucune vision du monde, aucun projet de société, aucune mise en avant de valeurs collectives.

[Cliquer sur l’image pour lire le document]

La CGT a compris que cela ne passerait pas dans l’opinion, alors le mot d’ordre, c’est d’accuser Total de greenwashing. Une centaine de manifestants étaient le 26 janvier 2021 devant le siège de Total à la Défense et de la peinture verte a été lancée symboliquement sur le bâtiment. Total ne serait pas vraiment écologiste, c’est en quelque sorte un complot sur le dos des travailleurs!

Qu’est-ce qu’il ne faut pas inventer pour nier la restructuration capitaliste qu’on refuse d’affronter !

Et dans sa démarche, la CGT Grandpuits se la joue écologiste, comme dans ce document du 29 septembre 2020 qui est absolument risible quand on connaît les positions de la CGT au sujet de l’écologie et du capitalisme d’ailleurs.

« A la CGT Grandpuits, nous sommes convaincus de la nécessité e sortir d’un modèle économique structuré autour des énergies fossiles. En revanche, nous savons que, laissée aux grandes multinationales avides de profits, une telle perspective ne pourra jamais advenir, sauf sous la forme de mensonges visant à justifier des attaques contre les travailleurs.

Nous ne pouvons pas laisser la transition écologique aux mains des capitalistes qui détruisent la planète ! »

Pas certain non plus que brûler des pneus soit un gage de crédibilité quant à l’avenir de la planète. Et ce n’est clairement pas Total qui fait du greenwashing, Total fait du capitalisme, Total n’en a rien à faire d’une image verte. C’est la CGT Grandpuits qui fait du greenwashing pour masquer sa volonté que rien ne change, sa volonté qu’on vive comme il y a trente-quarante ans.

Sinon il ne serait pas proposé une reconversion de la raffinerie sur 40 ans, mais l’acceptation de la nouvelle usine en disant : aucune perte d’emploi, organisons les choses pour cela et Total paiera tout.

La restructuration – car c’est cela dont il s’agit – ne sera pas payée par les travailleurs, mais par le capital !

Sauf qu’évidemment exiger cela c’est vraiment se confronter aux capitalistes, en changeant de plan : on en reste pas à une situation locale, on voit les choses avec de la hauteur et on dit que les capitalistes paieront la restructuration, pas les travailleurs.

Inacceptables pour une CGT qui prétend juste piloter le capitalisme de manière meilleure, parce qu’elle n’est pas pour le Socialisme, et pour des grévistes qui, eux, veulent juste vivre comme avant, parce qu’ils n’ont pas compris les enjeux.

Sauf qu’agir ainsi c’est refuser la lutte des classes et ce sera alors la défaite. Et tous les soutiens, aussi lyriques soient-ils, n’y changeront rien : ce ne sont pas eux qui paieront la facture finale.

Soit les travailleurs de Grandpuits disent : Total doit tout payer de cette restructuration, soit cela sera la défaite. La restructuration est l’actualité, on ne peut pas la nier comme le font les syndicats. Il faut l’affronter. Il faut se mettre à la hauteur de Total : classe contre classe.

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Deux documents de la grève à Total Grandpuits

La ligne des grévistes est de viser le statu quo, pas de se mettre au niveau de la restructuration. La dimension de classe de la restructuration, son existence au niveau de la société toute entière, n’est pas comprise.

Le capitalisme impose une restructuration à Grandpuits. La vie des gens en est bouleversé. Les deux documents exposent les conceptions des travailleurs combatifs et déterminés, mais qui réduisent la problématique à une question locale, notamment en raison des syndicats.

On est ici très loin d’une compréhension de la dimension de la restructuration, qui est celle de l’ensemble de l’affrontement entre la bourgeoisie et les travailleurs. La question n’est pas l’emploi à Grandpuits, mais : qui paiera la restructuration à Grandpuits ?

En refusant de se placer au niveau du capitalisme lui-même, au niveau de la restructuration, les travailleurs ne verront pas les forces mises en branle et ne sauront pas répondre de manière adéquate dans la bataille.

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Intersyndicale: « Toutes et tous, ensemble, mobilisé.es le 4 février »

Voici le communiqué de presse de l’intersyndical CGT – FSU – Solidaire pour la mobilisation du 4 février 2021.

 » Les organisations CGT, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, MNL, FIDL se sont réunies en intersyndicale en cette fin d’année, marquée par la pandémie et ses conséquences sanitaires, économiques et sociales. Celles-ci sont aggravées par des décisions gouvernementales désastreuses pour le monde du travail et la jeunesse.

Nos organisations décident d’impulser un processus de mobilisations et d’initiatives tout au long du mois de janvier et début février pour la préservation et le développement de l’emploi et des services publics, contre la précarité.

Ce processus s’appuiera sur les mobilisations professionnelles déjà programmées à l’instar des appels de la santé le 21 janvier, de l’éducation nationale le 26, de l’énergie le 28, engagés également pour la défense et le développement du service public.

Dans ce contexte, et ce n’est pas anodin, les attaques liberticides du gouvernement se multiplient.
Nos organisations continuent de les combattre.

Le plan de relance affiché par le gouvernement n’est en rien un plan de rupture avec les politiques de casse de l’emploi, de pression sur les salaires et sur les conditions de travail et d’affaiblissement de la protection sociale. Il plonge une grande partie de la population et notamment la jeunesse dans la précarité et la pauvreté.

Par contre, les gagnants sont bien toujours les mêmes et ainsi les entreprises les moins touchées par la crise seront celles qui bénéficieront le plus des baisses d’impôt.
Ce constat impose de contrôler et de conditionner socialement et écologiquement les aides publiques. Il faut un véritable plan de relance combinant investissement public massif et soutien des revenus des plus fragilisés ou précaires.

C’est le chemin inverse que prend ce gouvernement.
Rien pour les petits salaires, la ministre du Travail annonce, presque comme une provocation, une revalorisation du SMIC en dessous d’1% pour 2021. Ce qui fera passer le taux horaire de 10,15 à 10,25 €.

Rien non plus pour les 1ers de corvée, exposés depuis le début de la pandémie, toutes et tous devront attendre une hypothétique négociation dans leurs secteurs professionnels fin 2021.
Rien pour les soignants qui dénoncent un plan Ségur au rabais et beaucoup de professionnels oubliés. Rien pour l’ensemble des fonctionnaires dont le point d’indice reste gelé. Rien pour les personnels de l’éducation nationale alors que le simulacre de concertation autour d’un Grenelle de l’éducation déserté par une majorité d’organisations syndicales est au point mort.

Les chiffres sont clairs : 47% des jeunes s’inquiètent pour leur emploi et le taux de chômage des jeunes a dépassé les 20%. Le second confinement les a fait plonger dans l’extrême précarité. Nombre d’entre elles et eux ne mangent pas à leur faim. A cela s’ajoute la difficulté de suivre les cours à distance, la peur de l’échec et une détresse psychologique forte. Avec ses mesures insuffisantes, restrictives et incohérentes, le gouvernement sacrifie toute une génération !

Pas une journée ne se passe sans une nouvelle annonce de plan de suppressions d’emplois, de fermetures d’entreprises ou restructurations et réductions de services.

Les réformes successives, contestées fortement, facilitent les licenciements et les suppressions de postes dans le privé comme dans le public. Là encore, ni plan de relance, ni plan de rupture mais la poursuite du même objectif libéral de casse de l’appareil productif et des services publics.

Nous affirmons, au contraire, que la réponse aux besoins de toute la population, l’avenir de la jeunesse et la réussite de la transition écologique imposent la création de millions d’emplois. Cela passe aussi par le partage et la réduction du temps de travail.

Dans le secteur de la santé par exemple, alors que le gouvernement tergiverse sur les mesures à prendre pour éviter l’engorgement des services de réanimation, c’est 400 000 emplois à créer dans les hôpitaux, les maisons de retraite ou l’accompagnement des malades et des personnes en perte d’autonomie. Les besoins sont importants aussi dans toute la fonction publique.

Il est indéniable aujourd’hui, après la pénurie de masques du printemps dernier, qu’il faut relocaliser une partie de notre production et en particulier notre industrie. Être en capacité de produire des médicaments, du matériel médical et de protection après la période que nous traversons ne peut plus faire débat.

C’est pourquoi, les organisations CGT, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, MNL, FIDL proposent un processus de mobilisations et initiatives dès le mois de janvier. Des déploiements locaux, des tractages et des assemblées générales doivent se tenir sur les lieux de travail et dans les territoires. Ils permettront de faire de la deuxième quinzaine de janvier une période de mobilisations professionnelles pour l’emploi avec notamment 3 journées phares dans la santé le 21, l’éducation nationale le 26 et dans l’énergie le 28 janvier.

Les organisations appellent, dans une dynamique de convergences et de renforcement des luttes, à un temps fort commun interprofessionnel de mobilisations et de grève le 4 février 2021. »

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Excellente campagne CGT 10% pour la fonction publique

La CGT souligne l’urgence de mesures fortes pour les agents de la Fonction publique et lance une campagne dénommée 10% maintenant.

La CGT a lancé le 10 décembre 2020 une campagne 10% maintenant, en se focalisant sur son noyau dur : la fonction publique. On sait en effet que le syndicalisme en France n’a jamais été véritablement de masse et que, qui plus est, il est en fait porté par des travailleurs de la fonction publique.

La campagne a donc ses limites, mais c’est en fait excellent. La CGT abandonne ici une démarche trompeuse visant à prétendre que ses appels concerneraient tout le monde et que d’ailleurs tout le monde se mobiliserait. On a trop vu ces dernières années des mobilisations alliant une énorme faiblesse numérique et culturelle à une mégalomanie complète, la France étant soit-disant prête à se soulever, etc.

De plus, c’est une mobilisation positive et pas une simple opposition à des réformes gouvernementales. C’est très bien, c’est cela qui peut entraîner les gens. On a donc le paradoxe de quelque chose de sectoriel semblant réducteur, mais qui est en fait une ligne de front assumée.

Claire, instructive, décidée, accessible, motivée, bien orientée… Cette campagne « 10% pour la fonction publique » apporte du neuf et espérons de l’efficace !

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Manifestations du 17 septembre: le folklore syndicaliste est un échec et surtout une erreur

La crise économique attendue pour cette rentrée se fait déjà ressentir, avec notamment déjà des grands plans sociaux annoncés. Les syndicats pourraient être très utiles dans cette période, dans la mesure où ils devraient être des lieux d’expression de la conscience populaire face aux restructurations, à la pseudo-rationalisation de la production. Mais ce n’est pas avec le folklore syndicaliste qu’on attire les gens et à ce titre, les très faibles manifestations de la « journée d’action » du 17 septembre sont plus qu’un échec, elles sont carrément une erreur ou même une faute.

Ce qu’il y a de pire pour le syndicalisme, c’est de ne pas exister. C’est exactement ce qui se passe actuellement et cela n’a rien de nouveau : pendant des années et des années, la bourgeoisie a graissé la patte aux dirigeants syndicaux, de la CGT à FO en passant par la CFDT, afin qu’ils se maintiennent comme une petite caste, sans aucune base, sans réel ancrage de masse. C’était il est vrai déjà dans la matrice d’un syndicalisme français, volontiers syndicaliste révolutionnaire, tenant du coup de force substitutiste. Le syndicalisme de masse n’existe pas historiquement en France, à part en 1936 ou dans l’immédiat après-guerre.

En temps de crise comme c’est le cas désormais, une telle situation est très utile pour la bourgeoisie : il n’y a plus qu’à ignorer les syndicalistes si on en a pas besoin. C’est exactement ce qui s’est passé : les médias au sens large ont systématiquement ignoré la mobilisation du 17 septembre dans les jours précédents et le jour même, les manifestations n’ont été abordées qu’au passage, de manière anecdotique, pour disparaître dans la soirée.

Sur le site du Figaro, le premier journal en ligne en France, dans la soirée, on ne trouvait même rien sur les manifestations du jour. Pareil sur le site du Monde, du Parisien et de la plupart des titres locaux.

On a même la chaîne Canal +, en pleine déliquescence, qui se permet dans la journée du 17 septembre cet odieux titre, d’un mépris abject pour les travailleurs :

Le syndicalisme est ainsi mis sur le même plan que le virus par des bourgeois ne supportant pas que la marche du capitalisme soit troublée. C’est de la lutte des classes au sens le plus strict et il est ici vraiment terrible que cette lutte ne soit menée que par la bourgeoisie, sans aucun répondant ouvrier pour l’instant. Les syndicalistes ne sont simplement pas à la hauteur, la question étant politique.

La CGT prétend qu’il y avait 10 000 personne à la manifestation parisienne, ainsi que quelques milliers ici et là dans les grandes villes. Outre que ces chiffres sont gonflés, de par l’habituel cinéma syndicaliste, tout cela est, même si c’était vrai, extrêmement faible. Ce qui est en jeu actuellement, ce qui est nécessaire, c’est la mobilisation de plusieurs millions de travailleurs, avec une affirmation sociale très forte et très claire : celle de ne pas vouloir payer la crise.

C’est le minimum. Et on voit le problème : les syndicalistes proposent quelque chose de mou et ramènent quelques milliers de personnes, alors qu’il faudrait des millions de gens, sur une base dure ! Face à la crise, si on ne veut pas que le peuple paie, alors il faut aller chercher chaque travailleur là où il est, sans relâche, de manière systématique, et pas pour lui proposer du folklore, mais bien pour affirmer : la bourgeoisie doit payer la crise. C’est le mot d’ordre qui a du sens par excellence aujourd’hui !

Mais cela nécessite un travail de fond, dont ne veulent certainement pas les dirigeants actuels des syndicats, car ces gens croient encore beaucoup trop dans le capitalisme, ils espèrent encore beaucoup trop des miettes que la bourgeoisie avait à leur offrir. Mais tout ceci est fini, une vaste crise s’annonce et pas simplement économique. La crise est aussi morale, culturelle, sociale, sécuritaire, ainsi que, bien-sûr, sanitaire.

Pour aborder tout cela, pour faire face à un telle actualité historique, il faut une Gauche très forte, solidement ancrée sur ses bases idéologiques dont le cœur est la lutte des classes. Cette Gauche n’existe pas, ou de manière extrêmement faible et isolée, tandis que la fausse gauche occupe le terrain et fait diversion avec de fausses actualités (le racialisme, les prétendues violences policières, les prétendues oppression vestimentaires des jeunes filles dans les lycées, le prétendu racisme d’un joueur de l’OM, la prétention comme quoi l’insécurité serait inventée par la Droite, etc.)

Le syndicalisme a ici toute sa place… s’il cesse d’être du folklore et de la cogestion et qu’il vise tous les travailleurs : il faut qu’il vise à organiser tous les travailleurs, de manière unitaire, pas à parler pour eux. La « journée d’action » du 17 septembre n’a pas été du tout menée en ce sens là ; son sens premier est l’autosatisfaction. Ce qui ne sert à rien à part éduquer les bourgeois qui se lâchent toujours plus dans l’anticommunisme, l’antisocialisme, l’antisyndicalisme… Eux ayant compris les enjeux.