Catégories
Écologie

L’eau pour les chats des rues, c’est toute l’année !

Les températures sont très élevées ces jours-ci en France : des personnes soucieuses des animaux mettent de l’eau à disposition dans leur jardin pour les oiseaux, les insectes, les chats qui passeraient par là … les bénévoles qui gèrent des sites de nourrissage de chats errants et de chats libres font d’autant plus attention à ce que les gamelles soient remplies d’eau fraîche. Beaucoup de gens veillent à ce que leur animal boive suffisamment tout au long de la journée, disposent des glaçons dans la gamelle pour que l’eau reste fraîche ou utilisent des fontaines qui filtrent et renouvellent l’eau tout au long de la journée.

C’est bien. Mais il faut savoir que l’eau n’est pas indispensable que l’été, pendant les grosses chaleurs, elle l’est toute l’année !

L’eau est le principal constituant des êtres vivants et l’élément indispensable à toute forme de vie. Sans eau, aucun organisme ne peut survivre. Chez l’animal, l’eau intervient dans de nombreuses réactions chimiques de l’organisme telles que l’hydratation ou la déshydratation. L’organisme de l’animal doit remplacer chaque jour une certaine quantité d’eau perdue par l’urine, la transpiration et l’évaporation pulmonaire. Des pertes d’eau supérieures à 10% du poids de l’animal provoquent des troubles graves, des pertes dépassant les 22% quant à elles seront fatales.

Le chat lui ne transpire pas. Il ne peut donc pas réguler sa température corporelle par ce moyen. Il ne peut le faire qu’en produisant un peu de sueur au niveau de ses coussinets ou de ses parties génitales (les glandes sudoripares se situent à des endroits où les poils sont absents), par la salivation, l’halètement en cas extrême.

Les bénévoles des associations de protection animale le savent, vous verrez toujours une gamelle d’eau à côté de celles contenant la nourriture. Cela dit, de manière plus générale, le besoin en eau des animaux est souvent sous-estimé ou ignoré par des personnes peu aguerries, qui n’y pensent pas systématiquement. Le fait est qu’ils sont comme nous, ils mangent mais ils boivent aussi pour survivre. Venir en aide à un animal qui semble perdu, ce n’est pas seulement lui apporter de la nourriture, c’est aussi vérifier qu’il a de l’eau à sa disposition. Il faut en faire une priorité. D’autant plus si la nourriture qui lui est proposée est sèche (croquettes). Ensuite, on contacte au plus vite une association, ou la SPA du secteur, de manière à ce qu’il soit pris en charge, soigné et sociabilisé, stérilisé, déparasité, adopté.

Nourrir un chat des rues sans contacter une association ni essayer de changer sa situation, ce n’est pas l’aider sur le long terme (un chat, même nourri est en proie à tous les dangers de la rues, accidents et maladies), et c’est laisser des portées venir au monde, qui donneront des chatons livrés à une précarité similaire. Nourrir sans agir davantage est égoïste, c’est juste se donner bonne conscience.

La déshydratation peut se manifester par différents signes : les yeux enfoncés, la troisième paupière apparente, la bouche sèche. La peau présente une perte d’élasticité, on peut le remarquer en la pinçant légèrement au niveau du dos (elle met plus longtemps à revenir dans sa position). La gencive restera blanche plus de deux secondes si on appuie dessus légèrement (c’est le test de la gencive).

Les fortes chaleurs ne sont pas la seule cause possible d’une déshydratation, il y a aussi certaines maladies (comme l’insuffisance rénale, le diabète…), une alimentation exclusivement sèche (croquettes), un empoisonnement. Il y a aussi les blessures qui se situent à la gorge, les ulcérations à la langue. La calicivirose féline, très contagieuse et très présente dans les communautés de chats, provoque des ulcères buccaux qui peuvent empêcher de boire et manger correctement.

Lorsque vous voyez un chat qui semble dans un état similaire à la photo, ne vous dites jamais qu’il est sale et dégoûtant. Il ne peut tout simplement pas faire sa toilette, parce que ses glandes salivaires ne fonctionnent pas par manque d’humidité ! Un chat qui ne peut pas faire sa toilette, ce n’est pas normal du tout. Il est probablement déshydraté, pour une ou plusieurs des raisons évoquées plus haut.

Ce n’est pas facile lorsqu’on a faim, soif et qu’on ne peut le dire à personne ! Lorsqu’on erre dans les rues sans pouvoir demander de l’aide, lorsque tout le monde nous regarde avec dégoût ou indifférence.

Ce n’est pas si dur au fond pour qui veut aider, il suffit juste de s’approcher un peu, d’essayer de comprendre, et puis de prendre contact avec les associations qui s’y connaissent. Elles sont souvent débordées, mais elles sont nombreuses. Il existe des listes par secteur qui permettent d’en contacter plusieurs en cas de besoin.

Catégories
Écologie

Terrible incendie dans un refuge à Villeneuve-lès-Béziers : appel à soutien

Il faut aider ces animaux et les bénévoles qui s’en occupent de toute urgence.

C’est absolument terrifiant. Vendredi 15 juillet en fin d’après-midi, un feu a pris vendredi dans les alentours du refuge de l’association des chats libres de Béziers. La propagation de l’incendie a fait des dégâts terribles, tuant plusieurs de dizaines d’animaux par les flammes ou le gaz.

Il a fallut l’intervention rapide des policiers municipaux de la ville, premiers arrivés sur les lieux pour ouvrir avec bravoure des enclos et sauver la vie de la plupart des chats. Les pompiers sont ensuite intervenus, mais les dégâts étaient déjà immense. Le site a été littéralement ravagé par les flammes.

En urgence, le refuge a besoin de grillage à poules, de piquets, de fil de fer, de liteaux, de palettes, panneaux contre plaqué marine, parasols, voiles d’ombrage. Attention, les bénévoles ont besoin de temps pour s’organiser lundi et mardi, et aucun don ne pourra être reçu avant mercredi 20 juillet.

Surtout, il y a une cagnotte en ligne :

https://www.helloasso.com/associations/chats-libres-de-beziers/formulaires/3/widget

Voici la page de l’association pour être au courant des besoins et des possibilités d’aide :

https://www.facebook.com/associationleschatslibresdebeziers/

Rappelons qu’il existe de nombreux refuges partout en France, qui ont tous besoin d’aide de manière régulière et prolongée. Car la situation des refuges animaliers en France est un drame permanent, surtout en période estivale. Il y a beaucoup à faire, énormément à faire, pour changer la donne. La société française n’est clairement pas à la hauteur en ce domaine. Il faut que cela change !

Catégories
Écologie

Canicule : double peine pour les animaux d’élevage

Au sens propre, c’est l’enfer pour les animaux.

Les chaleurs extrêmes et le renouvellement de plus en plus rapproché des canicules sollicitent énormément les organismes terrestres. Le cas du mois de juin dernier a été marquant car une alerte à été lancée en direction des éleveurs concernant les risques importants de stress thermiques. Si tous les animaux ont des systèmes de refroidissement efficace par température sèche, le niveau d’humidité dans l’air, lui, met à mal tous les organismes.

Pour évacuer le surplus de chaleur, le métabolisme de la plupart des mammifères régule la température corporelle grâce à plusieurs dispositifs. Les « habituels » et principaux sont essentiellement la transmission de chaleur dans l’environnement immédiat par radiation, conduction ou contact.

Lors de grosses chaleurs ou lors d’efforts physiques, c’est la sudation qui va compléter cela mais tous les mammifères n’ont pas le même nombre de glandes responsables de la transpiration qui va permettre de dépenser le surplus de chaleur en évaporant.

Les humains par exemple en ont beaucoup, ils évacuent par la sudation jusqu’à 25 % de chaleur au repos et 80 % pendant un effort. Les vaches, elles, n’ont pas d’aussi grandes capacité de sudation, elles n’ont que 10 % du taux de sudation humain et compensent par la respiration.

Quant aux cochons, ils ne transpirent pas du tout, c’est pour ça qu’ils aiment se rouler dans la boue et produisent une évaporation également avec la respiration.

Le métabolisme des oiseaux est complètement différent. L’évacuation de la chaleur ne se fait pas du tout par la peau, uniquement par la respiration, ainsi en cas de hautes températures, les poules peuvent évacuer jusqu’à 60 % de la chaleur par halètement, elles évacuent aussi en écartant les ailes et en provocant un changement dans l’irrigation sanguine.

Dans tous les cas c’est une bonne hydratation qui permet de maintenir le corps à une température normale. Or, quand l’air chaud se charge d’humidité, la sueur ou la respiration ne peuvent plus s’évaporer, c’est le même principe pour tous, avec des seuils plus ou moins élevés d’acceptabilité de chaleur sèche, le stress apparaît vite à mesure que l’humidité augmente.

Pour évaluer le stress thermique que peuvent subir les animaux d’élevage, on s’appuie sur le THI (Température Humidity Index) qui prends en compte la température corrélée au taux d’humidité dans l’air.

Pour une vache, l’inconfort apparaît entre 68 et 72 THI, « stress léger » ;

entre 72 et 80 c’est un « stress fort » ;

entre 80 et 90 un « stress majeur », et au-delà, un risque de mort subite.

Si on parle en terme de températures, à 32°c (une température courante en été désormais), avec 0 % d’humidité on est à 72 THI ;

avec 45 % d’humidité on passe le palier de stress suivant avec 80 THI.

Avec 40°c, on atteint 80 THI dès 5 % d’humidité dans l’air et avec 45 %, c’est le risque de mort subite.

C’est d’ailleurs ce qui s’est produit aux États-Unis dans le Kansas avec des températures de 42°c atteintes alors qu’il faisait humide, des conditions qui ont coûté la vie à 2 000 bovins lors de la vague de chaleur précoce du mois de juin dernier.

Exposés à ces chaleurs, les animaux luttent pour réduire leur activité physique au minimum afin de ne pas créer de chaleur supplémentaire, cela entraîne fatigue et perte d’appétit. Il existe d’autres risques comme les fausses couches, l’inflammation des glandes mammaires et du déséquilibre hormonal.

Ces situations de stress thermique sont de plus en plus souvent présentes. À ce titre, en 2020 c’est durant 5 mois que les animaux d’élevage ont été exposés à des températures et taux d’humidité supérieurs à ce que tolère leur constitution physiologique.

95 % des cochons sont élevés dans des bâtiments fermés, de manière intensive, avec une promiscuité morbide, et c’est également le cas de 83 % des poules. Les vaches ont elles-mêmes un accès limité à l’extérieur, et quand c’est le cas, de nombreux pâturages ne présentent pas d’ombre rafraîchissante.

Les espaces clos ne sont naturellement pas des endroits isolés de la chaleur, au contraire et la seule solution pour rafraîchir l’atmosphère revient à humidifier l’air via des brumisateurs couplés à un système de ventilation. Mais cela est risqué car ça revient à renforcer un des facteurs aggravant de la chaleur si tout n’est pas bien dosé.

La question première pour le monde de l’élevage c’est avant tout le rendement de lait et de viande qui se trouve impacté, on trouve très peu d’information sur l’impact sur les animaux en terme de bien-être.

On peut ainsi se questionner sur la capacité de ces animaux, sélectionnés génétiquement pour leur rendement laitier ou de viande, à s’adapter aux nouvelles conditions climatiques. L’exploitation est déjà un calvaire qui dépasse l’entendement, c’est une vie qui n’en est pas vraiment une, multipliée par des milliards d’êtres mutilés, dès leur génétique, dès la fécondation et puis à la naissance et le restant de leur courte vie.

La question du stress thermique vient donc s’ajouter au mal-être structurel des animaux enfermés sur cette planète.

De toute manière, continuer comme cela c’est s’exposer à un cercle vicieux puisque pour atténuer le stress thermique, il faut mettre à disposition plus d’eau pour des animaux qui en consomment déjà beaucoup. Alors même que les canicules s’accompagnent de sécheresses majeures qui mettent en danger la production agricole végétale. Cette dernière étant elle-même en grande partie dédiée au nourrissage des animaux d’élevage.

L’humanité va donc devoir remettre en question le fait de continuer à utiliser les animaux comme ressource. C’est un choix civilisationnel et moral qui s’impose dans sa profondeur.

Catégories
Écologie

Non aux voitures électriques !

Le Parlement européen a voté mercredi 8 juin 2022 la fin de la vente de voitures thermiques neuves en 2035 et va négocier avec les États pour valider la mesure. Il est parlé de « révolution » dans le cadre des objectif de neutralité carbone d’ici à 2050. Hors de question pourtant de toucher au modèle turbo-capitaliste du tout voiture, qui pourrit littéralement les villes et les campagnes.

Modernisation et innovation contre l’écologie

Aucune révolution donc, mais un accompagnement dans le pire, pour prétendre changer les choses sans les changer en vérité. La voiture électrique est une catastrophe. Allons-nous construire partout en Europe des dizaines de réacteurs nucléaires et accentuer le pillage de l’Afrique pour construire les batteries ?

Et lorsque ces batteries ne seront plus utilisables, qu’en fera-t-on ? Ces mêmes libéraux s’imaginent-ils que le recyclage va résoudre tous les problèmes ? Croient-ils réellement aux promesses des industriels comme Veolia ?

C’est une fuite en avant, voilà tout. On modernise et on soutient les secteurs les plus libéraux afin de relancer un mode de production en bout de course.

L’écologie est de nouveau vidée de tout sens et ne sert qu’à masquer le cœur de la démarche : le soutien à la modernisation et à l’innovation capitalistes. Cette « révolution » ne vise qu’à soutenir les pans les plus libéraux des bourgeoisies de chaque pays. C’est l’écologie-Tesla, tout le contraire de ce dont la planète et l’ensemble de ses habitants ont besoin.

Un plan inapplicable

Si tout le parc automobile (40 millions en France actuellement) passait à l’électrique, on aurait également un sacré problème de pollution aux particules fines : les voitures électriques, très lourdes, sont une catastrophe en la matière.

Et vient nécessairement la question des voitures existantes et fonctionnelles : qu’en fera-t-on ? Pour que les voitures polluent moins, produisons-en des dizaines de millions neuves ? Mais peut-être que là aussi, ces champions du libéralisme s’imaginent que l’industrie trouvera une solution ?

La révolution, ce sera de chasser les voitures, pas de les transformer en de soit-disant véhicules verts.

L’écologie, c’est un plan massif de construction de tramway urbains et ruraux, de développement du fret ferroviaire et fluvial, l’accélération de la recherche pour des voiles nouvelles génération pour le fret maritime. C’est la limitation drastique des vitesses de circulation des automobiles ainsi que de la circulation dans les centres urbains. C’est le vélo. C’est l’endiguement de l’étalement urbain combiné à une politique publique de soutien logistique au commerce de proximité, accessible sans voiture partout ou presque sur le territoire.

Et puis, tant qu’à parler des voitures, la moindre des choses serait l’interdiction immédiate et sans contrepartie des SUV et des grosses cylindrées dite sportives, électriques ou thermiques, ces monstres énergivores qui sont une insulte tant à la Raison qu’à la Nature.

A la Gauche historique de remettre la Nature au coeur du débat : pour la Terre et tous ses habitants !

Catégories
Écologie

Un exercice militaire provoque un vaste incendie dans le Var

L’armée est un appareil replié sur lui-même et déconnecté des besoins de notre époque.

Depuis le jeudi 16 juin, une bonne partie de la France de l’ouest est en alerte canicule et le Var enregistre une vague de chaleur importante, avec des températures de plus de 30°c, mais ne relevant par de la canicule car soumis à d’autres seuils d’alerte.

Il n’empêche que depuis le 1er avril 2022, le Var est en alerte sécheresse, avec des situations très inquiétantes dans certains endroits où l’étiage des cours d’eau est particulièrement bas alors que l’été ne s’est pas encore installé.

Et pourtant, c’est dans un tel contexte climatique catastrophique que l’état-major du camp militaire de Canjuers dans le nord du Var a continué ses exercices de tirs militaires en toute quiétude. Alors même qu’il était logiquement demandé aux automobilistes de ne pas jeter leurs mégots de cigarette par la fenêtre, justement pour prévenir le risque d’incendie…

Mais la nonchalance des militaires a eu pour effet de déclencher un incendie samedi 18 juin, d’abord maîtrisé puis reparti dimanche après-midi, avec d’ors et déjà 1000 hectares partis en fumée. Ce sont plus de 300 pompiers, 4 canadairs et 1 hélicoptère qui ont dû être mobilisés pour circonscrire le feu.

D’ailleurs une enquête a été ouverte par le parquet militaire de Marseille pour connaître les conditions de sécurité des exercices, mais il ne faudra évidemment pas compter sur grand chose pour obtenir la transparence nécessaire au jugement de tels actes criminels.

C’est que le camp de Canjuers est un dispositif stratégique par l’armée française dans le cadre plus général lié à l’OTAN. Par exemple, en avril, quarante soldats ukrainiens sont venus sur le camp pour être formés à l’usage du canon Ceasar dont la capacité est de 6 obus par minute, soit un hectare détruit par minute, pour une portée de 40 km. Bref, c’est un véritable engin de mort moderne qui rase tout, et très vite…

Cela en dit long sur l’aspect stratégique de ce camp dans le dispositif général de l’OTAN, Canjuers étant le plus grand champ de tir d’Europe. Il faut s’imaginer ce camp militaire de Canjuers qui s’étend sur 35 000 hectares de pleine nature, regorgeant d’animaux et d’insectes en tout genre, un écosystème qui est soumis à rude épreuve avec 333 jours de tirs de missiles et d’obus par an, pour un total de 1,6 millions de projectiles lancés.

A ce titre, le feu dans le camp de Canjuers n’a pas pu être au début freiné car il progressait dans une zone fortement polluée par d’anciens explosifs et des restes de missiles non explosés. On croit rêver… ou bien être dans un film de science-fiction ! Malheureusement, ceci est bien la réalité, une réalité militaire le plus souvent dissimulée au grand public et qui se trouve sur le devant de la scène lors de drames comme cet incendie..

D’ailleurs, la barbarie militaire au point de vue écologique, c’était justement le thème développé par l’association « Stop fuelling War » (cessez d’alimenter la guerre) lors du campagne militante « la guerre nous coûte la terre » en opposition au salon d’armement Eurosatory qui se tenait entre le 8 et le 17 juin à Villepinte.

Car, en effet, la guerre c’est l’expression la plus aboutie de tous les maux de la société capitaliste, avec une armée façonné par cette même société, elle et ses valeurs hiérarchiques anti-démocratiques et sa séparation aristocratique d’avec la société dite civile et ses préoccupations. On ne peut s’empêcher de penser ici à la très bonne caricature de cet état d’esprit militariste faite par Stanley Kubrick dans le film « Full Metal Jacket »…

L’incendie provoqué par des tirs d’exercice militaire en pleine sécheresse caniculaire est une énième illustration de pourquoi l’armée des sociétés capitalistes avancées est, à tous les points de vue, une partie du problème et non pas de la solution.

Catégories
Écologie

Un secrétariat d’État à la Condition animale ?

C’est du charity-business qui n’a honte de rien.

Une dizaine d’artistes de variété et de personnalités liés à la télévision ont écrit une lettre ouverte à la nouvelle premier ministre Élisabeth Borne pour demander « un secrétariat d’État à la Condition animale ».

La lettre n’a aucun contenu, elle ne porte aucune valeur, elle ne dit absolument rien. Elle est à l’image de notre époque : aussi vide que prétentieuse. On a des gens qui, sous prétexte qu’ils sont connus, exigent que le gouvernement réponde à leur préoccupation pour les animaux, une préoccupation n’allant bien entendu pas très loin.

Éventuellement, ces gens pourraient user de leurs moyens financiers et de leur notoriété pour faire des campagnes en faveur de l’adoption dans les refuges, pour mettre en valeur les gens donnant de leur temps et de leur vie pour enquêter sur le sort des animaux dans les cirques, dans des fermes, ou même chez des particuliers.

Mais non, toutes ces gens sont des consommateurs comme les autres et exigent donc que cela tombe du ciel : ils ont quelques sentiments pour les animaux, alors ils « réclament » à la premier ministre un secrétariat d’État. Mais pour faire quoi ? Pour y mettre qui ? Nul ne le sait. Mais par magie, il suffirait de quelqu’un dans un bureau à Paris avec son cabinet dédié pour que soit saisie « l’opportunité extraordinaire de nous réconcilier avec le monde animal ». Quelle mauvaise blague.

Avoir des hauts-le-cœur quand à la situation des animaux dans notre société, c’est bien. C’est même quelque-chose de naturel, tellement leur sort est ignoble. Personne ne peut décemment prétendre être une personne civilisée et pacifique sans avoir une sentiment de colère immense, ou de rage, ou les deux, à la vue d’un camion remplis d’animaux entassés pour l’abattoir. Pareil pour l’idée d’un chien abandonné, d’un chat frappé, d’un cheval vivant seul dans un champ minuscule.

Très bien, très bien, mais tout cela ne donne pas le droit de se prétendre légitime pour parler au nom des animaux et distribuer de la poudre à mettre dans les yeux des gens pour faire croire que les choses avancent.

D’ailleurs, il faut un toupet immense, et un décalage incroyable d’avec le réel, pour avoir accepté parmi les signataires quelqu’un venant du monde de l’exploitation animale :

« Fabienne Thibeault, chanteuse – commandeur du Mérite agricole, ambassadrice des Races agricoles menacées et des Bonnes Pratiques d’élevage »

Cela en dit très long, cela dit même tout. On est là dans une tentative d’instaurer un capitalisme à visage humain, pour neutraliser les contradictions. La question animale porte en elle celle du rapport général à la Nature et il s’agit d’occuper le terrain de manière artificielle, avec des pseudos réformes. Il s’agit de faire semblant d’aimer les animaux, pour être contre les animaux en définitive.

Voici le document, paru dans Le Parisien.

« Lettre ouverte à Madame Élisabeth Borne, Première ministre de la République

« Madame la Première ministre,

Nous avons l’honneur d’intervenir auprès de vous, persuadés que vous disposez pour les cinq années à venir d’une opportunité extraordinaire de nous réconcilier avec le monde animal.

Il semble nécessaire de mettre en place une politique animale efficace et moderne.

C’est la raison pour laquelle les signataires figurant au bas de cette lettre vous prient instamment de réfléchir à la création d’un secrétariat d’État à la condition animale.

Ce serait la preuve d’une grande avancée, pour que la France, pays des droits de l’Homme, devienne aussi le pays des droits de l’animal.

En effet, toute réforme, projet de loi, dans quelque domaine que ce soit, doivent veiller à ce que dans tous leurs aspects, les principes énoncés ci-dessus soient pleinement respectés.

C’est donc une réflexion politique au sens noble du terme qu’il est urgent de faire, et nous vous lançons un appel à cet égard.

La grandeur d’une nation et son progrès moral peuvent être jugés à la manière dont les animaux sont traités. Mohandas K. Gandhi.

Nous vous prions d’agréer, Madame la Première ministre, en l’expression de notre profonde considération »

Les signataires

Raphaël Mezrahi, humoriste et acteur ; Jean-Jacques Debout, compositeur – chanteur ; Chantal Goya, chanteuse ; Jean-Marie Bigard, humoriste ; Laurent Baffie, humoriste ; Vincent Lagaf’, humoriste ; Mikelangelo Loconte, chanteur ; Francis Lalanne, poète auteur – compositeur – interprète ; René Manzor, scénariste et auteur ; Emmanuel Laureau, éditeur ; Fabienne Thibeault, chanteuse – commandeur du Mérite agricole, ambassadrice des Races agricoles menacées et des Bonnes Pratiques d’élevage ; Sophie Darel, artiste de scène – présentatrice TV ; Marc Menant, journaliste – écrivain ; Gavroche, chanteur ; Delphine Wespiser, Miss France 2012 et chroniqueuse TV, Stone, artiste ; Mario d’Alba, artiste ; Emmanuel Ludot – avocat à la cour d’appel de Reims. »

Ce ne sont pas ces « personnalités » qui libéreront les animaux de leur sort. C’est au peuple de le faire, en puissant la force dans ce qu’il a de plus profond mais aussi de plus puissant en lui : son antagonisme avec la société bourgeoise, qui est dénaturée, corrompue, égocentrée et de plus en plus barbare.

Catégories
Écologie

Sauvés du massacre, les bouquetins du Bargy restent prisonniers des gestionnaires

Les bouquetins du Bargy échappent temporairement à un sort funeste sans pour autant être pleinement reconnus.

Les bouquetins étaient une espèce qui avait disparu en France, chassée pendant longtemps et faisant office de véritable trophée pour les populations alpines.

Une politique de protection et de réintroduction dans les années 1960 a changé la donne et permis à l’espèce de reprendre ses droits dans les massifs alpins, et notamment en Haute-Savoie dans le massif du Bargy au-dessus de la vallée de l’Arve où vivent un peu plus de 300 bouquetins.

Mais voilà, les Alpes ne sont pas un écosystème où l’Homme aurait décidé de reculer en raison d’une prise de conscience des enjeux écologiques de notre temps. Bien au contraire, et tout le problème se situe là.

De manière complémentaire à l’extension du capitalisme aux villages d’altitude pour la rente de « l’or blanc », l’élevage laitier et ovin a bénéficié d’une connivence avec le business touristique : rester sur place et « entretenir » l’été les prairies qui sont utilisées l’hiver comme pistes de ski. En effet, les troupeaux domestiques vivent l’hiver en vallée et montent l’été en altitude (estive) pour paitre.

De plus, la production laitière bénéfice d’un label AOP qui repose en partie sur la durée de pâturage en altitude, et permet de valoriser des traditions qui alimentent l’imaginaire touristique. On connaît l’image de la journée de ski l’hiver conclue par une raclette ou une tartiflette.

Or le problème, c’est que ce modèle de l’agropastoralisme intégré au tourisme vit mal la proximité des animaux domestiques avec les animaux sauvages, tels que les bouquetins qui peuvent évoluer sur certaines prairies d’estive.

Cette promiscuité a pour conséquence de transmettre certaines bactéries aux animaux domestiques, puis aux êtres humains. C’est le cas de la brucella, une bactérie qui n’était pas à l’origine présente chez les bouquetins, mais plutôt chez les animaux d’élevage. Au fil du temps, les bouquetins sont devenus un réservoir de cette bactérie qui leur cause des lésions génitales, ainsi que de l’arthrite.

Et depuis c’est un cycle vicieux sans fin qui est lancé… En effet, pour continuer à bénéficier de l’AOP, les éleveurs laitiers et bovins doivent être reconnus indemnes de brucellose, car cette bactérie peut ensuite se transmettre à l’homme et provoquer des symptômes grippaux, voir de l’arthrite.

A cela s’ajoute le fait que les fromages basés sur du lait cru, comme l’emblématique reblochon, est le vecteur principal de transmission de la brucella à l’homme, contrairement aux fromages de lait pasteurisé. Et les vallées qui bordent le massif du Bargy sont justement le berceau du reblochon…

À chaque période d’estive, les éleveurs craignent donc de voir une de leurs vaches être contaminée par la brucella, « laissée » par des bouquetins simplement au contact des prairies servant de pâturages d’estive.

C’est ce qui s’était passé en janvier 2012 lorsqu’un enfant du Grand-Bornand fut détecté positif à la brucellose après avoir mangé du lait cru provenant d’un élevage laitier local. Il s’avéra ensuite que les vaches de l’exploitation avaient pâturé dans le massif du Bargy, là où vivent les bouquetins, qui furent identifiées comme porteur de la bactérie.

Depuis, le massif du Bargy vit au rythme des annonces de la préfecture et de ses déboires judiciaires. La préfecture de Haute-Savoie souhaite reconstituer un « noyau sain » de bouquetins pour mieux préserver les intérêts de l’agropastoralisme et de tout ce qui va avec. Cela passe le plus souvent par des arrêtés préfectoraux d’abattages indiscriminés.

Depuis 2012, ce sont 476 animaux qui ont été abattus, malgré l’abnégation de quelques activistes montant régulièrement dans le massif pour empêcher les tirs par leur simple présence. Il faudra attendre l’acceptation en mai 2020 par le tribunal de Grenoble d’un recours suspensif émis par l’association Animal Cross contre un arrêté préfectoral qui prévoyait l’abattage indiscriminé de 60 bouquetins entre 2020 et 2022.

Mais cette suspension vue comme un espoir ne fut que courte durée, car dès l’automne 2021 une vache d’une exploitation de lait cru dont les animaux paissent dans le massif du Bargy fut détectée positive à la brucella, entraînant l’abattage des 240 vaches et veaux de l’exploitant.

Cela mit le feu aux poudres, avec une sorte de front constitué d’éleveurs, de chasseurs et de représentants de la Droite vent debout contre les bouquetins du Bargy, un sénateur centriste demandant carrément l’abattage complet de l’espèce, le siège de la FNE Haute-Savoie subissant un coup de pression à la fin du mois de novembre 2021.

Rappelons que l’on parle ici d’un élevage dont les vaches ont été soigneusement croisées génétiquement par un éleveur n’étant rien d’autre qu’un capitaliste cherchant à grandir sur le marché du reblochon. Ce qui n’a pas empêché certains représentants EELV d’apporter soutien à un entrepreneur pleurant la perte d’un capital.

À la suite de cet abattage de vaches laitières, le préfet Alain Espinasse avait remis l’idée d’un abattage indiscriminé sur le devant de la scène, cette fois-ci massif puisqu’incluant 170 animaux (sur les 320 individus qui restent dans le massif). On parle là d’une action qui vise à faire abattre au hasard 170 animaux, sans savoir s’ils sont positifs à la maladie !

Fort heureusement une coalition de sept associations environnementales et animalistes ont, tout comme en mai 2020, obtenu la suspension de l’arrêté des tirs indiscriminés par le tribunal de Grenoble ce 17 mai 2022.

Toutefois, cela n’empêche pas qu’une gestion moins massive et plus « chirurgicale » de l’épidémie de brucellose chez les bouquetins va continuer à s’effectuer, avec la capture puis l’euthanasie de tout cas positifs, toujours dans l’optique de reconstituer un « noyau sain ».

De fait, c’est la solution médiane qui perdure, et si les bouquetins sont sauvés d’un massacre général, ils n’en restent pas moins toujours les otages d’activités humaines incapables d’être remises en question. Car si l’on en croit les scientifiques, la brucellose est en train de s’éteindre progressivement, avec plus de 90 % de bouquetins sains.

À quoi bon continuer une telle gestion si ce n’est pour faire perdurer un modèle agricole, ainsi qu’une production laitière qui participe à tant sur le plan touristique-capitaliste ?

Il faudrait pourtant en finir avec la production de lait cru qui relève d’une tradition alimentaire obsolète et ouvrir un débat démocratique général à propos de l’agropastoralisme et de ses conséquences écologiques. De la même manière que les bouquetins devraient pouvoir être accompagnés sanitairement contre la brucellose…

L’affaire des bouquetins du Bargy est concrètement une brèche ouverte pour enfin faire reconnaitre la vie sauvage dans son droit absolu à vivre paisiblement sans être prisonnière d’une gestion d’humains eux-mêmes otages de traditions maintenues par un capitalisme tout-puissant.

Mais pour saisir cette brèche, faut-il encore avoir une lecture en terme de Gauche historique et comprendre les méfaits de la société de consommation, de l’aliénation qu’elle implique par rapport à la Nature…

Catégories
Écologie

Il faut aider l’Hirondelle et tous les centres de soin pour animaux sauvages

Les structures d’aide aux animaux sauvages doivent être valorisées et soutenues.

Ouvert en 1998, l’Hirondelle est un centre de soin pour animaux sauvages basé initialement à Saint-Forgeux dans le Rhône, comptant aujourd’hui deux autres sites de soins à Dardilly dans le Rhône et à Crest dans la Drôme.

Ces sites permettent de venir en aide aux animaux trouvés dans le département du Rhône, de la Drôme, de l’Ardèche, de la Loire et de la Haute Loire. Fondé au départ pour venir en aide spécifiquement aux oiseaux, sa popularité l’a amené petit à petit à s’adapter pour prendre aussi en charge les mammifères.

Depuis sont ouverture, ce ne sont pas moins de 40 000 animaux sauvages de 220 espèces différentes qui ont été aidés, des hérissons aux faons en passant par les blaireaux ou encore des cigognes. En 2021, ce sont 6 825 animaux qui ont été reçus, un nombre sans précédent alors qu’aucun n’a été refusé.

Le site de Saint-Forgeux est le principal lieu d’accueil des animaux qui en ont besoin car il dispose de plusieurs grandes volières indispensables pour l’apprentissage ou le réapprentissage du vol par les oiseaux. Des oiseaux qui sont tous destinés à retourner à la vie sauvage, sauf lorsque leurs blessures ont engendré des handicaps trop important rendant leurs libération impossible.

Or, l’Hirondelle tire la sonnette d’alarme car la quantité d’animaux à aider est de plus en plus importante, et l’Hirondelle comme toutes les structures qui viennent en aide aux animaux souffrent d’un manque récurent de moyens, tant sur le plan financier que sur le plan humain.

En effet venir en aide à plus de 6 000 animaux par an représente tout un tas de frais tels que l’entretien des salles de soins, des volières, l’achat de la nourriture pour les animaux, les soins vétérinaires, un salaire pour les soigneurs qui travaillent au centre, etc…

Aussi, tout le travail d’entretien des structures comme les volières qui sont régulièrement cassées par la neige durant l’hiver, le nettoyage des locaux et des espaces dédiés aux animaux , le rapatriement des animaux depuis leurs lieux de sauvetage ou pour aller chez les vétérinaires, le nourrissage et les actions de sensibilisation, tout cela demande énormément de travail qui serait impossible sans l’implication des bénévoles qui donnent de leurs temps pour venir en aide au animaux .

Nous invitons toutes les personnes qui le peuvent à aider aujourd’hui financièrement l’Hirondelle pour assurer la continuité de leur travail auprès de la faune sauvage.

Voici le lien vers le site de don  :Faire un don à L’Hirondelle, centre de soins pour animaux sauvages (helloasso.com). Lien vers le site : L’Hirondelle, Centre de Soins pour Animaux Sauvages

Et plus largement aider les centres de soin et les refuges près de chez vous, l’argent et le temps manque de partout, l’implication sur le long terme de gens dévoués pour les animaux et une nécessité urgente et historique.

Catégories
Écologie

Grippe aviaire: massacre industriel de 16 millions d’oiseaux en France

Comment avec une telle horreur ne pas comprendre que la société française est périmée dans ses valeurs ?

L’image est saisissante, elle a été prise au moyen d’un drone par l’association L214, qui bien entendu est incapable d’avoir une critique suffisamment profonde d’un tel phénomène par définition fondé sur le capitalisme. On voit des montagnes de cadavres étalés à la pelleteuse, recouverts de chaux dispersée au moyen d’engins dédié à cet effet, dans un fossé le long d’une autoroute en chantier en Vendée. C’est une image de l’enfer.

C’est que depuis novembre 2021, ce sont officiellement, au 2 mai 2022, 16 millions d’oiseaux élevés dans les élevages qui ont été massacrés, afin de tenter de stopper la grippe aviaire. Au lieu de se dire que de telles grippes n’ont rien de naturel, qu’enfermer des êtres vivants relève de la torture, que rien de cela n’est ni nécessaire ni souhaitable, l’humanité façonnée par le capitalisme continue de vouloir forcer les choses, et ce même alors qu’une pandémie l’a frappé durement.

Et la seule réaction médiatique, ou même chez les gens, est de s’inquiéter qu’on va « manquer » de poulet, comme ici avec TF1 :

« Dans toute la filière, on subit deux crises à la fois. « Pour les éleveurs, actuellement, c’est une double peine parce qu’il y a la grippe aviaire qui oblige à abattre les volailles et il y a l’augmentation du coût de l’aliment du fait de la crise ukrainienne », confie Jean-Jacques Costiou, volailler et gérant de l’usine « Au Faisan Doré » à Plabennec (Finistère). »

Pauvres capitalistes, dont les profits sont touchés, non pas par des catastrophes naturelles d’ailleurs, mais par des phénomènes causés par l’humanité elle-même. Tant la grippe aviaire que la guerre en Ukraine pourraient, devraient, ne pas avoir lieu. Il suffirait de ne pas avoir de tels élevages et pareillement de ne pas avoir de grandes puissances cherchant à se repartager le monde.

Mais un tel horizon semble inatteignable, insaisissable même intellectuellement par des gens pétrifiés dans la concurrence capitaliste et son idéologie de la compétition à tous les niveaux. Ici, pas de place pour la compassion, l’empathie, et encore moins une vision du monde fondée sur celles-ci.

Il est tout à fait exemplaire qu’au moment des élections présidentielle et parlementaire un tel massacre immense se produise, dans l’indifférence. On est en train de rater l’essentiel en France. Il faudrait une profonde remise en cause, un alignement sur des valeurs exigeantes de collectivisme, de respect de la Nature, de planification, bref le Socialisme ! Et au lieu de cela on a des pleurnicheries sur les retraites et un refus catégorique de prendre en compte ce que signifie, ce qu’implique la guerre en Ukraine.

Les Français veulent vivre comme avant dans leur bulle capitaliste. Quitte à cautionner le massacre par asphyxie de 16 millions d’oiseaux, dans l’indifférence, le silence, les tourments et l’horreur la plus complète.

Catégories
Écologie

L’enrôlement des animaux dans la guerre

La Guerre, c’est la barbarie à tous les niveaux.

L’utilisation d’animaux à des fins militaires n’est pas une chose nouvelle, l’ensemble des conflits qui ont jonché l’histoire de l’humanité depuis la domestication du chien sont marqués par l’enrôlement des animaux.

Les chiens sont utilisés pour surveiller et combattre, avec des races de chien d’aujourd’hui qui sont le fruit d’une longue sélection génétique dont le seul but est qu’ils soient le plus apte aux combats, les bœufs, les chevaux, les éléphants ainsi que les chameaux et les dromadaires servent depuis longtemps pour le transport de matériel et de troupes ou pour des unités militaires spécialisées.

Les pigeons ont aussi été utilisés à des fins de communication pendant longtemps puis d’information durant la première guerre mondiale avec des appareils photo attachés sur leurs ventre, des tests de pigeons bombardiers ont aussi été effectués.

Durant la seconde guerre mondiale, des troupeaux de moutons ont été utilisés pour déminer des territoires, les moutons devant avancer dans les champs de mines et une fois le troupeau partiellement décimé, le champ était déminé…

Des essais avec des chauves-souris incendiaires ont été effectués par l’armée américaine avant d’être finalement abandonnés au profit du projet Manhattan qui développait l’arme nucléaire.

La seconde guerre mondiale est aussi connue pour être le conflit qui a vu émerger les zones sous-marines comme nouveau terrain d’affrontement, ce nouveau cadre a provoqué l’émergence de l’utilisation des animaux marins dans un cadre militarisé.

Ainsi, les armées américaines et soviétiques utilisaient des dauphins qui posaient des mines sur les bateaux, l’armée norvégienne utilisait des phoques pour miner les sous-marins soviétiques.

Plus l’histoire avance et plus les technologies militaires à disposition sont destructrices, ce qui mène inéluctablement à des conflits de plus en plus meurtriers tant pour les humains que pour l’ensemble des animaux enrôlés dans les conflits, cela est d’ailleurs vrai pour l’ensemble de la biosphère.

La guerre qui fait actuellement rage sur le territoire ukrainien n’échappe malheureusement pas à cette réalité. En effet, en 2012, l’armé ukrainienne a relancé dans la ville de Sébastopol située à l’ouest de la Crimée, un programme d’entraînement des dauphins à des fins militaires. Les dauphins sont entraînés à poser des mines, à reconnaître des ennemis, à se battre avec des nageurs, ils sont aussi entraînés à exploiter des armes déclenchées depuis le sol par les militaires.

La Crimée ayant été annexée en 2014 par la Russie, ce centre est passé sous leur contrôle. La capture des dauphins a servi la propagande nationaliste ukrainienne qui déclarait que les dauphins se laisseraient mourir d’une grève de la faim car c’est ce à quoi ils étaient entraînés et que c’était de bons soldats.

Nul doute qu’un bon nombre de chiens doit être actuellement utilisé de part et d’autre de ce conflits pour servir de gardiens ou de combattants.

Le document ci-dessous nous montre les animaux marins utilisés à des fins militaires et par quel pays, ce document ne concernant que les pratiques officielles.

L’irruption du conflit en Ukraine, qui ouvre la boite de pandore des conflits entre grandes puissances, ne doit pas nous faire oublier le sort des animaux, victimes invisibles et innocentes, embrigadés comme de simples machines au service des intérêts militaro-industriels des différents belligérants.

La guerre ne produit que chaos et destructions partout où elle se déroule, et aucun être vivant n’est épargné. Il appartient aux forces démocratiques et populaires d’œuvrer coûte que coûte au pacifisme et d’avancer vers une vie en correspondance avec l’ensemble de la biosphère.

Catégories
Écologie

La cause animale nécessite une révolution culturelle qui ne passe pas par Marine Le Pen

Il faut un mouvement de fond, pas des espoirs mal placés.

Il existe trois courants s’intéressant aux animaux. Il y a les vegans qui sont dans leur quasi totalité des petits-bourgeois ou des gens voulant être des petits-bourgeois, adoptant un mode de vie qu’ils veulent coupés d’actes qu’ils voient comme néfastes. Les animaux sont cependant plus un lieu de projection qu’autre chose.

Il y a les vegans pour qui le véganisme n’est pas un point d’arrivée, mais un point de départ, et qui se tournent réellement vers les animaux. Ceux-là tendent inéluctablement à l’affirmation d’une utopie aux exigences concrètes, parce qu’ils aiment vraiment les animaux.

Il y a enfin le vaste milieu de la protection animale, où les gens ne sont pas vegans dans leur immense majorité, tout en se sacrifiant aux quatre veines pour aider les animaux. Ces gens connaissent des difficultés innombrables, ont un profond respect des vegans de la seconde manière et un mépris fondamental pour ceux de la première manière.

Surtout, le milieu de la protection animale est confrontée à une terrible misère animale, et d’ailleurs également humaine en constatant les comportements anti-sociaux, cyniques, barbares. Cela provoque un réel traumatisme et d’ailleurs, il y a inévitablement la même chose chez les policiers (ce qui ne remet pas en cause le fait que la police comme institution soit anti-populaire).

Ce traumatisme provoque un dégoût, une rancœur, voire une haine, et dans tous les cas une tendance marquée au nihilisme. Comment en effet croire en l’humanité lorsqu’on voit que l’empathie et la compassion sont des phénomènes marginaux et même combattus par une indifférence générale ?

A cela s’ajoute la sensation d’être toujours trahi. Une association comme L214 a par exemple une reconnaissance médiatique immense, des millions d’euros dans sa banque, mais n’a jamais fait le moindre effort en direction de la protection animale sur le plan concret. A chaque élection municipale il y a telle ou telle promesse de la part des uns et des autres, qui n’est jamais tenu. Quant à l’État, il ne fait rien du tout.

Il s’ensuit une véritable paranoïa, où, forcément, on se rattache à ce qu’on peut, au moindre espoir de changement culture. Cela ne veut pas dire que le milieu de la protection animale fasse confiance – par définition, le milieu de la protection animale ne fait jamais confiance à moins d’une présence à ses côtés et d’une implication pour les animaux longue, très longue. Mais il y a l’idée que cela ne peut pas être pire et qu’un renversement de tendance, même imparfait, c’est déjà ça de gagné.

C’est cela qui explique l’attirance pour une extrême-Droite version nihiliste en général et l’espoir qui existe en ce moment que Marine Le Pen gagne la présidentielle 2022 en particulier. Celle-ci s’est d’ailleurs placée exactement afin de recevoir un tel soutien.

A l’élection présidentielle 2022, il n’y a que trois candidats à avoir parlé des animaux. Jean-Luc Mélenchon s’est adressé aux vegans désireux d’être bobos ou qui le sont en parlant de l’horreur de la condition animale, dans des termes très généraux. Nicolas Dupont-Aignan a proposé de son côté, et c’est le seul, des mesures concrètes pour les animaux, sur un mode réformiste, en vue de « lutter contre la maltraitance animale ». Il a cette dignité.

Enfin, Marine Le Pen ne propose rien pour les animaux, mais s’est positionnée de manière ininterrompue comme femme célibataire aimant les chats. Ce qui fait penser au milieu de la protection animale qu’elle ne peut pas être une mauvaise personne.

C’est bien peu, mais cela suffit largement, puisque inversement Emmanuel Macron assume tout à fait d’être contre la cause animale, notamment dans son soutien aux chasseurs. Cela peut sembler simpliste, mais en fait c’est simple : l’ennemi de mon ennemi est mon ami et il n’y a rien à perdre tellement la situation est dramatique.

Ajoutons à cela un faible niveau de connaissance des idées politiques à l’image de tout le pays, un enracinement populaire dans les zones rurbaines, une détestation des bourgeois bien proprets vivant dans leur bulle coupée de la réalité… et le milieu de la protection animale a vite fait de se lancer dans un tel espoir qu’une victoire de Marine Le Pen changerait la donne.

C’est cependant une erreur qui revient à celle des vegans version bobos. Les animaux ne sont plus une fin en soi, mais un lieu de projection, car objectivement, Marine Le Pen ne propose rien pour les animaux, à part éventuellement la fin de l’abattage des animaux en mode halal et casher, ce qui n’est toutefois nullement l’alpha et l’omega de la question.

Si l’on prend les animaux comme fin en soi et qu’on veut que ce soit l’empathie et la compassion qui triomphent, alors il faut une puissant changement de mentalités, et pour cela il faut une révolution culturelle. Une révolution culturelle contre la société de consommation, pour un engagement concret dans sa vie quotidienne au service des animaux. Une révolution culturelle contre l’urbanisation massive engloutissant le pays et pour la vie sauvage qui doit être sanctuarisée.

Cela demande des idées, des valeurs, des concepts, à rebours des réactions à l’emporte-pièces qui ramène toujours la protection animale à la case départ.

De toutes façons, on ne peut pas dire que la situation soit dramatique et après essayer de sauver les choses avec Marine Le Pen comme sparadrap sur une plaie béante. Il faut saisir l’envergure de la question et cela exige une conscience sociale saisissant son époque sur la base de la réflexion – et c’est ce qu’est le Socialisme.

Catégories
Écologie

Le Centre ukrainien de réhabilitation des chauves-souris, un phare dans l’obscurité

Des ukrainiens, et surtout des ukrainiennes, à la hauteur de l’époque.

Le déclenchement de l’invasion du territoire ukrainien par la Russie marque le retour de la guerre comme cadre de développement du capitalisme. Cela veut dire que la tendance vers la destruction générale de la biosphère au profit du développement capitaliste va être toujours plus accentuée.

Les effets des combat comme les manœuvres et les attaques participent déjà de cette accentuation, avec les destructions, des terrains entiers retournés par les manœuvres des engins militaires dégageant ainsi le CO2 du sol dans l’atmosphère, les différents incendies de matières en tous genre lors des frappes ou des explosions qui dégagent d’énormes quantités de gaz toxique pour l’ensemble de la biosphère…

Les explosions terrorisent, désorientent les animaux, à l’instar des cigognes, très présentes en Ukraine et en Pologne, et qui vont revenir comme tous les ans de cette région de l’hémisphère nord pour passer l’été. Elles devraient arriver sous peu en Ukraine, si elles n’y sont pas déjà.

Au milieu de cette destruction généralisée, en plein cœur de la ville de Kharkiv, une très grande ville russophone au Nord-Est de l’Ukraine, sous le feu des forces armées russes depuis plusieurs jours, le Centre ukrainien de réhabilitation des chauves-souris ne flanche pas et continue son combat pour la connaissance et la préservation des chauves-souris sur le territoire ukrainien.

On reconnaît là l’abnégation des acteurs – surtout des actrices – de la protectrice animale. L’amour pour les animaux s’élève à la dévotion, au sens du sacrifice – c’est quelque chose d’incompréhensible pour qui est soumis au consumérisme narcissique.

Avec une équipe composée de différents professionnels de la protection et du soin aux animaux, s’appuyant sur un réseau de volontaires, le centre effectue un recensement des colonies de chauves-souris et des différentes espèces pour évaluer leurs aires de répartition avec un site internet dédié et où tout le monde peut partager ses observations à travers tout le pays. Leur site apporte beaucoup de connaissances, parfois très approfondies, sur le mode de vie ou encore la physionomie des différentes espèces de chauves-souris présente en Ukraine.

Depuis sa création en 2013, le centre ukrainien de réhabilitation des chauves-souris est venu en aide à plus de 19 000 animaux avec déjà plus de 3000 sauvetages rien que pour cet hiver. Cela peut être une chauve-souris trop faible pour passer l’hiver, qui sera ainsi nourrie et mise à l’abri, maintenue en hibernation dans des sacs en tissus, avant de repartir au printemps, ou une chauve-souris blessée qui va être soignée et réadaptée afin de pouvoir retourner à la vie sauvage.

Le centre participe aussi à un travail sur l’étude des maladies auxquelles les chauves-souris servent de réservoir afin de connaître et analyser comment ces maladies se propagent et ainsi éviter la propagation de ces maladies à l’être humain. Un travail ô combien essentiel à l’heure où la pandémie de Covid-19 est loin d’être finie, et quand l’hypothèse principale de l’origine de cette zoonose reste la chauve-souris comme hôte réservoir ayant été déstabilisée dans son habitat naturel.

Alors qu’en temps normal 300 000 Ukrainiens quittent le pays chaque année et que depuis le début du conflit plus de 3 millions d’autres ont pris ce même chemin, sans compter le quart de la population déplacée à l’intérieur du pays, les membres du centre de réhabilitation des chauves-souris refusent de quitter leurs appartements pour rester aider les petit mammifères dans leur principales zone d’intervention qu’est Kharkiv.

Il y a actuellement de cette ville sous les bombes, des personnes en train de nourrir des chauves souris sortant doucement de l’hibernation, secourus juste avant ou durant l’hiver. Et le 23 mars a marqué le début de leur départ, avec l’arrivée du printemps.

Les membre du Centre ukrainien de réhabilitation des chauves-souris, principalement composé de femmes (comme partout où les animaux sont défendus), sont un phare dans la nuit de la guerre impérialiste, un moment où des gens refusent de sombrer dans la barbarie et essaye d’être à la hauteur de leur époque, en essayant d’ouvrir une voie pour retrouver leur place dans la biosphère.

C’est un exemple d’abnégation, un modèle de compassion, un programme pour l’avenir.

Vous pouvez les aider en faisant un don ici : https://www.patreon.com/batsukraine ou en allant directement sur leur site internet : http://www.bat-kharkov.in.ua/en/how-to-helpen/

Catégories
Écologie

Les Assises de la forêt et du bois au service de la modernisation capitaliste

Les Assises de la forêt et du bois visent à accompagner la modernisation des secteurs capitalistes du bois dans le cadre du changement climatique.

Mardi 16 mars se sont clôturées les Assises de la Forêt et du Bois lancées le 19 octobre 2021 en présence de quatre ministres, du Logement, de la Biodiversité, de l’Industrie et de l’Agriculture.

Ces assises avaient pour but de lancer un cycle de réflexion autour des difficultés du secteur du bois et de l’exploitation de la forêt française, alors confrontés aux problèmes d’approvisionnement et du réchauffement climatique.

En effet, lors des différents confinements pendant la crise sanitaire de 2020-2021, il y a eu un engouement mondial pour l’aménagement des foyers, principalement autour de l’ameublement en bois.

Mais, sans planification démocratique de la satisfaction des besoins, cette explosion de la demande mondiale a abouti à des pénuries de bois, avec la Chine et les États-Unis qui ont monopolisé l’achat de cette ressource sur le marché mondial.

Incapables de saisir le chaos causé par la concurrence marchande, les capitalistes français du bois ont alors cherché à sauvegarder leurs profits coûte que coûte en modernisant toute la base industrielle.

Voici ce que le document de présentation des Assises de la Forêt et du Bois annonce :

« Avec un prélèvement annuel de bois très inférieur à la production annuelle biologique, la filière forêt-bois française a un potentiel de production supplémentaire tout en préservant et développant les écosystèmes forestiers. Celui-ci doit être d’autant plus développé que la balance commerciale de la filière bois est structurellement déficitaire et s’établit en 2020 à 7 milliards d’euros de déficit.« 

L’enjeu est clair : il s’agit de moderniser la production de bois pour la rendre plus rentable et « souveraine », avec en arrière-plan la question de l’assèchement du marché par les deux superpuissances, la Chine et les États-Unis.

Comme ailleurs, la demande de bois aux États-Unis et en Chine a explosé depuis la crise sanitaire, ce qui booste les exportations, tout en contribuant à la pénurie dans l’hexagone.

L’offre se tasse d’autant plus que le réchauffement climatique affaiblit la croissance des chênes dans l’hexagone (sécheresses, prolifération du scolyte…), et que des pans entiers de forêt ont été détruit en 2021 aux États-Unis, à l’est par les tempêtes, à l’ouest par les méga-feux.

De fait, la restructuration de la filière-bois exprime la tentative de l’industrie capitaliste française de maintenir sa place dans le cadre de la compétition économique mondiale. Une compétition mondiale qui tourne de plus en plus autour de l’affrontement entre la Chine et les États-Unis.

Cela est très clairement reconnu dans le document des Assises, ce qui d’ailleurs contribue à alimenter les tensions nationalistes :

« Il est stratégique pour notre souveraineté d’assurer la réindustrialisation de la France, qui est l’un des objectifs du plan France Relance. […] La capacité de nos industries à être présentes sur le marché du bois en plein essor est une question de souveraineté. »

La forêt française, c’est la quatrième plus grande forêt d’Europe. Les départements les plus forestiers sont dans le nord-est comme le Doubs, le Jura, les Vosges, etc., le sud-est avec la Haute-Savoie, le Vaucluse, les Alpes-Maritimes, etc., et le Sud-ouest autour dans les Landes.

Mais la forêt française est à majorité composée de feuillus, dont l’industrie du bois nationale est peu utilisatrice, préférant les résineux, quand les troncs de feuillus sont exportés en Asie pour être transformés à bas coût.

D’où l’idée du plan de relance « France 2030 » d’allouer 150 millions d’euros pour la plantation de 50 millions d’arbres d’ici 2050, 50 millions d’euros pour moderniser les moyens de production, et notamment mieux les adapter aux feuillus, comme des scieries ou des papeteries et pour développer la cellulose, une matière organique contenue dans le bois entrant comme matière primaire dans l’industrie chimique.

En tout, et dès le mois de mars, près de 400 millions seront alloués pour des projets industriels liés à la biomasse (énergie par combustion de bois), la construction, la modernisation des travaux forestiers

C’est également près d’un milliard d’euros qui va être dédié au renouvellement de forêts plus riches en essences, non pas tant dans une optique écologique que dans une volonté de fortifier les sources d’approvisionnements en bois dans le contexte de monocultures moins bien résistances aux effets du réchauffement climatique.

Cette opération sera aidée par un fonds de modernisation des outils de cartographie et de suivi des forêts, avec notamment un Observatoire de la forêt qui doit être lancé en 2023 qui, aidé de l’ONF et de l’Inrae, sera chargé de trouver les meilleures essences d’arbres les mieux adaptés au changement climatique. Toujours dans une optique capitaliste d’approvisionnement, et non pas de protection de la nature.

Enfin, de nouveaux accords commerciaux entre l’État et l’ONF ont été passés (comme l’accord de la filière chêne signée le 19 février 2022) afin d’augmenter la commercialisation du bois issus des forêts domaniales « pour répondre à l’impérieuse nécessité de sécuriser l’approvisionnement des scieries situées sur le territoire national ».

Bref, avec les Assises de la forêt et du bois, il est évident que les capitalistes du bois se précipitent dans la restructuration sans égard pour le débat démocratique nécessaire à propos des enjeux écologiques fondamentaux que posent les forêts.

Car la question n’est pas tant de se priver définitivement du bois comme matière première industrielle, mais bien de savoir pourquoi, comment et vers quoi elle est utilisée socialement.

Doit-on accentuer l’exploitation des forêts pour plus de meubles jetables ? Doit-on vraiment basculer dans le bois-énergie, alors qu’il contribue massivement à l’émission de particules fines à travers les cheminées et surtout les centrales électriques au bois ? Les magnats de l’immobilier doivent-ils étendre leur monde de béton au prétexte que les éléments « biosourcés » seront les principaux matériaux des logements ?

Des questions qui sont littéralement mises de côté par un capitalisme qui cherche à tout prix à se relancer sur une base de repli national, sans égard pour la seule question essentielle de notre époque : la protection de la nature, et de la forêt en particulier.

Catégories
Écologie

Nouveaux EPR: le communiqué du Réseau Sortir du nucléaire

Emmanuel Macron a annoncé vouloir relancer massivement l’énergie nucléaire en France.

Le communiqué du Réseau sortir du nucléaire :

« 14 nouveaux EPR ? L’irresponsabilité en marche ! Un projet antidémocratique, hors de prix, et un leurre dans la lutte contre le changement climatique

Communiqué du 10 février 2022

Lors d’un show grandiloquent avec une mise en scène gaullienne, Emmanuel Macron vient d’officialiser son intention de construire 6 à 14 nouveaux réacteurs en France dans les décennies à venir, tout en remettant en question les fermetures déjà prévues. Nous appelons à la mobilisation contre cette relance qui, non contente de faire perdurer le risque nucléaire pendant des décennies, constituerait une impasse totale face à l’urgence climatique.

Un fait accompli inacceptable

En une dizaine de minutes, le président-candidat a annoncé un programme pharaonique de relance tous azimuts du nucléaire : 6 à 14 nouveaux réacteurs, prolongation de l’ensemble du parc, projets de petits réacteurs modulaires, reprise des études sur la 4ème génération… En fin de mandat, il réalise ainsi un carton plein pour répondre à tous les désirs de la filière.

En mettant la population devant le fait accompli de ces annonces, Emmanuel Macron fait preuve d’un immense mépris pour la démocratie. Cela fait des années que le gouvernement, dans l’opacité la plus totale, menait ses tractations avec EDF en vue de la construction de ces réacteurs. À aucun moment il n’a été envisagé de soumettre aux citoyen·nes ou à leurs représentant·es ces projets, qui relèvent d’un choix de société et enfermeraient notre pays pour encore près d’un siècle dans une voie dangereuse et aberrante.

Le débat public annoncé, suivi d’une concertation parlementaire pour réviser la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, apparaît comme une procédure légale de pure forme qui n’aurait aucunement vocation à remettre en question le projet du président-candidat.

Les nouveaux réacteurs ne sont pas « incontournables », mais une perte de temps face à l’urgence climatique !

Présenter ce projet pharaonique comme incontournable est aussi révoltant que fallacieux. De manière mensongère, Emmanuel Macron prétend que ces constructions massives et toutes ces prolongations seraient indispensables pour atteindre la neutralité carbone, « oubliant » que les travaux de RTE avaient démontré voici quelques mois que cet objectif pouvait aussi être atteint grâce au 100 % renouvelable et ce sans remettre en question la sécurité d’approvisionnement.

Le bourbier sans fin de l’EPR de Flamanville, ses 11 ans de retard, ses coûts phénoménaux et son avalanche de malfaçons, n’ont donc pas servi de leçon pour que la France décide de reproduire cette sinistre aventure en 14 exemplaires ? Qui peut sérieusement croire que la filière nucléaire, lourdement endettée, récemment marquée par de multiples affaires de malfaçons et de fraudes et par une perte de compétence et une fragilité pointées par l’Autorité de sûreté nucléaire, se remettrait magiquement en ordre de marche pour fournir autant de réacteurs en temps et en heure, sans défauts, retard ni surcoût ?

Comment peut-il tenir un tel discours alors qu’un document interne de la Direction Générale de l’Énergie et du Climat, dévoilé par le média Contexte.com en octobre, montre précisément que ces nouveaux réacteurs ne pourraient pas sortir de terre dans les délais indiqués, ce qui rend caducs les scénarii reposant sur cette relance ?

Tabler sur ces nouveaux réacteurs, lents à construire, vulnérables aux retards et aléas de toutes sortes, revient tout simplement à mettre en péril nos échéances d’atteinte de la neutralité carbone ! Il s’agirait là d’une perte de temps impardonnable et d’un inacceptable gaspillage d’argent public, au détriment des économies d’énergie et des énergies renouvelables, dont les coûts sont pourtant bien inférieurs à ceux du nouveau nucléaire.

Alors que nous nous acheminons vers un monde plus incertain, marqué par les phénomènes climatiques extrêmes, l’urgence devrait être de tabler sur un système énergétique sobre, renouvelable et résilient. Pas sur la relance d’une technologie complexe, dangereuse, vulnérable aux aléas et productrice de déchets ingérables (à propos desquels, bien opportunément, il ne touche pas un mot par ailleurs) !. Où seraient construits ces 14 nouveaux réacteurs ? Sur des littoraux menacés de submersion ? Sur des cours d’eau dont le débit deviendra trop bas ?

Des fermetures rayées d’un trait

En un clin d’oeil, Emmanuel Macron a ordonné la prolongation de l’ensemble du parc au-delà de 50 ans de fonctionnement, revenant sur les fermetures déjà prévues dans le cadre de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie et prévues par la loi. Là encore, le mépris total et l’aveuglement prévalent. Qui peut croire à la faisabilité d’un tel projet, mené en parallèle des nouvelles constructions et exigeant des travaux lourds et inédits sur tous les réacteurs ? Alors qu’EDF a déjà des difficultés à assurer une maintenance correcte de ses installations, que se multiplient les arrêts imprévus de réacteurs et que la découverte de défauts de corrosion porte déjà la disponibilité du parc à un minimum historique ? Rappelons par ailleurs que les cuves des réacteurs français n’ont pas été conçues pour une utilisation au-delà de 40 ans et que dans le monde, seule une poignée de réacteurs a actuellement dépassé les 50 ans !

Nous refusons d’être condamné·es à la relance du nucléaire !

Emmanuel Macron, président en campagne, n’est malheureusement pas le seul à faire allégeance au lobby de l’atome. Parmi la majorité des candidat·es à l’élection présidentielle, la surenchère règne : c’est à qui construira le plus de réacteurs petits ou gros, à qui reviendra sur des fermetures déjà annoncées voire tentera de ressusciter des sites déjà fermés, quitte à multiplier les promesses bidons. La défense du nucléaire tient lieu de totem masquant le vide souvent abyssal de leurs engagements sur l’environnement et le climat.

Cette surenchère apparaît profondément hors sol, alors que l’immense majorité des Français·es, à des degrés plus ou moins prononcés, s’avoue préoccupée par le risque nucléaire et que 58% seraient prêt.es à voter pour une personne engageant le pays dans la sortie du nucléaire. À quel prix se fera cette relance qui ne bénéficiera qu’aux industriels du secteurs ? En taillant dans quels budgets pour y prélever l’argent public nécessaire ?

Nous appelons à la mobilisation générale contre cette fuite en avant et ce fait accompli. Ruineux, dangereux, perte de temps face à l’urgence climatique, ces projets démentiels doivent être stoppés !« 

Catégories
Écologie

Emmanuel Macron et « le temps de la renaissance nucléaire »

Le nucléaire ne souffre plus d’aucune contestation ou presque en France.

Le nucléaire est la technologie des enfants pourris gâtés du capitalisme. Et ces enfants du capitalisme n’en ont strictement rien à faire de leur propre descendance, à qui ils comptent bien léguer toujours plus de déchets radioactifs pour des centaines et des centaines d’années.

Le processus de fission atomique pour produire de l’énergie est monstrueux. C’est en quelque sorte la pollution ultime puisqu’il s’agit de casser la matière elle-même, au niveau atomique, pour en dégager l’extraordinaire puissance énergétique accumulée pendant des milliards d’années grâce à notre astre le soleil.

Le prix à payer pour casser la matière, c’est la production de déchets radioactifs extrêmement nocifs, ainsi que l’immense risque de catastrophe pour les populations, les animaux et la nature en cas d’accident. On le sait, car l’humanité a déjà connu Tchernobyl, mais cela n’a pas suffi… Puis il y a eu Fukushima, où la catastrophe a été relativement maîtrisée (toute proportion gardée), mais dont le potentiel destructif était gigantesque, et a été évité de peu.

Le choc de Fukushima a été immense dans le monde et cela fait par exemple qu’en Allemagne, il a été décidé d’en finir avec ces bombes à retardement que sont les centrales nucléaires (cela sera fait d’ici la fin de l’année 2022). La différence d’avec la France, c’est que les Allemands ont une mentalité bien plus pragmatique, ils s’imaginent pouvoir facilement relever n’importe quel défi industriel, technologique ; se passer du nucléaire est envisageable, quitte à produire en attendant plus de CO2.

Tel n’est pas le raisonnement des Français et leur mentalité étriquée d’ingénieurs s’imaginant tout pouvoir régler administrativement, par en haut, par magie. Le nucléaire est ici typiquement une réponse administrative-magique à la française, pour continuer coûte que coûte le train-train du capitalisme, en contournant la question du réchauffement climatique.

Il faut éviter les émissions de CO2 ? Pas de problème, mais ne changeons surtout pas nos habitudes, grâce au nucléaire, pensent les Français.

Et donc, c’est ce qu’a annoncé le président Emmanuel Macron, comme perspective à son nouveau mandat qu’il devrait bientôt briguer. Avec un « plan » exposé à Belfort jeudi 10 février 2022, il a parlé de pas moins de six nouveaux réacteur EPR, ainsi que huit autres à l’étude d’ici à 2050.

C’est gigantesque, avec l’ambition de tout électrifier en France, à commencer par le parc automobile. Hors de question de changer le mode de vie ultra-consommateur des Français et leur « idéal » banlieue pavillonnaire/automobile systématique.

« Il nous faut reprendre le fil de la grande aventure du nucléaire civil en France (…).

À ceux qui affirment que nous n’aurions pas besoin de nucléaire, je veux exposer la situation en toute transparence.

Nous avons, en France, la chance, grâce à la vision du Général DE GAULLE, prolongée par le président POMPIDOU, grâce à l’excellence de ce bien commun qui est notre entreprise nationale EDF, à Marcel BOITEUX et à tous ceux qui lui ont ensuite succédé, grâce aussi à l’ensemble des agents, de celles et ceux qui ont construit, bâtit ce savoir-faire et l’ont développé, grâce aussi à toutes les filières qui, partout sur le territoire ont pu accompagner cet effort historique, dans toutes les entreprises de notre pays, de pouvoir compter sur une industrie nucléaire forte, riche de savoir-faire et de centaines de milliers d’emplois.

Cette chance, nous devons la saisir (…).

Oui, se noue ici [à Belfort] quelque chose de la France que nous voulons pour 2030, une France qui, sur le terreau de son passé, sur ces terres qui ont porté notre histoire industrielle, sur la force et la base de ces savoir-faire que savons su construire et transmettre, une France qui renoue avec sa grande histoire industrielle, regarde l’avenir et montre le chemin.

Oui, le temps de la renaissance nucléaire est là, le temps de la renaissance industrielle aussi, reposant sur la recherche technologique, reposant sur la fabrication, reposant sur à la fois le numérique et les métiers les plus industriels.

C’est la réconciliation de ce qu’on a trop longtemps opposé. Une France qui, par les savoir-faire de ses ingénieurs, de ses ouvriers, de ses travailleurs, invente pour le monde une industrie de progrès et de solutions aux défis des temps. »

En 2017, Emmanuel Macron ne tenait pourtant pas du tout ce discours. Lors de la campagne électorale, Emmanuel Macron prévoyait une diminution progressive de la part du nucléaire dans la production d’électricité, et évoquait la question du coût réel de cette technologie (utra-subventionnée en France) en donnant raison aux « écologistes » ayant mis le sujet sur la table.

Mais c’était il y a 5 ans, et les Français n’étaient pas les mêmes, ils étaient encore capables de questionnement, de raisonnement, grâce à des succès du mouvement anti-nucléaire si durement conquis… Qu’on pense à la terrible traversée du désert des années 1980-1990-2000, où le nucléaire était littéralement tabou.

Le changement majeur, depuis les avancées, c’est que la crise est passée par là et ce qui compte maintenant c’est uniquement de renforcer le capitalisme national. Même pas de le maintenir, mais bien de le renforcer, pour avancer en marche forcée. Dans le contexte actuel de crise énergétique, d’inflation et de tensions guerrières mondiales conditionnant les approvisionnements en matières premières, la France du capitalisme se tourne donc à nouveau unilatéralement vers le nucléaire, dans une logique autarcique et colonial en même temps.

C’est une preuve que l’époque a clairement changé, que le capitalisme est ouvertement en mode rouleau compresseur et rien ne doit plus s’opposer à sa tentative de trouver une nouvelle expansion. La question du nucléaire n’y échappe pas en France et les propos d’Emmanuel Macron sont on ne peut plus clair à ce sujet : la France se veut « de retour ».

Catégories
Écologie

L’insoutenable capture des macaques à longue queue en Indonésie

L’Indonésie doit faire cesser les captures de singes sauvages.

Les industriels sont en général des barbares. Contre la nature, contre les gens, mais aussi contre les animaux. C’est le cas pour tout un tas d’industries « testant » la toxicité de leurs produits sur des animaux. Ceux-ci sont souvent des singes, c’est le cas notamment en France où sont torturés des macaques à longue queue en provenance d’Indonésie.

Il y a toute une industrie de l’élevage d’animaux destinés aux laboratoires, mais il y a également des captures dans la nature, pour différentes raisons. Ces captures sont absolument cruelles, en voici la preuve avec cette vidéo diffusée par One voice.

Ces images sont évidement insoutenables…

One voice appelle à la diffusion de ces images, ainsi qu’à une campagne destinée à l’ambassade d’Indonésie en France. Il s’agit de reproduire la lettre ci-dessous et de l’envoyée signée et datée :

Ambassade d’Indonésie en France
47-49 rue Cortambert
75116 Paris, France

A…, le….

Votre Excellence,

L’Indonésie est un merveilleux pays, doté d’une culture riche, ancestrale et d’un territoire magnifique, que les habitants du monde entier envient au point d’en faire l’une des plus grandes destinations touristiques. Elle est également dotée d’une biodiversité unique. Or les macaques à longue queue sont devenus une ressource pour les laboratoires partout dans le monde, pour leur plus grand malheur. En effet, ces singes pourraient tout simplement disparaître…

L’appel de One Voice et de son partenaire britannique fait suite à la diffusion de séquences vidéo insoutenables d’Action for Primates, dévoilant la cruauté et la violence infligées à ces animaux lors de leur capture, notamment des coups et des coups de couteau. Un tel traitement brutal et barbare est une violation des directives internationales sur le bien-être animal.

En 2021, votre gouvernement a autorisé la reprise de la capture et de l’exportation de macaques sauvages à longue queue (Macaca fascicularis) – en dépit des inquiétudes mondiales généralisées quant à la barbarie inhérente à cette pratique et de la prise de conscience croissante de la vulnérabilité de cette espèce au plan conservatoire. Des centaines de singes sauvages ont alors été capturés, arrachés à leur milieu naturel, leur famille et leurs groupes sociaux.

Lors de leur capture, les nourrissons sont séparés de leurs mères, causant de la détresse aux unes et aux autres. L’épisode le plus brutal est le meurtre d’un singe mâle. Massacré à coups de bâton, l’animal hébété et blessé a été traîné par la queue, maintenu sur place et égorgé à coups de machette. Les survivants sont enfermés dans des sacs ou des caisses en bois.

La raison généralement invoquée pour trapper des singes à l’état sauvage est qu’ils entrent en conflit avec les résidents et les agriculteurs des communautés locales. Cependant, leur capture et leur enlèvement ne sont pas seulement inhumains, ils sont aussi inefficaces et contre-productifs. Au lieu de réduire le nombre de singes, un tel retrait entraînera probablement une augmentation du taux de natalité de la population.

L’expansion des activités humaines et leur empiétement sans cesse croissants sur le monde sauvage conduisent tragiquement à des interactions négatives potentiellement évitables entre macaques et humains. Plutôt que ces animaux soient piégés et exportés pour la recherche ou tués, nous vous enjoignons de vous attaquer aux problèmes qui sont à l’origine de ces conflits, tels que la déforestation et l’évacuation des déchets alimentaires qui attirent les singes dans les villages.

Je vous implore de faire cesser les captures de singes sauvages et leur exportation vers des laboratoires à l’étranger.

Bien respectueusement,

Signature

On trouvera cette lettre au format document sur ce lien, et une information plus large de la part de One voice sur ce lien.

Il existe également une pétition en anglais destinée à la ministre indonésienne de l’environnement sur ce lien.

Ce n’est bien entendu qu’un aspect de la terrible condition animale, qui appelle à une prise de conscience alliée à des faits concrets, soit une morale intransigeante et une volonté de rupture avec l’horreur dominante. Et pas simplement, parce que c’est horrible, d’ailleurs, mais véritablement parce qu’il est naturel et positif de se tourner vers la Nature, vers la vie, de l’aimer et de la protéger !

Catégories
Écologie

« Entrepreneurs du vivant »: l’hypocrisie d’un référent « bien-être animal » dans tous les élevages

On accompagne l’ignominie, on la modernise.

L’avantage pour le capitalisme d’être en expansion, c’est qu’il peut proposer de nouveaux marchés qui « révolutionnent » les anciens, amenant des gens à tomber dans le panneau en pensant qu’ils peuvent influer la consommation. Ainsi, malgré que la consommation mondiale de viande augmente, certains pensent que comme la consommation de l’alimentation végétalienne augmente, alors les choses changent.

C’est là ne pas comprendre le capitalisme qui avance justement en rebondissant de part et d’autre, comme d’ailleurs tout phénomène au sens strict, de par les multiples aspects, les échos que se font les choses. On en a pour preuve en ce domaine très particulier que l’alimentation végétalienne tend de plus en plus à deux caractéristiques : être produite par des mastodontes de l’industrie utilisant les animaux d’une part, d’autre part consister en des « équivalents » directs des produits utilisant les animaux (sur le plan du goût, de l’apparence, de la texture, etc.).

C’est que le capitalisme sait qu’il doit empêcher une révolution culturelle des mentalités : il pose donc des limites à l’intérieur des changements, en fonction de sa propre substance. Et il place des garde-fous en laissant un espace sur le plan des idées aux conceptions réformistes ou utopistes. On a ainsi Aymeric Caron qui vient de se mettre à soutenir Jean-Luc Mélenchon, annonçant un partenariat très avancé sur plusieurs années de « Révolution écologique pour le vivant » avec La France Insoumise. C’est une capitulation morale et culturelle d’Aymeric Caron qui est dans le prolongement de son style animateur de télévision / lecteur-philosophe. Cela sert le système capitaliste.

On a également, comme depuis le tout début de cette année, désormais  un référent « bien-être animal » dans tous les élevages. C’est pareil que pour Aymeric Caron : il n’y a pas de contenu bien délimité, donc cela prétend aller dans le bon sens, alors que cela ne va nulle part, tout en donnant l’apparence d’un changement.

Qui seront d’ailleurs ces référents ? Les gens des élevages eux-mêmes ! Il ne s’agit pas du tout d’une décision s’appuyant sur la démocratie, avec par exemple des acteurs extérieurs, « neutres » pour autant qu’on puisse l’être. On a simplement des gens qui sont juge et parti. Le ministère de l’agriculture nous dit ainsi :

« A compter du 1er janvier 2022, tous les élevages d’animaux domestiques (animaux de rente, de compagnie, équidés) et d’animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivité devront désigner un référent en charge du bien-être animal.

Cette nouvelle obligation est assortie d’une obligation de formation pour les référents en élevage de porcs et de volailles. Les référents de ces filières devront s’engager dans un parcours de formations labellisées et prises en charge par les organismes Vivéa et OCAPIAT. Ces établissements veilleront à la qualité des contenus et des intervenants.

Les référents désignés au sein des élevages de porcs ou de volailles auront 6 mois à compter du 1er janvier 2022 pour entamer le parcours de formation, et disposeront de 18 mois pour l’achever. »

Voici la présentation que donne Vivéa d’elle-même et le rapport aux animaux est très clair ; l’expression d’entrepreneurs du vivant est peut-être même la chose la plus horrible de notre époque.

Fonds d’assurance formation des actifs non-salariés agricoles, habilité par arrêté ministériel le 30 novembre 2001. VIVEA accompagne les chefs d’entreprise agricole dans le développement de leurs compétences en finançant les formations professionnelles des entrepreneurs du vivant.

Du côté d’OCAPIAT, c’est la modernisation qui est mise en avant :

OCAPIAT a pour ambition de : 

– Soutenir la compétitivité des entreprises et de l’économie

– Accompagner l’effort de professionnalisation des salariés

– Développer des services de proximité dans les territoires

– Être vecteur d’efficacité au service des politiques de branches ou d’inter-branches en matière de formation professionnelle et d’alternance

Tout cela est pur condensé du capitalisme : utilisation de la vie dans une perspective de destruction pour asseoir la consommation assurant des profits, généralisation d’un état d’esprit et d’activités liés à un mode de vie permettant cette consommation.

Cela souligne le besoin de rupture subjective pour pouvoir s’extraire de tout cet appareil exerçant une gigantesque pression sur la vie quotidienne, dans tous les domaines, de manière ininterrompue. Le Socialisme est une affirmation de civilisation. Socialisme ou barbarie !

Catégories
Écologie

Décès de Giuseppe Belvedere, figure parisienne avec les pigeons

Mercredi 12 janvier 2022, Guiseppe Belvedere très connu dans le quartier de Beaubourg à Paris est décédé à 76 ans. Il nourrissait les pigeons du quartier depuis plus de dix ans et essayait de nourrir les plus jeunes et les malades dans sa camionnette.

Guiseppe était devenu une figure du quartier, à tel point que des sacs Leroy Merlin le présentent sur l’esplanade de Beaubourg, où il avait pour habitude de nourrir les pigeons.

Il avait commencé à s’en occuper dans son appartement dans des conditions délicates, ce qui lui avait valu de se faire expulser. Il s’est donc retrouvé à la rue et a continué son travail auprès des pigeons. Des personnes qui le soutenaient lui ont ensuite offert un camion pour y loger et s’en occuper.

Bien entendu, de nombreux commerçants et habitants le détestaient et il a fait face à de nombreuses agressions physiques durant toutes ces années à les nourrir. A l’inverse, il est devenu un symbole auprès de petits groupes de personnes tournées vers les animaux, parfois plus par misanthropie qu’autre chose il est vrai.

Et c’est là que les choses deviennent compliquées.

Si on peut saluer un dévouement qui a perduré des années et des années, malgré son expulsion, les agressions et les conditions de vie dans la rue… on ne peut rationnellement saluer la démarche en elle-même. Si la compassion envers des êtres innocents est juste, s’en servir comme façade pour sa misanthropie ne l’est pas.

Beaucoup trop de personnes l’ont érigé en symbole par misanthropie, sans se poser la question des oiseaux en eux-mêmes, ce qui n’est pas acceptable.

Il faut bien voir ici quel est l’impact concret pour la situation des oiseaux concernés : est-ce une bonne ou une mauvaise chose de les nourrir aussi massivement ? De les nourrir toujours aux mêmes emplacements ?

A ces deux questions, la réponse est non. Et malheureusement, trop peu de personnes se la posent lorsqu’il s’agit de Giuseppe.

Il n’est pas bon de nourrir des oiseaux au mêmes endroits tous les jours, parce que ceux-ci ne vont pas quitter un lieu où ils savent qu’ils pourront se nourrir. Ce qui implique que ce nourrissage doit avoir lieu… éternellement, sans quoi ils vont attendre et attendre et se retrouver dans un situation particulièrement dangereuse. D’ailleurs maintenant qu’il est parti, que va-t-il se passer ?

Ensuite, il n’est pas bon de nourrir des oiseaux massivement, surtout si c’est aux mêmes endroits, parce que cela va énerver tout le monde, cela va attirer l’attention sur eux. Ce qui augmente incroyablement les tentatives d’empoisonnement, les risques de se faire capturer par des entreprises privées à la demande des municipalités, etc. Sans même parler des voitures, ce qui dans le cas concret de Giuseppe était littéralement dramatique et meurtrière, les pigeons le suivant à tort et à travers, puisqu’ils le reconnaissaient et qu’il ne bougeait jamais du quartier.

Beaucoup répondront alors : doit-on baisser les bras et laisser faire ?

Nous leur répondrons que non. Le problème n’est pas d’intervenir, mais il s’agit bien de ne penser qu’aux animaux, leur intérêt et leur dignité. Ce qui implique de prendre un minimum de recul et de réagir collectivement. Et d’avoir une perspective.

Déguiser sa misanthropie derrière une compassion ne fait rien avancer, bien au contraire. Les animaux n’ont pas besoin de spécialistes de l’indignation Facebook mais de personnes qui leur viennent en aide.

Saluer la compassion qui animait en partie Guiseppe est une chose. Saluer toutes ses actions de manière unilatérale en est une autre : l’enfer est pavé de bonnes intentions, surtout en parlant d’une personne désocialisée, vivant de manière marginale et misanthrope.

D’un côté, il y a une compassion chez Giuseppe qu’on ne peut pas nier. De l’autre, son expression s’est retrouvée mêlée à des considérations et une vision du monde individualistes, à rebours de ce dont ont besoin les oiseaux. Avoir envie de les aider les pigeons est juste, le faire d’une manière qui à la fois les aide et les met en danger ne l’est pas.

Une chose se retourne ici en son contraire. Par manque de discernement, les animaux qu’on choisit d’aider en raison de sa sensibilité exacerbée… deviennent les otages d’une sensibilité devenant égocentrisme.

Cela souligne l’importance d’une vision du monde, d’un haut niveau de conscience de ce qui doit être : le Socialisme en général avec l’empathie et la compassion en particulier. Car le présent ressemble à un cauchemar sans fin, c’est à la Gauche de montrer l’issue, sur la base de ses valeurs historiques, pour aller à un avenir radieux pour tous les êtres vivants sur cette planète.

Catégories
Écologie

Chasse à courre: communiqués d’AVA Compiègne dénonçant la préfecture de l’Oise

La préfecture de l’Oise refuse de protéger les habitants ?

La chasse à courre, en plus de la question animale, pose un véritable problème démocratique. Une bande d’aristocrates ou grands bourgeois néo-aristocrates se balade où elle veut, dans les forêts et les villages, aux dépens des habitants mis en danger, ou en tous cas fortement perturbés, jusqu’à chez-eux. Cela est particulièrement vrai en Picardie, où historiquement en France s’est développé une opposition démocratique et populaire face à la chasse à courre et ses nuisances multiples.

Les « affaires » se sont succédé ces derniers temps, jusqu’à un épisode particulièrement dramatique où un équipage a tué au fusil un cerf en plein milieu des habitations, en toute illégalité bien sûr. On pouvait s’attendre à ce que l’équipage soit lourdement sanctionné et mis de côté, pour manquement grave à ses obligations de sécurité, mais tel n’est pas le cas. La Préfecture de l’Oise l’a simplement suspendu deux semaines… avant même d’avoir entendu les propositions des opposants du collectifs AVA représentant les habitants. C’est un déni évident de démocratie, de la part d’une petite caste protégée par un système manifestement à son service.

Voici deux communiqués d’AVA Compiègne, présentant et dénonçant la situation.

13 janvier 2022 :

« 🚨 TIRS EN AGGLOMERATION ! « LA FUTAIE DES AMIS » S’EN TIRE AVEC 15 JOURS DE SUSPENSION !‼

« En cas de nouvel incident de chasse à courre, nous nous réservons le droit de leur infliger plus », déclare la Préfecture de l’Oise dans son communiqué. 🇫🇷 📜

🙅‍♀️ C’est une terrible désillusion pour les tous habitants qui subissent les méfaits de l’équipage DEPUIS 60 ANS : invasions de domiciles, de villes, accidents de voiture, animaux domestiques attaqués, chiens errants, violences… 🙅‍♂️

🙉 🙈 Les autorités n’ont même pas fait semblant d’écouter l’ensemble des points de vue : leur décision tombe la veille de notre rendez-vous avec eux, pour lequel nous avions préparé des dossiers et des pistes pour améliorer la vie des habitants et des animaux.

📯 🏰 Cet épisode confirme que la chasse à courre bénéficie du bloc uni des notables locaux et des autorités à leur service, et que la société civile est totalement écartée des choix politiques. 👑

Encore une fois, c’est le loisir d’une poignée d’individus qui l’a emporté sur les besoins urgents de toute une population en terme de sécurité.

Seule la mobilisation populaire peut changer les choses, même en occupant l’espace laissé vacant par les autorités dont la cécité est complice.

Il faut mettre fin à la chasse à courre, cette pratique barbare au dessus des lois !

✊ 🏡 🕊  »

14 janvier 2022 :

📯 CHASSE À COURRE : La Préfecture reçoit les témoins clé de l’incident, mais après la décision rendue… par « courtoisie » ! 🙈🏰

🤝 Après avoir décidé du sort de la chasse à courre ce mercredi avec les chasseurs à courre eux-mêmes, la Préfète de l’Oise dépêche aujourd’hui son directeur de cabinet pour recevoir AVA dans le cadre d’une simple « visite de courtoisie », après la bataille.

💐🍫C’est donc logiquement que nous avons troqué nos dossiers pour des fleurs et des chocolats, étant donné le cadre de ce rendez-vous et le peu de considération qu’ont montré les autorités pour les faits documentés et l’avis de leurs citoyens.

🧐 Ce dernier épisode démontre l’intégration totale des veneurs et de leur monde dans l’appareil d’Etat.
Nous apprenons par exemple à cette occasion qu’il existait, depuis septembre, un protocole tenu secret entre la chasse à courre et la Préfecture. Nous avons demandé, entre autres, sa publication immédiate dans une démarche de transparence démocratique.
Les règles ne peuvent pas être rédigées par les fauteurs de trouble eux-mêmes, aussi puissants soient-ils !

🏡📣 AVA continuera de représenter la population qui subit la chasse à courre, quitte à remplacer petit à petit l’Etat là où il ne représente plus que les intérêts d’une minorité destructrice.
🙅‍♀️🙅🙅‍♂️ Nous allons en ce sens organiser des réunions publiques afin que les gens décident et s’organisent efficacement eux-mêmes.

Catégories
Écologie

L’Union européenne envisage de classer le nucléaire comme énergie « durable »

Le nucléaire peut bénéficier d’investissements « écologiques» selon la Commission européenne.

La fission nucléaire est une horreur totale sur le plan écologique en raison de sa dangerosité. La moindre faille, comme à Tchernobyl en 1986 ou Fukushima en 2011, et c’est un désastre pour l’environnement, les animaux et les êtres humains pendant des années et des années. Cela bien sûr sans compter sur la question des déchets produits par la fission nucléaire dans les réacteurs, qui doivent être enfouis sous terre dans des sarcophages pour des centaines d’années au moins.

C’est pour cela que les mouvements écologistes dans les années 1970 se sont fortement opposés à l’énergie nucléaire et la construction de centrales nucléaires. La question du nucléaire est d’ailleurs directement à l’origine de l’engagement écologiste de nombreuses personnes, tellement cela représente quelque chose d’horrible sur le plan environnemental, mais aussi moral.

En Allemagne, le mouvement écologiste anti-nucléaire a été historiquement très fort, ce qui fait que le capitalisme allemand n’a jamais fondamentalement misé sur cette technologie, puis a finalement reculé sur la question après la catastrophe de Fukushima. D’ici à la fin de cette année 2022, il ne doit plus y avoir de centrale nucléaire en activité dans le pays. Trois réacteurs ont été débranchés le 31 décembre 2021, et il n’en reste plus que trois en activité dont le débranchement est prévu dans l’année.

Tel n’est pas le cas en France, pays d’« ingénieurs » s’imaginant au-dessus de la nature, où le nucléaire est massif et représente 70 % de la production d’électricité. Il y a 18 centrales totalisant 56 réacteurs nucléaires, pour une production de 379,5 térawatt-heure, ce qui rend le pays totalement dépendant à cette énergie.

De surcroît, l’objectif de la France (avec le gouvernement actuel, mais aussi pour la plupart des candidats à la présidentielle 2022) est justement de s’appuyer sur cette énergie nucléaire dans le cadre de la limitation des émissions de gaz à effet de serre, particulièrement de CO2. Il se pose toutefois un problème pour la France, qui est que le nucléaire n’est pas officiellement une énergie « verte », et que donc les investissements considérés comme « durables », « écologiques », « verts », ne peuvent pas être dirigés vers le financement du nucléaire.

Voilà pourquoi la Commission européenne, organe anti-démocratique par excellence, a dévoilé le 31 décembre 2021 un projet de labellisation « verte » pour le nucléaire, afin de classer les investissements dans les centrales nucléaires comme « durables ». Le texte affirme ainsi qu’il est « nécessaire de reconnaître que les secteurs du gaz naturel et l’énergie nucléaire peuvent contribuer à décarboniser [SIC] l’économie de l’Union européenne », avec comme objectif de diriger les investissements « durables » vers de nouvelles centrales nucléaires.

Le nucléaire est donc amené à se développer dans les vingts prochaines années, et cela au nom de la lutte contre le réchauffement climatique… C’est un véritable désastre, mais quasiment personne n’en parle, alors que les « députés » européens sont censés en débattre et voter ce texte d’ici à la mi-janvier.

L’Allemagne, avec sa coalition politique « tricolore » où les « Verts » ont une place importante, critique forcément cette option, crédibilité oblige. Le vice-chancelier Robert Habeck accuse la Commission européenne de « greenwashing, en prétendant appliquer une politique verte, pour couvrir en réalité des pratiques destructrices pour l’environnement ». C’est également la position de l’Autriche, où le nucléaire est constitutionnellement banni. Mais cela ne fera pas le poids en raison de la force de la France sur cette question, accompagnée d’autres pays telles la Pologne ou la République Tchèque.

La question du nucléaire est d’ailleurs symptomatique de l’état de décomposition sociale et culturelle des forces vives du pays en France, particulièrement de la classe ouvrière. Car le PCF et la CGT ont été dans la seconde partie du XXe siècle d’ardents accompagnateurs et défenseurs de l’industrie nucléaire. En fait, en France personne n’en a rien à faire, malgré que la consommation électrique de chaque habitant, selon les chiffres d’EDF, produit près de 2 kg de déchets radioactifs par an… On imagine que les Français prêteraient plus d’attention à la question si ces déchets devaient être enfouis dans leur propre jardin, eux qui sont si attachés à leur rêve pavillonnaire petit-bourgeois et leur vie bien tranquille.

En attendant, l’Union européenne s’apprête à favoriser un choix déterminant pour les prochaines décennies, alors que le nucléaire est déjà ultra-dominant et qu’il sera très difficile d’en sortir.

C’est tellement un désastre que la Commission européenne se moque ouvertement du monde dans son texte avec de prétendus gardes-fous écologiques. Il est expliqué qu’une centrale nucléaire ne sera considérée comme « verte » uniquement si elle dispose « d’un plan, de fonds et d’un site pour éliminer en toute sécurité les déchets radioactifs ». Quelle blague, comme si des centrales nucléaires étaient construites sans prétendre à « régler » la question des déchets. C’est là une totale langue de bois.

Jamais une Gauche authentique, viscéralement attaché aux intérêts fondamentaux du peuple et consciente de la Nature, n’aurait pu laisser faire en France une telle hégémonie du nucléaire. Il est grand temps de faire le ménage pour laisser place à une nouvelle génération de gauche, à la vraie Gauche, celle s’appuyant sur ses valeurs historiques, qui se donnera pour mission essentielle de démanteler cet immonde appareil techno-industriel du capitalisme triomphant qu’est l’industrie nucléaire.