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Emmanuel Macron tente désespérément de sauver le régime

Le pari perdant d’Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée nationale contre toute attente en juin 2024 se retourne contre lui. Il a tout cassé, mais rien construit. Déjà que la France était en crise, très instable politiquement et économiquement, voilà que les contradictions sont maintenant sur la table, exposées à la lumière, sans aucune ouverture.

Impossible de ne pas voir une crise de régime dans une telle situation. Emmanuel Macron le voit très bien, forcément, mais il tente de maintenir la fiction en surjouant son rôle de Président de la République pour « garantir la plus grande stabilité institutionnelle possible ».

Au moyen d’une lettre aux Français, il s’imagine pouvoir rejeter la faute sur les autres en intimant à toutes les formations politiques hostiles au Rassemblement national de Marine Le Pen et Jordan Bardella de former une coalition de gouvernement. C’est en fait impossible, personne ne s’imaginant comment des gens allant du PCF aux Républicains en passant par le Modem pourraient se mettre d’accord pour voter le budget, le vote le plus important chaque année, qui détermine de fait tout le reste.

La lettre aux Français d’Emmanuel Macron est d’autant plus typique d’une situation de crise qu’elle renforce elle-même la crise qu’elle prétend surmonter. En effet, le cœur du propos du Président de la République est de prétendre que la dynamique politique française consisterait en le rejet du Rassemblement national.

C’est faux : seul le bricolage par en haut et anti-populaire des forces politiques en place a permis d’empêcher la réalité politique française de s’exprimer (le Rassemblement national est également en grande partie responsable de ses échecs, mais c’est un aspect secondaire). En racontant ce qu’il écrit dans sa lettre, il ne fait qu’ajouter de la rancœur à la rancœur et jeter de l’huile sur le feu.

Voici cette lettre, qui est sinon historique, en tous cas marquante de l’instabilité explosive de la France à l’été 2024.

« Lettre du Président Emmanuel Macron aux Français

Chères Françaises, chers Français,

Les 30 juin et 7 juillet derniers, vous vous êtes rendus aux urnes en nombre pour choisir vos députés. Je salue cette mobilisation, signe de la vitalité de notre République dont nous pouvons, me semble-t-il, tirer quelques conclusions.

D’abord, il existe dans le pays un besoin d’expression démocratique. Ensuite, si l’extrême-droite est arrivée en tête au premier tour avec près de 11 millions de voix, vous avez clairement refusé qu’elle accède au Gouvernement. Enfin, personne ne l’a emporté. Aucune force politique n’obtient seule une majorité suffisante et les blocs ou coalitions qui ressortent de ces élections sont tous minoritaires. Divisées au premier tour, unies par les désistements réciproques au second, élues grâce aux voix des électeurs de leurs anciens adversaires, seules les forces républicaines représentent une majorité absolue. La nature de ces élections, marquées par une demande claire de changement et de partage du pouvoir, les oblige à bâtir un large rassemblement.

Président de la République, je suis à la fois protecteur de l’intérêt supérieur de la Nation et garant des institutions et du respect de votre choix. 

C’est à ce titre que je demande à l’ensemble des forces politiques se reconnaissant dans les institutions républicaines, l’Etat de droit, le parlementarisme, une orientation européenne et la défense de l’indépendance française, d’engager un dialogue sincère et loyal pour bâtir une majorité solide, nécessairement plurielle, pour le pays. Les idées et les programmes avant les postes et les personnalités : ce rassemblement devra se construire autour de quelques grands principes pour le pays, de valeurs républicaines claires et partagées, d’un projet pragmatique et lisible et prendre en compte les préoccupations que vous avez exprimées au moment des élections. Elle devra garantir la plus grande stabilité institutionnelle possible. Elle rassemblera des femmes et des hommes qui, dans la tradition de la Vème République, placent leur pays au-dessus de leur parti, la Nation au-dessus de leur ambition. Ce que les Français ont choisi par les urnes – le front républicain, les forces politiques doivent le concrétiser par leurs actes. 

C’est à la lumière de ces principes que je déciderai de la nomination du Premier ministre. Cela suppose de laisser un peu de temps aux forces politiques pour bâtir ces compromis avec sérénité et respect de chacun. D’ici là, le Gouvernement actuel continuera d’exercer ses responsabilités puis sera en charge des affaires courantes comme le veut la tradition républicaine.

Plaçons notre espérance dans la capacité de nos responsables politiques à faire preuve de sens de la concorde et de l’apaisement dans votre intérêt et dans celui du pays. Notre pays doit pouvoir faire vivre, comme le font tant de nos voisins européens, cet esprit de dépassement que j’ai toujours appelé de mes vœux.

Votre vote impose à tous d’être à la hauteur du moment. De travailler ensemble.

Dimanche dernier, vous avez appelé à l’invention d’une nouvelle culture politique française. Pour vous, j’y veillerai. En votre nom, j’en serai le garant.  

En confiance.

Emmanuel Macron »

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Une France bloquée, vers la crise de régime

Les élections législatives anticipées de juin et juillet 2024 ont été la conséquence de la vague Rassemblement national aux élections européennes de juin 2024, mais plus encore elles sont le produit de la crise ouverte en 2022, lors de la réélection d’Emmanuel Macron.

Il n’avait alors qu’une faible majorité parlementaire et celle-ci s’est ébranlée au fil du temps, avec notamment l’utilisation très controversée de l’article 49.3 de la Constitution pour forcer la main aux députés. Tout cela est le reflet d’une France malade, prise dans le tourbillon de la crise du capitalisme à l’échelle mondiale commencée en 2020.

Ce qui s’est passé électoralement en juin et juillet 2024 est de ce point de vue très simple à voir. L’aspect principal est que la France est devenue entièrement soumise à la superpuissance américaine, elle n’est pour ainsi dire plus qu’un satellite américain en Europe, comme le montre son soutien acharné à la guerre contre la Russie.

Les forces politiques en présence sont donc toutes les mêmes dans leur fondement : les nuances ne suffisent pas à produire une vague politique et donc une majorité pour gouverner. Mais il y a en même temps de trop fortes traditions politiques, qui font qu’un consensus à l’américaine, bi-partidaire et par en haut, est devenu pratiquement impossible. C’est donc une période de grande instabilité qui s’ouvre maintenant.

Regardons les choses un peu en détail.

La première, c’est que le camp présidentiel a été largement défait lors de l’élection, avec à chaque fois au premier et au second tour, environ 6,5 millions de voix.

Cela n’a permis que d’obtenir 150 sièges, dont 2 dès le premier tour. Ce n’est pas négligeable, mais, même avec des alliances de proximité, il est impossible de gouverner le pays car c’est bien trop loin de la majorité absolue de 289 sièges.

Le produit commercial « Emmanuel Macron » est donc périmé, il ne suffit plus à maintenir le régime en France. Il lui reste trois ans de mandat, et il ne pourra pas dissoudre l’Assemblée nationale avant un an. C’est là un premier blocage.

Ensuite, la force juste au dessus (et qui prend la première place) est la coalition électorale faite entre la fausse Gauche et les populistes de la France insoumise, qui récolte 7 millions de voix au second tour, contre 9 millions au premier tour.

Le fait qu’il y ait moins de voix aux second tour s’explique par le fait que beaucoup de députés ont été élus dès le premier tour, les voix en leur faveur n’ont donc pas eu à s’exprimer à nouveau.

Cette engouement électoral permet d’envoyer 178 députés à l’Assemblée nationale. C’est, en apparence, une victoire, car il s’agit du plus grand nombre de députés. Toutefois, c’est très loin d’une majorité pour gouverner, et surtout c’est en réalité un assemblage très bancal, pour ne pas dire un bricolage.

Dans les faits, il n’y aura pas nécessairement un seul groupe de députés et il y a des divergences énormes de ligne politique, ainsi qu’en réalité aucune structuration décisionnaire. Toutefois, c’est là un épiphénomène propre à la décadence du pays.

La troisième chose qu’il faut voir est en fait la plus importante. C’est l’incapacité du Rassemblement national à arriver à la tête du pays, malgré son hégémonie politique. C’est là un facteur de blocage essentiel pour la France.

Le Rassemblement national (en alliance avec Eric Ciotti de la Droite classique) a récolté 10 millions de voix au second tour (et un peu plus au premier tour). Il obtient pratiquement 40 députés dès le premier tour et les autres candidats font en général des scores très élevés.

Au premier tour, cela donne un peu moins de 34 % des suffrages exprimés, et au second tour c’est 37 % des suffrages exprimés. C’est énorme, largement de quoi obtenir naturellement une majorité et un gouvernement. Cela d’autant plus qu’il y a une hégémonie sur les thèmes qui sont mis en avant dans le débat public français : refus de l’immigration, inquiétude quand à l’insécurité, apathie culturelle, volonté de figer le capitalisme tel qu’il était au 20e siècle.

Seulement, le Rassemblement national se heurte à une France faible et fragile, incapable d’avoir un Jordan Bardella comme Premier ministre. Celui-ci est pourtant très consensuel et particulièrement peu radical, si on le compare aux différents leaders populistes à travers le monde. Ni dans ses propos, ni dans son attitude, il ne sort du cadre et il paraîtrait comme un modéré si on le mettait à côté de n’importe quelle figure de la Droite française des années 1980.

Mais c’est encore de trop pour une France devenue insignifiante. La petite bourgeoisie hystérique des centre-villes et des cités de banlieue a pu largement s’exprimer et inventer une menace « fasciste » et « raciste » pour exister et empêcher le Rassemblement National. Cela a été suivi par la bourgeoisie moderniste française, elle aussi des grandes villes, qui a espéré profiter de la situation pour se maintenir.

Dans ces conditions, le Rassemblement national et ses alliés n’a pu obtenir que 143 sièges : ce n’est même pas la moitié de ce qu’il lui faudrait pour gouverner ! Le décalage avec la situation politique réelle est donc gigantesque.

Et il faut bien noter cet aspect. Formellement, la France est entrée au cœur de la crise politique ouverte en réalité dès 2022 avec la faible majorité obtenue par Emmanuel Macron : la crise s’exprimant effectivement avec deux ans de retard, ont peut donc s’attendre à une énergie cinétique immense, notamment en termes de rancœurs accumulées.

Car il ne faut pas s’y tromper : la défaite politique du Rassemblement national, pour ne pas dire son échec, est une défaite populaire, et par bien des aspects, prolétarienne. Non pas que le parti de Marine Le Pen soit celui du prolétariat, seule la Gauche authentique peut le représenter et le Rassemblement national n’a rien de Gauche, n’étant qu’une forme moderne de Droite sociale et populiste. Mais il est évident que le prolétariat en France, faible, isolé, marginalisé culturellement et politiquement pendant des décennies, n’a pas pour l’instant pu trouver mieux que Jordan Bardella pour s’exprimer.

Et quand il l’a fait, il s’est pris une gifle monumentale, avec une absence de gouvernement malgré la dynamique politique et le nombre très important de suffrages. Jordan Bardella n’a pas pu faire la différence, car il est coincé par la situation elle-même : d’un côté il ne sort pas du cadre du capitalisme et de la soumission à la superpuissance américaine, donc il ne peut pas soulever de réelle vague populaire, d’un autre il assume beaucoup trop de choses, notamment des exigences d’ordre et de sécurité, pour que la France molle et décadente de 2024 soit capable de le mettre à sa tête.

Et ce qu’il se passe, c’est que personne n’est maintenant capable de gouverner. La seule option possible est une coalition de gouvernement, comme cela existe dans de nombreux pays. Mais c’est impossible en France, où il n’y a ni la rigueur, ni la discipline politique pour que cela fonctionne.

D’autant plus dans une situation de crise (économique notamment, avec une crise de la dette qui ne demande qu’à exploser à la figure du pays) et avec l’engagement militaire du pays contre la Russie.

Voici une projection faite par le Figaro, qui reste le grand journal le plus sérieux en France (ou disons, le moins décadent), avec une connaissance fine de la politique nationale. Cinq scénarios de coalitions sont envisagés, avec seulement un scénario comportant une réelle majorité.

On comprend tout de suite que cela est intenable. La France est en crise, au-delà de l’instabilité, c’est carrément une crise de régime qui se profile.

L’Histoire avance malgré les Français. Préparons-nous pour qu’elle avance avec eux, par la lutte de classes, pour le Socialisme!

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François Ruffin réélu à la façon d’un notable républicain

Il y a des situations qui en disent long sur l’état d’instabilité générale de la France. Celle de la 1ère circonscription de la Somme fait partie de celles-là.

Il y a une analyse à faire sur le retournement de la situation suivante : battu au premier tour par la candidate RN, alors arrivée en tête avec une avance de 3 500 voix pour, le député sortant ex-LFI François Ruffin parvient finalement à se faire réélire grâce au désistement de la candidate de l’ex-majorité présidentielle, Albane Branlant, entre les deux tours.

S’il y a une chose ancrée et non pas le résultat d’une conjoncture électorale (« la tambouille » dont il est souvent parlé) c’est celle de la dynamique populaire en faveur du Rassemblement National : aux précédentes élections législatives de juin 2022 François Ruffin était arrivé en tête du 1er tour avec 15 081 voix contre 8 495 suffrages pour la candidate RN.

Et là où les choses sont frappantes, c’est que la dynamique du 1er tour de la candidate du RN a clairement été dans ce qui constitue la cible de François Ruffin, à savoir les petits bourgs de sa circonscription.

Par-exemple à Vignacourt, un village de 2 372 habitants, François Ruffin gagnait 3 voix entre le 1er tour des législatives de juin 2022 et celui des élections de 2024 quand Nathalie Ribeiro-Billet du RN en gagne 392. À Longueau, petite ville de 5 491 habitants, François Ruffin progressait de 92 voix contre 620 pour la candidate RN. Si à Amiens, préfecture de la Somme avec plus de 100 000 habitants, il progressait plus que la candidate RN, dès que l’on revient à une plus petite ville comme Abbeville, c’est la candidate RN qui engrangeait 2 555 voix contre 276 pour François Ruffin.

Bref se confirmait ici la tendance repérée dans tous les pays au 1er tour des élections législatives 2024 avec un RN puisant sa dynamique dans le cœur des petites et moyennes villes tout autant que dans les zones rurales, ces espaces où vit majoritairement le prolétariat du pays.

Maintenant si l’on regarde les reports de voix entre le 1er et le 2e tour, il est clair que François Ruffin est élu grâce aux voix de l’électorat centriste, celui des réseaux de notables alors que l’électorat populaire favorable au RN n’est pas parvenu à s’élargir.

Ainsi, à Amiens, pour un nombre similaire de votants (59%), François Ruffin gagne 2 031 voix entre le 1er et le second tour, alors même que la candidate Renaissance Albane Barlant avait obtenu 2 265 voix et qu’il n’y avait eu comme autres candidats qu’un représentant de Lutte Ouvrière avec 200 voix et un de « Divers Centre » ayant obtenu 56 voix. À l’inverse, la candidate du RN progresse d’à peine plus de 400 voix entre les deux tours…

Si l’on prend Abbeville, avec la même configuration générale, qui avait donc vu une nette poussée de la candidate RN, elle n’engrange qu’un peu plus de 600 voix quand François Ruffin en gagne pratiquement 2 000, issues clairement de l’électorat centriste qui avait rassemblée 2 555 voix au 1er tour.

Avec sa réélection, François Ruffin opère une fin de course après avoir longtemps oscillé entre la tentative de reléguer à l’arrière-plan les thèmes de la fausse gauche postmoderne en parlant de « gauche du travail » et la volonté de se normaliser pour être un point de consensus entre le centre-gauche et la France insoumise. Dans cette optique, il accordait en juin 2022 un entretien dans la revue d’orientation national-catholique Limite sur la critique du « Progrès » et, dans le même temps, déclarait en novembre 2023 être un « social-démocrate » dans les colonnes du journal de la bourgeoisie modernisatrice Le Nouvel Obs…

Ce va-et-vient devenu de plus en plus prégnant à la suite des élections législatives de 2022 avait été remarqué par la revue fasciste « Éléments pour la civilisation européenne » dont le directeur de rédaction, après avoir été invité à la fête de l’Humanité pour participer à un débat en présence de François Ruffin, publiait un numéro spécial sur le thème des « Nouvelles insurrections ». Le but était clairement de participer à son basculement dans le « camp national ».

Pour les franges nationalistes-révolutionnaires, François Ruffin pouvait apparaître comme un potentiel tribun à la Jacques Doriot. Il pouvait jouer un rôle dans la capacité à faire dévier une partie des bases populaires d’un retour vers la Gauche historique et la lutte des classes, lui qui se montre à la fois si mielleux avec les travailleurs et si terrifié par la « fracture du pays », si ouvert au nationalisme dans certaines de ses variantes.

Grâce aux précieux travaux de Zeev Sternhell, on sait que son rejet ou son bricolage (ce qui revient au même) du marxisme au profit d’un protectionnisme national-social ne pouvait l’amener que dans deux directions : ou bien un repositionnement vers le centre-gauche en se rapprochant des notables pour mieux être une figure traditionnelle de type républicaine-sociale, ou bien se heurtant à l’aigreur populaire il proposerait une synthèse « ni droite, ni gauche », c’est-à-dire fasciste.

Le rapport dialectique entre une dynamique populaire du RN bloquée entre le 1er et le 2e tour et l’élargissement au centre de la dynamique de François Ruffin montre que ce dernier a été englouti par la République et ses notables. En ayant refusé le marxisme et la lutte des classes, il finit ici son recentrage en devenant une figure banale de la notabilité républicaine qui, historiquement, est au cœur du barrage anti-prolétarien depuis la IIIe République.

Cela suffit de démontrer le changement profond qui se passe en France à travers ces élections législatives anticipées et la fracture consommée entre une partie du peuple et les réseaux institutionnels, y compris locaux.

La bourgeoisie a si l’on veut su prendre conscience d’elle-même en voyant à travers la poussée du RN, la poussée du prolétaire, et lui opposer un front anti-populaire. À l’inverse, le prolétaire qui a placé son espoir dans le vote RN se prend le retour de bâton en pleine face du fait de ne pas assumer clairement une conscience de classe.

Mais tout cela est une très bonne chose ! Car dans le tumulte on voit déjà naître les recompositions sociales, classe contre classe !

C’est une perspective renouvelée pour que la Gauche historique, celle qui assume la fracture sociale pour bâtir un ordre nouveau, se fraye un chemin ! D’autant plus que l’option national-socialiste se retrouve au point mort et va devoir faire un effort de reconstruction alors que l’Histoire qui a commencé sa grande œuvre ne lui laisse précisément plus tout son temps.

La lutte des classes qui va en ressortir, avec toute sa violence, va tout balayer dans une grande tempête rédemptrice ! Agauche.org répond présent !

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Législatives 2024: pas de majorité, reste l’esprit punitif prolétarien

Il faut parler peu et bien. Les élections législatives de 2024 ont été d’une incroyable complexité et, au-delà des apparences avec trois blocs de taille égale et sans majorité absolue, elles forment un détour.

Quel détour ? Celui d’une colère prolétarienne, d’un esprit de vengeance, d’une démarche punitive. L’engouement pour le Rassemblement national s’est enlisé, il s’est bien effacé. La pression contre le mouvement de fond populaire a été trop puissante.

En raison de l’antifascisme ? Cela a joué, mais cela a été surtout une mise au pas. Toutes les institutions se sont levées comme un seul homme, de la Droite au PCF, contre un peuple qui aurait dû rester dans son coin, à l’écart, et se taire devant la population « avancée » des grandes villes.

Pour preuve, y a-t-il une discussion avec les gens ayant voté pour l’extrême-Droite ? Non, et surtout pas ! Ce qui a compté, c’est l’isolement. En apparence, l’isolement des idées d’extrême-Droite, en réalité aussi voire surtout, l’isolement du mécontentement populaire.

Sur ce plan, les journalistes ne se sont pas cachés d’exprimer leur contentement au vu des résultats, leur joie d’une humiliation de plus pour le « peuple d’en bas » qui a osé protester.

C’est là où cela nous arrange, car la voie de garage qu’est le Rassemblement national est apparue relativement clairement. Alors que l’esprit de punition, lui reste. Oui, les comptes veulent être réglés.

Les masses ne veulent pas du style de vie décadent des centre-villes. Elles ne veulent pas de l’art contemporain. Elles ne veulent pas du turbocapitalisme et des migrants désespérés utilisés pour l’alimenter. Elles ne veulent pas de l’idéologie LGBT qui est le summum de l’individualisme.

Les masses veulent l’ordre, elles veulent l’Etat de droit. Elles exigent que soient écrasés ceux qui donnent des ordres et détruisent leur vie : les bourgeois, les mafias (de plus en plus puissantes), l’Etat au service des puissants.

Toute cette histoire n’est donc pas terminée, bien au contraire, elle commence, même. L’esprit tranquille de la France capitaliste s’imagine avoir réussi le plus dur en mettant de côté le Rassemblement national.

En réalité, c’est maintenant que les luttes de classe vont vraiment commencer. L’étoile rouge va recommencer à briller, la dureté prolétarienne va se reprendre forme.

Surtout qu’une chose impensable arrive à l’Etat français. Il est fondé sur l’engouement autour d’un programme modernisateur, dispensé par un chef ayant acquis la légitimité d’un roi temporaire.

Or, les législatives de 2024 n’ont abouti qu’à une absence de majorité, et donc une instabilité institutionnelle.

Pas de majorité + absence d’engouement = impossibilité de mener des projets d’envergure. Pour une grande puissance en perte de vitesse, c’est inacceptable. La grande bourgeoisie va hurler, surtout alors que la France a pris la tête de la coalition européenne contre la Russie.

Tout va donc se tendre. Et l’espoir ne vient pas d’un « nouveau Front populaire » exprimant les intérêts des fonctionnaires et de la petite-bourgeoisie des grandes villes.

On est en effet rentré dans le dur. La contradiction villes – campagnes, la contradiction travail manuel – travail intellectuel… ont atteint leur point de non-retour.

L’espoir vient ainsi des couches populaires, qui forcément se sentent bernées par le second tour des législatives.

Elles ont encore été réduites au silence… Alors qu’elles ne faisaient que protester, qu’elles ne voulaient même pas renverser la table.

C’est une leçon amère pour les invisibilisés de la mondialisation capitaliste.

Mais de la froideur de la découverte de sa propre situation de prolétaire vient le brasier de la révolution, qui emporte tout dans son incendie.

Un nouvel ordre est la nécessité de l’époque en France!

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Et maintenant, l’âpreté de la lutte des classes

Le grand souci pour les Français, c’est qu’ils s’imaginent que la lutte des classes est une fête. Les étudiants pensent que cela ressemblerait à mai 1968, à un grand bazar joyeux, festif. Les syndicalistes s’imaginent que cela serait un piquet de grève, avec un barbecue et des bières.

Même l’idée hypothétique d’une révolution est rêvée comme une vaste manifestation où, en face, tout s’efface de lui-même. Il n’y a pas du tout la compréhension du caractère prolongé, opiniâtre, âpre de la lutte des classes.

La lutte de classes, c’est du salé, pas du sucré. La lutte des classes, c’est les larmes qu’on verse, et le sang pareillement. Et il est hors de question de confier, déléguer ses responsabilités à d’autres. La lutte des classes englobe tout le monde, sans exception.

Et pour que tout le monde se mette en jeu personnellement, il faut bien que cela soit contre leur gré, que cela soit l’Histoire qui les force…

Naturellement, plus on a une conscience élevée sur le plan idéologique et culturel, plus on comprend le sens de l’Histoire, on n’est pas surpris, on n’est pas dépassé. Mais pour cela il faut étudier. Rien que l’étude du Capital de Marx, naturellement incontournable, nécessite des efforts, beaucoup d’efforts.

D’où l’âpreté, âpreté morale, intellectuelle, physique, culturelle de la bataille qu’est la lutte des classes. Si l’on préfère, c’est une lutte à mort, entre deux classes, avec tout qui est en jeu. Pour la bourgeoisie, c’est sa survie en tant que classe qui est en jeu, pour le prolétariat, c’est son effacement tant souhaité en tant que classe exploitée.

La séquence de juin-juillet 2024 est un rappel à l’ordre sur ce plan, mais pas seulement. C’est aussi une matérialisation d’une contradiction fondamentale, celle entre prolétariat et bourgeoisie. On devine les détours, les contorsions historiques provoquées par la corruption de la société française par le capitalisme développé.

Mais les faits sont les faits, les faits sont têtus comme le disait Marx. Et en l’absence de gens au niveau, les faits s’expriment d’eux-mêmes, utilisant les uns et les autres selon les nécessités.

Il est évident déjà pour tout le monde que la société française a profondément changé avec la séquence, qu’elle ne pourra plus être la même, qu’on va vers une situation nouvelle.

C’est le mouvement de l’Histoire. L’arbre préfère le calme, mais le vent continue de souffler. Le Socialisme est produit par le capitalisme, de manière immanquable, et il est en train de revenir sur la scène, péniblement. La lutte des classes ressurgit, déformée, affaiblie, incohérente, cependant grandissante et sûre d’elle-même.

Il faut se préparer aux grandes choses !

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Le désastre de Fabien Roussel et du PRCF aux législatives de 2024

Depuis l’annonce des résultats du premier tour des élections législatives 2024, Fabien Roussel n’est plus député. Le secrétaire général du PCF occupait ce siège depuis 2017. Mais le candidat du RN l’a emporté avec 50,30% des suffrages exprimés, tournant une page de l’histoire politique.

Fabien Roussel a chuté à Saint-Amand-les-Eaux, dans le vieux bassin industriel du Nord. La classe ouvrière y est omniprésente, élisant jusque-là, depuis le début du siècle dernier et sans discontinuer, des candidats de gauche.

Et à en croire les bobos des villes, c’en serait fini de la classe ouvrière. Classe dangereuse, elle aurait perdu la raison et serait vendue aux fascistes.

En réalité, Roussel est le dirigeant d’un parti politique à prétention sociale agissant dans le cadre des institutions. Et pour défendre ses intérêts, l’électeur des classes populaires de sa circonscription aura préféré l’assurance tranchante de la droite populiste à la bonhomie “syndicalisante” de la gauche populiste.

En guise d’exemple du style de pantomime présenté par le PCF aux classes populaires, citons le rassemblement qui a eu lieu à Lens, le 6 octobre 2023. Les maires de la circonscription, accompagnés des parlementaires communistes du Pas-de-Calais, s’étaient donné rendez-vous devant la sous-préfecture un vendredi à 18h, pour déposer une pétition demandant la hausse des salaires et des retraites.

Ce rassemblement faisait suite à une campagne de pétition lancée à l’appel de Fabien Roussel. Un peu plus de 10 000 signatures avaient été recueillies durant l’été, “sur le terrain”, c’est-à-dire en réalité sur les marchés, devant les supermarchés, ou directement chez les habitants de sa circonscription.

10 000 signatures sur un bassin de vie de 250 000 habitants, ce nombre dérisoire montrait alors le manque d’ancrage dans le réel de cette farce de lutte des classes. 10 000, c’est deux fois moins que le nombre de suffrages obtenus par le candidat de la droite populiste dans la circonscription de Saint-Amand-les-Eaux, qui ne compte que 80 000 inscrits.

A Saint-Amand-les-Eaux justement, le PCF disparaît donc du paysage. Reste l’essentiel : la classe ouvrière. Lors du premier tour des législatives anticipées de 2024, elle s’est livrée à une droite aigre par défiance d’elle-même. Elle agit encore par procuration, mais… la tension monte. Elle ne tardera pas à trouver en elle-même les ressources nécessaires pour provoquer le changement qu’elle attend.

Pour cela, la classe ouvrière doit accepter son vrai visage. Il n’est ni celui des beaufs de la gauche populiste, ni celui des arrivistes de la droite populiste.

De manière contradictoire, ce visage, c’est peut-être André Stil, journaliste et écrivain né à Hergnies près de Saint-Amand-les-Eaux et promoteur de la révision du communisme par le PCF, qui en parlait le mieux. Dans son livre autobiographique « l’optimisme librement consenti » paru en 1979, il décrit un type d’Homme dont il craignait la rigueur de l’engagement.

“La politique est nécessaire, c’est un mal nécessaire. Dans le monde d’aujourd’hui, une bonne politique est ce qu’on peut faire de mieux pour les hommes. Mais la politique est dure, souvent inhumaine.

Et le plus douloureux n’est pas toujours les coups à prendre ; il y a aussi les contrecoups de ceux qu’on donne. La plus humaine des politiques est parfois inhumaine.

Des hommes tout dévoués au bonheur de l’humanité peuvent, dans ce dévouement même, croire nécessaire de prendre un visage de bois.”

A Saint-Amand-les-Eaux et partout où la gauche de pantalonnade leur cède la place, les visages grimaçants de la droite populiste n’occuperont pas la scène bien longtemps. Et l’échec de Fabien Roussel, qui s’est cru populaire en maniant les éloges de la viande et de la voiture, fait partie de ce parcours-détour.

Dans le même registre, il y a d’ailleurs le désastre du PRCF. Le Pôle de Renaissance Communiste en France est issue de l’aile gauche du PCF, celle qui a la nostalgie du PCF des années 1980, de l’URSS des années 1980.

Le PRCF a choisi de présenter trois candidats pour ces législatives, après une campagne de boycott des élections européennes. C’était un vrai test, car le PRCF tente de se poser comme centre d’un nouveau Parti Communiste, différent de celui de Fabien Roussel, devant revenir sur le devant de la scène historique en France.

Le choix des circonscriptions a été prudent. Les candidats se sont présentés dans des endroits pour ne pas risquer de favoriser le Rassemblement National, des circonscriptions donc acquises à la gauche, où par ailleurs, il existait d’autres candidatures témoins d’extrême-gauche.

Seulement, voilà, au total il a été recueilli 541 voix par les trois candidats. Pour obtenir cela, autant ne rien faire. Quel intérêt que de se faire humilier et rappelé à son insignifiance politique? L’impact de la « gauche programmatique », dont fait partie le PRCF (comme Lutte Ouvrière ou le Parti Matérialiste Dialectique) est réel sur le plan des idées et de la culture, mais cela ne va pas au-delà et cela ne saurait se concrétiser en termes électoraux dans la France actuelle.

Ou alors c’est de la démesure et il y avait vraiment l’espoir de parvenir à quelque chose, ce qui serait une énorme erreur. Le PRCF propose en effet une « Alternative Rouge et Tricolore ». Et le terrain de ce mélange « national » et « social » est déjà occupé par le Rassemblement national de Marine Le Pen et Jordan Bardella.

Le PRCF peut bien dire que le RN est démagogue et mystificateur, que ses valeurs n’ont rien à voir, dans la pratique les gens ne comprennent rien à ce qui leur apparaît comme des nuances sans importance.

Les gens voient Fabien Roussel défendre le bleu-blanc-rouge, la viande et la voiture, ils voient le PRCF tout fonder sur la patrie… Qu’à cela ne tienne, il y a déjà Marine Le Pen et Jordan Bardella.

Il aurait fallu porter une différence, mais Fabien Roussel et le PRCF s’imaginent que la France est encore en 1960, qu’il n’y a pas de société de consommation, que les gens sont réellement pauvres voire misérables, etc. Ce manque de réalisme est fatal.

Dans le détail pour les résultats du PRCF, on a 131 voix pour Gilliatt De Staërck, dans la sixième circonscription d’Ille-Et-Villaine au nord de Rennes, ce qui représente 0,20% des voix. La candidate Manon Haller a fait 291 voix dans la deuxième circonscription du Val-de-Marne, soit 0,71% des voix, juste derrière le candidat Reconquête. Quant au troisième, il s’agissait de Yannick Duterte avec 119 votes soit 0,28% des voix dans la septième circonscription de Seine-Saint-Denis.

En Ille-et-Vilaine le PRCF appelle à l’abstention avec un deuxième tour Renaissance contre RN, dans le Val de Marne à voter pour le Nouveau Front Populaire (NFP) incarné par Rachel Keke, et en Seine-Saint-Denis aucune consigne n’est donnée puisque s’opposent le dissident LFI Alexis Corbière à Sabrina Ali-Benali de la France insoumise-NFP.

Le PRCF appelle en général à soutenir les candidats du PCF et de La France Insoumise, et à boycotter les autres. Ce qui revient à la position initiale du PRCF, qui est de se poser « à gauche » de La France Insoumise, avec toujours un grand respect pour Jean-Luc Mélenchon notamment.

Où est l’intérêt de tout cela? Quelle est la qualité apportée? Surtout alors que ce qui va arriver va être historiquement d’une autre dimension!

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« No pasaran » : une chanson rap anti-RN en mode mafieux

C’est à DJ Kore, un producteur de l’ancienne génération du rap français, et à Ramdane Touhami, un entrepreneur décadent, qu’on doit ce lamentable spectacle. Ils ont rassemblé des « artistes » pour tenter de produire un morceau dans la tradition anti-FN qui a eut cours dans le pays depuis les années 1990.

Difficile de savoir par où commencer tellement rien ne va. Déjà parce que le changement d’époque est radical et transposer ce qui était dit du Front National au début des années 2000 est contre-productif. L’époque a changé, sa ligne politique à changé, son électorat à changé, et en face, les cités ont changé, la gauche à changé et les rappeurs eux-mêmes ont changé. Bref tout a été modifié par la crise générale du capitalisme.

Autrement dit : voir des gens avec des valeurs de Droite, en mode pro-business, pro-mafia, s’imaginer agir contre le RN, reprendre le slogan historique de la guerre d’Espagne (No pasaran : ils ne passeront pas)… c’est à la fois faux, désolant, contre-productif.

Certains revendiquent d’ailleurs leur absence de conscience politique ou carrément ne semblent même pas avoir compris qu’il fallait appeler à voter contre le RN :

Un vieux loup ne suit jamais la meute,
Je ne voterai ni pour toi, ni pour toi.
La grosse douille c’est d’avoir peur de ce qu’on ne connaît pas.

MC Tyer

Moi j’ai jamais voté
Je suis de l’autre côté
Les gars je vote pas
Mais bon j’suis très étonné
Leur programme me fait pas rigoler
Allez niquer vos mères Marine et Bardella
Bientôt je me barre de là.

RK

Le morceau No Pasaran n’est qu’une complainte glauque, une ambiance mafieuse du tous contre tous, complètement masculiniste. Il serait réducteur de limiter ça à l’absence totale de femme dans la démarche, puisque cela ne changerait pas le fond qui n’est que culture du gang, de la violence, autodestruction, dont les femmes se tiennent à l’écart de toutes façons.

C’est là d’ailleurs une énième preuve que face à la décadence anti-sociale du lumpenprolétariat allié à la bourgeoisie, la solution est dans la mobilisation de ces dernières.

Si les fachos passent, j’vais sortir avec un big calibre
J’sors les canines, les petits niquent leur vie pour un peu de dopamine
Ils nous vendent des belles paroles cellophanées
L’intérieur de leur âme est fanée, ils méritent de caner
J’revend c’qui fait planer…

Ashe 22

La jeunesse se lève pas voter
Elle est scotchée sous frapasse

ISK

Quelle idée en même temps de faire un projet musical censé être engagé à gauche avec Seth Gueko qui fait l’éloge de la pornographie et fait référence à des tueurs en série, ou encore avec Alkapote, fan d’Alain Soral et admirateur d’Adolf Hitler ?

On en profite pour lui expliquer que l’hôtel est connu pour être l’ancien repaire de la Gestapo et des forces nazies durant la seconde Guerre Mondiale. « Lourd de ouf, frère, on n’a qu’à faire l’interview ici. J’suis fan d’Hitler. »

Une ribambelle de boulets conduits, qui plus est, par des vieux, des complotistes, des nuls qui ont fait leur temps.

40 ans qu’on l’écrit
Voilà on en est là avec un seul candidat
Jordannuel Macronardella

Akhenaton

Le monde est contrôlé par des Illu-Minés
La vérité j’sais plus avec quoi la faire rimer

MC Tyer

Le résultat n’a rien de surprenant quand on voit comment les mafias sont devenues hégémoniques dans les quartiers et comment cela est sans cesse glorifié dans le rap, avec un attrait pour des pseudos contestations avec des poncifs islamistes et antisémites mais surtout, surtout, sans aucun réel repère. C’est le règne de l’ultra-individualisme mi-zombie, mi-gangster.

J’recharge la kalashnikov
En Louis Vuitton comme Ramzan Kadirov
Nique l’imam Chalgoumi [imam modéré médiatique ndlr]
Et ceux qui suivent le sheitan à tout prix
Marine et Marion les putes
A coup de bâton sur ces chiennes en rut
On continue la lutte, bientôt on va célébrer leur chute […]
Ils font du mal à nos enfants
Ils veulent nous injecter une puce dans le sang.

Alkpote

Le contraste avec Hip Hop Citoyen sorti en 2002 ou bien encore 11’30 contre les lois racistes (et 16’30 contre la censure) est frappant. Dans ces morceaux, il y a un ancrage dans le parcours des luttes de classe en France avec grosso modo des gens relevant du sous-prolétariat qui se rattachent à l’héritage de la classe ouvrière. Tant sur le plan de la forme relevant positivement de la variété française que sur le fond, avec sa perspective social-républicaine, on a un démarche politique sincère qui débouchera ou bien sur la révolte de l’automne 2005 ou bien sur l’engagement associatif « de quartier » avant d’échouer dans les années 2010.

« No Pasaran » est quant à lui un pur produit de la décomposition des quartiers dits populaires dans le cadre de la crise générale. Il est la consécration de l’anti-politique à la sauce émeutes de juin 2023. C’est un style totalement décadent avec une mentalité lumpenprolétaire qui n’a plus aucun lien avec le patrimoine historique de la Gauche.

Seth Gueko parlant de sa vie en Thaïlande dans un reportage de BooskaP. Un Eldorado des années 2010 pour les délinquants de quartiers, y vivant comme de vrais colons français, détestés de la population locale.

Voter RN c’est comme une femen
Qui veut être femme à Soral

Seth Gueko

Le morceau est hors-sol car porté par des gens qui ne glorifient que le business, il ne porte aucun engagement politique mais un ressentiment identitaire relevant d’un style à l’américaine, ni plus, ni moins.

De ce point de vue, il ne peut qu’être vomi par la masse des gens, particulièrement par la classe ouvrière. À l’inverse, il ne peut que satisfaire les franges post-modernes du Nouveau Front Populaire pour qui la « gauche » c’est se limiter à intégrer le plus d’identités possibles dans une énorme ronde de fausse tolérance et de vrai libéralisme.

Il y a eu d’ailleurs une réaction de Marine Tondelier, excusant la tonalité des paroles… Tout en disant que c’était le genre de choses qu’elle n’écoutait pas en tant que féministe. Elle finit par dire que c’est intrinsèque à la culture du rap, ce qui est strictement faux lorsqu’on connaît l’âge d’or d’avant les années 2000, où l’esprit dominant est résolument positif même si l’esprit ultra patriarcal a pu exister à la marge.

De son côté Marine Le Pen a réagi de manière totalement légitimiste, en en appelant à la justice. Elle gagne des points en se posant comme au-dessus de ce genre d’horreur.

Comment peut-il en être autrement? Les masses ne veulent pas des mafias, du style patriarcal comme il y a mille ou deux mille ans. La classe ouvrière, le noyau de la société, recherche logique, cohérence et rationalité. La chanson « No pasaran » en ce sens, par sa décadence, aide la démagogie de l’extrême-Droite !

Marina Ginestà, socialiste républicaine espagnole (1936)
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Comment qualifier le Rassemblement National?

L’Histoire se présente toujours de manière tortueuse, ce qui demande un effort intellectuel pour en saisir correctement les contours et ses dynamiques. En ce début d’été 2024, la poussée inouïe du Rassemblement national aux élections législatives anticipées interroge quant à la nature de sa dynamique.

Car rien n’est très clair quant à la nature du phénomène selon que l’on prend le programme présenté, la dynamique sous-jacente, les alliances politiques effectuées ou bien encore les discours tenus par certains de ses principaux dirigeants.

Il est aisé de renvoyer aux origines du Front national pour le qualifier de « fasciste », ce qui n’est par ailleurs pas forcément justifié puisqu’il était surtout, dans cette époque donnée, un pôle de la droite anticommuniste.

Dans les années 1980-1990, Jean-Marie Le Pen va essentiellement représenter un réflexe bourgeois face à la Gauche au pouvoir, dans une dynamique anticommuniste et libérale. Il était de ce point de vue une option d’extrême-Droite, au sens d’un parti bourgeois radicalisé face aux prétentions de la Gauche.

C’est la raison pour laquelle les places fortes de la percée du Front national de Jean-Marie Le Pen aux élections législatives de 1986 se situent dans les grandes villes. Tout comme la tentative de mettre sur pied des syndicats Front national au milieu des années 1990 relevait d’une stratégie de barrage de la lutte des classes, d’opposition droitière au mouvement ouvrier organisé et non pas d’une tentative d’assécher son terrain pour en faire basculer ses éléments vers le « camp national ».

Cette perspective droitière anticommuniste et libérale a eu comme point d’orgue l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2002, disqualifiant Lionel Jospin, premier ministre sortant d’un gouvernement de « gauche plurielle » en cohabitation avec Jacques Chirac.

Comme on le sait, cette orientation a changé alors que Nicolas Sarkozy avait pu récupérer l’électorat droitier lepéniste de 2002 à l’élection présidentielle de 2007 en fondant cette même année une « Union pour une majorité présidentielle » devenue « Union pour un mouvement populaire » (UMP).

À la fin des années 2000 lorsque Marine Le Pen progresse dans les instances du pouvoir du parti jusqu’à en prendre les reines en 2012, elle impose comme on le sait une nouvelle orientation qui a pris le nom de « dédiabolisation ». En fait de « dédiabolisation », il y avait une transformation en un sens fasciste avec le fait d’assumer l’option « ni de droite, ni de gauche » avec une forte prétention sociale.

C’est l’époque où Alain Soral est proche du Front national et où est effectué un travail de sape de la Gauche historique pour proposer une option littéralement national-socialiste. De la même manière que c’est la décennie où, notamment après l’élection présidentielle de 2012, le Front national emporte des pans entiers des couches populaires anciennement acquises à la Gauche. Une Gauche qui, en parallèle, s’éloigne de son héritage historique pour devenir une Gauche américaine fondée sur les valeurs libérales-libertaires et l’idéologie postmoderne.

À la différence de Jean-Marie Le Pen, la perspective de Marine Le Pen n’était pas de se heurter frontalement aux restes du mouvement ouvrier, mais d’en assécher le terrain pour en récupérer des grappes, et notamment certains de ses cadres. Cela a relativement fonctionné comme l’a prouvé les ralliements d’anciennes figures de la gauche de la gauche au Front National : Davy Rodriguez passé du Front de gauche au FN en 2015, Aurélien Legrand issu des rangs de la LCR/NPA et passé au FN en 2014 ou bien encore André Kotarac passé du parti de gauche au Rassemblement National en 2019.

Et la stratégie de Marine Le Pen a elle aussi connu son point d’orgue quelque part entre 2017 et 2019 avec Florian Philippot, élu vice-président du parti en 2012 et défendant le « Frexit » comme vecteur de cette orientation national-socialiste, avant d’être expulsé du parti après l’échec de la présidentielle de 2017.

Le mouvement des gilets jaunes qui est apparu comme une sorte de petit 6 février 1934 aurait pu provoquer une tentative de coup de force avec un front populiste de nature national-social. Mais son anti-parlemantarisme n’a surtout donné qu’un rejet de la politique, bloquant toute perspective de ce type, alors même que le FN devenait le Rassemblement National pour mieux mettre de côté ses origines.

Qu’est-il aujourd’hui ? Jordan Bardella devenu président du RN en 2021 se rapproche bien plus d’une figure de la Droite populaire telle qu’elle existait dans les années 1990 avec par-exemple le RPF de Charles Pasqua. Aussi n’est-il n’est plus nécessaire d’aller assécher le terrain de la Gauche, puisqu’elle-même a fini de muter en une fausse gauche américaine réfugiée dans les grandes villes comptant électoralement sur des communautés identitaires.

Reste que Jordan Bardella peut bénéficier de tout l’apport des années 2010 en termes d’électorat et de dynamiques populaires, alors que la ligne national-socialiste a échoué en 2017-2018 face au fameux « plafond de verre ». Depuis elle a été rabotée voir carrément abolie, notamment avec l’abandon de la sortie de l’Union européenne et de la monnaie unique. Sans même parler de l’acceptation totale de l’Otan et de la guerre à la Russie, évidemment!

Alors que représente en 2024 le RN ? Ni vraiment un parti d’extrême-Droite affichant une volonté de s’opposer à la lutte des classes, pour l’instant au point mort, ni un parti fasciste visant à faire de la France une grande puissance en mode cavalier seul.

Historiquement, il apparaît en réalité comme l’expression torturée et déformée d’une partie du peuple pour s’émanciper d’une société bourgeoise en décadence. Mais l’échec de la ligne national-socialiste des années 2010 fait qu’il va se heurter à sa propre incapacité historique, puisqu’il soulève un problème bien trop immense pour lui. Le poids de la dette, la récession économique et les nécessité de la guerre à la Russie forment les principaux moteurs de son échec annoncé.

Il en sortira demain ou bien un retour en force de l’option nationaliste-révolutionnaire, ou bien l’option de la Gauche historique, celle que nous portons, en première ligne. Agauche.org est au service de l’avenir inéluctable, du drapeau rouge !

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Un symbole bourgeois: universités et grandes écoles contre Bardella

Le Rassemblement national est, sur le plan du programme, une sorte de Droite populaire à la Jacques Chirac, avec un arrière-plan historique nationaliste mais largement dilué.

Un aspect marque toutefois. Sa dimension populiste et hors-cadre par rapport aux institutions traditionnelles en fait un repoussoir pour la bourgeoisie, qui est désormais une bourgeoisie bobo, décadente, parasitaire, et plus du tout la bourgeoisie conservatrice, cultivée, travailleuse et entreprenante.

Cela se lit très bien avec l’initiative prise par France Universités (soit 120 établissements d’enseignement supérieur), la Conférences des directeurs des écoles françaises de management (39 écoles dont HEC, l’Edhec, Audencia, l’Essec, l’ESCP, l’EM Lyon….), la Conférence des directeurs des écoles d’ingénieurs (200 écoles dont Polytechnique, Conférence des directeurs des écoles d’ingénieurs, les Mines…) et la Conférence des grandes écoles (227 grandes écoles).

Ces structures de formation des cadres du capitalisme – on sait l’importance des écoles de management et d’ingénieurs dans le pays – ont appelé à s’opposer au Rassemblement national pour le second tour des législatives anticipées de 2024.

C’est là un marqueur de classe. On sait justement que moins vous êtes diplômés, plus vous allez tendre vers le Rassemblement national, et inversement.

Et là on a toutes les structures d’éducation supérieures en mode post-bac qui dénoncent le Rassemblement national, clairement sur une ligne de classe, puisque c’est le peuple qui est condamné en réalité, et non pas l’extrême-Droite.

Ce qui est dénoncé dans le document, c’est le refus de la « mondialisation », des échanges internationaux, d’un mode de vie cosmopolite, bref du capitalisme international (que le Rassemblement national feint de dénoncer).

Voir des écoles formant des cadres pour les grandes entreprises (en management ou comme ingénieurs) parler d’universalisme, d’humanisme et des Lumières… c’est vraiment incroyable, ces gens n’ont honte de rien.

Ce qui montre bien quelle serait – quelle sera – leur position lorsque le Socialisme sera à l’ordre du jour : ces gens seront en première ligne pour s’y opposer.

On voit bien qu’ici on a droit à une réaction de classe, avec une bourgeoisie moderniste qui s’inquiète des conséquences du populisme de Droite et de son succès populaire.

C’est là où, si on est vraiment de Gauche, de la Gauche historique, on comprend que le Rassemblement national n’est qu’un affreux détour, et qu’une recomposition prolétarienne va être à l’ordre du jour.

Pour la Gauche bobo par contre, qui apprécie les migrants, les LGBT et le turbocapitalisme, ce que disent les représentants des universités, des écoles de management et d’ingénieurs… est correct!

Oh oui, il faut se préparer à la colère prolétarienne qui monte, et ce n’est pas le Rassemblement national qui pourra longtemps la dévier, la contenir, la manipuler. Il y en a des comptes à régler !

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Victoire électorale et psychologique du Rassemblement national

Le parti de Marine Le Pen, emmené par son président Jordan Bardella en alliance avec Eric Ciotti, est arrivé en tête sur le plan national du premier tour des élections législatives du 30 juin 2024. Ce sont 10 628 386 personnes qui ont voté pour les candidats présentés par le Rassemblement national et l’alliance avec Eric Ciotti.

Cela donne 33,15 % des suffrages exprimés (21,55 % des inscrits), ce qui est très marquant. Ce qui compte surtout est le choc psychologique crée par le Rassemblement national, qui arrive largement en tête des suffrages en faisant plus que doubler son nombre de voix par rapport au précédent scrutin en 2022 où il avait récolté 4 248 537 voix. Et par rapport aux élections européennes du début du mois de juin 2024, il augmente son nombre de voix de 37%.

Irrémédiablement, Marine Le Pen est parvenue à briser le plafond de verre qui enserrait son parti et l’empêchait de coller à la réalité politique du pays.

Derrière, l’alliance électorale entre la fausse Gauche vraiment électoraliste, les post-modernes et les populistes de la France insoumise, récolte 8 974 566 voix. Cela représente 27,99 % des suffrages exprimés (18,19 % des inscrits).

Quant aux nombre de sièges obtenus dès le premier tour (pour les candidats obtenant plus de 50% des voix), c’est le même rapport : le Rassemblement national et Eric Ciotti en gagne déjà 38 et le « Nouveau Front populaire » 32.

Loin derrière, la majorité présidentielle n’en obtient que 2 et la Droite traditionnelle des Républicains 1 (ainsi que 2 pour des élus classés divers droites).

En nombre de voix sur le plan national, cela donne :

6 425 568 pour la majorité présidentielle, soit 20,04 % des suffrages exprimés (13,02 % des inscrits) ;

2 104 981 pour Les Républicains soit 6,57 % des suffrages exprimés (4,27 % des inscrits).

Dans ces deux cas, c’est un véritable effondrement.

Il faut noter également la participation qui a été très importante, marquant la grande confiance existante en France envers le régime. Le taux d’abstention n’a été que de 33,29%, contre 52,49% en 2022 et 51,29% en 2017.

Il y a deux fois plus de personnes qui ont voté que de personnes qui se sont abstenues. Ce ne sont donc que 16 421 470 de personnes qui ont choisi de rester à l’écart des différentes dynamiques électorales. Par rapport au nombre de voix récoltées par le Rassemblement national et Eric Ciotti, cela fait tout de même un tiers de plus.

En ce qui concerne l’Assemblée nationale, le véritable enjeu de ce scrutin, il y a déjà 76 députés qui sont d’ores et déjà élus, ce qui exprime une grande vague, un engouement, dans certaines circonscriptions, soit pour le Rassemblement national, soit pour le « Nouveau Front populaire ». Il n’y avait que 5 élus au premier tour en 2022 et 4 en 2017.

La géographie électorale est très nette et mérite un commentaire. Il y a de manière flagrante un vote majoritaire soit pour le « Nouveau Front populaire », soit pour la majorité présidentielle, dans les circonscriptions des grandes métropoles, dont l’Île-de-France. A contrario, il y une vague Rassemblement national ailleurs.

C’est très visible avec les candidats élus au premier tour, dans le nord, l’est et une partie du sud pour le Rassemblement national, et en Région parisienne, à Rennes, Nantes, Marseille, Toulouse pour le « Nouveau Front populaire ».

Le choc psychologique produit par la domination du parti de Marine Le Pen conduit à un nombre extrêmement important de désistements au second tour (des candidats arrivés troisièmes et se retirant pour faire barrage au Rassemblement national). Lundi 1er juillet au soir, 155 désistements ont été recensés, dont 104 pour des candidats « Nouveau Front populaire » et 48 pour la majorité présidentielle.

Il faudra maintenant attendre le résultat du second tour dimanche 7 juillet pour bien saisir l’ampleur et la signification politique de ces élections. Notamment, il s’agira de savoir s’il y a une véritable vague populaire de contestation (ou plutôt d’aigreur contestatrice) faisant que le Rassemblement national obtient une majorité (et donc le gouvernement), ou bien si les partisans du turbocapitalisme et de la décadence culturelle postmoderne réussiront à garder l’hégémonie dans le pays.

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1er tour des Législatives 2024: le pays murmure

Les législatives françaises ne se fondent pas sur le principe de la proportionnelle, mais en termes de circonscriptions. Il faut donc attendre le second tour pour savoir combien de députés parviendront à rassembler une majorité.

Mais ce petit jeu de dimension locale n’a pas l’importance des tendances de fond historique. Il y a un attrait pour le Rassemblement national, qui a obtenu 33,5% des voix, alors que le « Nouveau Front populaire » a un score de 28,5%, la majorité présidentielle de 22,1%, la Droite classique de 9,7%.

Deux figures politiques de la Gauche l’ont d’ailleurs appris à leurs dépens, et ce malgré leur célébrité et leur populisme les ayant rendu « appréciables » pour un certain point de vue populaire. François Ruffin, un bourgeois se présentant comme un tribun populaire, est quant à lui loin derrière la représentante du Rassemblement National. Cela malgré ses gesticulations permanentes en tant que député et une surexposition médiatique très poussée.

Pire encore, Fabien Roussel, le dirigeant du PCF, a perdu son siège de député (obtenu en 2017 puis maintenu en 2022), ayant perdu dès le premier tour face à un représentant du Rassemblement national de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Et ce malgré tout son style apéro-barbecue-voiture.

Cela montre bien qu’il y a une vague, si ce n’est de colère, de concassage. Le pays murmure, le peuple rumine, les esprits maudissent, les nerfs se tendent. Il y a quelque chose de cassé, comme une sorte d’innocence ou de fausse pudeur des Français par rapport à leur propre pays.

Cela implique qu’il se passe davantage de choses chez les électeurs du Rassemblement national que du côté de la Gauche gouvernementale rassemblée en le « Nouveau front populaire ». Comment pourrait-il en être autrement, puisque cette « Gauche » des bobos, des LGBT, des migrants, des centre-villes et du turbocapitalisme est répugnante pour les couches populaires ?

Voici des propos relatés par Le Figaro qui montrent le degré de caricature de cette fausse Gauche. On est dans un rassemblement parisien à la suite des élections, à Paris.

« Séverine (le prénom a été changé), elle, est une habituée des manifestations. Mais le rassemblement de ce soir a une autre saveur. Pour cette assistante sociale, l’arrivée du RN au pouvoir menace «la mixité», qui lui est si chère. Si elle est fière du score du NFP de ce soir, elle reste pessimiste pour le second tour.

«C’est trop tard, on aurait dû davantage convaincre les banlieues. Elles se sentent abandonnées par la gauche», estime-t-elle. Pour Séverine, quand le RN arrivera à Matignon, s’il gagne, Paris va se soulever. «Les JO seront foutus, ça c’est sûr», conclut-elle. »

Que peut-on faire avec ces gens pour qui il y a les centre-villes et les banlieues, et rien d’autre ? Avec ces gens formés par les universités bourgeoises, pétris dans le libéralisme et le relativisme, qui considèrent que le prolétariat n’existe plus ?

Normalement, il devrait y avoir l’idée d’une grande reconquête de la classe ouvrière, du prolétariat, en disant : la fainéantise de soutenir des populistes nationalistes doit être brisée, elle doit céder la place au drapeau rouge pour la bataille pour le Socialisme !

Et si cette idée n’apparaît pas là, elle est inéluctable. En fait, elle ne peut pas émerger spontanément. Elle ne peut être qu’une expression politique, idéologique, culturelle. Nous sommes là pour ça !

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Premier week-end électoral du psychodrame de 2024

Le premier tour des élections législatives de juin-juillet 2024 a lieu le 30 juin, et le week-end des 29-30 apparaît à l’échelle de tout le pays comme un psychodrame. Angoisse, amertume, inquiétude, incertitude… Rancœur, colère sourde, ressentiments… Tels sont les mots-clefs du psychodrame national.

C’est une anti-révolution. Au lieu que tout le monde bouge, personne ne bouge. Au lieu que les idées fusent, les esprits sont congelés. Au lieu que les choses changent, elles veulent retourner à leur situation antérieure !

Tout cela n’a aucune ambition ni profondeur : c’est la simple peur de gens au mode de vie petit-bourgeois. Le petit-bourgeois n’a pas le côté grandiose du bourgeois, ni le côté réel du prolétaire. Il vit avec un esprit détaché, au jour le jour, avec comme axe la propriété et le confort de sa propre vie.

Et en 2024, même les prolétaires et les bourgeois vivent ainsi en France, trahissant leur propre nature de classe. Pour les bourgeois, on peut le comprendre, leur classe est décadente. Mais pour les prolétaires, comment expliquer cela ? Comment peuvent-ils être assez corrompus pour nier l’Histoire du Socialisme depuis la fin du 19e siècle et se précipiter dans les bras du populisme ?

Que cela se passe aux États-Unis, on peut le comprendre, la Gauche n’a jamais obtenu là-bas de dimension nationale et historique. Mais en France ? Le pays de la Commune de Paris, du Front populaire, de la Résistance, du PCF des années 1950, du mouvement étudiant de mai 1968 et ouvrier de juin de la même année ?

C’est que la France est devenue une province de l’empire américain, et que tout a été lessivé. Des heures passées chaque jour sur internet, la consommation facile avec Amazon, des emplois aliénants et abrutissants… Les Français sont KO techniques et ne veulent rien savoir. Depuis 2020 et la pandémie fracassant le capitalisme, c’est une évidence.

Il faut donc qu’ils paient le prix de leur fainéantise, de leur passivité, de leurs raccourcis culturels et intellectuels. Le week-end des 29-30 juin 2024 sert de révélateur, il montre la France au grand jour, et elle ne vaut pas grand chose sur le plan de la Révolution, pour ne pas dire rien du tout.

Soit les Français l’acceptent et à ce moment-là le pays sera simplement à la dérive. Il s’effondrera progressivement, alors que le tiers-monde va se soulever. Il va être géré tantôt d’une manière, tantôt d’une autre, avec des « Républicains » face à des « Démocrates », mais cela ne changera rien au fond.

Soit les Français ne l’acceptent pas, et c’est le retour de la Politique, avec comme seule dynamique historique possible la recomposition du prolétariat pour mettre en place un nouvel ordre, par un nouvel État. Le Socialisme… Le Parti !

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Effondrement de la France Refus de l’hégémonie

Attal, Faure et Bardella soutiennent le régime ukrainien

Un second débat a eu lieu avant les élections législatives, avec les principaux courants politiques du pays. On a eu sur France 2 Gabriel Attal premier ministre et représentant de la majorité présidentielle autour d’Emmanuel Macron, Jordan Bardella du Rassemblement national, et enfin le socialiste Olivier Faure pour le « Nouveau Front populaire » (la fois précédente c’était Manuel Bompard de La France Insoumise).

Cette fois, il a clairement été parlé de l’Ukraine. Le socialiste Olivier Faure s’est prononcé « favorable » à l’envoi de missiles français pour l’armée Ukrainienne, s’ils

« permettent de viser sur le sol russe des infrastructures qui servent à bombarder le sol ukrainien ».

Jordan Bardella a affirmé qu’il ne fallait pas laisser

« l’impérialisme russe absorber un État allié comme l’Ukraine ».

Gabriel Attal a de son coté expliqué qu’il était fondamental de soutenir les Ukrainiens

« parce qu’ils défendent des valeurs qui sont les nôtres: la démocratie, la liberté »

mais également :

« parce qu’en les soutenant, on défend aussi les Français et leur quotidien ».

Comme on le voit, tous sont pour la guerre contre la Russie. Mais il y a des nuances, avec toute une polémique. Marine Le Pen avait affirmé le 26 juin 2024, la veille, dans une interview au quotidien Le Télégramme que:

« Chef des armées, pour le président (de la République), c’est un titre honorifique puisque c’est le premier ministre qui tient les cordons de la bourse. »

Elle a ajouté que

« Jordan (Bardella) n’a pas l’intention de lui chercher querelle, mais il a posé des lignes rouges. Sur l’Ukraine, le président ne pourra pas envoyer de troupes ».

Cela a fait scandale, car cela a été compris comme une remise en cause de la centralisation présidentielle française sur le plan des choix stratégiques. Rappelons que le régime français de la 5e République est né d’un coup d’État en 1958.

Le matin même du débat, Marine Le Pen a plus ou moins rétropédalé, comme le dit l’expression. Elle a affirmé sur le réseau social X que:

« Sans remettre en cause le domaine réservé du président de la République, en matière d’envoi de troupes à l’étranger, le Premier ministre a, par le contrôle budgétaire, le moyen de s’y opposer. Jordan Bardella était donc fondé à rappeler qu’il est opposé à l’envoi de militaires français en Ukraine ».

Là, on retombe sur une ancienne déclaration de Jordan Bardella, que très peu de monde avait remarqué. En date du 24 juin, la déclaration consiste à dire que l’envoi de troupes en Ukraine est une ligne rouge:

« Je n’entends pas créer les conditions ou mettre en œuvre » [un tel projet]

Autrement dit, Jordan Bardella fera de l’obstruction. Dire cela ne coûte rien et rassure, c’est là où on voit qu’il est évident que le vote en sa faveur doit également beaucoup à la question de la guerre. Personne ne l’a jamais analysé et personne ne le fera par ailleurs, nous seuls pourrions le faire, mais c’est au-dessus de nos moyens.

Ce qui est clair par contre, c’est que c’est mensonger. Car le jour même du débat, et en écho à cette question, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a raconté à l’AFP, dans un commentaire à l’écrit « exclusif », qu’il était serein.

Il a exprimé sa certitude que même un changement de gouvernement ne modifierait pas le soutien français.

« Nous croyons que les Français continueront à soutenir l’Ukraine quelle que soit la situation politique. »

« De même, par la volonté du peuple français, le prochain gouvernement continuera à soutenir pleinement l’Ukraine à la fois sur le champ de bataille. »

« Nous sommes convaincus que le prochain gouvernement sera indépendant de l’agresseur russe et restera attaché aux valeurs européennes et à une Europe forte et unie, l’Europe même que l’Ukraine défend contre la tyrannie russe. »

Les élections législatives de 2024 posent des nuances, exactement comme les élections américaines posent des nuances avec les Républicains et les Démocrates.

La vie politique française s’aligne sur ce modèle. Pour l’instant, il y a encore trois grandes tendances, mais cela ne pourra que se redessiner… Et dans cette configuration anti-politique, il y aura justement l’espace pour la reformation d’une Gauche historique à la hauteur de ses ambitions et des exigences révolutionnaires de l’époque.

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Effondrement de la France

Ben voilà, personne ne sait où on va

Les Français s’imaginent adultes, mais ce sont des mythomanes. Ils n’assument rien, ils se laissent seulement porter par la société de consommation. Une propriété achetée en appartement ou en maison, parce que l’occasion se présente… Un mari ou une compagne trouvé un peu par hasard, parce que l’occasion se présente… Un ou plusieurs enfants, pareillement parce que parce que l’occasion se présente…

Mais en réalité, personne ne sait où il va, et chacun regarde autour de soi, et comme tout le monde fait pareil, on se dit : ça va !

Il faut vraiment comprendre cette mentalité passive pour comprendre la brutale remise en cause que représente pour les Français la séquence de juin-juillet 2024. C’est tout un ego républicain, chauvin, consommateur qui est blessé. Il y a un trouble qui est considéré comme étranger à l’esprit français.

Jordan Bardella l’a tout à fait compris et s’efforce pour cette raison d’arrondir les angles. Exactement comme Pétain l’avait fait en 1940, de Gaulle en 1958, et avant eux Napoléon III. Les Français détestent être surpris, à leurs yeux c’est irrationnel que de ne pas anticiper rationnellement. C’est un culte de la raison poussé jusque ses retranchements.

Difficile, ici, de ne pas éprouver un certain contentement à voir se casser la gueule toute cette gauche bobo et cette « gauche de la gauche » remplie de prétentieux, de vantards, de bavards bruyants. Tous des pourris de libéraux sur le plan culturel, fascinés par la modernité bourgeoise en mode LGBT – fragiles – anti-Gauche historique. Ces gens sont odieux et voir leur monde s’effondrer, vu leur leur rôle négatif, impossible de se plaindre.

Quant à s’imaginer que l’extrême-Droite représente en 2024 le fascisme, c’est nier les faits. Et le fait des faits, c’est l’alignement complet de Jordan Bardella sur l’Otan et sur la guerre américaine contre la Russie. Partant de là, Jordan Bardella, c’est Emmanuel Macron en version « républicaine » à l’américaine, voilà tout.

Hors de question, par conséquent, d’aider à la mise en place d’une version française des « démocrates » américains, comme le veulent le PS, LFI, Place publique, les Écologistes, etc. Capitalisme à l’ancienne contre turbocapitalisme, il n’y a pas à choisir.

Nous avons besoin d’une Gauche historique qui affronte la société de consommation, qui comprenne que la France n’est pas pauvre mais consommatrice, que les travailleurs sont aliénés par le travail capitaliste et bien plus exploités qu’au 19e siècle sur le plan de la tension nerveuse.

Nous avons besoin d’une Gauche historique qui combatte l’idéologie beauf qui prédomine partout, et qui empêche la psyché féminine de s’exprimer, qui bloque la compassion pour les animaux, qui nie l’héritage historique sur le plan culturel, qui rejette le peuple comme seule force créatrice.

Fin juin 2024, personne en France ne sait où on va. Enfin, leur mythomanie s’arrête, leur prétention cesse. Que tous ces gens qui sont corrompus par le capitalisme disparaissent, en se transformant de force en raison des événements. Qu’ils se remettent en cause, de fond en comble. L’Histoire les forcera, d’une manière ou d’une autre.

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Effondrement de la France

Attal, Bardella et Bompard: des incapables

Le débat télévisé de Gabriel Attal, Jordan Bardella et Manuel Bompard sur TF1 le 25 juin 2024 n’avait bien entendu aucun intérêt. Dans le fond, chacun veut à sa manière rétablir les choses. Tous veulent élever le niveau de vie, améliorer l’école, faire baisser l’insécurité, etc.

Bref, c’est sans âme, sans envergure, sans charisme, à l’image des Français. On fait semblant de s’y connaître et on prend une place, et puis on cherche à y rester. Et qu’on ne parle pas de principes ou de valeurs, ces trois représentants des trois axes possibles (le Centre, la Droite et la Gauche) n’en ont tout simplement pas.

C’est en ce sens que la séquence de juin-juillet 2024, avec les élections législatives, a une portée historique. Elle témoigne de l’incapacité à produire quelque chose. Au maximum on regrette le passé : les années 1980 pour la Gauche, les années 1970 pour le Centre, les années 1960 pour la Droite.

En quelque sorte, c’est une nostalgie autour de Mitterrand, Giscard d’Estaing, de Gaulle. Et ces trois là, au-delà des différences, forment une continuité historique. Ce qui fait qu’il n’existe pas de tension en France. Il y a du stress, des appréhensions, mais pas de bouleversement moral ou idéologique.

C’est que tout le monde est incapable de quoi que ce soit. Donner un peu de son temps, de son argent, de soutien est littéralement impossible pour la quasi totalité des gens. Sans un encadrement – celui des entreprises bien structurées, d’associations bien développées, des réseaux sociaux = les gens sont en roue libre, incapables d’autonomie.

Ils sont tout simplement incapables d’autodétermination, alors qu’ils s’imaginent très libres – ce sont en fait des consommateurs, sans esprit, sans âme, sans cœur.

Gabriel Attal, Jordan Bardella et Manuel Bompard ont donc quelque chose de rassurant, car ils sont à l’image des Français. Ils sont loin et flous, et en même temps tellement proches dans leur absence de prise de position… Avec eux, on ne risque rien, et c’est le principal pour les Français.

Et c’est ce même peuple qui a mené la révolution française et s’est pris d’une passion aveugle pour les conquêtes napoléoniennes? Le contraste est saisissant. Serait-ce à penser que la France est sortie de l’Histoire, corrompue par l’occident? Que c’est sans retour, qu’il ne reste plus qu’à attendre que se dressent les Asiatiques, les Africains, les Latino-Américains pour renverser l’ordre mondial?

Disons qu’il y a encore un bel espoir, car la France est le maillon faible de toute la chaîne occidentale. Le Royaume-Uni est une île empêtrée dans ses rapports avec la superpuissance américaine, l’Allemagne un géant économique, le Japon est une sorte de mélange des deux.

Dans les petits pays, il est compliqué d’obtenir une réelle tension, alors que la France est en tension permanente en raison de ses tentatives permanentes de rester sur le devant de la scène mondiale. Cela la distingue de l’Espagne et de l’Italie, plus en retrait.

La France veut en faire trop et c’est en ce sens que les choses sont possibles. D’ailleurs 2024 est une année rêvée sur ce plan, avec la France prenant la tête de la coalition européenne contre la Russie, et les élections législatives suite à une dissolution-suicide par Emmanuel Macron.

On assiste à une sorte d’auto-destruction dans la cadre d’une quête pour se maintenir à flots, coûte que coûte. Il y a là tellement de contradictions, et de si grande envergure, qu’il est possible d’agir, d’intervenir pour que le drapeau rouge flotte à l’Élysée et que tout soit renversé. Tout se décidera dans la capacité de rupture avec le mode de vie dominant!

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Effondrement de la France

La vague Jordan Bardella (le marchand de tapis)

La politique, c’est autant le fond que la forme, c’est-à-dire que l’emballage compte autant que ce qu’il y a à proposer. Il ne s’agit pas simplement d’apparence ou de « communication », mais de quelque-chose de bien plus complexe et insaisissable : la dynamique.

Par exemple, la grande différence entre le Front populaire de 1936 et l’escroquerie électorale qui en reprend le nom en 2024 ne tient pas qu’au fond (où la différence est abyssale), mais surtout à la dynamique.

Pour changer le monde, il faut une dynamique, il faut un élan avec une réelle dimension, il faut que chaque mot prononcé percute dans la tête des gens et que chaque proposition face caisse de résonance aux autres. C’est la même chose quand il s’agit de ne surtout pas changer le monde.

Sur le fond, le programme du Rassemblement national est relativement mou, absolument consensuel, comme il a déjà été constaté.

Seulement voilà, Jordan Bardella se sent pousser des ailes à moins d’une semaine du scrutin. Tout ce qu’il dit percute et résonne. Il a une dynamique et il profite de l’effet d’emballement autour de l’idée qu’il soit Premier ministre en cas de majorité à l’Assemblée nationale pour renforcer cette vague.

D’où la conférence de presse du 24 juin 2024, avec la tentative de présenter un programme plus étoffé, ou plus exactement cherchant à avoir de l’envergure.

Bien sûr, il s’agit surtout de faire basculer les choses pour tout un tas de gens encore hésitants ou réfractaires. Jordan Bardella veut coller absolument à l’état d’esprit français du moment, qui consiste à ne surtout vouloir ni de politique, ni d’engagement, seulement à « rétablir » la société d’avant 2020.

Il y a une mesure proposée tout à fait anecdotique, mais qui est très significative : c’est la suppression de l’obligation des diagnostics de performance énergétique pour les logements. Jordan Bardella explique lors de sa conférence de presse :

« Ces contraintes environnementales excessives freinent non seulement le marché immobilier, la réindustrialisation et restreignent l’accès à la propriété ».

Tout est dit. Pour quelqu’un véritablement à Gauche comme nous, qui a une exigence de civilisation, cela est insupportable, car mesquin, complètement à côté de la plaque historiquement et culturellement, mais aussi (surtout) sur le plan de l’écologie. Et en plus Jordan Bardella se dit favorable à la continuation de l’artificialisation des sols!

Pour les Français de 2024 par contre, cela résonne. C’est libéral, c’est le refus des normes, c’est l’idée de tout relancer, et puis chacun fait ce qu’il veut. Surtout si c’est pour acquérir la propriété ou la maintenir.

Cela résonne très bien avec ses propositions sur le patrimoine. On a la suppression d’impôts sur les héritages directs pour « les familles modestes et les classes moyennes » et l’exonération pour les donations parentales jusqu’à 100 000 euros par enfant ou petit-enfant tous les dix ans.

Garantir le rêve petit-bourgeois de la propriété individuelle et de la transmission d’un capital à sa descendance : voilà ce qui fait la dynamique Jordan Bardella, exactement comme cela le faisait pour Emmanuel Macron.

Cela résonne d’autant plus que Jordan Bardella le marchand de tapis réussit à faire croire qu’il est radical, avec une sorte de mini-Frexit (Brexit à la française). On a ainsi la suspension des transpositions européennes (les normes européennes qui s’imposent aux normes françaises) et la dérogation aux règles européennes encadrant le marché de l’énergie.

N’en jetez plus ! La France molle et fatiguée qui voudrait bien tenter le repli sur soi sans trop l’oser, va être conquise par ce genre d’argumentation typiquement mesurée et rationnelle, à la française.

Si à cela on ajoute une prétention à ramener l’ordre, alors on ne voit pas comment il pourrait ne pas réussir son entreprise.

« L’urgence est aussi le rétablissement de l’ordre », dit-il en expliquant qu’il remettra l’autorité « au cœur de l’action publique ». Ici, il a tout un catalogue à présenter pour susciter le désir aux chalands qui auront envie d’y croire :

  • peines minimales et peines planchers ;
  • suspension des allocations familiales aux parents d’enfants récidivistes ;
  • fin à l’excuse de minorité ;
  • généralisation des centres éducatifs fermés.

L’accent est mis notamment sur l’école, avec au passage l’idée relancée de l’uniforme à l’école, sur le mode « c’était mieux avant » :

  • vouvoiment obligatoire ;
  • fin du collège unique ;
  • « big bang de l’autorité » dès la rentrée de septembre ;
  • interdiction réelle des téléphones portables y compris au Lycée ;
  • peines plancher dans les conseils disciplinaires ;
  • centres spécialisés pour les « élèves perturbateurs ou harceleurs » ;
  • suspension des allocations familiales et des bourses scolaires en cas de perturbations graves et répétées au sein des établissements scolaires.

De manière parallèle, il y a aussi l’immigration, sujet pour lequel Jordan Bardella a ce qu’il faut en stock pour vendre le rêve d’un électrochoc :

  • suppression du droit du sol ;
  • levée des obstacles à l’expulsion des délinquants et criminels étrangers ;
  • délit de séjour irrégulier ;
  • augmentation du délai de rétention en centre de rétention administrative ;
  • référendum sur l’immigration.

Cependant, rien de tout cela ne saurait marcher sans des promesses sur le « pouvoir d’achat », sa « première priorité ». Les Français doivent pouvoir consommer sans entrave. Jordan Bardella propose une baisse de la TVA pesant sur les carburants, ainsi que l’énergie, et puis des augmentations de salaires défiscalisées.

Rien de très violent, mais cela lui garantit une certaine popularité et fait concurrence à l’alliance électorale de la fausse gauche.

Cela d’autant plus qu’il lui est très facile de la critiquer comme étant irresponsable et manquant de sérieux.

« Pour être juste, il faut être réaliste » dit-il de manière très habile, avant de lancer une petite phrase politicienne typiquement française :

« voter LFI, c’est voter FMI ».

Le FMI, c’est le Fond monétaire international. Jordan Bardella vend l’idée que les propositions de Jean-Luc Mélenchon et ses alliés sont irréalistes et conduiraient le pays à la faillite, alors que lui par contre est généreux, mais raisonnable.

Comme nous sommes en France en 2024, c’est le « mais raisonnable » qui l’emporte. Et il le sait :

« Non seulement mes mesures sont chiffrées, en plus elles sont raisonnables ».

D’ailleurs, en homme raisonnable, en « bon père de famille », il compte conduire dès sa prise de fonction un « audit des comptes de la nation ». Tout sera la faute des autres, ses prédécesseurs, qui auront mal géré, alors que lui sait comment bien gérer.

L’audit doit déboucher sur une commission qu’il présente comme ayant pour but de montrer :

« comment l’État dépense son argent, comment Emmanuel Macron a organisé la mise en quasi-faillite des comptes publics depuis sept ans ».

Tout ceci est saupoudré de bien d’autres annonces à effets garantis : retour sur la réforme des retraites, suppression de niches fiscales coûteuses et abusives, industrialisation, mesure pour l’agriculture contre la concurrence internationale « déloyale », moratoire sur les éoliennes, moratoire sur la fermeture des structures de santé, incitation à l’installation dans les déserts médicaux, énergie nucléaire, etc.

La dynamique est totale pour une vague populiste déferlant sur la France. Peu importent les résultats, la politique c’est du style. Les États-Unis ont eu leur Donald Trump, le Royaume-Uni a eu son Boris Johnson, l’Italie sa Giorgia Meloni, le Brésil son Jair Bolsonaro, etc. La France va avoir son Jordan Bardella.

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Le style socialiste face à la crise politique de juin 2024

La crise politique de juin 2024 n’est pas seulement l’expression d’une faiblesse, mais également d’une force. D’une force encore faible, pratiquement invisible, mais qui ne peut que grandir au fur et à mesure, lentement.

Une force qui se nourrit de la dialectique entre révolution et civilisation, entre lutte des classes et mode de production capitaliste en crise. Cette force, c’est le Socialisme, avec son état d’esprit, son style, son idéologie.

Cette force exprime une vision du monde, qui correspond aux transformations nécessaires de la France et du monde. La planification collectiviste, la cessation des egos, l’épanouissement culturel, le refus de la compétition jusqu’à la guerre… Toute une série de contradictions donne naissance, produit le Socialisme.

Vive la patrie d’Octobre !

Seul le style socialiste échappe à la décadence du monde capitaliste, à la putréfaction des valeurs. Le style socialiste repose sur des valeurs, sur des principes, avec toujours le Socialisme comme objectif.

Il ne cède pas au populisme, il ne manipule pas les esprits, il ne cherche pas à tromper les gens. Il ne suit pas non plus les « modes » capitalistes de « gauche » (LGBT, migrants, libéralisation du cannabis et de la prostitution, le pseudo soutien à la Palestine, etc.).

Le Socialisme est une vision du monde sur des conceptions bien établies, c’est une lecture scientifique de la réalité. C’est une démarche que chacun peut et doit s’approprier, afin d’échapper à l’individualisme, au repli égoïste (et idéaliste) sur soi-même. C’est une logique de discipline d’un côté, d’épanouissement personnel de l’autre. Car rien ne peut avancer sans la vérité et la transformation du monde.

Ouvriers et employés, crées vos potagers !

La crise politique de juin 2024 va s’amplifier : c’est inéluctable de par la crise du capitalisme commencée en 2020. Plus rien n’est stable, et pas seulement en France. Tous les pays vacillent. Dans plusieurs endroits du monde, il y a des initiatives militaires qui sont prise, pour tenter de tirer le premier et de s’en sortir le mieux possible de cette manière.

Et progressivement, tout se généralisera, avec une troisième guerre mondiale dont on lit déjà bien plus que les contours. L’affrontement pour l’hégémonie mondiale entre les superpuissances américaine et chinoise apparaît comme obligatoire, inéluctable aux yeux de n’importe qui de réaliste !

Le style socialiste naît de cette situation. Ou la révolution empêche la guerre, ou la guerre provoque la révolution !

Vive le premier mai !

Il faut dialectiquement s’éduquer au style socialiste, et le produire. L’interaction est une clef pour parvenir à avancer, tant sur les plans personnel que collectif. En se rappelant que c’est le collectif qui prime, car c’est la Classe qu’il faut servir, c’est le prolétariat qui doit triompher.

La bourgeoisie est toujours plus impuissante et décadente, le prolétariat se recompose et s’affirme dialectiquement en retour. Le drapeau rouge naît du capitalisme défait et permet au Socialisme de s’instaurer, avec un nouvel État, une nouvelle société, une nouvelle humanité!

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La fête de la musique 2024 comme allégorie française

La fête de la musique joue un rôle important dans la culture française. C’est une opportunité pour sortir aller boire un verre (souvent alcoolisé) tout en écoutant un groupe de musique, puis un autre, dans une sorte de petite balade. Naturellement, plus la ville est grande, plus les possibilités sont nombreuses sur ce plan.

La version 2024 a été toutefois porteuse d’un état d’esprit tout à fait particulier, reflétant en quelque sorte, à sa manière, la situation française. En effet, il y a déjà grosso modo une France qui n’est plutôt pas là : celle qui justement vote pour le Rassemblement National.

La fête de la musique a une base urbaine, avec une dimension festive qui tend à célébrer l’individualité, l’aventure individuelle, le « sens de la fête ». Ce n’est pas un lieu pour les masses, malgré la prétention qu’ont les institutions et les médias à ce sujet.

Et il y a une France qui est inversement très présente à la fête de la musique 2024 : la jeunesse, ainsi que des gens plus âgés, en famille, s’alignant sur la même ligne « festive ». Des gens dépolitisés, s’imaginant de « gauche » en raison de positions LGBT, libérales – anarchisantes, tolérantes – cosmopolites, et considérant dans leur imaginaire que l’extrême-Droite, par exemple ce serait l’interdiction de la fête de la musique.

La fête de la musique, c’est le jour de fête des turboconsommateurs modernes, en l’absence des « perdants ». Sauf que comme il y a les élections législatives qui se profilent à très court terme et que l’extrême-Droite est en position de force, l’ambiance de la fête de la musique 2024 a été celle de l’orchestre du Titanic.

La musique était mise à fond comme jamais, jusqu’à tard comme jamais, avec des cris exprimant un besoin de lâcher son stress. Et malgré toute cette tension, il n’y avait pas d’esprit d’agression ou de violence, de rébellion ou d’autodestruction. C’était on ne peut plus fragile et urbain, à l’image de ce qui représente l’ennemi pour les gens votant pour le Rassemblement National.

La fête de la musique 2024 a montré la vigueur mais aussi l’impuissance des urbains, leur capacité d’agir et en même temps leur incroyable impuissance. Tant de gens, tant d’initiatives, pour ne produire strictement rien.

D’ailleurs, même appeler à mobiliser contre l’extrême-Droite est au-dessus des forces des urbains. Tellement « fragiles », ils ne veulent pas prendre de responsabilité, sous prétexte de ne pas se sentir légitimes. Ils donnent donc un point de vue « individuel », sans vouloir forcer personne, même si quand même l’extrême-Droite serait à rejeter : tel est le visage des libéraux-libertaires qui n’assument rien, même pas leur propre défense.

Les Français sont nuls, ils sont soit populaire-passif, soit bourgeois (désormais bobo)-actif. Ils veulent l’ordre en général, mais pouvoir individuellement faire ce qu’ils veulent. Leur niveau idéologique est lamentable, leur discipline intellectuelle inexistante. La France s’effondre, parallèlement au capitalisme qui se décompose. C’est toute la fin d’une époque qui se déroule sous nos yeux.

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Nouvelle vague antisémite en France

Avec la pandémie, l’antisémitisme a littéralement disparu. Ce qui est logique, car l’humanité agissant de manière unie tend à l’universel. Il n’y a pas de place pour des obsessions particulières.

Malheureusement, comme le capitalisme a basculé dans la crise en raison de la pandémie, l’antisémitisme ressurgit. A droite? Non, bien entendu. L’antisémitisme naît à gauche. Pas dans la Gauche réformiste, pas dans la Gauche historique, car ces deux courants ont des exigences, des valeurs.

La Gauche réformiste veut gouverner et la stabilité sociale. Elle est d’esprit humaniste cosmopolite. La Gauche historique se fonde de son côté sur la conscience, les analyses poussées, elle est universaliste. Pour la Gauche qui a des valeurs, l’antisémitisme est une horreur, une forme de cannibalisme.

L’antisémitisme, c’est la fausse révolution, c’est la solution à l’envers, c’est la fuite assassine, c’est le choix de massacrer un bouc-émissaire. Comme on le dit toujours traditionnellement dans la Gauche historique, « l’antisémitisme est le socialisme des imbéciles ».

Affiche soviétique en yiddish avec les données sur l’industrialisation et l’électrification

Alors, d’où vient l’antisémitisme français de 2024? Il naît dans la « gauche » anarchiste ou anarchisante, dans la « gauche » populiste, dans cette fausse « gauche » qui utilise l’antisémitisme comme levier « anticapitaliste », avec le plus souvent un masque « antisioniste » purement fictif pour se la jouer « rebelle ».

Le fond de tout cela est toujours petit-bourgeois. La petite-bourgeoisie s’agite, panique devant la crise. Elle met en place des constructions artificielles pour inventer un anticapitalisme qui ne soit pas anticapitaliste, une révolution qui n’en soit pas une.

Naturellement, le drame de Gaza est ici utilisé à fond. On voit des dessinateurs, des musiciens, des créateurs de mode, des influenceurs… dire qu’ils « soutiennent » Gaza. En pratique, ils ne font rien du tout. Cependant, ils font du bruit, ils prétendent que le symbole suffit. En fait, ils jouent sur l’irrationalisme et un antisémitisme qui ne s’assume pas.

Le fantasme d’agir réellement en parlant uniquement symboliquement de quelque chose… correspond tout à fait à la démarche catholique d’agiter le fantasme « juif » pour le conjurer. C’est sordide.

Si on ajoute à cela l’antisémitisme promu par de nombreux courants musulmans, et l’opportunisme électoral de La France Insoumise, tous les ingrédients sont là pour qu’en France, l’antisémitisme pullule.

Il faudrait faire d’ailleurs un catalogue des ambiguïtés antisémites de La France Insoumise, qui sont littéralement innombrables depuis des mois. Heureusement, nous n’avons absolument jamais considéré comme de gauche La France Insoumise, absolument jamais, en raison de leur populisme, et nous avons fait le bon choix.

C’est en ce sens que le fait-divers de Courbevoie (dans les Hauts-de-Seine) n’en est pas un. Deux adolescents de 13 ans qui violent une jeune fille de 12 ans, la menacent, la frappent… car elle est juive… C’est une conséquence logique de tout un arrière-plan ignoble.

Un arrière-plan où, dans les faits, une personne juive en France a peur de la « gauche de la gauche » et se méfie avec angoisse de la perspective d’une montée en puissance de l’Islam. C’est d’autant plus vrai qu’elle voit que, pour des motifs électoraux, la Gauche réformiste s’est alliée à La France Insoumise…

Pour cette raison, les Juifs bourgeois appellent de manière résolue à soutenir Emmanuel Macron. D’autres, qui ont bien plus peur, appellent à soutenir le Rassemblement National de Marine Le Pen et Jordan Bardella pour contrer le « nouveau Front populaire ». C’est la position de Serge Klarsfeld, qui historiquement a beaucoup oeuvré (avec sa femme Beate) à la mémoire de la Shoah.

C’est là un choix erroné, qui de toutes façons va prendre de moins en moins prise. Dans les faits, ce qui se réaffirme avec la crise, c’est la pression qui monte en puissance et la seule alternative possible pour les Juifs est la suivante : le sionisme ou le Socialisme.

Ou bien il est considéré que c’est foutu, et alors il faut fuir, une nouvelle fois, ou bien il y a l’espoir que les forces obscures vont être écrasées collectivement, que l’humanité va réussir à s’unifier démocratiquement, en dépassant le capitalisme.

L’affiche dit en yiddish « Vive le grand Staline, garant de la constitution du socialisme victorieux! »

Affiche soviétique de 1940, à l’occasion des élections dans les territoires pris par l’armée rouge à l’occasion du « pacte germano-soviétique ».

Ces territoires sont en fait l’Ukraine de l’Ouest (la Galicie) et la Biélorussie de l’Ouest, qui sont rattachées respectivement à l’Ukraine et la Biélorussie.
Les nazis ont massacré 245 000 juifs en Biélorussie et 900 000 en Ukraine.

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Le programme mou de Jordan Bardella

La France n’a plus aucune envergure, ni aucun horizon, à part se ratatiner sur elle-même. Le programme présenté par Jordan Bardella pour les élections législatives de juin 2024 est à ce titre exemplaire.

Le Rassemblement national est censé représenter une alternative politique radicale, un grand chamboulement, attirant pour les uns et repoussant pour les autres : ce qu’il propose est en réalité d’une tiédeur consternante.

Son principal horizon ? Abroger la réforme des retraites qui avait mis en colères les syndicalistes et fonctionnaires français.

Il est expliqué que dès l’automne prochain, il sera permis à « ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans de partir à la retraite avec 40 annuités à un âge légal de départ de 60 ans ».

Pourquoi pas, mais cela n’emmène pas très loin en termes de chamboulement proposé, puisque cela ne consiste qu’en le fait de revenir à ce qui existait il y a encore quelques mois !

Mais ce qui compte surtout pour les Français, c’est leur capacité à pouvoir consommer sans entrave. Alors le Rassemblement national a ce qui faut à proposer : baisse de la TVA sur les énergies et le carburant, de 20 % à 5,5 %.

Cela est même censé entrer en vigueur dès l’été (si la majorité lui est acquise), avec un projet de loi de finances rectificatif lors d’une session parlementaire extraordinaire.

Dans un second temps, il est envisagé ni plus ni moins que la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité. C’est simple et efficace, bien racoleur comme il faut afin d’attirer le lambda ; peu importe que la TVA soit l’impôt qui rapporte le plus au Trésor public, les Français adorent quand on dépense sans compter. Le service public ? Oh oui ! Les impôts ? Oh non !

Toutefois, côté budget il faut bien quelques promesses, pour avoir l’air sérieux. Cela tombe bien, Jordan Bardella en avait deux en stock : supprimer certaines niches fiscales (qui sont des combinaisons pour éviter des impôts) et abaisser de 2 milliards d’euros la contribution de la France au budget de l’Union européenne.

Là encore, rien de transcendant. La promesse qui est faite est simplement de maintenir l’existant, en jurant de grandes largesses financières. C’est précisément l’inverse d’un chamboulement.

Là où Jordan Bardella prétendra avoir un peu de radicalité, c’est sur le thème de l’immigration et de l’insécurité, qui ne consistent pour lui d’ailleurs qu’en un seul et même thème. Ainsi, les choses sont très simples pour les Français qui n’ont pas à s’inquiéter de devoir changer leurs mentalité ou faire évoluer la civilisation : ils suffirait de virer les migrants pour que toute aille pour le mieux dans le meilleur des mondes!

Toutefois, là encore, il n’y a absolument aucune radicalité, ni aucune conflictualité sur le sujet. Voilà ce que met en avant Jordan Bardella en présentant son programme :

  • peines planchers pour les affaires de stupéfiants et d’atteintes aux personnes dépositaires de l’autorité publique ;
  • suspensions d’allocations familiales aux parents de mineurs délinquants récidivistes ;
  • suppression du droit du sol ;
  • remplacement de l’aide médicale d’État par un fonds limité aux urgences vitales.

Dans le programme officiel, il est ajouté également l’expulsion des délinquants étrangers.

C’est à peine un programme de Droite traditionnelle, et c’est le genre de choses tout à fait banales qui existent déjà largement dans tout un tas de pays occidentaux.

Jordan Bardella n’envisage évidemment aucunement de renvoyer les migrants dans leur pays. L’immigration en France, qui est absolument massive, est indispensable pour le capitalisme, afin de faire faire le sale boulot à des gens moins regardant que les Français, qui ont malgré tout acquis une conscience de classe et des exigences sociales.

L’immigration, essentiellement d’Afrique et d’Europe de l’Est, approvisionne massivement les chantiers, les hôtels, la restauration, les usines, les maraîchages, etc. Jordan Bardella n’en parle pas du tout, car il n’envisage aucunement de couper l’herbe sous le pied au capitalisme français.

Le Rassemblement national utilise des grandes phrases, en disant vouloir « réduire drastiquement l’immigration légale et illégale ». Mais il n’en parle jamais dans le détail et n’évoque jamais le sujet sur le fond.

Ce qu’il raconte est à chaque fois extrêmement mesuré. Politiquement, c’est surtout d’une extrême mollesse. Une mollesse de droite, exactement comme François Hollande incarnait une mollesse de gauche, puis Emmanuel Macron une mollesse centriste.

D’ailleurs, il suffit à Jordan Bardella de dire qu’il s’oppose à Emmanuel Macron, et voici que sa ligne politique est affirmé. Voici comment est officiellement présenté le programme du Rassemblement national (en deux phrases, nous ne mettons que la première) :

« Les élections législatives des 30 juin et du 7 juillet sont une chance historique d’engager le redressement de notre pays et de mettre fin à la politique toxique d’Emmanuel Macron qui vous fait tant souffrir. »

Pauvres Français, enfants pourris gâtés du capitalisme, qui ont « tant souffert » ! Cela est grotesque, mais tout à fait à l’image du pays : c’est la meilleure chose à dire pour quelqu’un souhaitant effectivement devenir Premier ministre de la France molle et larmoyante d’aujourd’hui.

C’est absolument répugnant, indigne de l’immensité culturelle et historique de la France. En vérité, seule la Gauche, la vraie, portée par le prolétariat et notamment les femmes du prolétariat, pourra réellement assurer la continuité historique de la France, être à la hauteur de son héritage.

Au contraire, le populisme nationaliste mou de Jordan Bardella est infâme, comme l’est la France aujourd’hui, fille malade de l’occident en perdition.